Larme de verre

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Larmes bataviques.
Les merveilles de l'industrie, 1873 "Larme batavique" (4606397264).jpg

Les larmes de verre, larme du verrier ou larmes bataviques, sont de petits objets de verre connus pour la particularité de se pulvériser quand leur pointe est rompue, alors qu'ils sont par ailleurs très résistants aux chocs. Le terme bataviques leur a été donné car c'est en Hollande qu'on a commencé à en fabriquer.

Ces larmes sont réalisées en laissant tomber du verre en fusion dans de l'eau froide. Elles prennent une forme assez semblable à celle d'une larme avec une partie oblongue s'amenuisant en un petit filet plus ou moins long. À la rupture de cette extrémité, les tensions provoquées par le refroidissement rapide sont libérées et toute la larme se transforme avec un grand bruit en une myriade d'infimes éclats.

Les tensions sont effectivement importantes au sein d'une larme batavique. Elles sont dues au refroidissement rapide de leur couche externe qui se comprime alors vers l'intérieur. Par la suite la couche interne va refroidir plus lentement, et va au contraire se détendre vers l'extérieur.

Ces tensions contradictoires expliquent à la fois la solidité de la larme, mais aussi sa fragilité. La couche externe étant comprimée vers l'intérieur, sa densité plus importante la rend plus résistante aux chocs (principe du verre trempé). Le coeur de la larme, par sa densité moins importante due à un refroidissement plus lent, repousse l'enveloppe extérieure et en amortit les chocs. Comme la larme est un solide à géométrie fermée (enveloppe extérieure unique), le combat entre ces deux tensions s'exerce de façon identique sur la totalité la structure.

Grâce au refroidissement homogène provoqué par l'immersion du verre dans l'eau froide, le ratio pression externe / interne est toujours le même quelle que soit l'épaisseur de verre, l'équilibre de pression externe / interne s'étant naturellement créé avec une balance parfaite. Ces deux tensions s'opposent donc dans des proportions égales dans toute la structure de l'objet, mais le moindre déséquilibre entre ces deux forces (comme la rupture de la queue ou un éclat sur l'enveloppe extérieure) va donner une « porte de sortie » à la tension interne, provoquant alors la rupture de cet équilibre. Les forces mises en jeu étant colossales à l'échelle de l'objet, ce déséquilibre conduira à la désintégration totale de sa structure, lors de la libération de la force interne.

Si malgré tout, la larme ne se brise pas après en avoir cassé le bout de la queue, cela signifie que la partie cassée ne contenait aucune forme de tension, le verre étant stable (à la même densité) dans tout ce tronçon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Source : L'Encyclopédie Diderot, première édition, tome 9, p. 296, entrée Larme.