La Redoute (entreprise)

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La Redoute
logo de La Redoute
Création 1837
Forme juridique SA
Slogan On a tous une raison d'aimer La Redoute
Siège social Drapeau de France Roubaix (France)
Direction Nathalie Balla[1]
Actionnaires Nathalie Balla ; Eric Courteille
Activité Commerce électronique
Produits Mode et décoration
Filiales Relais Colis
Effectif en 2013 : 2612
SIREN 477180186
Site web www.laredoute.fr
Fonds propres 5 100 800 € (négatifs fin 2013)
Dette 101 123 500 € (fin 2013)
Chiffre d’affaires 846 033 300 € en 2013
- 17.50 % par rapport à 2012
Résultat net 88 813 800 € (perte 2013)

La Redoute est une enseigne française de vente à distance créée en 1836 par Joseph Pollet en tant qu’entreprise de filature.

Multi-spécialiste en prêt-à-porter et décoration maison, La Redoute est le deuxième vendeur d’habillement féminin et le troisième vendeur de linge de maison en France. Son site internet consacré au commerce électronique, laredoute.fr, est classé au top 15 de e-marchands en dixième place[2]

Cédée à ses dirigeants, Nathalie Balla et Eric Courteille, pour un euro symbolique, en juin 2014, La Redoute était depuis 1994 une filiale du Groupe Redcats (anciennement Groupe La Redoute), lui-même partie du Groupe Kering (anciennement Pinault-Printemps-Redoute ou PPR).

Le groupe Kering a mis prés d'un demi milliard pour financer cette opération 315 M€ pour la transformation et 180 M€ pour le volet social[3] notamment un plan de départ de 1220 personnes sur 3400. En 2015 la perte se limite à 40 millions d'euros sur un chiffre d'affaires de 750 millions et le retour à l'équilibre est attendu en 2017[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

La Redoute voit le jour en 1837, lorsque Joseph Pollet, issu d'une famille rurale s'installe dans la capitale lainière, Roubaix. Il y ouvre la première filature de laine peignée et invente de nouveaux procédés. Son fils, Charles, reprend le flambeau, monte une filature en 1873 et construit une usine sur un terrain rue de Blanchemaille et rue de La Redoute[note 1],[5],[6],[7],[8]. Il choisit pour désigner l'entreprise, « Filatures de La Redoute », en référence à la rue de Roubaix où se situe l'enseigne.

Aux lendemains de la Première Guerre mondiale, face aux annulations des marchés et pour faire face à la crise du textile, la famille Pollet trouve un moyen pour écouler ses stocks : faire paraître une petite annonce sous forme publicitaire, dans le quotidien Le Journal de Roubaix du . Intitulée « Pour tricoter », elle propose des laines filées en solde, des écheveaux et des pelotes. Un nouveau métier, la vente par correspondance, est né.

En octobre 2013, Kering annonce chercher un repreneur pour La Redoute. Le groupe Kering prévoit de vendre La Redoute au 2nd semestre de 2013[9]. Le , le groupe Kering décide de céder La Redoute à ses dirigeants, Nathalie Balla et Eric Courteille pour un euro symbolique [10],[11]. Le 9 janvier 2014 les futurs repreneurs annoncent qu'ils prévoient la suppression de 1 178 postes sur 3437 sur quatre ans[12], alors que les ventes baissent de 10 % par an depuis 2010, et que La Redoute perd plusieurs dizaines de millions d'euros par an [13].

Le Kering et la direction de La Redoute ont signé la cession de l'entreprise à ses dirigeants ainsi que l'ouverture du capital à ses salariés [14].

Stratégies de La Redoute[modifier | modifier le code]

Catalogue papier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catalogue La Redoute.

Le premier catalogue voit le jour en 1928 : sous un petit format de seize pages, une quarantaine d'articles, uniquement centré sur le tricot. En 1956, il s'ouvre à la maison. En 1962, il passe le cap des 50 000 références et deux ans plus tard, la société rentre en Bourse[15], devenant leader dans l'univers de la VPC. Un rang qu'elle maintiendra jusqu’à son intégration au sein du groupe PPR. Aujourd’hui, il est édité à 14 millions d'exemplaires, distribués en France et à l'étranger.

Développement de la VPC[modifier | modifier le code]

Spécialisée dans la VPC, La Redoute a souvent innové et mis en œuvre diverses stratégies afin de maintenir son leadership. Outre le catalogue bien connu des français, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et avant l'avènement d'internet, la société lance plusieurs services innovants.

En 1969, La Redoute signe un partenariat avec Finaref pour lancer sa carte de crédit appelée carte Kangourou. Dédiée principalement aux femmes et première carte de crédit lancée par une enseigne de vente à distance, elle compte aujourd'hui près de 3 millions d'utilisateurs[16].

