La troisième vague

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La troisième vague est une étude expérimentale du fascisme menée par le professeur d’histoire Ron Jones avec des élèves de première du lycée Cubberley à Palo Alto (Californie) pendant la première semaine d’avril 1967, dans le cadre d’un cours sur l’Allemagne nazie. N’arrivant pas à expliquer à ses élèves comment les citoyens allemands avaient pu laisser sans réagir le parti nazi procéder au génocide de populations entières, Ron Jones décida d’organiser une mise en situation. Il fonda un mouvement nommé « la troisième vague », dont l’idéologie vantait les mérites de la discipline et de l’esprit de corps, et qui visait à la destruction de la démocratie, considérée comme un mauvais régime en raison de l’accent qu’elle place sur l’individu plutôt que sur la communauté. L'expérience de la troisième vague a inspiré le livre puis le film La Vague (2008).

Préambule d'avertissement[modifier | modifier le code]

Les sources fiables sur l’expérience sont rares. À l’époque, la « troisième vague » est mentionnée à deux reprises dans le journal du lycée, le Cubberley Catamount, d’abord dans une brève parue le [1] puis dans un article de fond peu détaillé[2]. L’expérience est également citée dans le même journal, pendant l’année scolaire suivante[3]. L’exposé le plus complet est un texte écrit par Ron Jones lui-même en 1972, cinq ans après les faits[4]. De nombreux autres articles existent ainsi qu'un film documentaire coréalisé par Philip Neel, un des élèves participants, mais tous sont nettement postérieurs à l’expérience.

Aussi, réunir des informations fiables sur le déroulement réel des événements semble aujourd’hui très difficile : si Ron Jones dénonce la « dramatisation » opérée par les producteurs du téléfilm dans leur adaptation de 1981, La Vague, ses propres souvenirs paraissent incertains, ou inexacts. Sans l’accuser de déformation volontaire, force est de reconnaître que les nombreuses divergences entre les sources rendent hasardeux tout examen impartial de l’expérience.

Chronologie de l’expérience d’après Ron Jones[modifier | modifier le code]

Lundi[modifier | modifier le code]

Jones donne une allocution sur la discipline : comment elle est nécessaire aux athlètes, aux artistes, aux scientifiques, et comment, par la maîtrise de soi, elle assure la réussite des projets. Il passe ensuite aux travaux pratiques et indique une position assise susceptible de faciliter la concentration et la volonté : pieds à plat sur le sol, dos droit, mains croisées derrière le dos. Il exige des élèves qu’ils adoptent cette position et vérifie qu’ils obéissent. Il leur apprend ensuite à entrer et à sortir de classe, dans le silence et la rapidité. Il donne aussi des instructions pour répondre aux questions : désormais, les élèves doivent se lever, commencer leur réponse par « Monsieur Jones » et répondre en quelques mots seulement. Une série de questions réponses très intense conclut la séance. Les élèves se sentent stimulés et motivés.

Mardi[modifier | modifier le code]

Devant une classe en « position d’attention » Jones inscrit au tableau la devise du mouvement : « La force par la discipline, la force par la communauté ». Il analyse l’idée de communauté qu’il définit comme le lien unissant différentes personnes tournées vers un but commun. Il exalte la valeur de la communauté en montrant qu’elle est cette réalité au-delà de l’individu dans laquelle il s’accomplit en s’y intégrant. Ron Jones ordonne ensuite aux élèves de réciter la devise du mouvement, d’abord l’un après l’autre, puis par groupes de deux ou trois, puis toute la classe ensemble. La coordination atteinte permet aux élèves de constater la réalité de la communauté, et de s’y sentir pleinement intégrés, à égalité avec les autres. À la fin de l’heure, Jones enseigne un salut consistant à amener la main droite à hauteur de l’épaule droite, les doigts arrondis en forme de coupe. Il s'agit d'un salut utilisé par les nazis, ce que les élèves ignoraient. Il décide de nommer le mouvement « la troisième vague », expliquant aux élèves que c'est à la fois parce que la main lors du salut ressemble à une vague sur le point de déferler, et parce que, conformément à une croyance populaire, les vagues de l’océan avanceraient par groupes de trois, la troisième étant la plus forte. Il omet de mentionner aux élèves la référence la plus importante, qui est bien sûr la référence au Troisième Reich.

