Labruguière

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Labruguière
Labruguière
Photo aérienne prise par Arthur Batut en 1889 à l'aide d'un cerf-volant.
Blason de Labruguière
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Tarn
Arrondissement Castres
Canton La Montagne noire
(bureau centralisateur)
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Castres - Mazamet
Maire
Mandat
Jean-Louis Cabanac
2014-2020
Code postal 81290
Code commune 81120
Démographie
Gentilé Labruguiérois
Population
municipale
6 514 hab. (2015 en augmentation de 4,54 % par rapport à 2010)
Densité 107 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 32′ 24″ nord, 2° 15′ 49″ est
Altitude 180 m
Min. 174 m
Max. 1 027 m
Superficie 60,73 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel

Labruguière est une commune française située dans le département du Tarn en région Occitanie.

Ses habitants sont appelés les Labruguiérois[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Labruguière est une commune située sur le Thoré, à 75 km à l'est de Toulouse et 7 km au sud de Castres, sous-préfecture du département. Elle est limitrophe du département de l'Aude.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Carte de la commune de Labruguière et de ses proches communes.
Communes limitrophes de Labruguière[2]
Navès,
Saint-Affrique-les-Montagnes
Castres Lagarrigue
(par un quadripoint),
Caucalières
Escoussens Labruguière Aiguefonde
Laprade (Aude) Cuxac-Cabardès (Aude) Mazamet,
Les Martys (Aude)

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La ville de Labruguière se situe au pied du versant septentrional de la montagne Noire, dernier relief sud du Massif central. Le vieux noyau villageois est construit sur la rive gauche du Thoré à proximité d'un gué. La rivière constitue la frontière entre le plateau calcaire du causse (altitude maximum à l'est de 277 m) et les terrains primaires de la montagne Noire. Cette dernière est un massif ancien rehaussé lors de l'orogenèse pyrénéenne qui en a fait un gradin de failles. L'altitude est relativement importante (regard de plus de 800 m) par rapport au versant sud qui se présente en pente inclinée.

Cette situation a permis au village de se développer depuis le Xe siècle, date de la première mention dans les archives (985, sous le nom de Bruguiera. Le site de la ville présente de nombreux avantages : le méandre du Thoré assure au premier noyau urbain une position surélevée permettant de surveiller le gué, constituant une défense naturelle et de se situer sur un carrefour de voies nord-sud (Castres - Carcassonne) et est-ouest (Mazamet-le Lauragais).

Au contact de plusieurs domaines géologiques, la commune propose des paysages très divers. Pays de montagne très boisé, châtaigniers, hêtres, chênes, conifères, la montagne Noire offre à Labuguière les forêts de Fontbruno et de la Galaube. Le paysage de relief hercynien, érodé, présente des sols métamorphiques (schistes, granit, gneiss...). L'altitude qui s'élève à plus de 1 000 m permet de voir un étagement de la végétation.

Au nord-est de la commune, le causse, entaillé profondément par la rivière Thoré (falaises), présente des paysages plus méditerranéens : des formes de garrigues côtoient des chênes verts et des buis, dont la légende populaire prétend qu'ils ont été plantés par Jules César lui-même.

L'Ouest présente des paysages plus doux et plus ouverts qui se rapprochent de ceux du Lauragais : collines ondulées le long du Thoré.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Plusieurs rivières traversent la commune : le Thoré reçoit les eaux du Montimont et du Bernazobre dont le cours change brutalement de direction. Ce dernier en creusant son cours a dégagé des buttes témoins que sont le Quiquiriqui et le roc du Diable.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Labruguière

Ville millénaire, au patrimoine surprenant par son organisation circulaire, fondée en 985, appelée autrefois « Brugeria » (pied de bruyère), Labruguière comporte un nombre important de maisons en pan-de-bois dans le centre ancien. Le développement de la ville se fait à partir du quartier constitué du château puis de l’église. L’emplacement du premier château médiéval correspond à l’angle de l’actuel hôtel de ville. Il ne reste aujourd’hui que sa porte en arc brisé à côté de l’église.

À partir de 1266, un bourg s’établit sur un plan circulaire à l’intérieur des murailles. Des îlots de maisons viennent se former à partir de l’axe majeur « Grand Rue » l’actuelle rue Jean-Jaurès. Les maisons reprennent pour la plupart des éléments stylistiques d’époque médiévale.