Suivent d'autres services et innovations : en 1970, La Redoute ouvre des bureaux de prise de commande téléphonique et en 1984 la société lance son service Minitel, 3615 La Redoute

Stratégie Internet[modifier | modifier le code]

La Redoute, déjà présente sur le Minitel, s'intéresse très rapidement à Internet et fait de cet outil un levier de croissance. Lancé en 1994, le site internet de La Redoute, et le commerce électronique en général, représentent aujourd'hui[Quand ?] 78 % du CA de la société.

Lancement de son magasin en ligne[modifier | modifier le code]

Dès 1994, La Redoute se lance dans le commerce électronique, domaine où elle réalise aujourd'hui la grande majorité de son chiffre d'affaires. La société a, au fil du temps, acquis une position parmi les leaders du commerce électronique en France.

La Redoute est dixième au classement en 2015 des sites de commerce électronique en France avec 5 millions de visiteurs uniques par mois et environ 300 000 uniques par jour sur son site internet[17]

MarketPlace[modifier | modifier le code]

La Marketplace de La Redoute propose des produits présents de moins de 500 partenaires autant dans la mode que dans la décoration. Avec 350.000 références régulièrement mises à jour[réf. nécessaire], parmi lesquelles on trouve des marques de renom telles que Guess, Mango, Petit Bateau, Guess ou encore Monoprix et Samsonite, la Marketplace vient compléter l'offre globale de La Redoute.

Le buzz de « L'homme nu »[modifier | modifier le code]

En janvier 2012 sur leur site internet, une photo d'enfants courant sur la plage, montre en arrière plan un homme nu. L'image fait rapidement le tour d'internet, ce qui contraint l'entreprise à s'excuser[18].

Le mois suivant, Anne-Véronique Baylac — la directrice commerce électronique de l'entreprise — organise un jeu concours afin de permettre aux internautes de trouver des fails volontairement insérés par La Redoute sur son site web[19]. Julien Hatton, le directeur de l'agence de communication Buzznative, qualifie cette stratégie de « très bonne manière de rebondir après un bad (mauvais) buzz » et qu'elle permettra « de recruter de nouveaux clients et notamment parmi les jeunes générations »[20].

Collaborations avec les créateurs de mode[modifier | modifier le code]

Depuis 1969, La Redoute s’attache à rendre accessible les collections des grands noms de la mode. Yves Saint Laurent, Christian Lacroix, Azzaro, Anthony Vaccarello, Robert Clergerie, et Vanessa Bruno, ont partagé leurs créations à travers les pages du catalogue et sur le site Laredoute.fr; la société soutient également la jeune création comme Popy Moreni, Claudie Pierlot, Christophe Lemaire, Isabel Marant, Jamin Puech ou encore Michel Vivien[21],[22].

Collaborations avant 2000[modifier | modifier le code]

Année Créateur Collection
1969 Emmanuelle Kahnh Printemps-Été
1990 Popy Moreni Automne-Hiver
1990 Irena Gregori Automne-Hiver
1990 Marithé et François Girbaud Automne-Hiver
1991 Zadig et Voltaire Automne-Hiver
1992 Claudie Pierlot Automne-Hiver
1992 Marc Audibet Printemps-Été
1992 Paule Ka (en) Printemps-Été
1993 Terence Conran Automne-Hiver
1993 Jérôme L'Huillier Printemps-Été
1993 Jean Colonna Printemps-Été
1993 Issey Miyake Printemps-Été
1994 Michel Klein Automne-Hiver
1994 Yohji Yamamoto Automne-Hiver
1994 Karl Lagerfeld Printemps-Été
1995 Azzedine Alaïa Printemps-Été
1995 Véronique Leroy Printemps-Été
1995 Sonia Rykiel Automne-Hiver
1996 Joseph Automne-Hiver
1996 Michel Klein Automne-Hiver
1996 Sonia Rykiel Automne-Hiver
1996 Inès de La Fressange Automne-Hiver
1996 Yves Saint Laurent Automne-Hiver
1998 Philippe Starck Automne-Hiver
1998 Tom Dixon Automne-Hiver
1998 Eric Bergère Automne-Hiver
1998 Isabel Marant Automne-Hiver
1998 Vanessa Bruno Automne-Hiver
1998 Jean-Charles de Castelbajac Printemps-Été
1998 Guy Laroche par Alber Elbaz Automne-Hiver
1999 Bali Barret Automne-Hiver
1999 Isabel Marant Automne-Hiver
1999 Dice Kayek Automne-Hiver
1999 Gaspard Yurkievich Automne-Hiver
1999 Jamin Puech Automne-Hiver
1999 Les Prairies de Paris Automne-Hiver

Collaborations après 2000[modifier | modifier le code]

