Lac de Resia

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Lac de Resia
Image illustrative de l’article Lac de Resia
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Géographie
Coordonnées 46° 47′ 59″ nord, 10° 31′ 46″ est
Type Lac artificiel
Superficie 6,6 km2
Altitude 1 498 m
Profondeur 6 m
Hydrographie
Émissaire(s) Adige

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Lac de Resia

Le lac de Resia ou Reschensee ou lago di Resia est un lac situé dans le nord de l'Italie, dans la région du Trentin-Haut-Adige, à environ 110 km au nord de Bolzano, à proximité de l'Autriche et du canton suisse des Grisons, sur le territoire de la commune de Curon Venosta. Il a une capacité de 120 millions de mètres cubes ce qui en fait le plus grand lac de la région.

Historique[modifier | modifier le code]

Près du col de Resia on trouvait trois lacs naturels : le Lac de Resia, le Lac de Curon, connu également sous le nom de Lago di Mezzo (lac du milieu, en allemand Grauner See ou Mittersee) ainsi que le Lago di San Valentino alla Muta. La construction d'un grand barrage en 1950 a réuni les deux premiers lacs et a submergé l'ancien village de Curon Venosta, qui a été reconstruit plus haut. 163 maisons et 523 hectares de vergers ont été submergés. Il en est résulté le bassin du lac actuel, long de 6 km et large de 1 km à son point de largeur maximale.

L'idée d’exploiter ces trois lacs pour la production d'hydroélectricité remonte à 1910, mais ce n'est qu'en 1920 qu’ont été déposées des demandes de concession dans ce but. En 1923, la même société qui avait demandé la concession (Comité de promotion de la Compagnie d'électricité du Tyrol du Sud) est devenue membre du groupe Montecatini.

Les travaux ont commencé en 1939, mais la guerre les a d'abord ralentis, avant qu’ils fussent suspendus en 1943. En 1946, malgré les difficultés économiques de l'après-guerre et le manque de toutes les matières premières nécessaires à la poursuite de l’entreprise, les travaux ont repris, grâce également à des investissements suisses, et ils se sont achevés avec l'inauguration le 28 aout 1949.

La construction du barrage a suscité de vives protestations dans la population locale, qui l'a interprétée comme un affront du gouvernement de Rome aux Tyroliens du Sud. On a même contacté le Pape pour empêcher la réalisation du travail, mais sans succès[1].

Les plus grandes difficultés ont été causées par le manque des matières premières indispensables. Il s’agissait au début du manque de glycérol importé d'Argentine et qui devait être utilisé comme explosif. Il a fallu également faire venir du bois de la Sila et du ciment par camions et par trains du nord de l'Italie.

7 000 ouvriers ont participé aux travaux, pendant mille jours ouvrables, pour un cout de 25 milliards de lires. Au total, on a creusé 35 kilomètres de tunnels souterrains en utilisant 1,5 million de quintaux de ciment, 10 000 tonnes de fer et 800 tonnes d'explosifs. Mais ce qui a couté le plus est qu’il a fallu raser complètement la ville de Curon Venosta, et partiellement celle de Resia, qui ont été reconstruites plus en hauteur.

Début 2014, les chercheurs de l'EURAC à Bolzano ont mené une étude de faisabilité pour évaluer le potentiel d’« îles photovoltaïques flottantes » sur le lac. Selon l'étude, il serait possible d’utiliser la surface d'un lac en haute montagne pour produire de l'énergie[2].

Aujourd'hui on voit encore dépasser le clocher de l'église de Graun à la surface de l'eau, constituant une curiosité locale et un site de plongée sous-marine.

Le clocher[modifier | modifier le code]

On peut voir encore le sommet de l'ancien clocher de Curon (Graun) qui émerge de l'eau ; sa structure date de 1357, tandis que l'église qui lui était annexée avait été construite en 1832-38[3]. En hiver, lorsque le lac gèle, le clocher est accessible à pied. Une légende, prétend que certains jours d'hiver on entend encore sonner les cloches (alors qu’elles ont été retirées du clocher le 18 juillet 1950, avant la formation du lac).

L'église à laquelle appartient le clocher a été construite au milieu du XIVe siècle. Le 9 juillet 2009 ont été achevés les travaux de restauration du clocher roman ; auparavant le niveau d'eau du lac avait été légèrement abaissé (en mai) pour permettre des travaux de restauration sur la statique de la structure, ainsi que sur des fissures présentes dans les angles des façades nord et nord-est et causées probablement par des infiltrations d'eau dans les petites fissures et par les gelées hivernales qui avaient suivi.

La toiture également a été restaurée après la dernière intervention, comme le montre la date estampillée sur les tuiles et datant de 1999. Le cout total de la restauration en 2009 est d'environ 130 000 €[4].


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]