La Nuit des morts-vivants

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Page d'aide sur l'homonymie Pour le remake de Tom Savini, voir La Nuit des morts-vivants (film, 1990).
La Nuit des morts-vivants
Description de cette image, également commentée ci-après
Logo original du film.

Titre original Night of the Living Dead
Réalisation George Romero
Scénario George Romero
John A. Russo
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Horreur
Durée 96 minutes
Sortie 1968

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Nuit des morts-vivants

La Nuit des morts-vivants (Night of the Living Dead) est un film d'horreur américain réalisé en 1968 par George A. Romero.

C'est le premier volet de la Saga des zombies. Plus tard, le scénario sera repris maintes et maintes fois ; la version la plus connue est celle de Tom Savini, de même titre que le film de Romero, sortie en 1990.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Barbra Blair et son frère Johnny se rendent en Pennsylvanie pour venir se recueillir sur la tombe de leur père. Ce rite annuel irrite Johnny, qui cherche à effrayer Barbra, en lui affirmant que les morts vont venir la chercher. Barbra, énervée, s'isole, et se fait agresser par une personne à la démarche mécanique et au visage ravagé. Son frère la défend, mais meurt dans la lutte, la tête fracassée contre une pierre tombale. Barbra s'enfuit et se réfugie dans une ferme isolée, où elle découvre le corps mutilé d'une femme. Voulant quitter la maison, elle est confrontée à l'homme du cimetière et d'autres étranges personnages menaçants. Un routier afro-américain, Ben, la rejoint, et barricade portes et fenêtres avec des planches. Il trouve aussi une radio et un fusil de chasse. Barbra s'évanouit, et reste en état de choc à son réveil.

Ben découvre une cave qui abrite un couple marié, Harry et Helen Cooper, ainsi que leur fille Karen, qui ont trouvé refuge ici après s'être fait attaquer. Tom et Judy, un couple d'adolescents, arrivent à leur tour. Karen, qui a été mordue par l'un des monstres, tombe gravement malade. Harry exige que tout le monde se cache dans la cave, mais Ben considère que c'est une souricière et reste à l'étage, pour barricader la maison avec l'aide de Tom. Des reportages radio expliquent qu'une vague de tueries déferle sur la côte est des États-Unis. Ben trouve une télévision, et lui et les autres occupants de la maison regardent un bulletin d'urgence qui affirme que les morts récemment décédés se sont réanimés et mangent la chair des vivants. Les scientifiques et l'armée américaine ne parviennent pas à en découvrir la cause, bien qu'un scientifique soupçonne une contamination radioactive provenant d'une sonde spatiale qui a explosé dans l'atmosphère terrestre. L'émission énumère aussi les centres de secours locaux offrant un refuge.

Désirant rejoindre l'un de ces refuges, Ben et Tom font le plein du camion de Ben tandis que Harry lance des cocktails Molotov sur les zombies. Tom renverse accidentellement de l'essence sur le camion, l'enflammant. Tom et Judy essaient d'éloigner le camion de la pompe, mais le camion explose, les tuant tous les deux, et les zombies mangent leurs restes carbonisés. Ben est enfermé à l'extérieur par Harry. Il finit par réussir à entrer, et frappe Harry, irrité par sa lâcheté. Un reportage révèle que seul un coup à la tête peut arrêter les zombies. Elle prévient également que des hommes armés patrouillent dans les campagnes pour rétablir l'ordre.

Les lumières s'éteignent et les zombies forcent les barricades. Harry se saisit du fusil de Ben et menace de le tuer. Tous les deux se battent. Ben parvient à arracher l'arme à Harry et lui tire dessus. Harry trébuche dans la cave et, mortellement blessé, s'effondre à côté de Karen, elle aussi morte. Les zombies essaient de tirer Helen et Barbra à travers les fenêtres, mais Helen se libère. Elle retourne à la cave pour voir Karen se réanimer et manger le cadavre d'Harry. Helen est en état de choc et Karen la poignarde à mort avec une truelle. Barbra, voyant Johnny parmi les zombies, est emportée par la horde et dévorée. Comme les zombies envahissent la maison, Ben se bat contre Karen et se cache à l'intérieur de la cave. Harry et Helen se réaniment, et il est forcé de les abattre. Le lendemain matin, Ben est réveillé par des coups de feu à l'extérieur. Alors qu'il sort de la maison, la milice le confond avec l'un des zombies et il est tué d'un coup de feu. Le corps de Ben est jeté sur une pile de cadavres qui sont enflammés.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Les morts-vivants.