La prospérité que connut la ville au XIVe siècle permit la construction de l’église Saint-Thyrs. Son édification débuta en 1313. L’église Saint-Thyrs a été un prieuré de l’abbaye de Saint-Pons au Moyen Âge, ceci étant attesté au XIIIe siècle.

Labruguière se trouve désormais dans l'orbite urbaine des agglomérations de Mazamet et surtout de Castres, sous-préfecture du Tarn. Malgré des activités en crise pendant la fin du XXe siècle, la périurbanisation de ces deux agglomérations assure une stabilisation et une légère hausse de la population, visible actuellement par la construction de nombreux lotissements dans la commune.

Hameau d'Aupillac

Aupillac est un hameau de la commune de Labruguière.

Situé à la limite de la commune d'Aiguefonde, il est essentiellement agricole. Traditionnellement, comme tous les villages au pied de la Montagne Noire, ses habitants étaient souvent tisserands pour des fabricants de draps de laine ou des bonnetiers.

Jusqu'au XVIIIe siècle, le ruisseau d'Aupillac actionnait un moulin foulon, aujourd'hui disparu.

Entre 1600 et 1750, deux familles protestantes se partageaient l'essentiel du terroir autour du village. Mathieu Bellesaigne membre de l'une d'elles, choisit de s'exiler en Irlande en 1751. Il était l'associé d'une manufacture de draps de Castres et de Saint-Alby.

L'autre famille était la famille Armengaud, aussi fabricants de draps, mais plus tournée dans leurs affaires vers la ville de Mazamet.

Au XIXe siècle, les Armengaud s'installèrent à Aiguefonde, puis à Mazamet. Parmi eux Elie Armengaud (1850-1923) était acheteur de laine à Buenos Aires entre 1880 et 1885. Son frère Félix Armengaud (1836-1908) fonda en 1886 l'usine de délainage du Pré-du-Pont dans la vallée de l'Arnette à Mazamet.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants au recensement de 2011 étant compris entre 5 000 habitants et 9 999 habitants au dernier recensement, le nombre de membres du conseil municipal est de vingt neuf[3],[4].

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1949 1953 Léopold Bousquet    
1953 1977 Claude Henry Simon    
1977 1989 Michel Ser    
mars 1989 juin 1995 Jacqueline Alquier PS sénatrice
juin 1995 1998 Jean Louis Cabanac    
1998 mars 2008 Jean Louis Deljarry UMP  
mars 2008 mars 2014 Richard Auriac PS  
mars 2014   Jean Louis Cabanac[5]    
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[7].

En 2015, la commune comptait 6 514 habitants[Note 1], en augmentation de 4,54 % par rapport à 2010 (Tarn : +2,97 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1831 1836 1841 1846 1851 1856
3 7593 2383 9123 7353 7243 6563 6263 5183 630
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
3 6003 5813 5983 7403 4663 5203 4503 2553 133
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
3 2123 1843 1063 3413 5363 5163 5533 9784 835
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015 -
5 3335 4685 5415 4865 4885 7736 2316 514-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[10] 1975[10] 1982[10] 1990[10] 1999[10] 2006[11] 2009[12] 2013[13]
Rang de la commune dans le département 10 10 10 10 10 11 11 10
Nombre de communes du département 326 324 324 324 324 323 323 323

Enseignement[modifier | modifier le code]

Labruguière fait partie de l'académie de Toulouse.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Maison de retraite type EHPAD, ambulances, médecins, infirmières, pharmacies,

Activités sportives[modifier | modifier le code]

Depuis le , Labruguière est le siège de la Route du Sud, course cycliste disputée dans le sud-ouest de la France[14]. Judo, pétanque, chasse

Économie[modifier | modifier le code]

Le causse, plateau calcaire, est constitué de garrigue et de prairies peu fertiles, propices à l'élevage ovin. Ces terres sont également utilisées par les militaires de Castres (8e RIMA) pour l'entrainement. Le reste du territoire de la commune est constitué de terrains agricoles que la polyculture et l'élevage bovin se partagent.

L'artisanat ainsi que le commerce y sont bien représentés.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Thyrs, son clocher et le chœur, sont inscrits au titre des monuments historiques. Fait rare, la pierre de fondation du clocher scellée dans une chapelle nous livre le nom du maître d’œuvre, Me Deta Delaura, qui édifia le clocher. Trois étages octogonaux reposent sur une tour carrée de 36 mètres de haut.

