La Tourette-Cabardès

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La Tourette-Cabardès
La Tourette-Cabardès
Vue générale
Blason de La Tourette-Cabardès
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Aude
Arrondissement Carcassonne
Canton Canton de la Vallée de l'Orbiel
Intercommunalité Communauté de communes de la Montagne noire
Maire
Mandat
Jean-Claude Pech
2014-2020
Code postal 11380
Code commune 11391
Démographie
Gentilé Tourettois
Population
municipale
21 hab. (2016 en stagnation par rapport à 2011)
Densité 4,2 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 22′ 53″ nord, 2° 20′ 09″ est
Altitude Min. 355 m
Max. 803 m
Superficie 5,03 km2
Localisation

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La Tourette-Cabardès

La Tourette-Cabardès est une commune française, située dans le département de l'Aude en région Occitanie.

Ses habitants sont appelés les Tourettois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune de l'aire urbaine de Carcassonne, située dans le Haut Cabardès sur le flanc sud de la montagne Noire, à 27 km au nord de Carcassonne, elle est traversée par le méridien de Paris et la Méridienne verte.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

La Tourette-Cabardès est limitrophe de trois autres communes.

Carte de la commune de La Tourette-Cabardès et de ses proches communes.
Communes limitrophes de La Tourette-Cabardès[1]
Les Martys
Caudebronde La Tourette-Cabardès
Miraval-Cabardes

Relief[modifier | modifier le code]

A une altitude moyenne de 450 m, le village est situé sur une protubérance d’un versant de la vallée creusée par le Ruisseau de la Tourette, affluent de l'Orbiel. Cette particularité lui vaut la qualification de « village perché »

Le territoire communal est pour l’essentiel constitué de versants de vallée en forte pente. Cependant, le relief s’adoucit quelque peu au sud en formant un petit plateau vallonné d’où l’on peut observer la ville de Carcassonne et dans le lointain la chaîne pyrénéenne, ainsi qu’à l’ouest où se trouve un autre plateau en bordure de la commune de Caudebronde.

Géologie et pédologie[modifier | modifier le code]

Affleurements de schistes

Le territoire se situe dans une zone de schistes métamorphiques qui affleurent à de nombreux endroits. Ces schistes présents dans toute cette zone de la Montagne Noire ont été exploités jusqu’au début du XXe siècle dans des ardoisières pour la production d’ardoises de couverture de toits et de façades.

Du point de vue pédologique, on a affaire à des sols limono-sableux, légers, pauvres, acides, en général peu profonds sauf sur les bas de versants.

Climat[modifier | modifier le code]

La commune bénéficie d’un climat tempéré au confluent d’influences océaniques et méditerranéennes. Les températures dépassent rarement 30 °C en été et demeurent le plus souvent positives en hiver. La pluviométrie est assez abondante, de l'ordre de 900 mm. Les vents dominants sont : le cers, vent de secteur nord-ouest, généralement froid et sec, notamment en hiver où il peut engendrer des perturbations ; le marin, vent de secteur sud venant de la Méditerranée, doux et humide, qui apporte parfois du brouillard et des précipitations.

Végétation[modifier | modifier le code]

Bois entourant le village
Châtaignes

Le territoire dans sa majeure partie est couvert par une végétation correspondant à l’étage supra-méditerranéen caractérisé par la prédominance du chêne pubescent. Mais cette essence a été partiellement remplacé par le châtaignier dans le courant du XVIIIe siècle notamment sur les versants ombragés les plus humides. De ce fait, bien qu’implanté artificiellement, le châtaignier est devenu l’arbre emblématique du village et plus largement du Cabardès. Sur les hauteurs à partir de 700 m d’altitude, l’étage supra-méditerranéen fait transition avec l’étage montagnard caractérisé par le hêtre et par des conifères d’implantation récente. Dans certaines zones basses, plus sèches, on rencontre une végétation que l’on peut rattacher à l’étage méso-méditerranéen caractérisé par le chêne vert. Sur une surface limitée, on peut donc observer, selon l'altitude et l'exposition, trois étages de végétation ainsi que des espaces de transition entre ces différents étages, ce qui fait du territoire communal une zone particulièrement intéressante du point de vue écologique

Toponymie[modifier | modifier le code]

Extrait d'une carte Cassini avec le village et ses dépendances (vers 1800)

Le nom du village a évolué au cours des siècles :

  • Turetta (XIIIe siècle)
  • La Toreta (XIVe siècle)
  • Latourette (1793)
  • La Tourrette (début XIXe siècle) selon la carte Cassini
  • La Tourette-Cabardès (1933).

Les dénominations successives sont reprises dans le paragraphe suivant résumant l'histoire du village.

Turetta, connue dès le XIIIe siècle, signifie petite tour. Ceci laisse supposer que le nom du village provient d'une des tours de l'ancien château-fort sur lequel a été construite l'église du village ; il s'agit peut-être de la tour semi-circulaire qui contient le chœur actuel de l'église. L'ajout de Cabardès est beaucoup plus récent ; il souligne l'appartenance de la commune au pays du Cabardès dont le nom est issu du château de Cabaret où résidait le seigneur de la région au XIIIe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune a connu un passé tourmenté[2].

