Lady Randolph Churchill

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Lady Randolph Churchill
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Lady Jennie Spencer-Churchill vers 1880.

Nom de naissance Jennie Jerome
Alias
Jeanette
Naissance
Drapeau des États-Unis New York, État de New York (États-Unis)
Décès (à 67 ans)
Drapeau du Royaume-Uni Londres, Angleterre (Royaume-Uni)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Ascendants
Leonard Jerome (1817-1891)
Clarissa Hall (1825-1895)
Conjoint
Randolph Churchill (1874-1895)
George Cornwallis-West (1900-1914)
Montague Phippen Porch (1918-1921)
Descendants

Lady Randolph Spencer-Churchill, (CI, RRC, CSTJ), née Jennie Jerome à New York le et morte à Londres le , est une personnalité mondaine du Royaume-Uni. Elle est l'épouse de Lord Randolph Churchill et la mère du Premier ministre britannique, Sir Winston Churchill.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Les ancêtres de Jennie Jérome sont d'origine française et de confession protestante. Ils ont fui les persécutions religieuses et s'installent en Angleterre afin de retrouver sécurité et protection. L'un d'entre eux, Timothy Jerome, est né dans l'Île de Wight, en 1688. Il émigre en Nouvelle-Angleterre vers 1709 et travaille pour le monopole de la fabrication du sel. Dès son arrivée, il épouse en 1709 Abigail Rich[1], fille de Nicholas Rich et Abigail Green, à Wenham, Essex, dans le Massachusetts. Puis, le couple emménage à Dorchester dans le même État, mais ils ont aussi vécu à Windham, Connecticut, en 1713. Timothy Jerome est par la suite résident de Wallingford, Connecticut, en 1717. Il meurt dans cette ville le 23 février 1750[2],[3].

Enfance[modifier | modifier le code]

Le Jerome Mansion, manoir du financier Leonard Jerome à Madison Avenue, New York, vers 1878. Le bâtiment est édifié de 1859 à 1865.

Jennie Jerome est née le 9 janvier 1854 dans le quartier de Rochester (New York)[4]. Elle est la troisième des cinq filles de l'homme d'affaires Leonard Jerome (1817-1891) et de sa femme, Clarissa dite Clara Hall (1825-1895). Ses deux sœurs survivantes s'appellent Clara (1851-1935) et Léonie (1859-1943). Léonard Jerome serait aussi le père de Minnie Hauk (1851-1929), une chanteuse lyrique américaine[5]. Le prénom de Jennie viendrait de la soprano suédoise Jenny Lind que son père appréciait beaucoup. Selon certains membres de sa famille, Jennie aurait un arrière-grand-père iroquois[6].

Jennie et son père Leonard avait des intérêts communs. Ce dernier a acheté l'hôtel particulier Bathgate, à l'ouest de Fordham, dans le Comté de Westchester (aujourd'hui dans le Bronx) et y a construit un champ de course, le Jerome Park Racetrack. Vivant à l'hôtel particulier de son père, Jennie s'est mise à l'équitation, comme son père s'est mis aux paris. C'est là qu'elle a rencontré son futur mari : Randolph Churchill.

Réputée pour sa beauté — un admirateur, Edgar Vincent d'Abernon, dira qu'elle tenait plus de la panthère que de la femme dans son apparence — Lady Randolph a d'abord travaillé dans un magazine.

Selon la rumeur, elle avait un tatouage en forme de serpent au poignet, qu'elle dissimulait avec un bracelet. La mode à l'époque pour certaines femmes était de se faire tatouer mais il n'y a cependant aucune preuve de l'existence de ce tatouage et l'historien officiel de la famille Winston Churchill, Martin Gilbert, considère cette rumeur comme peu probable.

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Les sœurs Jerome : Jennie (1854-1921), Clara (1851-1935) et Léonie (1859-1943).
Lady Randolph Churchill avec ses fils

Longtemps considérée comme l'une des plus belles femmes de son temps, Jennie Jerome se marie le 15 avril 1874 à l'ambassade britannique de Paris avec Lord Randolph Churchill (18491895), troisième fils de John Spencer-Churchill, 7e duc de Marlborough[7]. Par ce mariage, elle devient Lady Randolph Churchill et est citée dans les conversations comme Lady Randolph.

Les Churchill ont deux fils : Winston (1874-1965), né moins de huit mois après le mariage, et John Churchill (1880-1947). Les sœurs de Jennie pensent que le père biologique de ce dernier est Evelyn « Star » Boscawen, 7e vicomte de Falmouth[8].

Lady Randolph a eu de nombreux amants durant son mariage, notamment le Comte Charles Andreas Kinsky et Édouard VII du Royaume-Uni.

Comme le voulaient les mœurs de son époque, Jennie Churchill n'a joué qu'un rôle limité dans l'éducation de ses fils. Elle a principalement été assurée par des nourrices, comme Mrs Everest, que Winston adorait. Ce dernier a cependant aimé tendrement sa mère. Il lui a écrit de nombreuses lettres durant ses séjours en pension, la suppliant de venir le voir, ce qu'elle fit rarement. Néanmoins, une fois Winston devenu adulte, lui et sa mère sont restés proches, voire alliés forts : il la considérait comme un mentor politique, plus une sœur qu'une mère.

