Larbi Benbarek

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Larbi Benbarek
Image illustrative de l’article Larbi Benbarek
Larbi jongle sous le maillot du FUS
Biographie
Nom Abdelkader Larbi Ben M'barek
Nationalité Marocaine
Française
Naissance
Tata (Maroc)
Décès (à 75 ans)
Casablanca (Maroc)
Taille 1,78 m (5 10)
Période pro. 19381939 et 19451955
Poste Attaquant puis entraîneur
Parcours senior1
AnnéesClub 0M.0(B.)
1934-1935 IC Casablanca
1935-1938 US Marocaine
1938-1939 Olympique de Marseille 033 0(14)
1940-1945 US Marocaine
1945-1948 Stade français103 0(56)
1948-1953 Atlético de Madrid126 0(63)
1953-1955 Olympique de Marseille038 0(18)
1955-1956 USM Bel-Abbès
1957-1958 FUS de Rabat 00? 0 (?)
Total 300 (151)
Sélections en équipe nationale2
AnnéesÉquipe 0M.0(B.)
1936-1937 Maroc03 0 (0)
1938-1954 France0170(3)
Équipes entraînées
AnnéesÉquipe Stats
1955-1956 USM Bel-Abbès
1956-1957 Fath US
1970-1972 RS Settat
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels (amicaux validés par la FIFA compris).

Larbi Benbarek (en arabe : العربي بن مبارك, Lɛarbi ben-Bárək ; en tamazight  : Lɛǎrbi u Mbárək ; variantes : Ben Barek, Ben M'barek), né le à Tata et mort le dans la même ville, est un footballeur franco-marocain. Auteur de la plus longue carrière en équipe de France de 1938 à 1954, il a gardé toute sa vie la nationalité marocaine.

Surnommé «la Perle noire», il a été, durant sa carrière au Maroc, en France et en Espagne, une star adulée en raison de sa technique et de sa grande élégance dans tous ses gestes. Les spécialistes le considèrent comme l'un des meilleurs footballeurs de tous les temps. Pelé dit ainsi : « Si je suis le Roi du football, alors Ben Barek en est le Dieu »[1]. Par ailleurs, il a reçu de nombreuses distinctions de la part des fédérations sportives les plus prestigieuses et des médias.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né officiellement en 1917, Larbi Benbarek pourrait être né en réalité en 1914, cette date sera modifiée pour lui permettre de jouer à l'USM. D'autres sources, moins crédibles, indiquent 1916 et 1913 comme année de naissance. En se référant au guide de présentation de la saison 1945-1946 de Ce Soir-Sprint, un journaliste commente : « Larbi Benbarek, né en 1917, un jour qu'il ignore ». Ainsi, l'année, mais aussi le jour de naissance restent incertains.

Il est né à Agadir N’tissent, un petit village de la province de Tata au sud de l’Anti-Atlas. Jeune orphelin, il grandit avec son père, ouvrier spécialisé dans la réparation de bateaux, dans le quartier Cuba à Casablanca et joue au football dans la rue avec les enfants de son quartier. Dès l'âge de 14 ans, il exerce l'ancien métier de son père : menuisier. Le frère aîné de Larbi, Ali, devient un véritable modèle après la disparition du père de la famille[2].

C'est à cet âge-là qu'il commence à jouer avec Football Club El Ouatane[3] (devenue Al Fath puis le Raja) , une petite équipe de quartier, de 1928 à 1930.

Début de carrière au Maroc[modifier | modifier le code]

En 1934, il fait ses débuts au sein de l'équipe de l'Idéal Club de Casablanca, modeste club de deuxième division marocaine. Lors de son tout premier match sous les couleurs de l'Idéal, Larbi Benbarek affronte la redoutable formation de l'USM de Casablanca, triple vainqueur du championnat d'Afrique du Nord. Il marque deux fois au cours de cette partie et aide activement l'Idéal à s'adjuger une bonne 3e place en championnat. En coupe du Maroc, Larbi Benbarek et l'Idéal atteignent la finale (1935), mais s'inclinent sur le fil face au RC Marocain. Au cours de ce match, il est impressionnant et la presse marocaine le couvre d'éloges. Dans la foulée, il est sélectionné pour la première fois avec l'équipe « régionale » du Maroc qui affronte son homologue de la Ligue algérienne d'Oran.

L'USM de Casablanca le recrute alors en lui fournissant un travail de pompiste. Ce transfert implique qu'il évolue une saison complète en réserve. Malgré cette situation, il est toujours sélectionné en équipe du Maroc. Larbi débute véritablement avec l'USM de Casablanca en septembre 1936 et dispute notamment avec l'US Marocaine la finale de la Coupe Steeg, finale du championnat d'Afrique du Nord, le 12 juin 1938 face aux Algériens de Bône. La JBAC s'impose 3-1 sur l'USM de Benbarek. Il attire très vite l'attention des grands clubs de métropole. Un match Maroc-France B disputé en avril 1937 lui vaut ses premiers articles élogieux dans la presse métropolitaine. L'Olympique de Marseille s'attache ses services en juin 1938. L'USM de Casablanca ne lâche pas facilement son joueur, mais accepte finalement l'offre marseillaise de 44 000 francs après avoir refusé une première offre du même Olympique de Marseille au début de l'été 1937.

Transferts en Europe[modifier | modifier le code]

Larbi Benbarek débarque à Marseille le 28 juin 1938. Cinq mois après son arrivée en métropole[4], il fait sa première apparition en équipe de France dans l'ambiance volcanique de Naples le 4 décembre 1938 face à l'Italie. Le public italien siffle copieusement les Français, et Benbarek tout particulièrement. Il ne possède en effet pas la nationalité française, et les Italiens chambrent… en réaction à ces sifflets, Larbi Benbarek chante alors à gorge déployée La Marseillaise. Cette réaction fut largement reprise par les médias, et il est alors totalement adopté par tous les supporteurs du club France, qui le connaissaient très peu jusque-là. Il entame alors la plus longue carrière jamais signée par un joueur sous le maillot frappé du coq : 15 ans et 10 mois.