Mercredi[modifier | modifier le code]

Ron Jones constate que treize élèves d’autres classes viennent assister à son cours. Il distribue des cartes de membre aux élèves participant au mouvement. Parmi les cartes de membre, trois, distribuées aléatoirement, sont marquées d’un « X » rouge. Les membres porteurs de ces cartes se voient confier la mission de dénoncer les membres qui ne respecteraient pas les règles. Ron Jones donne une allocution sur l’action, entendue comme but vers lequel tendent la discipline et la communauté, et sans lequel elles perdent tout leur sens. À la surprise du professeur, plusieurs élèves lui expriment leur satisfaction et leur joie de participer à la « troisième vague ». Les élèves montrent de meilleures dispositions pour apprendre et participer en classe. L’égalité instaurée entre eux incite les élèves les moins sûrs d'eux à prendre la parole et à gagner en assurance. Les réponses aux questions se font cependant beaucoup plus laconiques, et les élèves semblent perdre leurs aptitudes à argumenter et à nuancer. Ron Jones dirige la classe vers l’action pure : il donne l’ordre de dessiner une bannière pour la « troisième vague », d’apprendre par cœur le nom et l’adresse de tous les membres et de recruter de nouveaux membres. Plus tard dans la journée, Ron Jones constate que la « troisième vague » prend des proportions inquiétantes. La moitié des membres en dénoncent d’autres, même si seuls trois élèves ont été spécialement désignés pour cette tâche. De nombreux élèves prennent la « troisième vague » très au sérieux et menacent ceux qui tournent le mouvement en dérision. Ron Jones constate aussi que, alors que les élèves les plus médiocres participent de plus en plus et s’investissent beaucoup dans le mouvement (l’un des élèves décide même de devenir le « garde du corps personnel » du professeur, qui se laisse faire), les élèves les plus doués supportent mal l’égalitarisme forcené du cours.

Jeudi[modifier | modifier le code]

Arrivé tôt au lycée, Ron Jones découvre sa classe dévastée. Un des parents d’élèves, vétéran de la Seconde Guerre mondiale et ancien prisonnier de guerre, a pénétré dans l’établissement et commis des dégradations sur le matériel. L’expérience perturbe la vie du lycée de manière manifeste : des élèves sèchent leurs cours pour venir assister aux leçons de Ron Jones (quatre-vingts élèves serrés comme des sardines, au lieu des trente habituels), et une « police secrète » s’organise sur la délation et la peur. Inquiet de l’ampleur et de la tournure que prennent les événements, sentant l’expérience lui échapper, incertain de ses propres motivations pour poursuivre, Ron Jones décide d’en finir. Après une allocution sur la fierté, il annonce que la « troisième vague » n’est pas seulement une mise en situation au sein du lycée, mais bel et bien un projet d’ampleur nationale destiné à modifier en profondeur la vie sociale des États-Unis. Il prétend que d’autres enseignants ont, comme lui, fondé des « troisièmes vagues » partout dans le pays et que, le lendemain, à midi exactement, le leader national du mouvement s’adressera aux jeunesses de la « troisième vague ». Il s’appuie sur la volonté des membres pour organiser en vingt-quatre heures une réunion exemplaire.

Vendredi[modifier | modifier le code]

Ron Jones consacre le début de la matinée à préparer la salle de conférence du lycée. Les élèves commencent à arriver dès 11 h 30. Deux cents étudiants assistent à la réunion. Certains ont apporté des bannières. Des amis de Ron Jones, déguisés en reporters et en journalistes, prennent des notes et photographient les participants. À midi, les portes sont closes et des gardes postés de faction. Ron Jones montre à ses amis l’obéissance aveugle des jeunes présents : il les fait saluer et leur fait réciter la devise du mouvement. À midi cinq, Ron Jones fait éteindre les lumières et allumer des écrans de télévision, annonçant le discours du leader national. Après quelques minutes de silence attentif devant les postes ne montrant que de la « neige », les élèves finissent par s’apercevoir de la supercherie. Coupant court à leur stupeur, Ron Jones procède à un débriefing : il explique comment il les a manipulés et dans quelle mesure ils se sont laissés manipuler. Il leur fait visionner un film montrant des images d’archives du Troisième Reich. Répondant aux questions des élèves, il leur montre à quel point il est facile de verser dans le totalitarisme. Il leur explique aussi combien être dupe de ficelles aussi grossières est honteux, et répond à la question originelle : les Allemands ont nié avoir eu connaissance de l’extermination des Juifs, des Tziganes, des homosexuels, etc., de la même manière que les élèves de Cubberley nieront avoir participé à la réunion. Il clôt l’expérience.

