La Varsovienne de 1831

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La Varsovienne de 1831 (en polonais Warszawianka 1831 roku) est une chanson polonaise patriotique et le symbole musical de l'Insurrection de novembre 1830. Le nom « Warszawianka 1831 roku » date du début du XXe siècle pour la distinguer d'un nouveau chant révolutionnaire de même nom, « Warszawianka 1905 roku », « La Varsovienne de 1905 ».

L'histoire de la chanson[modifier | modifier le code]

Le texte polonais est la traduction du poème français « La Varsovienne », écrit en février 1831, en référence à l'insurrection à Varsovie, par le poète parisien Casimir Delavigne. Le poème est intitulé « La Varsovienne » en imitation de « La Marseillaise ». Un mois après, le texte se trouve en tract à Varsovie. Le poème est immédiatement, fin mars, traduit par le poète et historien Karol Sienkiewicz (oncle de Henryk Sienkiewicz), qui a publié dans la revue de Varsovie « Polak Sumienny ». Il est aussitôt mis en musique par le célèbre compositeur d'opéra, le directeur et le chef d'orchestre de l'opéra de Varsovie, Karol Kurpiński. Le 5 avril 1831, la chanson est publiquement exécutée pour la première fois pendant le spectacle d'opéra au Théâtre Narodowy (Théâtre national). Le public l'accueille avec enthousiasme. Pendant les décennies ultérieures, la chanson est un des principaux symboles du mouvement national polonais. En 1918-1927, jusqu'à la proclamation officielle de « La mazurka de Dąbrowskil » comme hymne de la Pologne, « La Varsovienne » est un des cinq candidats au titre d'hymne national. Pendant l'entre-deux-guerres, les premières mesures servent d'indicatif au second programme de la radio polonaise. Cette chanson est la plus populaire de l'insurrection de Varsovie de 1944.

Le texte et le commentaire[modifier | modifier le code]

Le texte mentionne les événements suivants : la révolution de juillet en France (« soleil de juillet »), l'établissement comme drapeau national français du drapeau tricolore révolutionnaire (« l'arc-en-ciel de France »), le passage de l'armée russe dans les montagnes balkaniques pendant la guerre russo-turque (1829) (le commandant de cette marche Ivan Dibich était supposé commander l'armée déplacée contre la Pologne), l'amnistie proposée par Nicolas Ier aux insurgés ; le massacre de Praga en banlieue de Varsovie, la participation polonaise aux guerres napoléoniennes, l'intervention supposée de la Russie contre la révolution en Europe, que l'insurrection polonaise a empêchée.

La version française La version polonaise
Il s'est levé, voici le jour sanglant ; Oto dziś dzień krwi i chwały,
Qu'il soit pour nous le jour de délivrance ! Oby dniem wskrzeszenia był!
Dans son essor, voyez notre aigle blanc W tęczę Franków Orzeł Biały
Les yeux fixés sur l'arc-en-ciel de France Patrząc, lot swój w niebo wzbił.
Au soleil de juillet, dont l'éclat fut si beau, Słońcem lipca podniecany
Il a repris son vol, il fend les airs, il crie : Woła do nas z górnych stron:
"Pour ma noble patrie, "Powstań, Polsko, skrusz kajdany,
Liberté, ton soleil ou la nuit du tombeau !" Dzis twój tryumf albo zgon!"

Polonais, à la baïonnette ! Hej, kto Polak, na bagnety!
C'est le cri par nous adopté ; Żyj, swobodo, Polsko, żyj!
Qu'en roulant le tambour répète : Takim hasłem cnej podniety
À la baïonnette ! Trąbo nasza wrogom grzmij!
Vive la liberté! Trąbo nasza wrogom grzmij!

Guerre ! À cheval, cosaques des déserts ! Na koń, woła Kozak mściwy,
Sabrons, dit-il, la Pologne rebelle : Karać bunty polskich rot,
Point de Balkans, ses champs nous sont ouverts ; Bez Bałkanów są ich niwy,
C'est le galop qu'il faut passer sur elle. Wszystko jeden zgniecie lot.
Halte ! n'avancez pas ! Ses Balkans sont nos corps ; Stój! Za Bałkan pierś ta stanie,
La terre où nous marchons ne porte que des braves, Car wasz marzy płonny łup,
rejette les esclaves Z wrogów naszych nie zostanie,
Et de ses ennemis ne garde que les morts Na tej ziemi, chyba trup.

Polonais, à la baïonnette! Hej, kto Polak, na bagnety!

