La Vie et la passion de Jésus-Christ

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Ne doit pas être confondu avec la seconde version du film, Vie et passion de notre seigneur Jésus-Christ, sortie en 1907.
La Vie et la passion de Jésus-Christ
Version de 1903 (?)[n. 1]

Réalisation Lucien Nonguet, Ferdinand Zecca,
Acteurs principaux

Mme Moreau, M. Moreau

Sociétés de production Pathé Frères
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre biblique, en 32 tableaux
Durée 44 minutes (600 m)
Sortie 1903

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Vie et la passion de Jésus-Christ est un film muet français produit et réalisé entre 1902 et 1903 et sorti en France en 1903. C'est un des premiers longs métrages de l'histoire du cinéma[n. 2] et probablement le premier à avoir été « colorisé ». Il est constitué de trente deux tableaux introduits par des intertitres.

Le film est produit par Pathé Frères. La mise en scène en est confiée à Lucien Nonguet, initialement placé sous la direction de Ferdinand Zecca. Ce dernier ayant proposé à Charles Pathé de produire lui-même ses films et Pathé ayant refusé, Zecca part travailler pour Gaumont en 1903 et Nonguet termine seul la mise en scène du film[3],[4],[5]. Initialement composé de dix-huit tableaux, le film est, compte tenu de son succès, porté à trente deux tableaux.

Une seconde version du film sera tournée par Ferdinand Zecca et Segundo de Chomón en 1907.

Liste des tableaux[modifier | modifier le code]

Les différents tableaux[n. 3] étaient vendus ensemble ou séparément, en noir et blanc ou en couleur, l'agencement final étant laissé au choix de l'exploitant[7],[n. 4]. Des versions réduites à 12 ou 20 tableaux étaient également proposées[8].

La Vie et la passion de Jésus-Christ
No  d'ordre Titre[9] Année[8] No  de catalogue[9] Longueur[9] Réduction[n. 5],[8]
1 L'Annonciation 1902 871 15 m
2 L'Étoile mystérieuse 1903 945 40 m
3 L'adoration des Mages 1902 851 40 m 12, 20
4 La Fuite en Égypte 1902 852 25 m
5 Jésus parmi les docteurs 1903 939 20 m
6 La Sainte Famille 1902 872 20 m
7 Les Noces de Cana 1903 946 25 m
8 Jésus et la samaritaine 1903 940 25 m
9 La Pêche miraculeuse 1903 947 40 m
10 La Multiplication des pains 1903 948 30 m
11 Jésus marchant sur les eaux 1903 949 ?
12 La Transfiguration du Christ 1903 950 20 m
13 La Résurrection de Lazare 1902 854 40 m
14 L'Entrée à Jérusalem 1902 855 20 m 12, 20
15 Jésus chassant les vendeurs du temple 1902 853 20 m 12
16 La Cène 1902 856 25 m 12, 20
17 Jésus au jardin des oliviers 1902 857 25 m 12
18 Le Baiser de Judas - L'Arrestation 1902 858 20 m 12, 20
19 Jésus devant Pilate 1902 859 30 m 12
20 La Flagellation 1902 860 15 m 12
21 Le Couronnement d'épines 1903 952 15 m 12, 20
22 Jésus est présenté au peuple 1903 944 35 m 12
23 Jésus succombe sous sa croix 1902 861 20 m 12
24 Le Miracle de Sainte Véronique 1903 953 20 m 12, 20
25 Le Crucifiement 1902 862 20 m 12, 20
26 La Mort du Christ 1902 863 15 m 12, 20
27 La Descente de la Croix 1902 864 20 m 12, 20
28 La Mise au tombeau 1902 865 25 m 12, 20
29 La Résurrection 1902 866 15 m 12
30 L'Ange et les Saintes femmes 1903 942 15 m 12
31 L'Ascension 1903 954 30 m 12, 20
32 Apothéose 1903 941 15 m 12, 20