Le journal de l’école, le Cubberley Catamount, consacre à l’expérience une brève extrêmement courte (numéro du [1]) et un article de fond, pourtant assez peu détaillé (numéro du [2]). Ces deux textes constituent les seules sources contemporaines de l’expérience. La « troisième vague » est citée une dernière fois dans un numéro du Cubberley Catamount de décembre 1967[5].

Réactions et suites de l’expérience[modifier | modifier le code]

Le malaise qui prédominait à la fin du dernier cours (un élève interviewé par le Cubberley Catamount admet se sentir « stupide »), ainsi que la peur (Ron Jones décrit la « troisième vague » comme « l’un des événements les plus effrayants que j’aie jamais vécus dans une salle de classe ») a conduit à conserver une grande pudeur sur l’expérience. Le professeur coucha ses souvenirs par écrit en 1972, sous le titre The Third Wave, et les publia au printemps 1976, sous le titre Take As Directed, dans un magazine alternatif, The CoEvolution Quarterly[6].

Des psychologues s’intéressèrent alors à l’expérience menée par Ron Jones, notamment en matière de malléabilité d’esprit chez les adolescents. Ron Jones aurait en particulier été invité dans les classes de Philip Zimbardo, professeur à l’Université Stanford, et initiateur d’une expérience de psychologie dite « de Stanford ».

Néanmoins, l’expérience demeura quasi secrète jusqu’en 1981, date à laquelle elle inspira un téléfilm intitulé The Wave (en français : La Vague), produit par Norman Lear et réalisé par Alexander Grasshoff sur un scénario de Johnny Dawkins[7]. Il reçut un Emmy Award ainsi qu’un prix Peabody.

Sous le pseudonyme de Morton Rhue, le romancier Todd Strasser publia en 1981, sous le titre The Wave ( en français : La Vague[8]), une adaptation romancée de l’expérience, basée non pas sur les notes rédigées par Ron Jones (que Todd Strasser reconnaît n’avoir jamais rencontré[9]), mais bien sur le téléfilm, il s’agit donc d’une adaptation d’adaptation.

Le , sollicité par le gouvernement allemand, Ron Jones donna une conférence sur la « troisième vague » à Nuremberg, dans les quartiers réservés à Hitler lors des congrès du parti nazi. La conférence a été filmée[10].

L’histoire de la « troisième vague » a également été adaptée de nombreuses fois pour les planches, soit comme pièce de théâtre, soit comme comédie musicale.

Le roman de Todd Strasser, La Vague, a enfin inspiré un film allemand réalisé par Dennis Gansel en 2008, La Vague, double lauréat des Prix du film allemand avec le Prix de Bronze dans la catégorie Meilleur film et du Prix d’Or décerné à Frederik Lau (Meilleur Second Rôle pour son interprétation de Tim). Le film a également été nommé au festival du film de Sundance (Grand Prix du Jury). La sortie en France a eu lieu le .

Dans le film documentaire Lesson plan sorti en 2010, plusieurs élèves participants, Ron Jones et le principal du lycée se remémorent l'expérience et expriment leurs réactions après coup. La vidéo est coréalisée par l'un d'eux, Philip Neel, et David Jeffery. Elle est distribuée en France sous le titre L'expérience de la troisième vague[11].

Questions de vérité historique[modifier | modifier le code]

Garantir la vérité des événements qui se sont déroulés au lycée Cubberley entre la fin mars et le début avril 1967 semble aujourd’hui assez délicat.

Une première difficulté vient du fait que l’histoire est restée secrète, ou presque, jusqu’en 1976. La seule preuve qu’un mouvement fascisant appelé « The Third Wave » a bien eu lieu sur l’impulsion de Ron Jones au printemps 1967 se trouve dans les numéros du Cubberley Catamount déjà cités. À l’exception de ces deux articles, toutes les autres sources sont beaucoup plus tardives, y compris le premier article de Ron Jones, « Take As Directed », rédigé en 1972 mais publié seulement en 1976 dans The CoEvolution Quarterly, neuf ans après les faits.