Pour toi, Pologne, ils combattront, tes fils, Droga Polska, dzieci Twoje,
Plus fortunés qu'au temps où la victoire Dziś szczęśliwszych doszły chwil,
Mêlait leurs cendres aux sables de Memphis Od tych sławnych, gdy ich boje,
Où le Kremlin s'écroula sous leur gloire: Wieńczył Kremlin, Tybr i Nil.
Des Alpes au Thabor, de l'Ebre au Pont-Euxin, Lat dwadzieścia nasze męże,
Ils sont tombés, vingt ans, sur la rive étrangère. Los po obcych ziemiach siał,
Cette fois, ô ma mère! Dziś, o Matko, kto polęże,
Ceux qui mourront pour toi, dormiront sur ton sein. Na Twem łonie będzie spał.

Polonais, à la baïonnette ! Hej, kto Polak, na bagnety!

Viens Kosciusko, que ton bras frappe au cœur Wstań Kościuszko! Ugodź serca,
Cet ennemi qui parle de clémence; Co z litością mamić śmią,
En avait-il quand son sabre vainqueur Znałże litość ów morderca,
Noyait Praga dans un massacre immense ? Który Pragę zalał krwią?
Tout son sang va payer le sang qu'il prodigua, Niechaj krew tę krwią dziś spłaci,
cette terre en a soif, qu'elle en soit arrosée; Niech nią zrosi grunt, zły gość,
Faisons, sous sa rosée, Laur męczeński naszej braci
Reverdir le laurier des martyrs de Praga. Bujniej będzie po niej rość.

Allons, guerriers, un généreux effort! Tocz Polaku bój zacięty,
Nous les vaincrons; nos femmes les défient. Ulec musi dumny car,
O mon pays, montre au géant du nord Pokaż jemu pierścień święty,
Le saint anneau qu'elles te sacrifient. Nieulękłych Polek dar,
Que par notre victoire il soit ensanglanté; Niech to godło ślubów drogich,
Marche, et fais triompher au milieu des batailles Wrogom naszym wróży grób,
L'anneau des fiançailles, Niech krwią zlane w bojach srogich,
Qui t'unit pour toujours avec la liberté. Nasz z wolnością świadczy ślub.

Polonais, à la baïonnette ! Hej, kto Polak, na bagnety!

À nous, Français! Les balles d'Iéna O Francuzi! Czyż bez ceny
Sur ma poitrine ont inscrit mes services; Rany nasze dla was są?
À Marengo, le fer la sillonna; Spod Marengo, Wagram, Jeny,
De Champ-Aubert comptez les cicatrices. Drezna, Lipska, Waterloo
Vaincre et mourir ensemble autrefois fut si doux! Świat was zdradzał, my dotrwali,
Nous étions sous Paris... Pour de vieux frères d'armes Śmierć czy tryumf, my gdzie wy!
N'aurez-vous que des larmes? Bracia, my wam krew dawali.
Frères, c'était du sang que nous versions pour vous! Dziś wy dla nas nic – prócz łzy.

Polonais, à la baïonnette ! Hej, kto Polak, na bagnety!

O vous, du moins, dont le sang glorieux Wy przynajmniej coście legli,
S'est, dans l'exil, répandu comme l'onde, W obcych krajach za kraj swój,
Pour nous bénir, mânes victorieux, Bracia nasi z grobów zbiegli,
Relevez-vous de tous les points du monde! Błogosławcie bratni bój.
Qu'il soit vainqueur, ce peuple; ou martyr comme vous, Lub zwyciężym – lub gotowi,
Sous le bras du géant, qu'en mourant il retarde, Z trupów naszych tamę wznieść,
Qu'il tombe à l'avant-garde, By krok spóźnić olbrzymowi,
Pour couvrir de son corps la liberté de tous. Co chce światu pęta nieść.

Polonais, à la baïonnette ! Hej, kto Polak, na bagnety!

Sonnez, clairons! Polonais, à ton rang! Grzmijcie bębny, ryczcie działa,
Suis sous le feu ton aigle qui s'élance. Dalej! dzieci w gęsty szyk,
La liberté bat la charge en courant, Wiedzie hufce wolność, chwała,
Et la victoire est au bout de ta lance. Tryumf błyska w ostrzu pik.
Victoire à l'étendard que l'exil ombragea Leć nasz orle, w górnym pędzie,
Des lauriers d'Austerlitz, des palmes d'Idumée! Sławie, Polsce, światu służ!
Pologne bien-aimée, Kto przeżyje wolnym będzie,
Qui vivra sera libre, et qui meurt l'est déjà! Kto umiera, wolny już!

Polonais, à la baïonnette ! Hej, kto Polak, na bagnety!
C'est le cri par nous adopté ; Żyj, swobodo, Polsko, żyj!
Qu'en roulant le tambour répète : Takim hasłem cnej podniety
À la baïonnette ! Trąbo nasza wrogom grzmij!
Vive la liberté! Trąbo nasza wrogom grzmij!

Liens externes[modifier | modifier le code]