La Renaissance du livre

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La Renaissance du livre est à l'origine une maison d’édition française fondée à Paris en novembre 1908 et qui publia un nombre important d'ouvrages illustrés à des prix abordables, ainsi que des essais en sciences humaines, accueillant entre autres Henri Berr.

Constituée en société anonyme en avril 1922, elle fonde une filiale à capitaux mixtes en Belgique sous le même nom et qui prend son indépendance peu avant la Seconde Guerre mondiale. Entrée en sommeil, elle redémarre en 1997 puis est reprise par Luc Pire.

Histoire de la maison d'édition[modifier | modifier le code]

La maison française[modifier | modifier le code]

Marque de l'éditeur (1910).

La Renaissance du livre est fondée en novembre 1908 à Paris par « Jean Gillequin[1] & Cie, éditeurs  » et a pour ambition de publier en cent volumes « tous les chefs-d'œuvre de la littérature française »[2]. Le siège est au 2, place Saint-Michel. Guillequin, qui a édité entre autres des recueils de chansons populaires, a négocié un contrat de coédition avec l'éditeur anglais J. M. Dent & Sons (Londres).

Le 15 novembre 1909, La Renaissance du livre lance la collection In Extenso. L'année suivante, en janvier, les grandes inondations de Paris mettent à mal son stock, la maison déménage au 78 boulevard Saint-Michel.

En 1912, Jean Gillequin revend ses parts et la maison devient « Les Éditions de La Renaissance du Livre. Éd[ouard] Mignot, Éditeur ». En mars 1913, elle reprend le fonds de librairie générale (romans et livres divers à 3.50 francs) de la « Société d'édition et de publications, ancienne Librairie Félix Juven », ce qui explique la présence dans In Extenso d'auteurs qui sont d'anciens collaborateurs du groupe de presse de Juven, tel Gaston de Pawlowski. En mai-juin 1914, Édouard Mignot et Jules Tallandier s'associent en coédition pour lancer l'encyclopédie « L'Évolution de l'humanité » d'Henri Berr, mais il semble que l'entrée en guerre ait perturbé ce projet[3].

Durant la Première Guerre mondiale, un certain Louis Theuveny, ancien éditeur, entre dans le capital et la maison connaît une période de pleine production. En 1916, débute la collection Les Romans-Cinéma (cf. ci-dessous), puis l'année suivante, la collection « Bibliothèque internationale de critique ». En mars 1918, Theuveny lance une revue professionnelle, La Renaissance du livre, organe de bibliographie et de bibliophilie, puis en octobre, une collection dédiée aux poètes, avec tirage numéroté, et en décembre « Les Classiques de l'Odéon », une collection regroupant des pièces de théâtre choisies par Paul Gavault, dramaturge et directeur du théâtre parisien de l'Odéon. En janvier 1919, Henri Berr y publie sa revue Bibliothèque de synthèse historique et plus tard y dirige sous le même nom la collection d'essais dans laquelle est publiée l'encyclopédie « L'Évolution de l'humanité ». En avril, la maison lance une grande enquête auprès de ses confrères, en leur posant la question « quelle sera la littérature de demain ? » puis en publie les réponses dans un climat économique défavorable au livre.

En octobre 1920, Marcel Prévost est nommé directeur littéraire, qui lance un an plus tard la Revue de France avec Joseph Bédier. C'est aussi l'année de la consécration puisque le prix Femina est attribué à Cantegril de Raymond Escholier : ce dernier attaque en justice l'année suivante Theuveny pour droits d'auteurs escamotés mais il est débouté.

En avril 1922, La Renaissance du livre se constitue en société anonyme au capital de 500 000 francs avec Louis Theuveny à la direction générale lequel nomme Pierre Mac Orlan comme conseiller artistique. Le même mois, une société franco-belge au capital de 250 000 francs est créée à Bruxelles au 114 boulevard Adolphe-Max, dans laquelle on trouve M. Wilmotte, Henri Desoer et Louis Theuveny aux postes de direction.

La société belge[modifier | modifier le code]

La Renaissance du livre (Bruxelles-Paris) n'est pas une filiale directe de la maison française : elle possède une réelle autonomie éditoriale et financière, surtout que Louis Theuveny finit par quitter en 1926 la maison française, laquelle connaît de graves difficultés dans les années 1930 et finit par revendre son fonds à Albin Michel et Hachette.