Parmi ces sources, les adaptations télévisuelles et romancées ont un effet perturbateur, que Jones lui-même a dénoncé dans un article paru dans The Whole Earth Review, numéro 79, été 1993[12]. Convié à une avant-première du téléfilm de 1981, il s’exclame : « Ce n’est pas arrivé comme cela ! », avant de préciser : « Il fallait que j’explique à quelqu’un les erreurs historiques du film. » Le grand public n’a connu l’expérience menée par Jones qu’à travers le prisme de l’art, et Jones note, dans l’article de 1993 : « Bien sûr, pour faire vendre le roman, les éditeurs ne manquent jamais d’indiquer « Basé sur une histoire vraie. » Ils se gardent bien d’indiquer qu’ils ne racontent pas la vérité. »

Ron Jones lui-même se sent donc obligé de s’aventurer sur le terrain de la vérité historique. Or, sur ce terrain, de nombreux doutes apparaissent. Par exemple, les dates précises de l’expérience restent floues. D’après le texte de Ron Jones, l’expérience aurait duré du lundi au vendredi (sans précision de dates, mais puisque l’expérience a eu lieu la première semaine d’avril 1967, on peut supposer qu’elle a duré du lundi 3 au vendredi 7 avril). En revanche, l’article publié dans le Cubberley Catamount du donne le mercredi comme date de clôture de l’expérience. Cette information est confirmée par la brève parue dans le Cubberley Catamount du vendredi (la source la plus ancienne sur l’expérience). Néanmoins, aucun de ces deux articles ne précise la durée de l’expérience. Si elle a effectivement duré cinq jours (ouvrés), cela ferait remonter le début de l’expérience au jeudi .

D’autres divergences de détail séparent les articles publiés par le Cubberley Catamount en 1967 et les souvenirs de Ron Jones tels qu’il les a rédigés en 1972. L’article de fond paru dans le journal du lycée le interviewe le « garde du corps » autoproclamé de Ron Jones et le cite sous le nom de Todd Austin, alors que Ron Jones, lui, mentionne un certain « Robert » dans ce même rôle (le prénom « Robert » a d’ailleurs été repris dans le téléfilm de 1981 et dans le roman de Todd Strasser). D’après Ron Jones, « Robert », qui se serait beaucoup investi dans le mouvement, aurait fini le dernier cours en larmes. Son de cloche très différent dans le Cubberley Catamount, où Todd Austin déclare : « J’ai vraiment aimé ça, dans un sens. Je suis venu à la réunion surtout par curiosité. »

D’après Ron Jones, un parent d’élève aurait pénétré dans le lycée dans la nuit du mercredi au jeudi pour dévaster la salle de classe. Le Cubberley Catamount n'évoque pas cet incident. Cependant, ce silence n’est pas lui-même significatif : si l’expérience a commencé dans la dernière semaine de mars (voir plus haut les problèmes de chronologie), l’intrusion a pu avoir lieu pendant le week-end. Il n’est pas impossible, alors, que la classe ait été remise en ordre avant le lundi matin, et que rien de cet incident n’ait filtré.

Ron Jones insiste dans ses souvenirs sur le fait que les parents d’élèves n’aient pas réagi avec vigueur contre son expérience (à l’exception du vétéran de la guerre, mentionné plus haut). Quelques-uns, alarmés par ce que racontaient leurs enfants, auraient effectivement contacté le professeur mais de vagues explications sur le fait qu’il s’agissait d’une simple « mise en situation » auraient suffi à les rassurer. L’article paru le dans le Cubberley Catamount écrit pour sa part : « Un groupe de 500 parents d’élèves auraient soutenu un boycott pour que Jones soit renvoyé […]. » Il convient de souligner cependant que cette information est donnée au conditionnel, et que le chiffre avancé paraît lui-même exagéré (d’après Ron Jones, deux cents élèves assistèrent au cours final). De même, Ron Jones souligne, dans ses souvenirs, l’absence de révolte de la part des élèves, alors que l’article du mentionne des résistances et des complots actifs.

Ron Jones ne semble pas désireux de clarifier la situation. Un texte de Leslie Weinfield intitulé « Souvenirs de la troisième vague » est par exemple publié sur le site de Jones[13] (on peut donc croire que l’enseignant en endosse le contenu). Ce texte reprend la chronologie de Jones (du lundi au vendredi). Par ailleurs, il donne une ampleur tout à fait différente à l’expérience, supposant en particulier une implication des supérieurs de Jones : « Les réunions de la troisième vague, ainsi que les instructions sur les activités du jour étaient annoncées via le système de sonorisation du lycée », écrit Leslie Weinfield. À en croire l’auteur, la vie du lycée a entièrement tourné autour de l’expérience, au moins lors des trois derniers jours, alors que les souvenirs de Jones, eux, semblent plutôt évoquer une expérience restreinte à une seule classe, qui tend à faire tache d’huile.

