La Vie nouvelle (association)

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La Vie Nouvelle (LVN - personnaliste et citoyenne) est une association d’éducation populaire.

En bref[modifier | modifier le code]

La Vie nouvelle est une association d’éducation populaire agréée par l’État, indépendante, pluraliste et libre de tout parti, syndicat ou Église[1].

Créée en 1947 par André Cruiziat et Pierre Goutet, issus du scoutisme catholique, La Vie Nouvelle fut rejointe par de nombreuses figures qui ont marqué la vie du Mouvement, comme Jacques Delors ou Christophe Deltombe.

Son objectif est de favoriser le développement personnel de chacun et d’inciter ses membres à s’engager, pour construire avec d’autres une société à laquelle chacun trouve un sens, où il a sa place et sa dignité.

Par son action et les engagements politiques de ses membres, La Vie nouvelle combat les inégalités, les injustices, la pauvreté, l'exclusion, l'exploitation des êtres humains. Elle contribue à construire aux plans local, national, européen et international, avec d'autres mouvements, associations, partis et syndicats, une société solidaire.

Attaché à la spiritualité et dans l'esprit de l'humanisme chrétien, La Vie nouvelle invite ses membres à approfondir leur quête de sens par un partage de leurs recherches spirituelles, leurs doutes, et leurs convictions dans une attitude d'ouverture et une démarche de dialogue et de respect mutuel.

Puisant son inspiration de la philosophie personnaliste d’Emmanuel Mounier, fondateur de la revue Esprit, La Vie nouvelle voit en chaque homme une personne unique et responsable, qui se structure par l’engagement et la confrontation positive avec les autres et le monde. Cette approche est approfondie par l'ouverture à d'autres philosophies et d'autres visions du monde. Elle propose une alternative à l'individualisme et au repli identitaire, dans le respect de la dignité de chacun.

La Vie nouvelle est une association loi 1901. Elle fédère en France, Belgique et Luxembourg une quarantaine de groupes, chacun constitué en association. Elle propose un fonctionnement original qui combine :

  • des petites équipes de 7 ou 8 personnes qui se retrouvent régulièrement pour partager expériences, réflexions, doutes et convictions sur un thème choisi ;
  •  des ateliers ouverts, réunions plus larges, transversales aux équipes et qui approfondissent sur plusieurs rencontres un thème particulier ;
  • des week-ends et sessions nationales de formation.

Repères historiques[2][modifier | modifier le code]

  • 1942-1946 : création des Amitiés scoutes par André Cruiziat
  • 1947 : création de La Vie nouvelle par André Cruiziat et Pierre Goutet
  • 1950 : politisation à Gauche
  • 1953 : structuration du mouvement, guerre d'Algérie
  • 1958-1961 : revue Citoyens 60, renforcement de l’appartenance à La Vie nouvelle, Vatican 2
  • 1962-1966 : documents sur la cohabitation Catholiques-Protestants, rencontres sociales de Grenoble, Formation permanente
  • 1971-1974 : développement de la conscience politique, Participation au Congrès d'Épinay, lutte du Larzac, étude du Marxisme
  • 1975 : participation au lancement de Chrétiens pour le socialisme
  • 1976 : rencontres « Femmes »
  • 1977 : mise en place d’un collectif d’animation
  • 1978-1979 : loi Veil
  • 1980-1990 : grandes réflexions sur le personnalisme
  • 1990 : travaux sur l'exclusion, la citoyenneté, le sens de la vie, publications « les mots clé du personnalisme » et Présence de la Personne »
  • 2000 : travaux sur l'Europe[3], la mondialisation, l'immigration
  • 2004-2007 : « Construire aujourd'hui le monde que nous espérons »
  • 2007-2010 : travaux sur « Faire société aujourd'hui et demain »
  • 2010-2013 : Agir pour une société solidaire et fraternelle
  • 2013-2016 : Dans un monde incertain, oser construire avec d’autres une société plus juste et fraternelle[4].

