Lanmeur

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Lanmeur
Lanmeur
Mairie de Lanmeur.
Blason de Lanmeur
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Plouigneau
Intercommunalité Morlaix Communauté
Maire
Mandat
Anne-Catherine Lucas
2014-2020
Code postal 29620
Code commune 29113
Démographie
Gentilé Lanmeuriens
Population
municipale
2 195 hab. (2016 en diminution de 0,05 % par rapport à 2011 en diminution de 0,05 % par rapport à 2011)
Densité 83 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 38′ 53″ nord, 3° 42′ 51″ ouest
Altitude Min. 20 m
Max. 128 m
Superficie 26,47 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

Lanmeur [lɑ̃mœʁ] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Lanmeur se situe en pays Trégorrois.

Situation de Lanmeur

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Lanmeur
Saint-Jean-du-Doigt Guimaëc Guimaëc
Saint-Jean-du-Doigt Lanmeur Plouégat-Guérand
Garlan Plouigneau Plouégat-Guérand

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Lanmur en 1163, Lanmeurvers 1330 et Lanmur Melar en 1235 et 1405.

Lanmeur vient du vieux breton lann (ermitage, monastère) et meur (grand). « Le grand monastère »[1].

Le nom en breton est Lanneur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

La paroisse de Lanmeur, enclavée dans l'évêché de Tréguier, faisait partie du doyenné de Lanmeur relevant de l'évêché de Dol et était sous les vocables de saint Mélar et saint Samson, lequel, alors qu'il vivait dans l'actuel hameau de Saint-Samson en Plougasnou, aurait fondé un monastère à Lanmeur, dénommé Kerfeunteun (« village de la fontaine » en breton)[2], nom que porta par la suite pendant un temps la paroisse de Lanmeur. Saint-Samson alla par la suite s'établir à Dol (aujourd'hui Dol-de-Bretagne en Ille-et-Vilaine), ce qui explique pourquoi Lanmeur et des paroisses avoisinantes dépendaient sous l'Ancien Régime de l'évêché de Dol. La paroisse de Lanmeur avait comme trève Locquirec.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Lanmeur fut un temps un évêché, fondu par la suite dans l'évêché de Dol dont Lanmeur resta un archidiaconé jusqu'à la Révolution française Les tombeaux des évêques de Lanmeur étaient à Rupeulven semble-t-il, mais Albert Le Grand dans son livre publié en 1637 les place à l'Hospital-Pell, ces deux hameaux faisant partie de l'actuelle commune de Lanmeur[3].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Lanmeur de fournir 50 hommes et de payer 328 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[4].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Crypte de l'église Saint-Mélar à Lanmeur (dessin publié dans Félix Benoist, "La Bretagne contemporaine", tome "Finistère", 1867).

La deuxième compagnie (Lanmeur) du 4e bataillon de mobiles du Finistère participa le au combat de l'Haÿ lors du Siège de Paris pendant la Guerre de 1870[5].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La station de radio-guidage de Saint-Fiacre, située à Lanmeur, fut bombardée plusieurs fois par l'aviation alliée, en particulier les et . Une bombe endommagea le chemin de roulement du "radar", un émetteur Knickebein puis See-Elefant à partir de 1944[6].

Jean Le Roux, né à Lanmeur le , devança l'appel lors de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, devenant élève radio-navigant. Il s'engagea dans la France libre dès décembre 1940. Il partit clandestinement de Camaret le , embarquant sur l'Émigrant et fut chargé par le MI6 britannique de mettre en place des liaisons radios clandestines entre la Bretagne et Londres.Il débarqua dans la nuit du 18 au près de Lampaul-Ploudalmézeau, en compagnie de Robert Alaterre et de deux autres hommes pour créer le réseau de renseignements Johnny, chargé principalement de surveiller les mouvements de la Kriegsmarine autour du port de Brest ; il fit la première émission de radio clandestine de la résistance vers la Grande-Bretagne depuis Quimper le  ; il est décédé en octobre 2009[7].