La maison belge se spécialise dans le livre d’art et les ouvrages touristiques (beaux livres et guides). Les livres de son catalogue portent pour partie sur la Belgique, mais beaucoup concernent des destinations lointaines considérées comme les fleurons du tourisme mondial.

En 1987, le fonds concernant les beaux livres est racheté par De Boeck.

La Renaissance du livre a longtemps sommeillé avec son catalogue d’une quinzaine de titres avant de « renaître » en 1997 lorsqu'elle est reprise sous la conduite de Michel de Paepe qui a fait l'acquisition de la maison et ensuite transplanté à Tournai. L'éditeur reprend des collections autrefois produites par Casterman, La Manufacture et Parole d'aube (littérature). Elle présente cinq ans plus tard un répertoire de cinq cents titres dans les domaines de la littérature et de l’art, mais aussi du voyage, du patrimoine, de l’art de vivre, des guides, des agendas et de la jeunesse, un secteur développé plus récemment.

En faillite, La Renaissance du livre a été racheté par le Groupe Luc Pire en 2006.

Quelques collections[modifier | modifier le code]

La Renaissance du livre lança de nombreuses collections à partir de 1909 et jusque dans les années 1930.

Article détaillé : In Extenso (collection).

Les Romans-Cinémas[modifier | modifier le code]

La collection « Les Romans-Cinémas », d'un concept très original, se présente sous la forme de fascicules hebdomadaires paraissant le jeudi et comprenant des romans découpés en feuilletons et illustrés de photographies tirés de films américains, inaugurant un genre appelé par la critique « ciné-roman »[4] (à ne pas confondre avec le roman-photo). La plupart des adaptateurs sont des scénaristes. La collection semble s'arrêter en 1922, alors que la plupart des éditeurs se sont lancés dans ce filon populaire.

Romans-Cinémas : Les Mystères de New-York (1916)[modifier | modifier le code]

Adaptés par Pierre Decourcelle en 22 épisodes d'après le roman de Arthur B. Reeve, et les trois films tournés par Louis Gasnier aux États-Unis intitulés The Exploits of Elaine (1914), The New Exploits of Elaine et The Romance of Elaine. Une prépublication eut lieu dans Le Matin  :

  1. La main qui étreint ;
  2. le sommeil sans souvenir ;
  3. La prison de fer ;
  4. Le portrait qui tue ;
  5. La chambre turquoise ;
  6. Sang pour sang ;
  7. La seconde femme de Taylor Dodge ;
  8. La voix mystérieuse ;
  9. Les rayons rouges ;
  10. Le baiser mortel ;
  11. Le bracelet de platine ;
  12. La ville chinoise ;
  13. L'homme au mouchoir rouge ;
  14. La maison hantée ;
  15. Le secret de la bague ;
  16. Les pirates de l'air ;
  17. Les deux Elaine ;
  18. Les roses rouges ;
  19. La goëlette la Panthère ;
  20. L'invention de Justin Clarel ;
  21. La malle verte ;
  22. Le sous-marin X-33.

Romans-Cinémas : Les Exploits d'Elaine[modifier | modifier le code]

Roman de Marc Mario en 10 épisodes :

  1. (1re partie) Par le vertige ;
  2. (2e partie) Par le feu ;
  3. La déesse du Far-West ;
  4. Le trésor du pirate ;
  5. Le virage mortel ;
  6. Le fil aérien ;
  7. L'aile brisée ;
  8. La plongée tragique ;
  9. Le reptile sous les fleurs ;
  10. Le cercueil flottant.

Auteurs publiés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité sur data.bnf.fr.
  2. Toutes ces précisions sont données par l'historien du livre Pascal Fouché sur son site Chronologie de l'édition française depuis 1900, via un moteur de recherche.
  3. Cf. note 167 dans Henri Berr et la culture du XXe siècle : histoire, science et philosophie, collectif des Actes du colloque international 24-26 octobre 1994, Paris, Albin Michel/Centre international de synthèse, 1997.
  4. De l'écrit à l'ecran: littératures populaires : mutations génériques dirigé par Jacques Migozzi, Presses universitaires de Limoges, 2000, cf. l'article d'Étienne Garcin, p. 137-142.