Dotée d'une forte personnalité, Jennie était respectée et influente dans la haute société britannique et parmi la classe politique. On la décrit comme très intelligente, pleine d'esprit et prompte au rire. La reine Alexandra de Danemark elle-même appréciait sa compagnie, malgré la liaison de Jennie avec son mari, Édouard VII, qu'elle n'ignorait pas[9]. Grâce à tous ses contacts, familiaux et à ses liaisons, Lady Randolph a largement contribué à lancer la carrière politique de son mari et plus tard celle de son fils.

En 1909, quand l'imprésario américain Charles Frohman devient directeur du Gielgud Theatre, sa première production fut His Borrowed Plumes, écrit par Lady Randolph.

Galerie Lady Randolph Churchill. La photographie de gauche est signée par le modèle.

Autres mariages[modifier | modifier le code]

La tombe de Jennie Churchill dans le cimetière de l'église Saint-Martin à Bladon.

En 1900, cinq ans après la mort de Randolph, elle épouse George Cornwallis-West (18741951), un capitaine des Scots Guards, qui a le même âge que son fils aîné. À cette époque, elle est reconnue pour avoir fait affréter un bateau humanitaire lors de la Guerre des Boers. En 1908, elle écrit The Reminiscences of Lady Randolph Churchill. Elle se sépare de son second mari en 1912 et divorce en . Cornwallis-West épouse peu après Mrs. Patrick Campbell, une actrice anglaise. Jenny abandonne alors le nom de Cornwallis-West et reprend officiellement celui de Lady Randolph Churchill.

Le 1er juin 1918, elle épouse en troisièmes noces Montague Phippen Porch (18771964), un membre du Civil Service anglais au Nigéria. Ce mariage a lieu trois ans après celui de son fils cadet. À la fin de la Première Guerre mondiale, Porch démissionne du service colonial et repart en Afrique en 1921 pour refaire sa fortune.

Mort[modifier | modifier le code]

En 1921, Jennie glisse d'un escalier alors qu'elle se trouvait chez un ami. Une gangrène survient et sa jambe doit être amputée au-dessus du genou. Elle meurt à Londres à l'âge de 67 ans d'une hémorragie liée à cette amputation.

Elle est enterrée aux côtés de son premier mari dans le caveau des Churchill à Bladon.

Héritage[modifier | modifier le code]

D'après la légende, Jennie Churchill est à l'origine de l'invention du cocktail Manhattan. Elle a prétendu avoir commandé à un barman une boisson spéciale pour fêter l'élection du gouverneur Samuel Jones Tilden en 1874. Il est cependant prouvé qu'elle était en Angleterre à la même période pour donner naissance à son fils.

La BBC a réalisé sur Jennie une série télévisée où elle est incarnée par Lee Remick. Dans le film Les Griffes du lion, c'est Anne Bancroft qui lui prête ses traits.

Jennie Churchill a été une source d'inspiration pour de nombreux écrivains. Elle est décrite par Edith Wharton dans son dernier roman, resté inachevé, The Buccaneers. Le personnage de Lizzy Elmsworth présente avec elle de nombreuses similitudes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles de l'encyclopédie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Abigail Rich est née le 2 octobre 1687 à Wenham Massachusetts et décédée le 18 novembre 1771 à Farmington, Connecticut.
  2. Sources - Société généalogique historique de la Nouvelle-Angleterre à Boston (« New England Historic Genealogical Society ») :
    • Revue no 520 : Timothy and Abigail Jerome of Meriden, Connecticut, and their son Zerubbabel Jerome of Bristol, Connecticut.
    • Revue no 525 : Jerome History and Genealogy by Samuel B. Jerome.
    • Revue no 532 : Jerome Family.
    • Revue no 542 : Ancestors and Descendants of Eugene Murray Jerome and Paulina von Schneidau by Emily Olcott Garrison.
    • Accès recherches : (en) « Visiter N.E.H.G.S. », sur Société généalogique historique de la Nouvelle-Angleterre. Coordonnées : 99–101 Newbury Street, Boston, Massachusetts, 02116, USA.
  3. (en) Ralph G. Martin, Jennie : The Life of Lady Randolph Churchill, The Romantic Years, 1854-1895, Londres, Éditions Cassell, , 335 p. (ISBN 978-0-30493-430-0).
  4. (en) « Lady Churchill to Wed », The New York Times, 4 août 1899
  5. Anne Sebba, American Jennie, Norton, 2008, page 13
  6. (en) Ralph G. Martin Jennie: The Life of Lady Randolph Churchill- The Romantic Years, 1854-1895
  7. Anita Leslie. Lady Randolph Churchill: The Story of Jennie Jerome, 1968
  8. Anne Sebba, American Jennie: The Remarkable Life of Lady Randolph Churchill, Norton, 2008
  9. EdwardVII