Laboratoire d’électronique et de technologie de l’information

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LETI
Image illustrative de l'article Laboratoire d’électronique et de technologie de l’information

Création 1967
Siège Grenoble
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 45° 11′ 40″ N 5° 42′ 18″ E / 45.19444, 5.70545° 11′ 40″ Nord 5° 42′ 18″ Est / 45.19444, 5.705
Rattachement CEA
Directeur Marie-Noëlle Semeria
Chercheurs statutaires 1 800
Site web leti.fr

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(Voir situation sur carte : Grenoble)
LETI

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LETI

Le Laboratoire d’électronique et de technologie de l’information ou LETI est l’un des principaux centres de recherche appliquée en microélectronique et des nanotechnologies dans le monde[1]. Installé sur le Polygone scientifique à Grenoble en France, il est l'un des 34 membres du réseau des instituts Carnot visant à favoriser l’innovation et le dynamisme économique en collaboration avec des industriels[2].

Créé en 1967, il est une des divisions du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), employant 1 800 chercheurs auxquels il faut rajouter 250 doctorants (dont 38 % d'étrangers), 55 post-doctorants et 350 partenaires industriels ou académiques. En 2012, le CEA-LETI a déposé 286 brevets et possède un portefeuille de 2 800 brevets dont 40 % font l'objet de licences.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 1967 : À l’origine de la création du LETI, l’idée est de répondre à la demande en composants électroniques du Commissariat français à l’énergie atomique (CEA). Très rapidement, le LETI s’organise pour travailler et créer des partenariats avec l’industrie privée.
  • 1972 : création de la filiale EFCIS qui sera intégrée en 1982 dans Thomson semiconducteurs qui fusionnera en 1987 avec l'italien SGS pour donner STMicroelectronics.
  • 1976 : réalisation et installation au CHU de Grenoble du premier scanner français[3].
  • 1982 : construction de 6 000 m2 de bâtiments dont notamment 2 000 m2 de salles blanches pour répondre aux demandes de développement en microélectronique, technologies infrarouge, et magnétométrie. À cette époque, débutent les premiers développements des technologies micro electromechanical systems (MEMS) incluant les accéléromètres notamment. Le LETI dépose le premier brevet générique sur les micro-accéléromètre latéraux à peigne capacitif sur silicium.
  • 1985 : le président François Mitterrand inaugure le 23 janvier le bâtiment en trèfle à quatre feuilles (bâtiment 40) comportant 2 000 m2 de salles blanches. Cet édifice borde deux anciens bâtiments réutilisés, uniques vestiges du polygone d'artillerie du XIXe siècle[4]. Le LETI collabore à la découverte de l'épave du Titanic dans l'Atlantique Nord[3].
  • 1989 : pose de la première pierre du nouveau bâtiment 41 abritant des salles blanches 200 mm de dernière génération.
  • 1991 : collaboration avec le Centre National d'Études des Télécommunications (CNET), pour former (GRESSI) - Grenoble Submicron Silicon Initiative.
  • 1992 : deux ingénieurs du LETI créent la société Soitec pour commercialiser les substrats SOI (silicon-on-insulator) et d'autres substrats pour les semi-conducteurs.
  • 1993 : lancement du programme Morphomètre 3D, consistant à visualiser des organes en trois dimensions pour la médecine.
  • 1997 : création de la société Tronics Microsystems pour produire des composants MEMS à partir de demandes spécifiques des clients.
  • 1999 : le LETI réalise un record du monde avec un transistor de 20 nanomètres.
  • 2002 : premier silicium gyroscope MEMS 200 mm puis transfert industriel de la technologie.
  • 2003 : transfert de la technologie accéléromètre.
  • 2006 : lancement, en collaboration avec les instances gouvernementales et locales (INPG — Institut National Polytechnique de Grenoble), du campus Minatec, centré sur les micro et nanotechnologies, pour rapprocher la recherche académique, les laboratoires de R&D et l’industrie.
  • 2008 : alliance avec l'université californienne California Institute of Technology.
  • 2009 : alliance avec IBM pour la recherche en micro et nanoélectronique.
  • 2011 : première ligne complète 300 mm pour les technologies 3D. Poma réalise entre le LETI et Minatec un funiculaire unique au monde, appelé liaison blanc-blanc qui dessert deux salles blanches distantes de 240 mètres, permettant de transporter le personnel dans une atmosphère contrôlée tout en lui évitant de se déshabiller pour passer d'un lieu à l'autre[5].
  • 2015 : Pose de la première pierre d'une plate-forme photonique de 12 600 m2[6].

Domaines d'activité[modifier | modifier le code]

Le LETI derrière Minatec (2008).

Les principaux domaines d'activité du LETI sont l'énergie, les technologies de l'information, les technologies de la santé et la défense et sécurité[7]. Le LETI possède toute une série de plateformes technologiques dont 8 000 m2 de salles blanches entièrement dédiées aux micro et nanotechnologies, des plateformes dédiées à la chimie, la biologie, la photonique, au design, à la recherche amont et à la nano-caractérisation de niveau mondial.

