La dynamique des groupes

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Les méthodes pédagogiques.

La dynamique des groupes est un ouvrage du psycho-sociologue et psychopédagogue français Roger Mucchielli sur les rouages, le fonctionnement et l'évolution des groupes d'individus.

Définition du concept[modifier | modifier le code]

Pour Roger Mucchielli, la dynamique des groupes concerne un ensemble de personnes qui nouent des liens entre elles, mettant de l’unité dans leur « être là ensemble ». Le groupe n'est considéré comme une réalité que si l'on constate des interactions entre les participants, une vie affective minimum commune et une bonne participation de tous, même s'ils n'en ont pas conscience et qu'aucune règle formelle n'a été définie.

Elle existe de façon implicite quand les personnes passent du « je » au « nous », reconnaissant de cette manière le passage au collectif[1].

Champ d'application[modifier | modifier le code]

L'expression dynamique des groupes vient du sociologue américain Kurt Lewin en 1944. Le « groupe primaire » désigne plutôt un groupe dont les membres entrent en relation de face à face[2].

Roger Mucchielli définit dans la structure d'un groupe sept éléments psychologiques essentiels :

  1. les interactions entre ses membres ;
  2. la reconnaissance d'objectifs collectifs ;
  3. l’émergence de normes ou règles de conduite ;
  4. la formation d’une structure informelle portant sur l’affectivité et sur la dualité sympathie/l’antipathie, très souvent fonctionnant sans lois officielles ;
  5. l’existence d’émotions et de sentiments collectifs communs[3] ;
  6. l’existence d’un inconscient collectif ;
  7. la réalisation d’un certain niveau d'équilibre interne et de relations stables avec l'extérieur.

Dans un groupe naissent naturellement des règles que tout le monde respecte, quelle que soit leur forme, ainsi que des pressions de conformité définies par la solidarité existant entre les membres du groupe. Leur revers est qu'elles réduisent le niveau de liberté de chacun et peuvent aller jusqu'à la mise à écart ou l'exclusion d'un membre. Roger Muchielli évoque à ce sujet les « sanctions possibles du type mépris, raillerie, mise en quarantaine…, punitions aux manques reconnus comme tels par le groupe ». Tout nouveau venu devra faire l'effort nécessaire pour être intégré au groupe, sous peine d'en être rejeté[4].

Cohésion et participation[modifier | modifier le code]

La cohésion du groupe -au moins un minimum nécessaire à sa survie- peut être facilitée par la désignation d'un bouc-émissaire qui va focaliser contre lui tous les ressentiments et permettre aux affrontements de s'effacer ou de prendre en tout cas d'autres formes.

Témoin ce service où un nouveau, réputé être à la solde de la direction, voulait remettre en cause certaines règles qui maintenait un minimum de cohésion. Sa venue facilita la résorption (momentanée) des conflits et fit diminuer les tensions entre les autres membres du groupe. Ils étaient solidaires pour contester le nouveau, ce qui évitait de poser les vrais problèmes que personne n'avait envie d'affronter[5]. Le bouc-émissaire représente ainsi l'élément ambivalent attraction/rejet : rejet a priori de par son action personnelle et qu'il est remisé à côté du groupe mais aussi attraction parce qu'il est indispensable à la survie de groupe et que son départ serait vécu comme une catastrophe. Il est attaqué de l'intérieur mais souvent défendu vis-à-vis de l'extérieur.

Ce groupe n'avait fait que cristalliser ses tensions sur le nouveau -qui avait aussi fait peu d'efforts pour s'intégrer- et le problème restait entier. Une équipe est d'abord un groupe primaire mais pas seulement et Roger Muchielli pense que dans ce domaine « l’équipe est une variété originale qui ajoute à la cohésion socio-affective et aux relations interpersonnelles... la convergence des efforts pour l’exécution d’une tâche qui sera l’œuvre commune. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La dynamique des groupes restreints, Didier Anzieu et Jacques-Yves Martin, éditions PUF, 2007
  • Us, avatars et métamorphoses de la dynamique des groupes, Pierre De Visscher, Presses Universitaires de Grenoble, 1991, 282 pages, (ISBN 2706104163)
  • Dynamique des communications dans les groupes, Gilles Amado, André Guittet, éditions Armand Colin, 205 pages, (ISBN 2200243146)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le sociologue américain C.H. Cooley qui disait : « Le moyen le plus simple de décrire cet ensemble est peut être de dire que c’est un 'nous'. Il contient cette sorte de sympathie et d’identification mutuelles pour lesquelles « nous » est l’expression naturelle ».
  2. Voir l'ouvrage de Roger Mucchielli Le face à face dans la relation d'aide, écrit à partir des théories de Carl Rogers
  3. Voir De Martino J., cours de licence Administration Économique et Sociale, Université de Marseille
  4. Voir Roger Mucchielli, La dynamique des groupes, page 30.
  5. Voir Bion W.R., La cohésion des équipes

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]