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Laboratoire (sciences)

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Un laboratoire (du latin laboratorium, littéralement « lieu où l'on travaille »[1]), pouvant être abrégé par « labo », était initialement un espace d'expérimentation inventé par les alchimistes[2]. On y trouvait des outils tels que des fours, des creusets, des alambics ou encore des tables de distillation.

Les laboratoires dans l'Histoire

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Dans l'Antiquité

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Durant l'Antiquité, il n'existait pas de laboratoire au sens moderne du terme, c'est-à-dire une pièce dédiée à l'expérimentation[3]. Il existait toutefois des ateliers techniques (métallurgie, teinture, etc.) et des pratiques protochimiques pouvant s'y apparenter[4],[5].

Moyen Âge latin

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Du XIIe siècle jusqu'au XIVe siècle, via des traductions arabo-latines, l'alchimie se diffuse en Occident[5]. On peut même observer l'apparition d'ateliers alchimiques privés : par exemple, dans les maisons, les monastères ou les cours princières[6],[7].

Renaissance

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Du XVe siècle jusqu'au XVIe siècle, ces espaces dédiés se développent encore davantage chez les princes, médecins et artisans[8]. La iatrochimie se développe également, on retient notamment la figure de Paracelse[9]. D'un autre côté, les traités illustrant des fours et des appareils se multiplient. Le laboratoire devient enfin un lieu stable de transformation expérimentale[10].

Illustration du livre Œuvre de Paracelse
Dessin de Paracelse[11] montrant l'un de ses nombreux outils

Au XVIIe siècle

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La Révolution scientifique marque le passage du laboratoire artisanal au laboratoire savant structuré[8], notamment avec le développement de réels protocoles et d'instruments normalisés[12]. L'institutionnalisation avec l'Académie royale des sciences, en 1666, est aussi un événement majeur. Ainsi, le laboratoire devient un espace public de production du savoir[13],[14].

Au XVIIIe siècle

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La femme de Lavoisier (à droite) assistant son mari et son assistant Armand Seguin (en costume, à gauche) dans ses recherches scientifiques sur la respiration humaine.

La nomenclature est réformé par Antoine Lavoisier, séparant l'alchimie de la chimie ; sous l'idée de considérer l'alchimie comme de la sorcellerie, de nombreux chimistes ont la volonté de propulser l'élan de la chimie moderne[15],[16].

Par ailleurs, les laboratoires s'intègrent aux académies et aux universités, ce qui marque un tournant positif pour la recherche.

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Laboratory » (voir la liste des auteurs).
  1. Dictionnaire Gaffiot, Latin vers Français, Hachette Education, (ISBN 978-2011679406, lire en ligne Accès libre), p. I
  2. service Interroge de la Ville de Genève, « Quelle est l'origine du mot « laboratoire » et depuis quand est-il également utilisé pour des concepts tels que « laboratoire d'idées » ? » Accès libre, mis à jour le 10 avril 2024 (consulté le )
  3. Dictionnaire Larousse, Larousse, (lire en ligne)
  4. Textes gréco-égyptiens d'alchimie attribués à Zosime de Panopolis
  5. a et b (en) Lawrence M. Principe, The Secrets of Alchemy,
  6. (la) Albert le Grand, De Mineralibus
  7. (it) Alchimia e medicina nel Medioevo,
  8. a et b (en) Pamela H. Smith, The Body of the Artisan,
  9. Paracelse, Œuvres médicales, PUF, 1968
  10. (en) Allen G. Debus, The Chemical Philosophy,
  11. Œuvres de Paracelse (trad. Grillot de Givry), t. I,
  12. Le laboratoire expérimentale de Robert Boyle
  13. (en) Steven Shapin et Simon Schaffer, Leviathan and the Air-Pump,
  14. (en) Jan Golinski, Making Natural Knowledge,
  15. Antoine Lavoisier, Traité élémentaire de chimie,
  16. (en) Frederic L. Holmes, Lavoisier and the Chemistry of Life,

Liens externes

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