La Solitude (album)

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La Solitude

Album de Léo Ferré
Sortie décembre 1971
Enregistré septembre, octobre, décembre 1971
Durée 39:43 min
Genre Chanson française, rock
Format 33 tours 30 cm
Label Barclay

Albums de Léo Ferré

Singles

  1. La Solitude
    Sortie : 1971

La Solitude est un album de Léo Ferré, paru en 1971. Il y est accompagné par le groupe de rock progressif Zoo.

Historique[modifier | modifier le code]

Dès janvier 1969, dans l'interview du journaliste François-René Christiani rassemblant pour le magazine Rock & Folk Léo Ferré, Georges Brassens et Jacques Brel, Ferré manifeste un intérêt plus marqué que ses « collègues » pour le rock anglo-saxon. Il voit dans la « musique pop » un moyen de dépoussiérer les vieilles habitudes du paysage musical français (ainsi que ses propres habitudes). Il aime écouter durant ses trajets en voiture les Beatles, les Moody Blues, King Crimson, Pink Floyd...

Après avoir essayé de se rapprocher des Moody Blues, dont il s'est inspiré pour créer C'est extra (qui élargit considérablement son audience auprès de la jeunesse)[réf. souhaitée], après avoir enregistré cette même année 1969 à New York une version de son poème insurrectionnel « Le Chien » avec des musiciens de jazz-rock (John McLaughlin et Billy Cobham, respectivement guitariste et batteur du Mahavishnu Orchestra, et Miroslav Vitouš, bassiste de Weather Report)[1], Léo Ferré fait la connaissance du jeune groupe de rock français Zoo à la faveur des sessions d'Amour Anarchie en 1970. Il enregistre avec eux La « The Nana » et réenregistre Le Chien.

Le 4 juin 1971, Ferré donne un concert de soutien au journal Politique hebdo avec les Zoo et son pianiste habituel Paul Castanier, aux Halles de Paris, dans le Pavillon Baltard alors promis à une démolition prochaine (une photo prise par Patrick Ullmann lors de ce concert ornera le verso de la pochette du disque à venir)[2].

Ferré se voit alors sans doute proposer par sa maison de disque de collaborer de manière plus poussée avec le groupe (qu'elle a par ailleurs signé et qu'elle souhaite mettre en avant)[réf. nécessaire]. Il accepte, bien qu'il reste d'une sensibilité avant tout « musique classique »[3]. Il entre en studio avec les Zoo en octobre 1971. Le groupe est présent sur sept des neuf titres de l'album.

Quatre titres (« La Solitude », « Ton Style », « Les Pop », « Tu ne dis jamais rien ») sont adaptés en italien par Enrico Médail et chantés en 1972 par Ferré dans l'album La Solitudine.

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

La Solitude[modifier | modifier le code]

Le morceau est construit autour d'un texte en prose dit par Ferré sur une tenue d'orgue électrique et entrecoupé à quatre reprises par le même thème musical joué à la flûte traversière (puis aux cordes), sur lequel Léo Ferré se contente de répéter « la solitude... ». La chanson se termine par un solo de guitare électrique sur le thème joué ad libitum aux cordes, à l'orgue et aux cuivres. Ce morceau est un exemple de fusion réussie entre la musique pop et une approche symphonique.

Ton style[modifier | modifier le code]

Le Conditionnel de variétés[modifier | modifier le code]

Cette chanson est créée sur scène par Léo Ferré en 1971. Le texte, très militant en apparence, dénonce « à chaud » l'interdiction du journal maoiste La Cause du peuple en mai 1970, accompagnée de l'arrestation de ses directeurs Michel Le Bris et Jean-Pierre Le Dantec. Ceux-ci étant par ailleurs dirigeants de la Gauche prolétarienne (organisation d'obédience maoïste elle aussi interdite dans la foulée par le répressif ministre de l'intérieur Raymond Marcellin, surnommé « Raymond-la-matraque » dans les années suivant Mai 68)[4]. Ferré, viscéralement anti-autoritaire et ardent défenseur de la liberté d'expression, s'engage dans la défense d'un journal avec lequel il n'a aucun point commun politiquement. Le titre de la chanson a été suggéré à Ferré par son ami l'écrivain Jean-Pierre Chabrol[5].

Réception et postérité[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Tous les textes et musiques sont de Léo Ferré.

Face A
No Titre Durée
1. La Solitude 5:21
2. Les Albatros 3:09
3. Ton style 3:37
4. Faites l'amour 4:11
5. À mon enterrement 3:19
Face B
No Titre Durée
6. Les Pop 5:07
7. Tu ne dis jamais rien 5:56
8. Dans les « Night » 4:12
9. Le Conditionnel de variétés 4:57

Musiciens[modifier | modifier le code]

  • Zoo (pistes 1, 2, 4-6, 8, 9) :
    • André Hervé : orgue électrique, piano, guitare électrique
    • Michel Ripoche : trombone, saxophone ténor, violon électrique
    • Daniel Carlet : saxophones alto, baryton, soprano, flûte, violon électrique
    • Michel Hervé : basse électrique
    • Christian Devaux : batterie
  • Les musiciens de la formation symphonique assemblée par Léo Ferré n'ont pas été identifiés à ce jour.

Production[modifier | modifier le code]

  • Arrangements : Léo Ferré (pistes 3 et 7), Léo Ferré & Zoo (piste 1), Zoo (pistes 2, 4-6, 8, 9)
  • Direction d'orchestre : Léo Ferré (pistes 1, 3 et 7)
  • Prise de son : Claude Achallé, assisté de Philippe Omnes
  • Coordination musicale : Pierre Chaillé
  • Production exécutive : Richard Marsan
  • Crédits visuels : Geneviève Vanhaecke (recto pochette), Patrick Ullmann (verso pochette)
  • Textes pochette originale : Françoise Travelet et Léo Ferré, Richard Marsan

Références[modifier | modifier le code]

  1. Initialement ce devait être avec Jimi Hendrix. Ferré n'utilise finalement pas la version McLaughlin, restée inédite à ce jour.
  2. Voir reproductions de la pochette originale sur le site officiel de Léo Ferré.
  3. Alaric Perrolier, biographie de Léo Ferré, site leo-ferre.com.
  4. Voir le site http://www.stevenlepriol.fr/raymond.html. Voir aussi le livre de David Dufresne, Maintien de l'ordre.
  5. Dominique Lacout, Léo Ferré, Éditions Sévigny, 1991, page 52.
  6. Philippe Manœuvre, Philippe Manœuvre présente : Rock français, de Johnny à BB Brunes, 123 albums essentiels, Hoëbeke, 2010 (ISBN 9782-84230-353-2).