Lanleff

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Lanleff
Lanleff
Le Temple de Lanleff.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Guingamp
Intercommunalité Guingamp-Paimpol Agglomération
Maire
Mandat
Josette Connan
2020-2026
Code postal 22290
Code commune 22108
Démographie
Gentilé Lanleffois, Lanleffoise
Population
municipale
122 hab. (2018 en augmentation de 9,91 % par rapport à 2013)
Densité 56 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 41′ 37″ nord, 3° 02′ 36″ ouest
Altitude 70 m
Min. 17 m
Max. 86 m
Superficie 2,16 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Paimpol
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Paimpol
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Lanleff

Lanleff (/lɑ̃.lɛf/[Note 1]Écouter) est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne. Lanleff appartient au pays historique du Goëlo.

Géographie[modifier | modifier le code]

Une station météorologique se situe sur la commune. Les relevés effectués servent aux prévisions locales émises par Météo France.

Communes limitrophes de Lanleff
Quemper-Guézennec Yvias
Lanleff Pléhédel
Le Faouët Tréméven

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Lanleff est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 2],[1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paimpol, dont elle est une commune de la couronne[Note 3]. Cette aire, qui regroupe 13 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[4],[5].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (83,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (83,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (53,3 %), terres arables (30,6 %), forêts (16,1 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Lanlem en 1148[8], Lanlain en 1262[9], Lanlem en 1269[10], Loulem à la fin du XIVe siècle, Lanleff en 1626[11].

Son nom vient du breton lann qui signifie ermitage et du nom de la rivière Le Leff (notée Lem en 1202, Leim en 1220, Lem en 1263, Leve, Lev en 1330)[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Lanleff était une trève de Lanloup enclavée dans l'évêché de Saint-Brieuc et faisait partie du doyenné de Lanvollon relevant de l'évêché de Dol et était sous le vocable de Notre-Dame.

Sous l'ancien régime, Lanleff appartenait également au comté du Goëlo.

  • 1790 : érigée en commune
  • 1836 : érigée en paroisse

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La petite commune de Lanleff paie un lourd tribut à la Première Guerre mondiale : 7% de la population de 1911 a été décimée (moyenne départementale : 4,7%).

Le Monument aux Morts fait état de 14 soldats Morts pour la France, tous victimes de la Première Guerre mondiale[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
  2001 Yves Crénan    
2001 2014 Maurice Goarin PS Agriculteur, président de la communauté de communes Paimpol-Goëlo
2014 En cours Josette Connan DVG Retraitée
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
214271311415501498504381366
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
378400413326380370345359324
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
290267225174171160160144143
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
1331178887101110102109121
2018 - - - - - - - -
122--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Sainte-Marie.

Temple de Lanleff[modifier | modifier le code]

Le « temple de Lanleff » est un monument en ruines, en grès rose. Ce plan circulaire, peu fréquent dans la région, a suscité chez les premiers archéologues de nombreuses hypothèses « quant à son origine et son utilisation : temple romain ou gaulois, baptistère mérovingien ou encore église des Templiers (qui explique le nom populaire donné à l'édifice, bien que leur présence ici n'ait jamais été attestée)[15] ». C'est en fait une ancienne église de style roman, construite sur un plan circulaire, comme l'église abbatiale Sainte Croix-de-Quimperlé. Si sa forme fait référence à celle du Saint Sépulcre de Jérusalem, il s'agit ici « d'une rotonde mariale dont le nombre est grand en Europe à l'époque romane[15] ».

En l’absence de documents d’archive précisant la date de construction, la datation repose uniquement sur l’analyse stylistique de l’édifice et prête à débat. Si certains y voient un édifice du Xe siècle, voire pré-roman à cause du caractère archaïque de ses sculptures, un certain nombre de spécialistes s’accordent pour le dater du début du XIIe siècle du fait de sa structuration spaciale très maîtrisée et de son animation murale puissante[16],[17].