Distribution[modifier | modifier le code]

Le personnage de Judith O'Dea dans le cimetière.
La petite fille zombie qui dévore une victime.

Production[modifier | modifier le code]

De l'idée du scénario à une production indépendante[modifier | modifier le code]

En 1961, après ses études à l'université, George Romero fonde avec une dizaine d'amis une société de production, The Latent Image, spécialisé dans les films télévisés. L'objectif du petit groupe, qui travaille à Pittsburgh, est de réunir assez d'argent, d'expérience et de matériel pour se lancer dans la production d'un long métrage, ce qui est possible au bout de quelques années. La recherche de financeurs s'avère dans un premier temps vaine, le projet n'intéresse personne. Le petit groupe décide alors d'investir ses propres finances, entorse à une règle de sécurité observée par l'ensemble de la profession[1].

Le petit groupe fonde une société de production, Image Ten. Chacun des dix actionnaires apporte 600 dollars et s'engage à parrainer une autre personne pour qu'elle apporte le même montant. La vente à profit des actions augmente le capital. La somme permettra le lancement du tournage. Le reste du budget sera finalement obtenue de financeurs, sur présentation des premiers rushes. Le budget total du film est de 114 000 dollars[1],[2].

Romero expliquera qu'en 1968, le paysage des grandes productions avait évolué. Selon lui, l'industrie du spectacle commençait à battre de l'aile à cause de la concurrence de la télévision. Pour y faire face, les exploitants de cinéma se seraient tournés vers la violence, l'horreur et le sexe. « Dans ce contexte, le cinéaste indépendant devait se transformer en investisseur et se retrouvait parfois contraint de compromettre son art. Mais au moins, il pouvait travailler[2]. »

Le choix d'un film d'horreur est une stratégie commerciale décidée par des nouveaux qui n'ont aucune expérience en matière de distribution : « Nous n'étions [...] pas sûrs qu'un distributeur national serait intéressé. Mais nous nous disions que, au pire, nous pourrions toujours rentrer dans nos fonds en les projetant dans les drive-in de la région[3]. ». Ce sont donc la « relative viabilité commerciale du genre[4] » et « le goût croissant du public pour le bizarre et l'inédit » qui poussent l'équipe à choisir ce sujet, bien plus qu'un goût particulier pour l'horreur - même si celui-ci est indéniable en ce qui concerne Romero.

George Romero avait écrit une nouvelle qu'il décrit comme une sorte d'allégorie inspirée par Je suis une légende de Richard Matheson, mettant en scène « une masse informe revenue d'entre les morts et poussée par un besoin irrépressible de se nourrir de la chair et du sang des vivants[2] ». La nouvelle de Richard Matheson, Je suis une légende, première source d'inspiration de Romero, avait fait l'objet d'une adaptation cinématographique, dans un film américano-italien coréalisé par Sidney Salkow et Ubaldo Ragona, avec Vincent Price. Une autre adaptation, Le Survivant, réalisée par Boris Sagal, sortira en 1971, avec Charlton Heston. Les vampires de ces adaptations ont la lenteur des zombies de Romero, mais sont beaucoup plus vulnérables[5].

John Russo assurera la scénarisation du récit au moment où Romero est occupé à préparer le tournage[2],[6].

Affiche originale du film.

Tournage et effets spéciaux[modifier | modifier le code]

Une fois le choix du genre effectué, et même si aucune des personnes en présence n'est un amateur d'horreur, le petit groupe s'engage totalement pour aboutir à un film de qualité[7]. Certes, reconnaît un des producteurs, Russel Streiner, le groupe aurait préféré réaliser un grand film dramatique. Mais le choix du genre effectué, ils décidèrent de tout faire pour rendre le film « le plus réaliste possible avec le budget dont nous disposions[8] ». Des choix artististiques et scénaristiques sont dictés par les contraintes budgétaires. Mettre en scène des morts-vivants nécessite peu de maquillage et d'effets spéciaux[6]. De même, Romero témoigne que le choix du noir et blanc est moins dicté par des parti-pris esthétiques que par des impératifs financiers[2].

