Lafleur et les Théâtres Amiénois de Cabotins

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Chés cabotans (en picard) sont des marionnettes à tringles et à fils. Le personnage le plus célèbre est Lafleur (c'est l'équivalent du Guignol Lyonnais). Ces cabotans ont eu un grand succès à Amiens pendant le XIXe siècle et au début du XXe siècle avant de décliner avec la venue du cinéma. Lafleur et sa femme Sandrine parlent en picard et les autres personnages parlent en français. Ce sont des marionnettes en bois (chés tchots conmédiens d'bos) avec des costumes typiques.

Lafleur et le renouveau d'chés cabotans[modifier | modifier le code]

Lafleur c'est le héros des marionnettes à tringle amiénoises depuis plus deux siècles. Il y aurait eu sous le nom de Lafleur ce triste sous-titre : Notice nécrologique, si deux précieuses initiatives n'avaient sauvé la plus curieuse des traditions populaires amiénoises : l'un après l'autre, tous les petits théâtres de quartiers avaient été fermés, après désertion de leur public de jeunes et de vieux.

Quand furent créées, en février 1930 l'Association des Amis de Lafleur sociéte a but non lucratif ils ont inscrit dans leur statuts l'engagement formel de prêter leur concours à toutes les oeuvres d'éducation et de bienfaisance et en 1932 celle de Chés Cabotans d'Amiens, Édouard David president d'honneur "des amis de Lafleur", (1863 - 1932) dit « Tcho Doère » , le grand ami de Lafleur, celui qui l'a le mieux connu et peint, lui faisait dire :

Las ! tout cho n'est pus qu' du souv'nir !
Min théiat' da ch' l'oubli s'einraque.
Comm' visiteux, je n' vois pus venir
Que ch' tchott' soiris qui, mitan braque,
Court su' m' panche ou bien vo chucher
Ch' nez de ch' prance ou l' brongn' de l' prancesse…

André Huska à Abbeville créa en 1925 le théâtre des Chès Cabotans Abbevillois.

Les théâtres d'Eugène Thérasse(les Amis) et Maurice Domon (Chés Cabotans) sont les rénovateurs de la tradition picarde. Puis dans les années 1960, 'Ech'Réveil ed Lafleur', les Compagnons de Lafleur et les années 1970,le Royaume des Pantins.

Les derniers théâtres réguliers

Charles Caron en dénombre quelque 70 en un siècle. Beaucoup furent éphémères, d'autres durables comme l'un des premiers, celui de La Plumette (1811-1864). Ils furent surtout nombreux au début du XXe siècle. Il y en avait 19, ouverts en même temps, de 1891 à 1900. Parmi les plus célèbres, les Grandes Galères et Le théâtre des Bouffes Picards. Ces deux théâtres fixes étaient dirigés par les membres d'une même famille, les frères Barbier depuis la deuxième moitié du XIXe siècle jusqu'au début du XXe siècle. Le 8 novembre 1914, le dernier théâtre fixe d'Amiens, "Les Folies Dramatiques" de Jules Barbier ferme.

Le théâtre “CHÉS CABOTANS D’AMIENS”

"Chés Cabotans d'Amiens" fut fondé en 1933 par Maurice Domon mais il n'avait pas de salle attitrée pour montrer ses spectacles. Le 5 février 1967, "Chés Cabotans d'Amiens" deviennent "Théâtre Officiel du Musée d'Art Local et d'Histoire Régionale, Théâtre de marionnettes permanent de la ville d'Amiens".

En 1997, s'ouvre un petit théâtre de 130 places au centre d'Amiens pas loin de la cathédrale.

L’entourage de Lafleur[modifier | modifier le code]

Lafleur n'est pas seul sur scène, il est parfois accompagné par sa femme Sandrine (ou Alexandrine), son fidèle compagnon Tchot Blaise, un adolescent dont le personnage pris de l'importance dans le théâtre de Chés Cabotans d'Amiens. Il y a aussi le grand Popaul caliquot et le bourgeois avare et cupide: Papa Tchu Tchu.

Le répertoire[modifier | modifier le code]

Initialement, le répertoire des théâtres de marionnettes picardes emprunte aux pièces classiques du XIXe siècle. Les marionnettistes adaptant les livrets à la scénographie propre aux théâtres de marionnettes en raccourcissant les dialogues ou monologues afin de donner plus de dynamisme au spectacle. Toutefois, cette concurrence faite au Grand théâtre d'acteurs d'Amiens ne fut pas toujours appréciée.

La bouffondrie est pièce comique dans laquelle le rôle principal est tenu par Lafleur. Les scènes finissent classiquement par les coups de pieds de Lafleur ceci explique pourquoi Lafleur possède des jambes raides. La règle était d'introduire Lafleur, comme deus ex machina dans toutes les pièces que l'actualité et le succès conseillaient d'emprunter à la grande maison concurrente de la rue des Trois-Cailloux.

Quelques pièces des Cabotans
  • El Bataye ed Quériù , Edouard David (1891)
  • Lafleur, garçon apothicaire, Bouffonnerie en un acte pour cabontans, Gédéon Baril, (1901).
  • El naissainche ed l'einfant Jésus, pièce pour cabotans, Edouard David (1905).
  • Ech'mariage d'Lafleur, comédie-bouffe en un acte pour cabotans, Léon Gaudefroy, Amiens (1907).
  • Lafleur et ch'cot des iles (Lafleur et le chat des îles) , Bouffonnerie Picarde de Jacques Varlet se joue en 2011.

Polichinelle, lanterne magique et point de vue[modifier | modifier le code]

En dehors des pièces, le spectacle de marionnettes picardes débutait et débute toujours par la danse de Polichinelle héritage du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle et au début du XXe, les marionnettistes ajoutaient au spectacle des éléments de lanternes magiques, des marionnettes "métamorphoses", des danseurs chinois, des danseurs avec des corps d’allongés : Ch'allongeu, des tableaux historiques et le point de vue: tableau animé.

Les compagnons de Lafleur (É. David)

C'est le titre d'une précieuse brochure d'Édouard David. Seul, il avait assez scruté les origines, l'évolution des cabotins locaux pour donner les actes de naissances, les exacts signalements des partenaires (ne disons pas comparses) que le Lafleur des bouffondries emploie, aide ou combat.

Mais d'abord, il est une figure qui ne fait pas partie de la pléiade, de l'aréopage de la famille : c'est un immigré dans ce théâtre, dont, ne l'oublions pas, les enfants forment le public le plus fréquent. Polichinelle est venu de loin, d'Italie, en passant par Paris, seulement pour ouvrir la marche.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Théâtres populaires à Amiens - Lafleur est-il picard? , Edouard David, Amiens (1905).
  • Les compagnons de Lafleur d'Edouard DAVID, illustré par Eugène LEFEBVRE, 152 exemplaires , (1927).
  • Bibliographie des marionnettes, Paul Jeanne, Paris, 250 exemplaires, (1926)
  • Mie qu'a dire ou ein Pari d'Lafleur, pièce pour cabotans, Edouard David, Amiens , 313 exemplaires , (1929)
  • Un siècle de Théâtres de Cabotins à Amiens, Charles Caron, Amiens (1930).
  • Jean-Pierre Facquier sculpteur et la marionnette Lafleur , texte et photos Philippe Leleux, Ed Librairie du Labyrinthe, 80 pages, Amiens, (2010)
  • Delphine Roger, Histoire d'une ville: Amiens, Centre régional de documentation pédagogique d'Amiens, coll. « série parcours d'Histoire »,‎ 2013, 161 p. (ISBN 978-2-86615-391-5).

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