La Charte[5][modifier | modifier le code]

La Vie nouvelle est un mouvement de femmes et d’hommes rassemblés par la conviction que chaque être humain est une personne unique, libre, créatrice, qui se réalise par la reconnaissance et l’acceptation mutuelle des autres. Au sein d’une société poussée à l’individualisme, La Vie nouvelle favorise le développement personnel de chacun et incite ses membres à s’engager, pour construire avec d’autres une société à laquelle chacun trouve un sens, où chacun trouve sa place. Mouvement d’éducation populaire, pluraliste, indépendant et libre de tout parti, syndicat ou Église, elle conduit sa réflexion et ses engagements selon trois axes : philosophique, politique, spirituel. Ils sont indissociables pour rendre compte de la globalité de la personne.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Dans l’esprit de l’humanisme chrétien qui présida à sa fondation, et en cohérence avec la pensée personnaliste et communautaire d’Emmanuel Mounier, La Vie nouvelle affirme l’égale dignité et l’aspiration à la transcendance de chaque être humain. C’est cela qui fonde la dimension spirituelle essentielle au développement de toute personne elle s’exprime par différentes voies :

  • le message de l’Evangile et d’autres voies, religieuses ou non religieuses,
  • elle inspire l’engagement et l’action individuels et collectifs,
  • elle implique un désir de fraternité et l’écoute de l’autre, le souci de progresser les uns par les autres et le sens du don.

Les valeurs chrétiennes et laïques portent en elles les bases du pluralisme. Celui-ci est un défi et une exigence personnelle et collective riche d’avenir. La quête de sens est constitutive de l’existence humaine et fait progresser les personnes vers leur plénitude.

La Vie nouvelle invite ses membres à partager leurs recherches spirituelles, leurs doutes et leurs convictions dans une attitude et une démarche d’ouverture de dialogue et de respect mutuel.

Philosophies de la personne[modifier | modifier le code]

Le mouvement La Vie nouvelle est fondé sur une idée de l’être humain qui s’enracine, à partir de la pensée d’Emmanuel Mounier, mais aussi des écrits de Lévinas, Paul Ricœur, Hannah Arendt), dans des philosophies de la personne pour lesquelles l’être humain

  • est unique et singulier,
  • se construit dans sa relation à l’autre,
  • est à considérer dans ses dimensions corporelle, affective, sociale, citoyenne et spirituelle,
  • est ouvert aux autres, à la nature et au monde,
  • articule réflexion et action en cohérence avec ses valeurs, conscient de ses devoirs et de ses droits,
  • est responsable et résiste, affronte et s’engage pour construire un monde fraternel, équitable et solidaire.

Ainsi, cette approche personnaliste nourrit une manière d’être que La Vie nouvelle approfondit, actualise et enrichit par l’ouverture à d’autres philosophies et d’autres visions du monde. Elle propose une alternative à l’individualisme et au repli identitaire, dans le respect de la dignité de chacun.

Politique[modifier | modifier le code]

La Vie nouvelle, par son action et les engagements de ses membres, combat les inégalités, les injustices, la pauvreté, l’exclusion, l’exploitation des êtres humains. Elle contribue à construire aux plans local, national, européen et international, avec d’autres mouvements, associations, partis et syndicats, une société solidaire où :

  • la dignité et l’épanouissement de toute personne sont une priorité et les besoins fondamentaux de tous satisfaits,
  • le politique oriente une économie au service de l’être humain. Il organise le partage équitable des richesses et des ressources naturelles,
  • les générations actuelles s’affirment responsables vis-à-vis des générations à venir,
  • les institutions garantissent la justice sociale, les droits et les devoirs de chacun dans le respect de l’intérêt général et de la démocratie,
  • la formation permet à chacun d’être acteur de sa vie, de développer son autonomie, de prendre et d’assumer ses responsabilités dans la société.

La Vie nouvelle approfondit et actualise ce projet politique de démocratie, liberté et solidarité. Toutefois si le " faire société" et "faire mouvement" recueillent un accord global au sein de l'association le "faire famille" et surtout le "faire église" font l'objet de tensions et de désaccords de fonds.

La formation par l'échange[modifier | modifier le code]

Pour construire le monde que nous espérons, « il ne suffit pas de comprendre, il faut faire » disait Emmanuel Mounier, c’est pourquoi l’une des missions historiques de La Vie nouvelle est d’inciter ses membres à un engagement actif. Elle organise des formations, des voyages d'étude (développement durable à Fribourg 2007 - Grèce en 2009), des moment de réflexion publique (colloque La démocratie au risque de la spiritualité en décembre 2006[6]), des débats souvent sous forme de colloque et d'université d'été (L'homme face au marché).

Mais elle s'engage aussi pour soutenir certaines causes, questionner les politiques (les candidats à l'élection présidentielle 2007 sur l'immigration[7], contre le fichier EDVIGE, Ultimatum climatique [8]...

Elle est l'une des trois associations à l'origine du Pacte civique[9], créé en 2011.