Accueil[modifier | modifier le code]

Le succès rencontré par le film, tourné avec un petit budget, en a fait un des plus rentables du cinéma indépendant.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Cinq suites ont été entreprises par George Romero : Zombie (1978), Le Jour des morts-vivants (1984), Le Territoire des morts (2005), Chronique des morts-vivants (2008) et Le Vestige des morts-vivants (2009). Un remake du film a été réalisé en 1990 par Tom Savini, célèbre spécialiste des effets spéciaux de maquillage et collaborateur habituel de George A. Romero. Tom Savini avait été engagé par Romero pour réaliser les effets spéciaux du film de 1968, mais il fut enrôlé dans l'armée peu avant le début du tournage. C'est pourquoi il sembla alors évident à Romero de lui confier la réalisation du remake de 1990.

Problème de copyright[modifier | modifier le code]

Juste avant sa sortie en salles aux États-Unis, le titre original du film, Night of the Flesh Eaters, fut changé en Night of the Living Dead par le distributeur The Walter Reade Organization. Cependant, lors de l'insertion du nouveau titre, le distributeur oublia d'insérer la mention de copyright, présente sur l'ancien titre. Walter Reed possédait quelques copies du film mentionnant le copyright original, ce qui lui aurait permis de s'en prévaloir, mais cela ne fut jamais fait. En conséquence de quoi le film est définitivement entré dans le domaine public sur le territoire américain. De ce fait, une innombrable série de DVD, à la qualité de transfert souvent médiocre, a été éditée sous les labels les plus divers.

Analyse[modifier | modifier le code]

Le personnage de Ben dans le film.

Le film est marqué par les convictions politiques de l'auteur. L'acteur principal est un jeune afro-américain : chose rare pour l'époque, la ségrégation étant encore de mise aux États-Unis un an auparavant. Ce choix de Romero (même si le réalisateur a toujours affirmé avoir engagé Duane Jones non pour sa couleur de peau mais pour ses talents d'acteur[9]) est encore renforcé par le sort réservé au héros qui doit subir, en sus des assauts de zombies, les critiques de Harry Cooper. Seul survivant, il sera abattu par la police à la fin du film, la police l'ayant pris de loin pour un zombie. En outre, l'attaque des zombies a également été interprétée comme une métaphore de la guerre du Viêt Nam[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Rouyer 1997, p. 45
  2. a b c d et e Romero 1985
  3. Russo 1985 cité dans Rouyer 1997, p. 46 à 48
  4. Met 2008, p. 15
  5. Voir la note 10 de Lafond (dir) 2008, p. 193.
  6. a et b Rouyer 1997, p. 48
  7. Rouyer 1997, p. 46
  8. Propos de Russel Streiner dans Cinéfantastique, volume 4, n°1, printemps 1975. Cité dans Rouyer 1997, p. 46.
  9. Alan Jones, The Rough Guide to Horror Movies (New York: Rough Guides, 2005), p. 118
  10. Serge Chauvin, Du mort et du vivant, in Thoret (coord), p. 29

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Barbara Le Maître (dir.), La Nuit des morts-vivants, George A. Romero : Précis de recomposition, Lormont, Éditions du Bord de l’eau, collection « cinéfocales », 2016, 180 p. (ISBN 978-2-35687-459-7)
  • Frank Lafond (dir.), George A. Romero : un cinéma crépusculaire, Paris, Michel Houdiard, , 230 p. (ISBN 2912673933)
  • Jean-Baptiste Thoret (coord.), Politique des Zombies : L'Amérique selon George A. Romero, Paris, ellipses, coll. « les grands mythes du cinéma », , 224 p. (ISBN 978-2-7298-3252-0, présentation en ligne)
  • Philippe Rouyer, Le cinéma gore : une esthétique du sang, Paris, Éditions du cerf (no 10627), , 264 p. (ISBN 2-204-05787-8, présentation en ligne)

Articles et périodiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]