Lac de Guerlédan

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Lac de Guerlédan
Vue aérienne du lac.
Vue aérienne du lac.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Départements Côtes-d'Armor / Morbihan
Géographie
Coordonnées 48° 12′ 14″ Nord 3° 03′ 00″ Ouest / 48.204, -3.05
Type Lac artificiel
Origine Barrage hydroélectrique
Superficie 3,04 km2
Altitude 121 m
Profondeur 45 m
Hydrographie
Émissaire(s) Le Blavet

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Lac de Guerlédan

Le lac de Guerlédan est un lac artificiel français situé d'une part sur les communes de Saint-Aignan et Sainte-Brigitte dans le Morbihan et, d'autre part, celles de Mûr-de-Bretagne, Caurel et Saint-Gelven dans les Côtes-d'Armor. Il matérialise, en partie, la limite entre le Morbihan et les Côtes-d'Armor.

D'une superficie de 304 ha, long de 12 km et profond de 45 m au pied du barrage, le lac de Guerlédan est l'un des plus grands lacs artificiels de Bretagne.

Sa formation est due à la construction du barrage de Guerlédan de 1923 à 1930 sur le cours d'eau du Blavet. Il alimente l'usine électrique du barrage, d'une puissance de 15 MW, exploitée depuis 1946 par EDF.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son nom vient du village de Guerlédan (du breton vannetais Gouer ledan, le « ruisselet large ») baptisé en référence à la rivière le Blavet qui s'élargit à cet endroit[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Écluse de Trégnanton avant son engloutissement.

Ce lac a été créé pour alimenter le barrage de Guerlédan. Le chantier dura sept ans de 1923 à 1930 et dut faire face à de nombreuses difficultés d'ordre géologique (creusement des fondations pour éliminer une poche d'argile en 1924), technique (barrage-poids de 208 mètres de long) et financier. Faute d'argent, le chantier fut même arrêté de l'automne 1925 au printemps 1927. L'usine électrique associée au barrage est d'une puissance de 15 MW, et est exploitée depuis 1946 par EDF.

L'assec de 2015 révèle une borne kilométrique[Note 1] qui jalonnait le chemin de halage du canal de Nantes à Brest.

La création du barrage a eu pour effet d'ennoyer la vallée du Blavet sur plus de 8 kilomètres, entraînant l'immersion de neuf carrières d’ardoises (économie de la région depuis le XVIe siècle), de maisons d'ardoisiers et de fermes.

Elle a également supprimé la continuité du trafic fluvial sur le canal de Nantes à Brest, en coupant ce dernier qui empruntait à cet endroit le cours canalisé du Blavet. Seize maisons éclusières et 17 écluses du canal de Nantes à Brest ont ainsi été englouties :

  • écluse no 120 du Moulin neuf, à 84,04 mètres d'altitude et à 227,3 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 121 de Castel-Finans, à 85,64 mètres d'altitude et 228,3 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 122 du Bois de Caurel, à 88,74 mètres d'altitude et 229,5 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 123 de Kergoff, à 90,64 mètres d'altitude et 230,9 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 124 du Pouldu, à 92,68 mètres d'altitude et 232,0 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 125 de Baraval, à 95,18 mètres d'altitude et 232,8 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 126 de Kermadec, à 96,75 mètres d'altitude et 233,5 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 127 de Trégnanton, à 99,75 mètres d'altitude et 234,0 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 128 du Cosquer, à 102,25 mètres d'altitude et 234,2 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 129 de Cuilleret,à 104,75 mètres d'altitude et 234,4 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 130 de Zélo, à 106,75 mètres d'altitude et 234,7 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 131 de Saint-Gelven, à 109,25 mètres d'altitude et 235,0 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 132 de Malvran, à 111,58 mètres d'altitude et 235,2 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 133 de Toul-er-Lann, à 113,62 mètres d'altitude et 235,4 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 134 de Toulhouët, à 115,94 mètres d'altitude et 235,7 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 135 des Granges, à 118,44 mètres d'altitude et 236,2 kilomètres de Nantes.
  • écluse no 127 du Logeau, à 120,94 mètres d'altitude et 236,7 kilomètres de Nantes.

