Laboratoires Éclair

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Charles Jourjon 001.jpg
Une action de la Société en 1911
Le studio Éclair au début du XXe siècle
Stand Éclair à Leipzig en 1952, présentant une caméra Caméflex

Les Laboratoires Éclair sont les principaux laboratoires de développement, de traitement et de tirage de pellicules cinématographiques en France. Leur travail a été récemment orienté vers le numérique, à commencer par la restauration des vieux films.

Depuis 1908, la compagnie possède également des studios de tournage, situés, comme le laboratoire, à Épinay-sur-Seine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Créée à Épinay-sur-Seine en 1907 par l'industriel Charles Jourjon (1876 - 1934) et Ambroise-François Parnaland (1854 - 1913), la société Éclair se destine dans un premier temps à la production de films : entre 1908 et 1918, Éclair est la troisième firme française après Gaumont et Pathé. Elle emploie de grands réalisateurs, comme Maurice Tourneur et Victorin Jasset, ainsi que des acteurs tels que Charles Krauss, André Liabel, Camille Bardou[1]. La société Éclair s'implante aux États-Unis, à New York en 1909, à Fort Lee en 1911, et enfin à Tucson en 1913. Elle prend sous contrat Émile Cohl, pionnier français du dessin animé, à partir de 1912. Mais elle est victime successivement de la mort de Jasset (22 juin 1913), de l'incendie de ses studios et laboratoires de Fort Lee (mars 1914), et de graves problèmes bancaires ; elle perd également Émile Cohl et Maurice Tourneur, qui décident de rester aux États-Unis à la fin de la guerre. L'activité de production d'Éclair cesse en 1922[2].

La firme s'oriente aussi vers la fabrication de projecteurs et de matériel de développement des films, avant de se lancer dans la fabrication de caméras à partir de 1920, avec notamment l'Éclair 16 et le Caméflex. Ses studios sont loués à d'autres maisons de production (par exemple pour Luitz-Morat, Jacques Feyder, Marcel L'Herbier ou Jean Epstein).

L'activité de production d'Éclair reprend en 1928. En 1929, il est produit sous son enseigne l'un des premiers films sonores, Le Collier de la reine, réalisé par Gaston Ravel. À la mort de Charles Jourjon en 1938, son beau-fils Jacques Mathot lui succède et rachète les studios Tobis d'Epinay-sur-Seine, où sont tournés Le Million de René Clair (1931) et La Kermesse héroïque de Jacques Feyder (1935).

En 1947, Éclair lance la caméra 35 mm à magasins de 300 mètres, le Came 300 Reflex, dont la version portative, appelée en France Caméflex et Camerette aux États-Unis[3] obtient le prix de l'Academy of Motion Pictures américaine trois ans plus tard. Dans les années 1960, son modèle au format 16 mm, l'Éclair 16, conçu pour l'ORTF, se fait connaître aussi auprès de certains cinéastes de la Nouvelle Vague, notamment des documentaristes.

L'activité de fabrication de caméras sera rachetée au début des années 1970 par le producteur Harry Saltzman avant d'être vendue dans les années 1980 au principal concurrent d'Éclair, Aaton. La société se diversifie alors avec le traitement de la vidéo et la restauration de films sur pellicules. Parallèlement, les studios d'Épinay accueillent le tournage de nombreux longs métrages.

En février 2007, la société Holland Coordinator Italie, propriété de l'homme d'affaires et producteur tunisien Tarak Ben Ammar qui possède en outre 83 % du groupe Quinta Industries[4], principal concurrent d'Éclair via son pôle image (LTC, scanlab, duran, duran duboi et duboicolor), acquiert 43 % du capital d'Éclair en achetant la société Téléclair, détenue jusqu'alors par la famille Dormoy. En décembre de la même année, le groupe Quinta Industries devient l'unique actionnaire du laboratoire en achetant les 57 % restants au fonds d'investissement ETMF2 de BNP Paribas. La filiale d'Éclair Télétota reste la propriété d'ETMF2. La SACD se dit très inquiète de cette concentration[5].

En mars 2008, Tarak Ben Ammar et son groupe Quinta Industries décident de se désengager de sa participation majoritaire des laboratoires Éclair, GTC, Télétota et Centrimage dans des conditions qui restent obscures. La fusion des plus grands laboratoires cinématographiques français n'a pas lieu, au grand soulagement des producteurs français et de la diversité culturelle française dans son ensemble.

En juillet 2009, les 4 plateaux de tournage cinéma d'Épinay-sur-Seine (un de 1 500 m², deux de 800 m2 et un de 200 m2) sont cédés au groupe TSF[6].

Le groupe Éclair[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les entités "Laboratoires Éclair", Laboratoire vidéo "Télétota" et "Neyrac Films (laboratoires)" sont regroupées au sein d'une seule société : ECLAIR GROUP.

Eclair Group a réalisé en 2004 un chiffre d'affaires net consolidé de 97,3 millions d'euros.

Le 8 septembre 2009, Eclair Group est placé en procédure de sauvegarde par le tribunal de Nanterre[7].

En 2011, Eclair group réalise la première restauration 4K en Europe avec Les Enfants du Paradis de Marcel Carné pour Pathé.

Avec la signature de nouveaux contrats en 2012, Eclair group décide de spécialiser son site d'Épinay dans ce domaine pour pouvoir traiter plus de 200 films par an.

Le 31 juillet 2015, Eclair Group est racheté par le groupe Ymagis [8]. Les anciennes entités du groupe Éclair disparaissent. Deux nouvelles sociétés sont crées au sein du groupe Ymagis: Eclair Cinema et Eclair Media. La première entité s'occupe de la postproduction cinéma et la restauration de films, la seconde pour les activités d'adaptation et de services à la distribution [9].

Quelques films tournés aux Studios Éclair[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie:Film tourné aux studios d'Épinay

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]