Laure Moulin

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Laure Moulin
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Mère
Fratrie

Laure Moulin née le , à Saint-Andiol, dans les Bouches-du-Rhône[1], et morte le à Montpellier, est une résistante. Enseignante française, elle est connue essentiellement pour avoir écrit la biographie de son frère Jean Moulin[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Contexte familial[modifier | modifier le code]

Elle est la fille d'Antoine-Émile Moulin, professeur d'histoire-géographie et homme politique français, et de Blanche Pègue, originaire de Saint-Andiol. Ses parents y garderont la maison de famille, où ils se rendront régulièrement et où naîtront leurs deux premiers enfants, Joseph en 1887 et Laure en 1892. Joseph mourra d'une pneumonie à 19 ans, le . En 1899 naît son frère, le résistant Jean Moulin, 6 rue d'Alsace, à Béziers.

Laure Moulin fait ses études au collège de Béziers puis à la faculté des Lettres de Montpellier.Elle obtient une licence de Lettres, mention Anglais, en 1916[1].

Vie active[modifier | modifier le code]

Maison où vécut Laure Moulin, Grand-Rue à Montpellier, et plaque commémorative consacrée à Jean Moulin.
Zoom sur la plaque commémorative placée devant l'appartement de Laure Moulin en l'honneur de son frère Jean.

Laure Moulin est infirmière bénévole pendant la Première Guerre mondiale. En 1918, elle est nommée professeure à l'école primaire supérieure de Béziers où elle exerce pendant dix-neuf ans. Suite au décès de son père en 1937, elle déménage à Montpellier et choisit d'habiter avec sa mère au 21 de la Grand-Rue (actuellement baptisée Grand-Rue Jean Moulin)[3]. Laure Moulin y est nommée professeure d'anglais au collège moderne et classique "Legouvé", actuel collège Clémence-Royer[4].

L'appartement offrira un avantage primordial qu'elle analyse dans le livre écrit sur son frère :

« l'appartement avait deux entrées par des escaliers différents et l'immeuble donnait sur deux rues. Nous ne pouvions soupçonner alors que ces dispositions seraient très propices à des visites clandestines[1] »

En , elle est élue au conseil municipal de la ville de Montpellier. Les élues municipales féminines sont encore rares en France à cette époque.

Laure Moulin prend sa retraite en . Elle meurt à Montpellier le .

Résistance[modifier | modifier le code]

Jean Moulin en 1937, photo Harcourt

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Laure Moulin va servir de secrétaire à son frère lorsqu'il vient clandestinement à Montpellier. Elle l'aide jusque tard dans la nuit à déchiffrer des codes secrets. « Je rencontrais Rex, en moyenne deux ou trois fois par semaine et généralement le soir ou la nuit. Il me remettait alors plusieurs messages, en codé ou en clair, que je codais moi-même »[5]

Laure Moulin remplit plusieurs missions pour Jean Moulin, comme la recherche de Monjaret le , où elle accomplit le travail d'un agent de liaison[5]. Elle garde ou cache ses manuscrits ou papiers compromettants. Jean Moulin l'écarte parfois de situations trop dangereuses qui permettraient, par elle, de remonter jusqu'à lui[5].

Le , la Gestapo apporte à Laure Moulin, avec presque un an de retard, l'acte de décès de Jean. Elle cache sa mort à sa mère jusqu'en [6].

Croix de guerre 1939-1945

Dès 1946, elle va se préoccuper d'honorer la mémoire de son frère, recenser les lieux d'inauguration de plaques commémoratives ou de monuments le concernant. En 1947, sa mère se casse le col du fémur et, affaiblie, succombe à une crise cardiaque. Laure Moulin suit de près les procès de 1947 et 1950 contre René Hardy accusé d'avoir livré Jean Moulin et les résistants présents avec lui à Caluire.

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

  • Croix de Guerre ()[7]
  • Médaille militaire ()
  • Chevalier du mérite social ()

Publications[modifier | modifier le code]

Jean Moulin. Presses de la Cité: Paris, 1982. (En préface le discours d'André Malraux)[8]. (ISBN 2-258-01120-5)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Clerc, Pierre., Dictionnaire de biographie héraultaise : des origines à nos jours, anciens diocèses de Maguelone-Montpellier, Béziers, Agde, Lodève et Saint-Pons, Montpellier, Nouvelles presses du Languedoc, , 1974 p. (ISBN 2-904091-09-2, 9782904091094 et 2354140029, OCLC 123536983, lire en ligne)
  2. Benoît Hopquin, « Le mystère des cendres de Jean Moulin », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 2 février 2019)
  3. Dieudonné GIRAUT, « La Grand’rue, il y a cinquante ans : Laure Moulin au N°21 Grand’rue », Les Cahiers de la Grand’rue, no 7,‎
  4. « portraits de femmes de Montpellier. », sur mairie, article, (consulté le 31 mars 2019)
  5. a b et c Moulin, Laure., Jean Moulin, Paris, France Loisirs, , 390 p. (ISBN 2-7242-1640-7 et 9782724216400, OCLC 716787169, lire en ligne), p. 130, 236, 232
  6. D.Giraut, « Laure Moulin », Cahier de la Grand-Rue n°7,‎
  7. Répertoire méthodique Reportages photographiques autour des chefs de l'État et des présidents de la République (1938-1959). Archives nationales de France, établi par Jean-Pierre Bat, Jean-Charles Bédague, Marie-Eve Bouillon, Isabelle Chave, Ali Larbi, Catherine Milde, Benoît Morant. 2016.
  8. Moulin, Laure, 1892-, Jean Moulin, Paris, Presses de la Cité, , 390 p. (ISBN 2-258-01120-5 et 9782258011205, OCLC 10081630, lire en ligne)