Hervé Botros[8], de Lanmeur, membre du kommando de Landerneau, fit partie des neuf personnes fusillées à Rennes lors de la Libération pour faits de collaboration après avoir été condamnées à mort par la Cour de justice de Rennes[9].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le canton de Lanmeur regroupait les communes de Garlan, Guimaëc, Lanmeur, Locquirec, Plouégat-Guérand, Plouezoc'h, Plougasnou et Saint-Jean-du-Doigt, il fut supprimé en 2015 après le redécoupage.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1860 1870 Alfred du Desnay    
1870 1871 Yves Tassel    
1871 1878 Alfred du Dresnay    
1878 1878 Pierre-Marie Barazer    
1879 1891 Jean-Marie Clech Rép.mod  
1891 1901 Jean Le Lay    
1904 1910 Yves-Marie Le Coz    
1911 1942 Yves Guillemot Rép.GRad-soc  
1942 1943 Sébastien Menut    
1944 1947 René Hervé SFIO  
1947 1977 Yves Moal SFIOPSUPS Conseiller général du canton de Lanmeur (1970-1979)
1977 1989 Yves Charles PCF  
1989 2017
(démission)
Jean-Luc Fichet PS Ancien éducateur spécialisé
Ancien conseiller général du canton de Lanmeur (1998-2011)
Sénateur (2008-2014 et depuis 2017)
Président de Morlaix Communauté (depuis 2014)
2017 En cours Anne-Catherine Lucas PS  
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'argent à la fasce de gueules accompagnée de trois taches d'hermine de sable.

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

À la rentrée 2017, 94 élèves étaient scolarisés dans la filière bilingue publique (soit 28,7 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire)[10].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Lanmeur possède une mairie près de l'église.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Mélar[modifier | modifier le code]

L'église actuelle a été reconstruite en 1903-1904 et dédicacée à saint Mélar. Elle est connue pour sa crypte pré-romane, construite au Xe siècle en réemployant des éléments plus anciens, probablement du VIe siècle[11]. L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1862.

Église paroissiale Notre-Dame[modifier | modifier le code]

Ancienne église priorale, dite chapelle Notre-Dame de Kernitron, romane et gothique. Elle est classée Monument historique par arrêté du 29 décembre 1983[12].

Histoire[modifier | modifier le code]

Un couvent est fondé à Lanmeur au VIe siècle par saint Samson[13], évêque de Dol, à la suite d'une donation de Judual, comte de Domnonée[14]. Saint Magloire en est le premier abbé. Le couvent est ravagé par les Vikings en 877. Après la victoire d’Alain Barbe-Torte sur les Vikings, les bénédictins de Saint Jacut de la Mer relèvent le prieuré de Lanmeur. Ils y restent jusqu’au XVIe siècle, quand leur abbaye passe en commande. Jusqu’à la Révolution française, le prieuré dépend des évêques de Dol qui en nomment les prieurs. La chapelle est un lieu de pèlerinage important dans le Trégor depuis des siècles : on vient y vénérer Notre-Dame de Kernitron.

Description[modifier | modifier le code]

L'église, ancienne église priorale du XIIe siècle, a été modifiée du XIVe siècle au XXe siècle[15]. Elle est en forme de croix latine, marquée à la croisée par une tour romane massive percée de petites fenêtres sur chaque face et flanquée d’une tourelle d'escalier ronde. Les murs latéraux de la nef romane sont épaulés par des contreforts maçonnés peu saillants plus décoratifs que structurels[16] et percés de longues fenêtres au tracé légèrement brisé. On note la présence d’une porte de plein cintre murée sur le mur sud.

Le pignon du transept sud, également roman, flanqué de deux contreforts plats, est percé d’une porte à voussures multiples de plein cintre surmontée d’un massif  maçonné en avancée formant galbe. Le tympan sculpté (rare en Bretagne) représente un Christ tétramorphe, presque effacé par l’usure[17].  Deux fenêtres à double rouleau et colonnettes engagées encadrent le galbe et une mince ouverture en forme de meurtrière le surplombe dans l’axe. Les chapiteaux et les voussures sont sculptées.

La façade ouest ouest est gothique. Elle présente un petit porche en avancée, surplombée d’une fenêtre à rose flamboyante.

À l’intérieur, la nef à vaisseau unique (XIIe siècle) de sept travées[17], couverte de charpente, est rythmée par six colonnes engagées sur chaque côté, sans utilité structurelle.  

La croisée de transept (fin du XIIe siècle) est portée par de grosses piles rondes flanquées de colonnes engagées sur lesquelles retombent les arcs brisés[17]. Les chapiteaux des colonnes engagées, sculptés, se poursuivent en frise sur la colonne principale (motifs végétaux, masques...). On y sent déjà les prémisses du gothique, comme à Brélévenez ou Guérande. La voute de la croisée parait postérieur (modénature et profil surbaissé des arc doubleau qui s’achèvent en volute autour d’un médaillon central mouluré et se raccordent difficilement aux grands arcs de la croisée au niveau des colonnes)

Le chœur gothique (XVe siècle) s’achève par une maîtresse-vitre à remplage.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[19].