Les portes permettant l’accès au centre ville sont au nombre de trois. Il ne reste aujourd’hui que la porte du Barry, porte fortifiée avec deux piliers en pierre de taille. On peut imaginer les anciens fossés profonds et pourvus en eau avec un pont levis. Les fossés sont comblés en 1779[15]

La Halle : c’est Pierre de Lautrec qui au XIIIe siècle accorde la construction « d’un local exempte de droits seigneuriaux pour en faire une place couverte ». La halle de cette époque faite de bois ne résista pas au temps et aux guerres. Celle que nous observons aujourd’hui date du XVIIe siècle. Elle abrite le corps de garde, une ancienne caserne.

Le château actuel du XVIIe siècle construit par Louis de Cardaillac est une véritable forteresse de par son emplacement. Une tourelle d’angle en encorbellement occupe l’angle du corps de bâtiment principal, les corbeaux qui la soutiennent donnent lieu à un décor sculpté d’accompagnement.

Espace photographique Arthur-Batut[modifier | modifier le code]

L’Espace photographique Arthur-Batut[16] a été inauguré en 1988, pour le centenaire de l’invention de l’aérophotographie par cerf-volant. Né à Castres en 1846, Arthur Batut a travaillé pendant de nombreuses années sur la reconnaissance de l'identité par la photographie et sur le portrait-type, avant de réaliser les premières photos aériennes par cerf-volant. Sa collection, riche de près de 5 000 plaques photographiques, a été léguée par sa famille à l'Association d'études et de recherches archéologiques et historiques, pour être mise en valeur et exposée à Labruguière. Prise en compte par le conseil général du Tarn, avec la tutelle des archives départementales, elle est devenue propriété publique. L’Espace photographique Arthur-Batut est aujourd’hui installé dans les locaux spacieux du Rond-Point, le centre culturel de Labruguière, et comporte plus de 10 000 pièces dont une importante collection de tirages d'artistes contemporains. Depuis 1988, plusieurs grands noms de la photographie y ont exposé leurs œuvres, tels : Jean Dieuzaide, Robert Doisneau, Willy Ronis, Sabine Weiss, Marc Riboud, Florence Gruère, Yvette Troispoux, Marie-Laure de Decker, John Phillips, Roland Laboye ou Pierre de Fenoyl... En reconnaissance de la qualité et de l’antériorité du travail d’Arthur Batut, cinq de ses photographies concernant le portrait-type ont été exposées au sein de l’exposition "Faking it ou la photographie manipulée avant Photoshop", au Metropolitan Museum of Art de New York, puis à Houston et à Washington, en 2012-2013.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Armorial des communes du Tarn.
Labruguière

Son blasonnement est : D'argent au chêne terrassé de sinople, chargé dans le feuillage de la lettre B capitale d'or.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Nègre, Danielle Autha, Geoffroy de Beauffort et Raoul Fosset, Labruguière, berceau de l'aérophotographie par cerf-volant, Editions Midi-France Communication, , 155 p. (ISBN 2-87701-007-4)
  • Escande Jean Noel Dominique, "l'enfance de Clément" Histoire de Labruguière avant 1914 à travers la jeunesse d'un enfant du pays, Clément Escande (1908-1988) aux éditions Château d'Escoussens éditions ( (ISBN 978-2-91842600-4)).
  • Escande Jean Noel Dominique, "le journal de Mathieu" journal de la guerre de 1914-18 d'un enfant du pays, Mathieu Escande (1877-1929) aux éditions Château d'Escoussens éditions

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nom des habitants des communes françaises sur le site Habitants.fr, consulté le 13 octobre 2013.
  2. Carte IGN sous Géoportail
  3. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales.
  4. http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales/elecresult__MN2014/(path)/MN2014/031/031107.html.
  5. ladepeche.fr 2 avril 2014
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  10. a, b, c, d et e INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le 10 janvier 2016)
  11. INSEE, « Populations légales 2006 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  12. INSEE, « Populations légales 2009 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  13. INSEE, « Populations légales 2013 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  14. Betty Morvan, « Le siège de la Route du Sud s'installe à Labruguière », sur www.ladepeche.fr, La Dépêche du Midi, (consulté le 5 février 2018).
  15. l'histoire de Labruguière
  16. Espace photographique Arthur Batut