Elle organise régulièrement des sessions de formation :

  • une session spiritualité autour de la compréhension des Écritures tous les ans, depuis 2006, fin avril, début mai
  • un colloque « Face aux crises, les ressorts de l’identité, de la singularité et de la dignité des personnes » les 12-13 décembre 2009
  • un colloque "Au-delà des peurs et des, replis, quels projets politiques" en janvier 2012
  • une session "La Confiance, un élan vital", en 2012
  • une session "Sobriété mon amour" en septembre 2012
  • Une session sur les biens communs en octobre 2012
  • un voyage au Luxembourg en juin 2013
  • un colloque "Eurocitoyens, europ’acteur, un parlement pour quoi faire ?" les 8-9 février 2014[10]

La revue Citoyens[modifier | modifier le code]

Citoyens, cahiers d'éducation politique, philosophique et spirituelle est la revue de La Vie nouvelle ; elle est destinée à ses membres, ses partenaires et se veut ouverte à un large public. Elle ne présente pas une position officielle, fixe, définitive et alignée, et offre toujours un ensemble d’alternatives pour mieux se choisir, se construire. La revue développe des opinions sincères, argumentées et des informations précises et honnêtes. Même si celles-ci sont parfois fortes et tranchées. Elle présente des témoignages de personnes œuvrant à tous niveaux, dans les cadres les plus divers.

Mais si Citoyens est riche d’information, elle ne prétend pas tout dire sur les sujets. Ce n’est pas son ambition qui est juste d’aider à donner des réponses existentielles. La revue vise à être une publication de rencontre et doit être ouverte sur l’extérieur, lisible par tous. Outil d’éducation populaire, elle doit aider chacun à mieux comprendre les enjeux actuels, à s’engager, et permettre à tous de s’exprimer par écrit.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Lestavel, La Vie nouvelle, histoire d'un mouvement inclassable, Paris, cerf, , 431 p. (ISBN 2-204-04988-3)
  2. Simone et Pierre Bourges, 60 ans de La Vie nouvelle.
  3. « Emmanuel Mounier. Le personnalisme, une pensée pour l’Europe »
  4. http://www.lvn.asso.fr/spip.php?article1723
  5. Charte de La Vie nouvelle.
  6. Colloque organisé en partenariat avec Démocratie et spiritualité et Poursuivre à Saint Denis.
  7. http://www.lvn.asso.fr/spip.php?rubrique234
  8. Conférence de Copenhague de 2009 sur le climat.
  9. Site pactecivique.org
  10. Revue Citoyens, no 351, avril 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Lestavel, La Vie nouvelle, histoire d'un mouvement inclassable, Paris, Cerf, , 431 p. (ISBN 2-204-04988-3)
  • Nadège Chambon et Stéphanie Baz-Hatem, S’affranchir d’un monde désenchanté. Jacques Delors, hier et aujourd’hui, Paris, Desclée de Brouwer, , 250 p. (ISBN 978-2220065885)
  • Simone et Pierre Bourges, 60 ans de La Vie nouvelle, Paris, , 46 p. (ISBN 978-2-9513386-3-5 (édité erroné), notice BnF no FRBNF41167812)
  • Philippe Laneyrie, Les Scouts de France, édition Cerf, (ISBN 978-2-204-02318-4)
  • Jacques Delors, L'Unité d'un homme : entretien avec Dominique Wolton, édition Odile Jacob, (ISBN 978-2-738102829)
  • Bernard Comte, Une utopie combattante : l'école des cadres d'Uriage, édition Fayard, , 639 p. (ISBN 978-2213027883)
  • Laurent Greilsamer, Hubert Beuve Mery 1902-1989, édition Fayard, , 687 p. (ISBN 978-2-213-02509-4)
  • Hervé Hamon et Patrick Rotman, La Deuxième Gauche : histoire intellectuelle et politique de la CFDT, édition Seuil, coll. « Point », , 482 p. (ISBN 978-2020555364)
  • Denis Pelletier, Économie et humanisme : de l'utopie communautaire au combat pour le Tiers-Monde, Cerf, coll. « Histoire », (ISBN 978-2204053020)
  • Benigno Cacérès, Histoire de l'éducation populaire, édition Le Seuil, coll. « Peuple culture », , 256 p. (ISBN 978-2020019897)
  • Jean Chaudouet, Raymond Labourie, Jean Lestavel, La Vie nouvelle et André Cruiziat dans l'histoire politique et religieuse des années 1947-1967, Strasbourg, Éditions du Signe, coll. « Témoignage », , 165 p. (ISBN 978-2-7468-2292-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]