Langues en Algérie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Langues d'Algérie)
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant l’Algérie image illustrant la linguistique
Cet article est une ébauche concernant l’Algérie et la linguistique.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Consultez la liste des tâches à accomplir en page de discussion.

Langues en Algérie
Langues officielles Arabe littéral et tamazight[1]
Langues principales Langues maternelles : Arabe algérien, langues berbères

Langues des sites en .dz (%, 2015)[2] :

  69
  20
  10

Langues d'édition de Wikipédia (%, 2013)[3] :

  58
  32
  7

Langues de consultation de Wikipédia (%, 2015)[4] :

  45
  39
  14
Langues d'interface d'Avast! (%, 2015)[5],[N 1] :
  90
  8
Autres
  2

Langues d'interface de Google Algérie[6],[N 2] : 1. Français, 2. Arabe

Langues nationales Arabe et tamazight[1]
Principales langues étrangères Français (33 %), Anglais (7 %)
Langues des signes Langue des signes algérienne
Disposition des touches de clavier AZERTY
Pancarte de bienvenue trilingue de la commune des Isser (Boumerdès) écrite en arabe, en berbère (tifinagh), et en français.

On peut dénombrer plusieurs langues en Algérie.

Le taux d'alphabétisation chez les plus de 15 ans en 2015 y est estimé à 80 % selon l'UNESCO, dont 87 % chez les hommes et 73 % chez les femmes[7].

Langues officielles[modifier | modifier le code]

Les langues officielles de l'Algérie sont l’arabe littéral et depuis 2016 le tamazight[1].

Arabe[modifier | modifier le code]

Arabe algérien[modifier | modifier le code]

L'arabe algérien (ou darja) est la langue utilisée par la majorité de la population. C'est la principale langue véhiculaire d'Algérie, utilisée par 70 à 90 %[8] de la population.(les statistiques sur bases linguistiques étant interdites en Algérie, il est difficile de donner un chiffre plus précis).

C'est un idiome arabe rattaché au groupe de l'arabe maghrébin, et qui a pour origine lexicale et grammaticale l’arabe principalement, mais aussi d'importants apports du berbère et de manière plus relative de l'espagnol et du français, ainsi l'influence de ces langues diffère d'une région à une autre : on peut citer le arabe bougiote influencé par le turc et le kabyle, l'arabe oranais présentant des mots d'origine ibérique influencé par le zénète, l'arabe tlemcénien, et le Nedromi influencés par l'arabe andalou, l'arabe sétifien influencé par l'arabe irakien[travail inédit ?].

L’accent du pays diffère d'une région à une autre. À titre d'exemple, un Annabi pourrait avoir plus de difficulté à comprendre un Oranais qu'un Algérois et vice versa. Cependant, ce n'est généralement un obstacle pour la communication, l'accent sert plus souvent à reconnaître l'origine régionale du locuteur[travail inédit ?].

Du fait des mouvements profonds qu'a connus la population depuis l'indépendance, une koinè de cette langue a tendance à émerger, amplifiée par la musique populaire et les séries télévisées. À cet arabe algérien qu’on a tendance à appeler arabe par extension s’ajoute des dialectes locaux, qu'ils soient berbères ou arabes.

Autres dialectes arabes[modifier | modifier le code]

Dans le Sahara, on atteste d'autres dialectes bédouins plus conservateurs, regroupés sous le nom "Arabe saharien" ou l'arabe algérien du Sahara[9]; en outre, les nombreux sahraouis réfugiés à Tindouf parlent l'arabe hassaniya.

La plupart des Juifs d'Algérie parlaient des dialectes de la langue arabe spécifiques à leur communauté, collectivement appelées judéo-arabe ; cependant, la plupart communiquaient en français durant la période coloniale, bien avant l'indépendance.

Berbère[modifier | modifier le code]

Carte des aires berbérophones d'Algérie

En 2016, une révision de la constitution algérienne ajouta l'article 4, reconnaissant le « tamazight » comme langue officielle[1].