En 2016, la commune comptait 2 195 habitants[Note 1], en diminution de 0,05 % par rapport à 2011 (Finistère : +0,93 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 3812 3672 3152 5172 6482 7752 7502 8262 763
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 7282 7692 7722 7292 5982 4492 5742 5082 503
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 5112 5732 5522 1272 1182 1112 1041 8301 804
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 8831 8852 0492 1002 0842 1222 1392 1602 191
2016 - - - - - - - -
2 195--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[20] puis Insee à partir de 2006[21].)
Histogramme de l'évolution démographique

Évolution du rang démographique[modifier | modifier le code]

Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[22] 1975[22] 1982[22] 1990[22] 1999[22] 2006[23] 2009[24] 2013[25]
Rang de la commune dans le département 100 75 87 96 98 98 102 102
Nombre de communes du département 286 283 283 283 283 283 283 283

En 2016, Lanmeur était la 102e commune du département en population avec ses 2 195 habitants (territoire en vigueur au ), derrière Edern (101e avec 2 200 habitants) et devant Dinéault (103e avec 2 169 habitants).

Enseignement[modifier | modifier le code]

Lanmeur a un collège « Aux quatre vents » qui compte actuellement 362 élèves.

Santé[modifier | modifier le code]

La commune a ouvert un pôle de santé en mars 2013. Il réunit 25 praticiens, médecins, dentistes, sages-femmes, infirmiers, orthophonistes, podologue, ostéopathe et psychologues[26].

Médias[modifier | modifier le code]

  • Journal local Le Lanmeurlien.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hervé Abalain, « Noms de lieux bretons - Page 36, Editions Jean-paul Gisserot, ([[International Standard Book Number|ISBN]] [[Spécial:Ouvrages de référence/2877474828|2877474828]]) » (consulté le 21 janvier 2017)
  2. Guillaume Marie Lejean, "Histoire politique et municipale de la ville et de la communauté de Morlaix, depuis les temps reculés jusqu'à la Révolution française", 1846, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5789163j/f18.image.r=Plougasnou.langFR
  3. Guillaume Marie Lejean, Histoire politique et municipale de la ville et de la communauté de Morlaix, depuis les temps reculés jusqu'à la Révolution française, imprimerie de V. Guilmer, Morlaix, 1846, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5789163j/f19.image.r=Ploudaniel.langFR
  4. >"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f8.image.r=Plovan
  5. Adolphe Allier, "Combat de l'Hay, livré le 29 novembre 1870, par le 110e et le 112e régiment de ligne, le 2e et le 4e bataillon des mobiles du Finistère : part prise à ce combat par la 1re compagnie des mobiles de Landivisiau, la 2e compagnie des mobiles de Lanmeur et la 3e compagnie des mobiles de Morlaix", 1881, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65748982/f38.image.r=Landivisiau?rk=472105;2
  6. Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, (ISBN 9-782364-28007-6)
  7. http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=81105
  8. Hervé Botros, au service de la Gestapo de Morlaix, se fit passer à Plougasnou pour un résistant et dénonça des vrais résistants qui préparaient une embuscade dans la nuit du 9 au . Engagé lors de la Libération dans la Légion étrangère afin de se cacher, Hervé Botros fut arrêté le , jugé à Quimper, condamné à mort et fusillé le , voir : Jean Bouteiller, Michel Guillou et Jean-Jacques Monnier, Été 1944. Résistances et Libération en Trégor, Skol Vreizh, 2004.
  9. http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/1296590
  10. http://www.opab-oplb.org/98-kelenn.htm
  11. « Inventaire général du patrimoine de Bretagne : Lanmeur, église paroissiale Saint-Mélar »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  12. « Base Mérimée »
  13. « InfoBretagne »
  14. « Monumentum »
  15. Inventaire général du patrimoine de Bretagne : Lanmeur, église paroissiale Notre-Dame
  16. Marc Déceneux, La Bretagne romane, Editions Ouest-France, , p 81, 83, 114
  17. a b et c Anne Autissier, La sculpture romane en Bretagne, XIe-XIIe siècles, Presses Universitaires de Rennes, , p 288-289
  18. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  19. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  20. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  21. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  22. a b c d et e INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le 10 janvier 2016).
  23. INSEE, « Populations légales 2006 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
  24. INSEE, « Populations légales 2009 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
  25. INSEE, « Populations légales 2013 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
  26. Frédéric Ville, « Une commune rurale fait le pari d'un pôle de santé universitaire », La Gazette, nos 47-48/2249-2250,‎ .
  27. site officiel du festival Jack Kerouac

Liens externes[modifier | modifier le code]


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