Leslie Weinfield cite un ancien élève de Jones, Steve Coniglio (également mentionné par Jones dans le texte de 1972). D’après cet élève, des « coups d’État » visant à kidnapper Jones et à mettre un terme à l’expérience auraient été tentés, mais « ils ne réussissaient pas [parce que] sur trois conspirateurs, l’un ou l’autre allait toujours dénoncer ses camarades ». L’article du 21 avril, lui, mentionne également un « coup d’État » au cours duquel Jones aurait effectivement été kidnappé par des élèves de terminale le mercredi au matin, mais finalement relâché puisqu’il leur avait fait part de son intention de mettre un terme à l’expérience le jour même. Quant à Ron Jones, il ne relate rien de tel dans ses souvenirs de 1972.

Autre point incertain : les élèves étaient-ils conscients et avertis qu’ils participaient à une « mise en situation » ? Ou bien Ron Jones a-t-il lancé l’expérience sans explicitement signaler qu’il s’agissait d’un exercice « extrême » ? Les articles du Cubberley Catamount ainsi que les souvenirs de Jones négligent de préciser ce point ; mais Leslie Weinfield écrit que « la « troisième vague » commença […] comme un jeu sans référence directe à l’Allemagne nazie ».

Le contenu de la réunion conclusive de l’expérience reste aussi en débat. À en croire Ron Jones, il aurait réagi à la déception des élèves par un cours circonstancié, appuyé sur un film, et permettant une véritable réflexion sur l’expérience vécue. Les deux articles parus dans le Cubberley Catamount en avril 1967 ne mentionnent rien de tel : ils semblent suggérer que Ron Jones a simplement allumé les téléviseurs et quitté la salle, laissant les membres de la « troisième vague » tirer eux-mêmes les leçons de l’expérience.

Valeur de l’expérience[modifier | modifier le code]

Aussi réunir des informations fiables sur le déroulement réel des événements semble-t-il aujourd’hui très difficile : si Ron Jones dénonce la « dramatisation » opérée par les producteurs du téléfilm dans leur adaptation de 1981, ses propres souvenirs paraissent incertains, ou inexacts. Sans l’accuser de déformation volontaire, force est de reconnaître que les nombreuses divergences entre les sources rendent hasardeux tout examen impartial de l’expérience.

Dans ces conditions, toute « déduction » à partir de la « troisième vague », en matière de psychologie, d’histoire ou de pédagogie, paraît audacieuse. Il semble plus sage à l’heure actuelle de prendre la « troisième vague » pour ce qu’elle est en effet depuis 1981 : une fiction artistique éclairante.

D’un point de vue sociologique, le fait que le public semble prêt à accorder crédit à la « troisième vague » telle qu’elle est relatée dans les adaptations artistiques pourrait en lui-même provoquer un questionnement et constituer un objet d’étude.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma :

Au théâtre :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b The Catamount vol. 11 (no) 13
  2. a et b [http://www.cubberleycatamount.com/Content/66-67/Catamount%20Pages/V11No14/
  3. http://www.cubberleycatamount.com/Content/67-68/Catamount%20Pages/V12No7/ The Catamount] vol. 11 (no) 14
  4. Third Wave
  5. Voir note 3 ci-dessus.
  6. no 9, p. 152
  7. Ce téléfilm est téléchargeable sur le site thewave.tk
  8. trad. Aude Carlier, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2008
  9. The Wave sur toddstrasser.com
  10. Biographie de Ron Jones
  11. Site promotionnel du film documentaire Lesson plan (L'expérience de la troisième vague) consulté le 12 mai 2012
  12. Based on a true story - high school teacher's attempted lesson on fascism gone awry
  13. The Wave sur ronjoneswriter.com
  14. ladépêche.fr, « L'opéra-rock "La Vague" de Gilles Ramade revient à Pibrac », sur ladepeche.fr,‎ 23 octobre 2013 (consulté le 13 mars 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Tous les liens ci-dessous sont en anglais, à l'exception de la bande-annonce du film Die Welle (en allemand).