La langue berbère (Tamazight) est composée de plusieurs langues différentes ou dialectes dans le pays, dont les plus importantes et par ordre alphabétique sont :

  • Kabyle (taqbaylit) : est parlé principalement en Kabylie (région du centre-est de l'Algérie), le nombre de locuteurs est estimé à plus de 5 millions en Kabylie et dans l'Algérois[10], c'est la première langue au nombre de locuteurs berbèrophones dans le pays. Il se présente sous la forme de quatre zones dialectales.
Pourcentage de Berberophones dans chaque wilaya en 1966
  • Chaoui (tachawit) : le chaoui appartient au groupe zénète[11],[12], cette langue est parlée par les Chaouis, habitants des Aurès et ses régions attenantes en Algérie. C'est la deuxième langue berbère la plus parlée en Algérie.
  • Tasahlite : est présent dans certaines communes de Béjaïa, Jijel et Sétif, il se différencie nettement du kabyle de grande Kabyle (kabyle des Igawawen), il forme un continuum linguistique entre le kabyle et le chaoui.
  • Le Tagargrent est parlé dans la région de Ouargla et de N'Goussa ainsi que Touggourt et sa région de Oued Righ.
  • Mozabite (Tumzabt) : c'est la langue vernaculaire dans la vallée du Mzab (au sud de l'Atlas saharien), parlé par plus de 200 000 locuteurs.
  • La variante algérienne et libyenne du touareg (tamajaq, appelé localement tahaggart dans le Hoggar) : elle est parlé dans l'extrême sud du pays, en particulier dans le massif du Hoggar et le tassili n'Ajjer.

Jusqu’en 1936, des îlots berbérophones ont continué d'exister à travers toute l'Algérie ; dans l'Oranie (Mascara, Mostaganem), dans le Chélif (Chlef, Khemis Miliana), dans la plaine de Annaba (Chétaïbi) , celle de Sétif (El Eulma) ou encore la Mitidja (El-Affroun, Bourkika, Hadjout, Beni Merad)[14].

L'Algérie compte environ 30 % à 40 % de berbérophones — selon le professeur Salem Chaker, de l'INALCO[15].

Français[modifier | modifier le code]

Selon l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), le « nombre de personnes âgées de cinq ans et plus déclarant savoir lire et écrire le français, d'après les données du recensement de 2008 communiquées par l'Office national des statistiques d'Algérie », est de 11,2 millions[16]. Cela représente un tiers des 34,4 millions d'Algériens, et plus en termes de pourcentage en excluant les moins de 5 ans (qui en Algérie ne sont pas encore scolarisés).

L'Algérie, bien qu'ayant une importante proportion de francophones n'est pas membre de l'Organisation internationale de la francophonie. Le pays compte néanmoins 58 institutions membres de l’Agence universitaire de la Francophonie[17].

Selon un sondage publié par l'institut Abassa, 60 % des foyers algériens comprennent et/ou pratiquent le français[18] et selon une étude du conseil supérieur de l'enseignement, 70 % des parents d'élèves souhaitent que leurs enfants apprennent le français[19].

En 2004, il y a en Algérie 10 762 personnes qui ont le français pour langue maternelle, pour la plupart des descendants de Pieds-Noirs, représentant seulement 0,03 % de la population du pays[20].

Durant l'année écoulée entre mai 2015 et avril 2016, l'encyclopédie Wikipédia en langue française est la plus consultée en Algérie avec 45 % des pages vues, devant celles en langue arabe (39 %) et en langue anglaise (14 %), les autres langues réunissant en tout seulement 2 %[21]

En mai 2014, la langue française est la plus utilisée dans les posts sur Facebook avec 76 %, devant la langue arabe (32 %) et la langue anglaise (11 %)[22].

Espagnol[modifier | modifier le code]

La langue espagnole est surtout présente dans l’ouest du pays, en effet cette région a subi une forte influence espagnole attestée dans la variété oranaise de l’arabe algérien. Son développement s’explique par des facteurs sociaux et économiques ainsi que la proximité géographique avec l’Espagne et les brassages des populations qui ont permis les phénomènes des emprunts linguistiques et l’engouement des Oranais pour l’apprentissage de cette langue[23].