Pas français, Larbi Benbarek n'est pas mobilisé en 1939-1940. Il trouve refuge à Casablanca pendant la Seconde Guerre mondiale et évolue alors de nouveau à l'US Marocaine. Étant un vrai sportif, il avait aussi une carrière de basket, il était joueur officiel de l'équipe Wydad AC (Basketball), et a signé en 1942 pour porté le maillot du club de Wydad AC (Football) avec une licence «B», mais a vécu des problèmes avec le contrat de son club mère donc il s'est revenu au USM Casablanca. En 1945, le président du Stade Français met en place à Paris une équipe de vedettes. Il en constitue l'une des pièces maîtresses sous la conduite d'Helenio Herrera. Quand le Stade est dispersé aux quatre vents après trois années de stars system, il se retrouve à l'Atlético de Madrid en Espagne pour un montant de transfert de 17 millions de francs de l'époque, ce qui représente le transfert le plus important en Espagne en ce temps-là[5],[6]. Entre 1948 et 1953, il remporte deux titres de champion d'Espagne et marque les esprits (1950 et 1951), même s'il ne joue plus en équipe de France.

Benbarek rejoint l'Olympique de Marseille en fin de carrière. Avec l'OM, il joue une finale de coupe de France perdue face à Nice. Lors de son séjour olympien, il honore sa dernière sélection en équipe de France le 16 octobre 1954 à Hanovre face à l'Allemagne de l'Ouest en amical. Cette sélection tardive, c'est au public du Parc des Princes qu'il la doit. Neuf jours avant le match devant opposer les Bleus aux champions du monde en titre, Larbi Benbarek est rayonnant au cours d'une partie amicale disputée au Parc : France-Afrique du Nord (2-3). Il joue cette rencontre sous le maillot de l'Afrique du Nord, mais sa prestation et son prestige sont tels, que le public réclame et obtient sa sélection chez les Bleus. Malheureusement à Hanovre, Larbi Benbarek est victime d'un ennui musculaire et doit quitter le terrain après 27 minutes de jeu face aux Allemands. Quelques semaines plus tard, il met un terme officiel à sa carrière de footballeur professionnel à 40 ans.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Larbi Benbarek joue à l'Union sportive musulmane Bel-Abbès lors de la saison 1955-1956 sous la direction de l'entraîneur Lacaze. Vice-champion d'Oranie, l'USMBA atteint la finale de la Coupe d'Afrique du Nord, match non joué contre le Sporting Club de Bel-Abbès, champion d'Oranie. Il rejoint ensuite le FUS Rabat comme entraîneur-joueur puis en 1957 accepte le poste d'entraîneur de l'USM Bel-Abbès pour une saison[7]. Il joue ensuite comme amateur marron en Belgique, comme le confirme Michel Hidalgo dans le documentaire Des Noirs en couleurs diffusé sur Canal+ en juin 2008.

Sa carrière de joueur achevée, il se reconvertit en entraîneur.

Larbi Ben Barek meurt le [8] dans la solitude, son corps n'est découvert qu'une semaine après sa mort. Le à Paris, la FIFA lui décerne, à titre posthume, la médaille de l’ordre du Mérite.

Postérité[modifier | modifier le code]

Larbi Benbarek demeure l'un des joueurs les plus emblématiques de l'Atletico Madrid, faisant régulièrement son apparition dans les XI de légendes des aficionados[2].

Il demeure également l'international ayant eu la plus longue carrière (quinze ans et dix mois) en équipe de France[2].

Palmarès[modifier | modifier le code]

En club[modifier | modifier le code]

Atlético de Madrid

Union Sportive Marocaine

Olympique de Marseille

Distinction individuelle[modifier | modifier le code]

  • Reçoit l'Ordre du Mérite de FIFA en 1998

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1], fifa.com, .
  2. a b et c Frank Simon, « Larbi Ben Barek. Le pied de Dieu », France Football,‎
  3. https://www.fff.fr/equipe-nationale/joueur/6706-ben-barek-larbi/fiche.html
  4. Paris Soir, N°11, novembre 1938, p.8 sur Gallica.
  5. Mickael Grall, Carton rouge ! : 20 destins brisés de footballeurs mythiques, Éditions de l'Opportun, , 234 p. (ISBN 978-2-36075-319-2 et 2-36075-319-3, lire en ligne).
  6. (es) Luis Miguel González, Las mejores anécdtoas del Atlético de Madrid, La Esfera de los Libros, , 392 p. (ISBN 978-84-9970-360-2, lire en ligne).
  7. Faouzi Mahjoub, « Larbi Ben Barek, la perle noire », sur om4ever.com, (consulté le ).
  8. « Larbi ben Barek », Bladi.net,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Chauvenet, Larbi Ben Barek : La Légende de la « perle noire », Toulon, Presses du Midi, , 112 p.
  • Stanislas Frenkiel, « L’ambivalence médiatique française sur la « Perle noire ». Analyses des représentations de L'Auto et Paris-soir », Insaniyat, CRASC, no 34,‎ , p. 83-97 (lire en ligne)
  • Stanislas Frenkiel, « Larbi Ben Barek, Marcel Cerdan et Alfred Nakache : icônes de l'utopie impériale dans la presse métropolitaine (1936-1944) ? », Staps, no 80,‎ , p. 99-113 (lire en ligne)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]