Le premier document qui y fait référence date du XIe – XIIe siècle : l’église Sainte-Marie de Lanleff  apparait dans un acte de donation non daté aux moines de Léhon par Trihan de Chatelaudren : cette donation est postérieure à 1061, date à laquelle le père de Trihan apparait dans une charte comme seigneur de Chatelaudren, mais antérieure à 1148, date à laquelle la donation est rappelée par un acte d’Henri de Goëlo[17]. Puis il faut attendre le XVIIIe siècle pour en trouver à nouveau mention chez différents auteurs. Après un voyage d’étude en Bretagne, Prosper Mérimée s’intéresse au Temple et le fait inscrire, selon certains auteurs, à l’inventaire des monuments historiques en 1840.[réf. nécessaire] Il est classé au titre des monuments historiques depuis 1889[18],[19].

L'édifice se présente à l’origine sous la forme de deux enceintes circulaires concentriques séparées par un déambulatoire. Aujourd’hui, ne reste qu’une partie de l’enceinte extérieure comportant encore deux absidioles sur trois préexistantes[20]. L’enceinte intérieure est constituée de 12 arches soutenues par 12 piliers imposants. Ceux-ci sont ornés, sur leurs chapiteaux et sur leurs bases de sculptures naïves énigmatiques.

L'édifice est également remarquable par les éléments décoratifs qui ornent les chapiteaux (représentations humaines, animales, décors géométriques) et les bases de colonnes. On en a compté plus de 140. L'un des plus visibles est la représentation humaine aux mains de très grands doigts qu'Olivier Pagès a appelé Adam pudique (voir photo ci-dessous). Le temple de Lanleff qui servait au XIXe siècle de vestibule à l'église paroissiale Sainte-Marie, fait l'objet de recherche historique par l'association « Le temple de Lanleff » créée le , laquelle propose des visites et conférences[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
  2. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  3. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 25 mars 2021).
  2. « Commune rurale-définition », sur le site de l’Insee (consulté le 25 mars 2021).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 25 mars 2021).
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 25 mars 2021).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 25 mars 2021).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 3 mai 2021)
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 3 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. Office Public de la Langue Bretonne, « Kerofis » (consulté le 13 février 2017).
  9. Office Public de la Langue Bretonne, « Kerofis » (consulté le 14 février 2017).
  10. Anciens Evêchés, IV, 358 et 183
  11. a et b infobretagne.com, « Étymologie et Histoire de Lanleff » (consulté le 14 février 2017).
  12. « MémorialGenWeb Relevé », sur www.memorialgenweb.org (consulté le 26 février 2021).
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  15. a et b Xavier Barral i Altet, Art roman en Bretagne, éditions Jean-Paul Gisserot, , p. 20.
  16. Marc Déceneux, La Bretagne romane, Editions Ouest France, , p 74-75.
  17. a et b Anne Autissier, La sculpture romane en Bretagne, XIe-XIIe siècles, Presses Universitaires de Rennes, , p 284-286.
  18. Notice no PA00089253, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. Liste des monuments classés, 1889, Ministère de l’instruction publique et des beaux-arts, p. 54.
  20. Des fouilles archéologiques en 1856 ont mis au jour les fondations de cette troisième chapelle.
  21. « Le temple de Lanleff », sur lanleff-temple.fr (consulté le 12 mars 2019).
  22. L'enceinte extérieure qui repose sur un mur bahut large de plus d'1 m, fait un diamètre de 19,5 m, l'enceinte intérieure de 10 m.
  23. Ces deux chapelles rayonnantes s'appuient sur l'enceinte extérieure. La tour est le prolongement en hauteur de l'enceinte intérieure, désormais à ciel ouvert.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Floquet, Le temple de Lanleff. Spézet, Ed. Keltia Graphic, 1999, 96 pp.
  • Olivier Pagès, Le temple de Lanleff. Dossier. Perros-Guirec, éd. La Tilv. 1998. 112pp ill.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]