Anglais[modifier | modifier le code]

Selon Euromonitor[24], l'anglais est parlé en 2012 par 7 % des Algériens[25].

Autres[modifier | modifier le code]

Les langues étrangères comme l'anglais, l'espagnol, le russe et l'allemand sont enseignées dans les écoles et aux universités. Plusieurs réformes des différents gouvernements ont apporté des rectifications dans le volume horaire à enseigner[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Avast! est le logiciel antivirus ayant le plus d'utilisateurs actifs au monde : en mars 2015, il regroupe 233 millions d'utilisateurs actifs à travers le monde, répartis dans 184 pays ou 222 territoires et est disponible en 46 langues.
  2. Les langues proposées sont en ordre d'importance dans le pays.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « Journal Officiel », République algérienne,‎ (consulté le 7 mars 2016)
  2. (en) « Distribution of content languages among websites that use .dz. ».
  3. (en) « Wikimedia Traffic Analysis Report - Wikipedia Page Edits Per Country - Breakdown. ».
  4. (en) « Wikimedia Traffic Analysis Report - Wikipedia Page Views Per Country - Breakdown. ».
  5. « Démographie de l'Utilisateur > Langues parlées par les utilisateurs Avast > Algeria. ».
  6. « Google Algérie », sur https://www.google.dz (consulté le 19 novembre 2015).
  7. http://www.uis.unesco.org/DataCentre/Pages/country-profile.aspx?code=DZA&regioncode=40525&SPSLanguage=FR Onglet "Alphabétisme" puis descendre à "Taux d'alphabétisation (%)".
  8. (en) Fiche langue (code «arq») dans la base de données linguistique Ethnologue.
  9. (en) Fiche langue (code «aao») dans la base de données linguistique Ethnologue.
  10. (fr) - « Langue et littérature berbères », article de Salem Chaker, professeur de berbère à l'Inalco, et directeur du Centre de Recherche Berbère.
  11. DIELEMAN F. 1994 – Esquisse de description de la langue berbère chaouïa : variations lexicales et phonétiques et investigation sociolinguistique
  12. GUEDJIBA A.2000 – Description morphosyntaxique du parler des At Bouslimane du Zalatou
  13. a et b Gilles Manceron, Farid Aïssani, Algérie: comprendre la crise, Editions Complexe, coll. « Interventions », 1999 (ISBN 978-2870276617), page 157
  14. Ahmed Amiri « Mythes et réalités d'une logique de mutation de la société algérienne », Sud/Nord 1/2001 (no 14), p. 123-134.
  15. (fr) « Langue et littérature berbères », article de Salem Chaker, professeur de berbère à l'Inalco et directeur du Centre de recherche berbère.
  16. Organisation internationale de la francophonie, La langue française dans le monde 2010, Nathan, 2010 (ISBN 978-2-09-882407-2), p. 9.
  17. https://www.auf.org/membres/
  18. Où va l'Algérie By Ahmed Mahiou, Jean-Robert Henry, p. 286
  19. Où va l'Algérie By Ahmed Mahiou, Jean-Robert Henry, p. 284
  20. http://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/algerie-1demo.htm
  21. (en) « Wikimedia Traffic Analysis Report - Wikipedia Page Views Per Country - Breakdown. ».
  22. http://www.arabsocialmediareport.com/UserManagement/PDF/ASMR6_En_Final.pdf
  23. Le Français en Algérie: lexique et dynamique des langues, par Ambroise Queffélec, p:38,39.
  24. Euromonitor, « The Benefits of the English Language for Individuals and Societies: Quantitative Indicators from Algeria, Egypt, Iraq, Jordan, Lebanon, Morocco, Tunisia and Yemen », Enquête réalisée pour le British Council (2012).
  25. (en) http://thelinguist.uberflip.com/i/641937-the-linguist-55-1/14, page 15.
  26. Langues étrangères en Algérie : Enjeux démocratiques, Lakhder Baraka, Sidi, Mohamed, 2002, page 6

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]