Depuis 1957 (date du déclassement à la navigation de la section Pontivy - Châteaulin du canal de Nantes à Brest), le lac de Guerlédan est devenu essentiellement un lieu touristique de loisirs et de promenades ainsi qu'une réserve d'eau potable pour presque toute la moitié ouest du département[2]. En 1968, neuf communes s'associent pour créer le syndicat intercommunal pour l’aménagement de la rive sud du lac de Guerlédan[3]. On peut y pratiquer diverses activités nautiques, se promener sur les rives du lac dont les 40 km du pourtour sont entièrement accessibles, et profiter des points de vue panoramiques, notamment au rond-point du lac et à l'anse de Landroannec.

Assecs du lac[modifier | modifier le code]

« Tue-vent » dans l'ardoisière de Kériven surplombant le lac de Guerlédan : cet abri protégeait le fendeur des intempéries et favorisait le séchage des ardoises.

En 1927, l'État prescrit d’assécher les lacs tous les dix ans afin de vérifier l’état des barrages et effectuer des réparations. Celui de Guerlédan doit subir cette opération en 1941 mais il est alors contrôlé par les Allemands. La première vidange a lieu en 1951. Depuis, il fait régulièrement l'objet de vidanges partielles ou totales : l'assec de 1951 est répété en 1966, 1975, 1985 et 2015. Dévoilant un paysage lunaire étonnant, ces vidanges permettent de redécouvrir les vestiges de l'ancienne vallée, des activités humaines autour de celle-ci (maisons, jardinets, vergers) ainsi que les vestiges de l'exploitation du charbon de bois, des ardoisières, des écluses et déversoirs. Les assecs provoquent chaque fois un regain de curiosité pour le site.

À l'occasion de la vidange de 1985, la foule s’était déplacée durant toute la période de vidage avec des embouteillages et de grands problèmes de stationnement.

Plus récemment, la technologie a permis d'espacer le rythme des vidanges. En 1995 et 2005, des robots ont été utilisés pour inspecter les parties immergées[4]. En 2005, l'examen subaquatique par robot révèle que l’état du barrage nécessite des travaux de réfection du système d’étanchéité du parement amont et la rénovation des vannes de fond et des conduits.

À la suite du renouvellement de sa concession en 2008, EDF vide le lac au printemps 2015.

Assec de 2015[modifier | modifier le code]

Le , Georges Tilly, maire de Mûr-de-Bretagne et président de la communauté de communes Guerlédan Mûr-de-Bretagne, annonce officiellement une nouvelle vidange totale du lac de Guerlédan[5] :

« Le , une réunion s’est tenue avec les sous-préfets de Guingamp et de Pontivy, ainsi qu['avec] les responsables d’EDF qui a la gestion du barrage de Guerlédan et [avec] les différents services de l’État. Cette réunion faisait suite à la réglementation française imposant aux exploitants de barrages de plus de 10 mètres de haut de réaliser un examen technique complet [(ETC)] tous les dix ans[6]. Cette réglementation s’applique au barrage de Guerlédan, un des principaux barrages hydroélectriques de Bretagne, à cheval sur les Côtes d’Armor et le Morbihan. »

— Article du Télégramme, « Lac de Guerlédan. La vidange programmée pour 2015 »[7].

.

Différentes commissions sont mises en place pour identifier toutes les problématiques tant en qualité de l’eau, en eau potable, en gestion de la ressource piscicole, en flux de touristes et en impacts positifs ou négatifs sur les activités liées au tourisme.

Les principaux travaux réalisés lors de cet assec sont la réfection de l'étanchéité de la paroi amont du barrage, la rénovation des deux conduits de fond et de leurs vannes, et la construction de batardeaux permettant en principe à l'avenir d'éviter les vidanges totales.