Une représentation inspirée par Gustave Doré[modifier | modifier le code]

Le film est décrit comme suit dans le catalogue de Pathé :

« Les exploitants n'ignorent pas la portée qu'a ce genre de spectacle sur les foules. C'est un spectacle toujours nouveau qui a l'avantage de toucher même les plus profanes. La série que nous présentons aujourd'hui et qui ne comporte pas moins de 32 tableaux, se recommande par les soins que nous avons apportés à la mise en scène appuyée sur des documents absolument authentiques[8]. »

En réalité, comme le soulignent Alain Boillat et Valentine Robert, « ce film se distingue avant tout par une démarche consistant à puiser dans une source iconographique privilégiée : la bible illustrée de Gustave Doré »[6].

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Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Coloriage au pochoir[modifier | modifier le code]

Le coloriage du film est réalisé par Segundo de Chomón dans son atelier de Barcelone[8]. Un pochoir par couleur est découpé dans des positifs de série par des ouvrières exercées, puis superposé au film pour application de la couleur d'aniline au pinceau[10].

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Riccardo Reda, « il faut avouer que toutes les tentatives de datation sont très peu satisfaisantes ; que la reconstitution d’une copie homogène […] s’est avérée impossible »[1].
  2. Le choix de ce thème pour des films longs est, selon Noël Burch, un « phénomène singulier » de l'histoire du « cinéma primitif », la notoriété de l'histoire racontée justifiant l'ambition du projet[2]. Les versions cinématographiques précédentes de la Passion du Christ étaient déjà exceptionnellement longues pour leur époque : celles de Léar (1897) puis de Hatot (1898) pour les Frères Lumière duraient plus de dix minutes et celle (de) de William Paley en 1898, d'une demi-heure.
  3. La notion de « tableau » désigne, depuis le XVIIIe siècle, une unité visuelle, délimitée par les changements de décor, et non seulement dramaturgique, par opposition à l’« acte »[6].
  4. Tout comme le choix d’obscurcir la salle, la distribution d’un livret ou la présence d’un bonimenteur, d’un pianiste ou d’une machine à bruits[6]
  5. Version réduite à 12 ou 24 tableaux

Références[modifier | modifier le code]

  1. Riccardo Reda, « La passion Pathé, de Ferdinand Zecca, problème de datation », dans Les Premiers ans du cinéma français, Institut Jean Vigo, , p. 167
  2. Noël Burch, « Passions, poursuites : d'une certaine linéarisation », dans La lucarne de l'infini, L'Harmattan, , p. 155-156
  3. a, b et c Jean Mitry, Histoire du cinéma: art et industrie, Delarge, , p. 148
  4. Laurent Le Forestier, Aux sources de l'industrie du cinéma: Le modèle Pathé - 1905-1908, L'Harmattan, (lire en ligne), p. 165
  5. (pt) « A dinâmica do espetáculo: O Movimento como expressão dramática em La Vie et La Passion de Jesus Christ (1902/1903) », Galáxia, São Paulo, no 19,‎ (lire en ligne)
  6. a, b et c Alain Boillat et Valentine Robert, « Vie et Passion de Jésus Christ (Pathé, 1902-1905) : hétérogénéité des « tableaux », déclinaison des motifs », 1895, no 60,‎ (lire en ligne)
  7. Alain Boillat, « Notes sur une "Vie et Passion du Christ", copie conservée à la Cinémathèque suisse », sur Université de Lausanne, (consulté le 19 janvier 2013)
  8. a, b, c, d et e Juan-Gabriel Tharrats, Segundo de Chomón : un pionnier méconnu du cinéma européen, Paris, L'Harmattan, (ISBN 978-2-296-09970-8), p. 42
  9. a, b et c Filmographie Pathé, Fondation Jérôme Seydoux Pathé
  10. Jacques Malthête, Méliès: images et illusions, Exporégie, (ISBN 9782950449375), p. 72-73

Liens externes[modifier | modifier le code]