Lanterne des morts de Cormery

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Lanterne des morts de Cormery
Image dans Infobox.
La lanterne des morts. En arrière plan, le cimetière et l'église.
Présentation
Type
Construction
XIIe siècle ?
Patrimonialité
Localisation
Pays
Commune
Adresse
Dans le cimetièreVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Localisation sur la carte de l’Indre-et-Loire
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La lanterne des morts de Cormery est un monument situé dans le cimetière de Cormery, en Indre-et-Loire, en France.

Si ce monument, probablement du XIIe siècle, est couramment appelé « lanterne des morts », certaines caractéristiques architecturales, comme la structure pleine de sa colonne, la rapprochent davantage d'une croix hosannière dont le sommet, mutilé, aurait perdu ses attributs distinctifs. Unique en Indre-et-Loire, la lanterne des morts est classée au titre des monuments historiques en 1920.

Localisation[modifier | modifier le code]

La « lanterne des morts » est installée dans la partie la plus haute du cimetière communal, près de sa limite sud-est actuelle, et son environnement semble avoir été pendant longtemps un lieu de sépultures[2] ; au Moyen Âge, l'extension du cimetière vers l'est et vers le sud est d'ailleurs beaucoup plus importante et la lanterne doit occuper le centre de l'espace funéraire[3]. Le cimetière est lui-même proche de l'église paroissiale Notre-Dame-de-Fougeray.

Description et typologie[modifier | modifier le code]

Autel au pied de la colonne.
Croix de Malte sur la pierre d'autel.

Le monument, unique en Touraine, usuellement dénommé « lanterne des morts », se compose d'une colonne subcylindrique pleine, haute d'une dizaine de mètres et d'un diamètre d'environ 1 m à sa base, surmontant une succession de gradins circulaires. Son couronnement a disparu mais, si l'hypothèse d'une lanterne des morts est retenue, il pouvait consister en un ensemble de colonnettes surmontées d'un chapeau conique. L'ensemble est intégralement construit en pierre de taille (calcaire lacustre) comparable à celle qui constitue une partie de l'église ; il peut être daté, comme cette dernière, du XIIe siècle[1],[3].

Une structure composée de supports latéraux, dont deux colonnettes, et d'une table gravée d'une croix de Malte — c'est peut-être le remploi d'une pierre tombale[4] —, se trouve à la base de la colonne[1]. Il peut s'agir d'un autel ou d'une pierre d'attente des morts, destinée à supporter un cercueil pendant la cérémonie précédant l'inhumation[5]. Comme l'église et la chapelle Saint-Blaise de Truyes, le monument est probablement intégré au parcours de processions monastiques[6].

Photographie (début XXe siècle) de la lanterne portant une croix sommitale.

La dénomination de lanterne des morts ne fait toutefois pas l'unanimité et semble devoir définitivement être abandonnée[7],[8]. Même si la différence d'aspect est parfois ténue, il semble beaucoup plus vraisemblable qu'il s'agisse d'une croix hosannière[2], comme le suggèrent la hauteur des gradins qui la soutiennent, la structure pleine et le faible diamètre de sa colonne, qui interdisent à un homme de hisser un fanal à son sommet par l'intérieur comme c'est courant pour une lanterne des morts[9],[10]. Dans cette hypothèse, ce serait donc un croix en pierre ou en fer forgé, accompagnée d'un crochet permettant d'y suspendre des couronnes votives, qui aurait terminé la colonne[11]. Des documents du XVIIIe siècle et une photo montrant la colonne utilisée comme croix hosannière au début du XXe siècle renforcent cette proposition[12].

Pour en savoir plus[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Michel Plault, Les lanternes des morts, Poitiers, Librairie ancienne Brissaud, coll. « Art et patrimoine » (no 4), , 198 p. (ISBN 2-902170-58-0).
  • Thomas Pouyet, Cormery et son territoire : origines et transformations d’un établissement monastique dans la longue durée (8e-18e siècles) : Archéologie et Préhistoire, vol. I : Texte, Tours, Université de Tours / Région Centre-Val de Loire, , 399 p. (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Notice no PA00097712, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. a et b Agence Bailly-Leblanc et Thalweg paysages, « Commune de Cormery - Élaboration d'une aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine » [PDF], sur DRAC Centre (consulté le ), p. 37.
  3. a et b Pouyet 2019, p. 329.
  4. « L'énigme de la lanterne des morts », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ 19 avril 1991.
  5. Pouyet 2019, p. 330.
  6. Pouyet 2019, p. 340.
  7. Bernard Briais, Découvrir la Touraine : la vallée de l’Indre, Chambray-lès-Tours, CLD, , 205 p., p. 110.
  8. Mariella Esvant, « Cormery : sur la piste des moines », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ (lire en ligne).
  9. Cécile Treffort, « Les lanternes des morts : une lumière protectrice ? », Cahiers de recherches médiévales, no 8,‎ , p. 5 (DOI 0.4000/crm.393).
  10. « Lanterne des morts », sur Encyclopædia Universalis (consulté le ).
  11. Jean-Luc Flohic (dir.), Patrimoine des communes de France, t. 1, Paris, Flohic, , 704 p. (ISBN 2-84234-115-5), p. 295.
  12. Annick Chupin, « Plusieurs « idées reçues » mises à l'épreuve des textes », bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. XLIV,‎ , p. 553 (lire en ligne).