Le LETI représente plus de 250 brevets par an avec un portefeuille global de plus de 2 800 brevets dont 40 % sous licence. Les domaines sont les micro et nanotechnologies pour la microélectronique ainsi que pour la biologie et la santé, les technologies de conception et d'intégration des microsystèmes, d’imagerie pour la médecine ou la sécurité et les technologies de communication appliquées aux objets nomades.

Missions et applications[modifier | modifier le code]

La mission première du LETI est de créer de l’innovation et de la transférer à l’industrie. Le LETI se positionne en tant que lien entre la recherche académique de base et la production de masse et cherche constamment à créer de nouvelles entreprises (start-up). Il tente ainsi de participer à l'innovation et à la compétitivité de secteurs industriels comme la santé, les télécommunications, le spatial, l'habitat, l'automobile et, à travers eux, aux activités plus traditionnelles comme le textile, le papier, le bâtiment, la logistique, la mécanique.

La synergie entre la recherche issue du LETI et la recherche industrielle s'exprime notamment au sein de Minalogic, pôle de compétitivité mondial dédié aux micro et nanotechnologies et aux logiciels embarqués. Le LETI est également membre fondateur de l'institut de recherche technologique, Nanoelec[8].

Partenariats[modifier | modifier le code]

Les chercheurs du LETI travaillent en étroite relation avec leurs partenaires industriels répartis dans le monde entier pour accélérer le développement et la commercialisation de nouvelles technologies. Le LETI est également engagé dans de nombreuses initiatives de coopération de recherches incluant les alliances avec IBM pour les semi-conducteurs, avec Caltech pour les MEMS et NEMS (Alliance for Nanosystems VLSI), avec le MicroMachine Center (avec le ministère de l’économie et de l’industrie japonais) ainsi que dans la collaboration avec Nokia (Nokia Research Center) et le programme IMAGINE, pour la lithographie par faisceau d’électrons.

Le LETI contribue à la formation d'un espace européen de la recherche. Ainsi, de forts partenariats européens ont été créés pour positionner l’Europe à un niveau mondial compétitif dans le développement de nouvelles technologies. Ainsi, se sont créées l’alliance HTA (Heterogeneous Technology Alliance) avec le CSEM Suisse, l'institut Fraunhofer-Gesellschaft en Allemagne et le VTT en Finlande, mais également les projets HELIOS (intégration des composants photonique sur des circuits MOS), WADIMOS, EARTH (energy efficiency in mobile broadband systems) et BEE SECURED (management environnemental à très grande échelle assisté par les abeilles).

Le LETI a été désigné en 2015 comme l'un des 16 acteurs en Europe pour définir une nouvelle interface de connexion des terminaux aux systèmes du futur réseau 5G devant être mis en place à l'horizon 2020[9],[10].

Médiatisation d'avancées technologiques[modifier | modifier le code]

En novembre 2015, le LETI annonce la production en masse d'accéléromètres de type MEMS sur plaque de 300 millimètres. Cette fabrication unique dans le monde, représente une avancée technologique majeure, notamment dans le domaine de l'internet des objets[11].

Le LETI explore en 2016 une technologie à base de nanofils en silicium et silicium-germanium composant des transistors MOSFET et devant permettre à terme d'atteindre des niveaux de miniaturisation de l'ordre de 15 nanomètres voir à terme de 5 nm, remettant en cause la Loi de Moore qui prévoit que la miniaturisation doit se confronter réellement aux effets quantiques aux alentours de 20 nanomètres. Cette miniaturisation accompagne l’augmentation des performances des circuits intégrés et réduit considérablement la puissance dissipée[12].

Créations d’entreprises[modifier | modifier le code]

Depuis les débuts de son existence, le LETI a encouragé le transfert de technologies à des industriels privés à travers notamment une politique de création de jeunes pousses. Ainsi, 37 nouvelles entreprises sont issues du LETI, entraînant la création de 2 500 emplois.

Une des plus connue est la compagnie Soitec (Soitec Group), basée à Bernin en France. Créée en 1992 par deux ingénieurs du LETI, l’entreprise développe des substrats de silicium sur isolant (SOI) en vue d’améliorer les performances des futurs circuits intégrés. Soitec est cotée en bourse et a annoncé un chiffre d’affaires de 209 M$ durant l’année fiscale précédente (mars 2010). En 2016, il existe toujours un partenariat de recherche fondamentale entre Soitec et le LETI[13]. D’autres essaimages sont issus du LETI comme EFCIS en 1977 à l’origine de la création de STMicroelectronics, Sofradir en 1986 pour les détecteurs infrarouges, Tronics Microsystems en 1997 pour la technologie des MEMS, Movea en 2007 pour les capteurs en mouvement de type MEMS, Fluoptics en 2008 pour la détection des cancers par imagerie fluorescente, MicroOLED en 2007. En 2015, le journal Le Monde annonce que le LETI est à l'origine de trois à cinq créations de startups par an[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]