Laboratoire sculpture-urbaine

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Corpus Tchernobyl, 1993 (Centre Georges-Pompidou, 1994)

Laboratoire sculpture-urbaine est une structure artistique basée à Grenoble, créée en 1985 par les plasticiens Maryvonne Arnaud et Philippe Mouillon.

Elle est spécialisée dans les interventions artistiques d’échelle urbaine qui traduisent les réalités urbaines contemporaines. Ces interprétations territoriales ambitionnent de renouveler l’espace public en le scénarisant et le représentant autrement. On peut rapprocher cette démarche de celle d’équipes comme Multiplicity à Milan ou Rimini Protokoll à Berlin.

Description[modifier | modifier le code]

Laboratoire est intervenu dans des contextes diversifiés : des mégapoles multiraciales et multiculturelles (Rio de Janeiro, Johannesburg), des milieux ébranlés (Sarajevo, Alger, Tchernobyl) tout en développant des projets destinés à des villes françaises et européennes (Rennes, Lyon, Marseille, Cologne).

Cette problématique artistique a conduit Laboratoire à mettre en œuvre des alliances pluridisciplinaires associant des auteurs disséminés dans le monde entier.

Parmi les collaborateurs de ce milieu associé[1], des plasticiens (William Kentridge, Rachid Koraichi, Sumi Wakiro), des écrivains (Jacques Lacarrière, Patrick Chamoiseau, Abdelwahab Meddeb), des géographes (Augustin Berque, Luc Gwiazdzinski), des urbanistes (Stefano Boeri, François Ascher), des philosophes, (Daniel Bougnoux, Bernard Stiegler, Yves Citton), des sociologues (Pierre Sansot) et des critiques d'art (Pierre Restany, Fei Dawei).

Chronologie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Deux projets démarquent et singularisent Laboratoire dès son origine :

Activités internationales[modifier | modifier le code]

Face to Face (Johannesbourg, 2000)

En 1992, Judith Mastai[6] responsable des programmes publics au musée d’art contemporain de Vancouver (Vancouver Art Gallery) repère les potentialités de ces nouvelles approches artistiques et propose de recevoir Maryvonne Arnaud et Philippe Mouillon comme artistes en résidence. Laboratoire va désormais développer des installations et des projets sur la scène internationale :

  • Corpus, une étude photographique à l’initiative de La Laiterie de Strasbourg en 1993 où Maryvonne Arnaud travaille sur les identités lynchées en Europe (Tchernobyl, Dubrovnik, Berlin)[7]. L’œuvre sera présentée au Centre Georges-Pompidou en 1994 (exposition La ville[8]) et au mois de la photographie à Paris en 1995.
  • Arcos da Lapa, à Rio de Janeiro en 1996 à l’invitation de l’Alliance Française du Brésil où Philippe Mouillon invite 15 critiques d’art puis 150 plasticiens du monde à participer à une installation à l’échelle planétaire de cette ville de plus de 10 millions d'habitants[9],[10].
  • Légendes, installation en forme d’hypertexte, associant 12 écrivains disséminés en Europe pour interpréter les altérités contemporaines à l'heure de l'épuration ethnique. Crée à Sarajevo en 1996 puis présentée à l’ONU en 1997[11],[12].
  • Face to face créé à Johannesburg en 2000, à l’invitation de l'Institut français d'Afrique du Sud et de l'UNESCO dans le cadre de l’initiative de la ville de Johannesburg intitulée Urban-futures[13].
  • Répliques, installation d’échelle urbaine associant des plasticiens du monde entier, créée à Alger en 2003 à l’initiative de L’Année de l’Algérie en France[14],[15].

Approches locales collaboratives[modifier | modifier le code]

C'est dimanche ! (Grenoble, 2005)

Depuis 2003, Laboratoire développe un nouvel axe de recherche intitulé local-contemporain autour des formes et pratiques sociales ordinaires en associant chercheurs, pédagogues et artistes[16].

Constatant combien derrière l’apparence d’un désintérêt pour la chose publique, une nouvelle citoyenneté est particulièrement active dans les réseaux numériques sans souci des hiérarchies et des procédures instituées, le cycle local-contemporain tente de mettre en forme des systèmes de traductions, de nouvelles énonciations, élargissant la métropole à cette citoyenneté[17].

Local-contemporain propose des œuvres collaboratives et des ressources éditoriales :

Ex-voto (Marseille, 2013)
  • C’est dimanche !, une collection aléatoire de photographies créée en 2005 présentait au Musée de Grenoble et dans les rues de la ville comment chacun se met en scène le dimanche, perçoit les siens et les autres, comprend le paysage autour de lui.
  • Exposure, créé en 2008, propose d’interroger la peur et la précarité comme nouveau mode de gouvernance (exposition à Cologne à l’initiative de Plan 07) puis à Grenoble en collaboration avec le Musée de Grenoble[18].
  • Collection de collections, en 2013, propose à la population d’une ville de mettre en commun ses passions intimes[19]. Ce cabinet de curiosités à l'échelle urbaine a été présentée à l'initiative de Marseille Provence 2013 qui a produit d'autre part l'installation urbaine Ex-voto de Maryvonne Arnaud dans le tunnel National.
Collection de collections (Grenoble, 2014)

Une revue annuelle est éditée depuis 2004 par les éditions Le Bec en l'air, et diffusée en France par Harmonia Mundi.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Milieu associé/milieu dissocié », sur Notion de milieu associé développée par Bernard Stiegler
  2. « Grenoble : la cathédrale transfigurée », Libération,‎ 15 octobre 1990, n° 1265
  3. « Débat entre Pierre Restany et Pierre Gaudibert autour du projet », sur Site de Laboratoire
  4. Bernadette Bost, « Art Urbain Planétaire », Le Monde,‎
  5. Mireille Thibault, « Eglise de Papiers sensibles, par Maryvonne Arnaud », Télérama,‎ semaine du 10 au 16 février 1990, n° 2091
  6. (en) « Museums After Modernism: Strategies of Engagement »
  7. Danièle Sallenave, « Le pas, la vue, la vision, l'instantané, le parcours, le carnet », Angeline's,‎ hiver 1994-1995, n° 4
  8. Sous la dir. de Jean Dethier et Alain Guiheux, La Ville, art et architecture en Europe, 1870-1993, Éditions du Centre Pompidou, , p. 386
  9. (pt) Marlene Duarte, « Arcos feitos de luz : Projeção de 'slides' dà novas cores aos Arcos da Lapa », O Globo,‎
  10. (en) Roger Crisp, « Dispatches Rio », Time Out, no 1378,‎
  11. Nicolas Cabret, « Visages assiégés », Le Monde,‎
  12. « Visages bosniaques », Oslobodenje,‎
  13. (en) Mariola Biela, « Jo'burg taxis form part of mobile exhibition », The Citizen,‎
  14. H. A., « Pour une nouvelle urbanité », La Nouvelle République,‎
  15. Bénédicte Motte, « Du fleuve au tunnel », Urbanisme,‎
  16. « Présentation du numéro 5 de Local-contemporain », sur Académie de Grenoble,
  17. « Local contemporain, ce n'est pas une activité ordinaire que de s'intéresser à l'ordinaire », sur Local-Contemporain
  18. (it) Stefano Boeri, « La donna con i fiori », Abitare, no 405,‎
  19. Renaud Lavergne, « De la mignonette aux cahiers d'écoliers, ils collectionnent », Le Monde, no 20977,‎