Lors de la période cathare, de par sa situation proche du château de Cabaret, le village de La Tourette appelé alors Turetta est un centre actif de l’hérésie. Il constitue un refuge pour de nombreux croyants et parfaits dont plusieurs sont victimes de l’Inquisition au moment de la croisade contre les Albigeois au début du XIIIe siècle. Le cas le plus connu est celui des parfaites Raymonde et Marceline, parentes de Raymond et Bertrand de Miraval. Avec l'aide de ces derniers, elles réussissent à quitter le château de Cabaret avant sa reddition en 1229 et se réfugient à Turetta.

Au XIVe siècle le fief de La Toreta (nouvelle dénomination) appartient au roi de France qui le cède en 1402 au chapitre Saint-Nazaire de Carcassonne. Le chapitre demeure seigneur de la Toreta jusqu’à la Révolution de 1789.

Au cours de cette période (XVe au XVIIIe siècle), les conditions de vie demeurent précaires pour la majorité de la population composée de petits paysans et d'artisans. Les paysans cultivent des céréales (avoine et seigle), élèvent quelques moutons et exploitent les forêts environnantes. Les artisans travaillent principalement le bois (scieurs, tonneliers, savetiers...) ou la laine (tisserands, tailleurs, fileuses...). La confection de draps constitue une spécialité de la région et plus particulièrement du village.

Église Saint-Pierre-de-Vals

La vie religieuse se concentre à Saint-Pierre-de-Vals, église paroissiale des deux communautés de La Tourette et de Miraval-Cabardès, située à équidistance de ces deux villages.

Au XVe siècle l'histoire du lieu est marqué par les nombreux conflits opposant les villageois qui font état de droits d’usage sur les forêts et le Chapitre qui veut les exploiter à son seul bénéfice.

Au XVIe siècle le village est secoué comme toute la Montagne Noire par les guerres de religion. Il connait même un épisode tragique : en 1591 l’armée de la Ligue commandée par le duc de Joyeuse prend le lieu et exerce des exactions sanglantes sur la population y compris les enfants.

Au XVIIe siècle et XVIIIe siècle plusieurs épidémies de peste ravagent la région et déciment, notamment en 1628 et 1650, une partie de la population. On note aussi entre 1644 et 1686 des conflits opposant les communautés de La Tourette et de Miraval aux vicaires représentant les chanoines, "bénéficiers" de Saint-Pierre-de-Vals, qui n'exercent pas convenablement leurs obligations (exercice du culte, entretien de l'église, aumônes) malgré les redevances qu'ils prélèvent. En 1689, cette église est pour ces raisons interdite de culte et la vie religieuse est transférée à l'église Sainte-Anne au cœur du village.

Le XIXe siècle est moins tourmenté, avec des conditions de vie qui s’améliorent sensiblement mais qui demeurent difficiles. Après la Révolution, avec la création des communes, le village prend le nom de Latourette en 1793.

Au XXe siècle, La Tourette-Cabardès (dénomination adoptée en 1933 et toujours en vigueur) connait, comme beaucoup de communes rurales, un exode continu compte tenu de ses faibles ressources et de potentialités agricoles limitées. Le développement de la mine d'or de Salsigne au cours de la première moitié du siècle, et les petites industries lainières de la vallée de l’Orbiel, pourvoyeuses d’emploi, mais actuellement disparues, n’ont pu qu’un temps freiner cet exode rural.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Tourette-Cabardès (La) Blason Écartelé d'azur et d'argent.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants au recensement de 2011 étant compris entre 0 et 99, le nombre de membres du conseil municipal pour l'élection de 2014 est de sept[3],[4].

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Commune faisant partie de la communauté de communes de la Montagne Noire et du canton de la Vallée de l'Orbiel (avant le redécoupage départemental de 2014, La Tourette-Cabardès faisait partie de l'ex-canton de Villemoustaussou).

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Edouard Barthas    
  1984 René Sénille    
janvier 1985 2001 André Imbert    
mars 2001 en cours Jean-Claude Pech[5] SE  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[7]. En 2016, la commune comptait 21 habitants[Note 1], en stagnation par rapport à 2011 (Aude : +2,24 %, France hors Mayotte : +2,44 %).
Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
224233248199222228222240220
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
223191184113174171164158143
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
132125118928671607042
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
353626192532252423
2013 2016 - - - - - - -
2021-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Socio-économie[modifier | modifier le code]

Avec le déclin progressif à partir des années 1970 et finalement la fermeture de la mine d'or de Salsigne et de l’industrie lainière de la vallée de l’Orbiel, le village a connu comme les autres villages de la région des difficultés économiques croissantes au cours des dernières décennies.