Les travaux durent huit mois, dont six avec le lac à sec. À partir de , un turbinage abaisse progressivement le niveau de la retenue d’eau de 10 cm/heure en moyenne. Une fois le niveau des turbines atteint, la vidange est réalisée par vannes, avec l'ouverture des vannes de fond du barrage dont le débit de 35 m3/s fait baisser le niveau de 6 cm/h en moyenne. La période d’assec, au cours de laquelle l’inspection des parties habituellement immergées et les travaux sont réalisés, a lieu de mai à [4]. La remise en eau est entamée à partir du . Après remplissage de la retenue d’eau par le débit naturel du Blavet, la centrale hydroélectrique est remise en service début 2016[8].

La pêche de récupération permet de récolter des poissons (sandre, brochet, perche, brème, gardon) qui suivent trois destinations selon leur état : 200 kg de poissons morts mais en bon état sanitaire sont mis en vente sur les marchés de la région. Les plus abîmés (la majorité) sont transformés en farine animale destinée à l'alimentation des poissons. Les plus beaux spécimens sont répartis dans les sites de pêche des sociétés morbihannaises et costarmoricaines. Les recettes générées par cette vente sont destinées à financer le plan de rempoissonnement qui prévoit, après le ré-emplissage de la retenue, la réintroduction de 13 tonnes de poissons (contre 18)[9].

Côté tourisme, une trentaine de guides conférenciers ont accueilli le public, avec deux à trois millions de touristes attendus. Le bilan touristique officiel de cet assec montre qu'il a attiré entre 1,5 et deux millions de personnes, dont 141 421 pour les visites guidées payantes[10].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le kilométrage démarre de Nantes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Francis Gourvil, Noms de famille bretons d'origine toponymique, Société archéologique du Finistère, , p. 84.
  2. Emmanuel Nen, « Une prouesse technique », sur letelegramme.fr,‎ .
  3. « Le barrage de Guerlédan », sur morbihan.fr,‎
  4. a et b Pourquoi réaliser un examen technique complet sur le barrage de Guerlédan ?, article sur morbihan.gouv.fr, 11 septembre 2014 (consulté le 08 mai 2016).
  5. [PDF] Préfecture des Côtes d'Armor, « Arrêté autorisant les travaux d'entretien lourd, après vidange complète de la retenue en amont, sur le barrage de Guerlédan », sur energie.edf.com,‎ (consulté le 21 septembre 2015).
  6. EDF, « Surveillance des ouvrages : Sûreté hydraulique : des ouvrages sous surveillance constante », sur www.edf.fr (consulté le 21 septembre 2015).
  7. « Lac de Guerlédan. La vidange programmée pour 2015 », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  8. « Guerlédan 2015. Le barrage va se refaire une beauté au mois de mai », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  9. Yves Oliviéro, « Lac de Guerlédan. Dernière pêche », sur letelegramme.fr,‎ .
  10. Gilles Queffélec, « Bilan. L'assec de Guerlédan : 2 millions de visiteurs ! », sur pontivyjournal.fr,‎ .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Leson: Guerlédan, Mémoires du constructeur du barrage et de l'usine (1921-1937), Éditions des Montagnes Noires, 2002, 144 pages (ISBN 978-2-913953-32-1)
  • Gilles de Janzé, Le barrage de Guerlédan, Éditions Coop-Breizh, 2015, 128 pages (ISBN 9-782843-467295)
  • Ernest et Gilles Blat, Guerlédan 1927-1931, un barrage s'élève, Éditions La Truite de Quénécan, 2015, 36 pages (ISBN 978-2-9530086-9-2)
  • Barrage de Guerlédan. Extraordinaire aventure. Saint-Aignan (Morbihan), Électrothèque de Guerlédan, s.d.
  • Gilles de Janzé, Guerlédan à sec, les écluses englouties, Éditions La Truite de Quénécan, 2015, 36 pages (ISBN 979-10-94826-02-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]