Lanterne magique

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Une lanterne magique
Triple lanterne magique de la collection de la Cinémathèque française
Plaque de lanterne magique

La lanterne magique est l'ancêtre des appareils de projection et particulièrement du projecteur de diapositives. Inventée au XVIIe siècle par l'astronome Christian Huygens, elle permet de projeter des images peintes sur des plaques de verres à travers un objectif, via la lumière d'une chandelle ou d'une lampe à huile. Tout d'abord baptisée « lanterne de peur » par son inventeur, elle est après plusieurs appellations successives, renommée « lanterne magique » par le jésuite Francesco Eschinardi en raison de la fascination que ses images exercent sur le public[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Sa date de création est estimée à 1659. D'abord appelée « lanterne de peur » puis « lanterne mégalographique » et « lanterne thaumaturgique », elle reçoit aussi le nom de « cassette des illusions » avant d'être désignée par son nom actuel en 1668[1]. Son invention doit beaucoup à la fascination de son auteur pour les figures morbides de la Danse macabre. Alors qu'il en peint des représentations de grandes dimensions sur les murs de son jardin en 1946, cette invention lui permet pour sa première projection d'utiliser des dessins de petite taille, afin de représenter un squelette évoquant l'œuvre d'Hans Holbein le Jeune. Ce squelette animé grâce à la présence deux plaques de verre, dodeline, agite ses bras et ses jambes et semble inviter le spectateur à le suivre[2].

Description[modifier | modifier le code]

La lanterne magique est formée de trois éléments : une source lumineuse, une plaque de verre peinte et un objectif (une lentille convergente). Elle fonctionne sur le principe de la chambre noire, où la source lumineuse (soleil) et les images projetées (paysages) sont remplacées par des éléments artificiels (lampe et plaque de verre peinte). La lumière passe par la plaque de verre, puis par la lentille, pour projeter l'image renversée (haut-bas) peinte sur la plaque.

On en trouve de nombreuses variantes : ajout d'un miroir concave et d'autres lentilles pour condenser la lumière ; source lumineuse de diverses natures (bougie, lampe à huile, ampoule) ; lanterne à double objectif permettant le fondu enchaîné entre deux plaques de verre pour deux images. Les plaques de verre sont parfois munies de petits mécanismes permettant d'animer partiellement l'image.

Applications[modifier | modifier le code]

Spectacles[modifier | modifier le code]

Prosélytisme[modifier | modifier le code]

Outil pédagogique[modifier | modifier le code]

Lanternes magiques en littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans Faust, une lanterne magique fait apparaître héros de Troie et monstres de la mythologie, tentant de dévorer, avant de disparaître, quelques étudiants épouvantés.
  • Balzac, qui a découvert avec émerveillement la lanterne magique chez sa grand-mère Sallambier vers 1805 alors qu'il n'avait pas encore sept ans[3], reproduira cette scène presque à l'identique dans Une double famille[4]. Plus tard cette magie des images aura un impact sur son œuvre monumentale la Comédie humaine ; « fasciné par le kaléidoscope, la lanterne magique, le panorama, le diorama, et toutes les fantasmagories en vogue à son époque, Balzac a cherché à introduire dans le roman l‘illusion d‘un spectacle polychrome et animé pour représenter la réalité sociale saisie en action[5]. »
  • Marcel Proust évoque également la lanterne magique dans les premières pages de Du Côté de chez Swann.
  • Alain-Fournier aussi évoque la lanterne magique dans Le Grand Meaulnes lors de l'épisode de la fête.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mannoni 1995, p. 97
  2. Mannoni 1995, p. 98
  3. Laure Surville, Balzac, sa vie et ses œuvres d'après sa correspondance, édition L'Harmattan, 2005, p. 17 (ISBN 2-7475-8188-2[à vérifier : ISBN invalide])
  4. Publié en 1830 chez Louis Haumann, Bruxelles, sous le titre Une femme vertueuse et signé M. Balzac, p. 142
  5. Anne-Marie Baron, Balzac cinéaste, Meridiens Klincksieck, 1990

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Mannoni, Trois siècles de cinéma, de la lanterne magique au cinématographe, Paris, Réunion des musées nationaux, coll. « Collections de la cinémathèque française »,‎ , 272 p. (ISBN 2-7118-3373-9)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]