De plus, les faibles potentialités agricoles du territoire (exiguïté des structures foncières, pauvreté des sols, fortes pentes...) n’ont pas permis aux quelques exploitations agricoles existantes pratiquant des systèmes de polyculture-élevage traditionnels de se moderniser et de se maintenir. Une seule exploitation, pratiquant un élevage bovin viande de type extensif, subsiste à ce jour (2016). La castanéiculture a quasiment disparu. Les châtaigneraies ne sont plus entretenues et ne fournissent plus aujourd'hui qu'une modeste production destinée à la consommation familiale. Il en est de même de l'exploitation forestière du châtaignier utilisé jusque dans les années 1960 pour le palissage de la vigne, le matériel de vendanges et la tonnellerie. Cette exploitation procurait des revenus complémentaires à beaucoup de familles. Le village était en effet connu pour la qualité de sa production artisanale de piquets de vignes, de "douelles" (produites dans une scierie située à Saint-Pierre-de-Vals) utilisées pour la fabrication de tonneaux et de "comportes", et de "pals"[Note 2] servant au transport des comportes remplies de raisins lors des vendanges. La modernisation de la viticulture languedocienne avec la transformation de ses modes de production a porté un coup fatal à cette filière forestière.

Une petite activité touristique a pu prendre le relais, mais demeure insuffisante pour compenser la désindustrialisation du territoire et le déclin de l’agriculture. Aujourd’hui deux gîtes ruraux ont été créés sur la commune et permettent d’accueillir quelques touristes durant la période estivale. En outre, l’occupation de résidences secondaires par des résidents étrangers contribue au relatif regain d’activité constaté durant cette période.

Compte tenu de sa taille, le village ne compte aujourd’hui ni commerce permanent, ni école, ni service de santé. Mais on les trouve à proximité au Mas-Cabardès, distant de 4 km, et à Cuxac-Cabardès, distant de 8 km.

Une telle situation explique que le village soit aujourd’hui habité, d’une part par une population de retraités d’origine locale, d’autre part par des « néo-tourettois » en provenance d’autres territoires ou pays qui, séduits par le charme et la tranquillité du lieu, ont décidé de s’y installer en pratiquant des activités diversifiées (touristiques, d’artisanat, de service...)

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Sainte-Anne
Croix de la place de La Tourette

Elle a été construite au XVIIe siècle, vraisemblablement en utilisant deux tours et la chapelle de l’ancien château. Le clocher est constitué d’une tour carrée coiffée d’une partie octogonale avec un toit de lauzes. Il est éclairé par deux rangées superposées de fenêtres à colonnette. Il enjambe une rue par un porche qui était peut-être l’entrée du château. Notons aussi qu’il abrite une cloche datée de 1594. Le clocher est inscrit aux monuments historiques depuis 1948 et l'église dans sa totalité depuis 2013[10]. Une deuxième tour demi-circulaire portant mâchicoulis contient le chœur de l’église. L’intérieur de l’église contient plusieurs œuvres remarquables : un petit retable en bois polychrome du XVIIe siècle situé dans la chapelle Saint-Joseph, un tableau dédié à sainte Anne au fond de l’église vraisemblablement aussi du XVIIe siècle, une inscription gravée sur un chapiteau portant le nom de trois consuls datée du 17 mai 1646, un lustre à pendeloques non daté. Dans la sacristie, se trouvait le joyau de l’église, une magnifique croix de procession en argent datée de 1693. Mais elle a été déplacée pour raison de sécurité.

Cette croix en fer forgé datant du XVIe siècle est inscrite aux monuments historiques. Elle est située sur la place principale du village.

Située à 2 km du village, cette église est de construction très ancienne puisqu'elle est déjà mentionnée dans des documents au XIIIe siècle[11]. Elle est aujourd'hui en ruine. Mais ses vestiges sont encore assez importants, notamment un clocher-porche quadrangulaire et une succession de chapelles couvertes en berceau brisé. Saint-Pierre-de-Vals a été l'église paroissiale commune pour La Tourette, Miraval-Cabardès et Les Martys jusqu'au XVIIe siècle.

Vie locale[modifier | modifier le code]

Carte des randonnées autour du village
Signalisation Village perché

L'animation se concentre dans la période estivale :

- Courant juillet, le rallye automobile de la Montagne Noire comptant pour la coupe de France des rallyes première division attire un large public sur la boucle de La Tourette. Il y eut même une épreuve du championnat de France des rallyes en 2003

- Courant août, la municipalité organise un concert de musique classique ou de musique du monde dans l'église Sainte-Anne ou sur la place du village.

Par ailleurs, le village qui se trouve au carrefour de plusieurs sentiers de randonnée pédestre accueille de nombreux randonneurs. Il fait partie du circuit des "Villages perchés en Montagne Noire".

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Ernest Gengenbach, écrivain, y a vécu de 1951 à 1968.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.
  2. Selon le dictionnaire du vigneron :
    • Une comporte est un récipient constitué d’un assemblage de douelles de bois cerclé de fer et muni de poignées appelées "cornaillières". Une comporte peut contenir 80 kg de raisin environ.
    • Une douelle est une planche de bois constituant l’unité de base des comportes ou des tonneaux.
    • Un pal (ou semailler) est un barre de bois arrondie, d’une longueur de 2 m environ, d’un diamètre plus important en son milieu qu’à ses extrémités. Une paire de pals permet à 2 hommes de porter une comporte avec un minimum d’effort.

Références[modifier | modifier le code]