Année Créateur Collection
2000 Antik Batik Printemps-Été
2000 Les Prairies de Paris Printemps-Été
2000 Bali Barret Printemps-Été
2000 Isabel Marant Printemps-Été
2000 Chloé par Stella McCartney Printemps-Été
2000 Stella Cadente Printemps-Été
2000 Vanessa Bruno Automne-Hiver
2001 Emmanuel Ungaro Printemps-Été
2002 Paco Rabanne Printemps-Été
2003 Viktor & Rolf Automne-Hiver
2004 Kenzo Takada Printemps-Été
2004 Isabel Marant Printemps-Été
2005 Jean-Paul Gaultier Printemps-Été
2006 BA&SH Printemps-Été
2006 Antik Batik Printemps-Été
2006 Aurélie Bidermann Printemps-Été
2006 Maje Printemps-Été
2006 Pare Gabbia Printemps-Été
2006 Tsumori Chisato Printemps-Été
2006 Sonia Rykiel Automne-Hiver
2007 André Courrèges Printemps-Été
2007 Christian Lacroix Automne-Hiver
2008 Sandro Printemps-Été
2008 Christian Lacroix Printemps-Été
2009 Michel Klein Printemps-Été
2009 Alexis Mabille Automne-Hiver
2010 Paule Ka (en) Printemps-Été
2010 Vanessa Bruno Automne-Hiver
2011 Azzaro Automne-Hiver
2011 Robert Clergerie Printemps-Été
2011 Tila March Printemps-Été
2011 Anthony Vaccarello Printemps-Été
2012 Madame à Paris Printemps-Été
2012 Madame à Paris Automne-Hiver
2012 Antik Batik Printemps-Été
2012 Anthony Vaccarello Printemps-Été
2012 Athé Vanessa Bruno Printemps-Été
2012 Athé Vanessa Bruno Automne-Hiver
2012 Delphine Manivet Printemps-Été
2012 Delphine Manivet Automne-Hiver
2012 Maison Rabih Kayrouz Automne-Hiver
2012 Les Prairies de Paris Automne-Hiver
2013 Courrèges Automne-Hiver
2014 Cédric Charlier Printemps-Été
2014 Jacquemus Automne-Hiver
2014 Ba&Sh Automne-Hiver
2015 Sézane Printemps-Été
2015 Coralie Marabelle Automne-Hiver
2015 Etienne Deroeux Automne-Hiver
2015 Christine Phung Automne-Hiver

Présence à l'international[modifier | modifier le code]

La Redoute est présente en propre dans 10 pays : le Royaume-Uni, la Russie, la Suisse, la Belgique, le Portugal, l’Espagne, la Suède, l'Italie, la Pologne, la Norvège. La Redoute développe également des partenariats avec des distributeurs bien positionnés sur des marchés tels que la Chine ou le Maroc. La Redoute a aussi conclu de nouveaux accords de partenariat dans des zones aussi stratégiques que l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Inde. Le site LaRedoute.com constitue enfin un autre levier de développement important contribuant à l’exposition internationale de la marque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les quatre sources qui suivent donnent quatre années différentes : « dans les années 1820 » ; « 1831 » ; « 1837 » et « 1873 ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Nathalie Balla élue personnalité e-commerce de l'année 2011 », sur ecommercemag.fr,‎ (consulté le 25 mars 2013)
  2. (fr) EmarketerZ.fr, « Classement audience : top 15 e-commerce français VU 2015 », sur EmarketerZ (consulté le 24 février 2016)
  3. (fr) « Kering officialise la cession de La Redoute à ses deux dirigeants », sur Challenges (consulté le 24 février 2016)
  4. Prisma Media, « L’incroyable résurrection de La Redoute », sur Capital.fr (consulté le 1er juin 2016)
  5. « La Redoute : historique N°1 de la VPC », Blue (consulté le 4 décembre 2010)
  6. « Au service de ces dames », Stratégies,‎ (consulté le 4 décembre 2010)
  7. « Plus de 130 ans de passion et d’innovation », Redcats (consulté le 4 décembre 2010)
  8. Sophie Bourgeois, « La saga des marques : l'histoire de La Redoute », Plurielles,‎ (consulté le 4 décembre 2010)
  9. Lemonde.fr
  10. Kering accepte de céder La Redoute à ses dirigeants, Challenges, 4 décembre 2013
  11. La Redoute reprise par ses propres dirigeants, Le Journal du Dimanche, 4 décembre 2013
  12. http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/01/09/97002-20140109FILWWW00440-la-redoute-suppression-de-1178-postes.php
  13. http://www.lefigaro.fr/emploi/2014/01/09/09005-20140109ARTFIG00468-la-redoute-va-supprimer-pres-de-la-moitie-de-son-effectif.php
  14. Kering officialise la cession de La Redoute à ses deux dirigeants, Challenges, 3 juin 2014
  15. 1960-1964 - LSA
  16. (en) Isabelle Condou-Sallard, « La carte Kangourou change de look pour ses 40 ans », sur e-marketing.fr,‎ (consulté le 25 mars 2013)
  17. http://www.emarketerz.fr/classement-audience-top-15-e-commerce-3eme-trimestre-2015/
  18. Bérénice Dubuc, « La Redoute: Un homme nu s'invite sur une photo des pages enfant », sur 20 minutes,‎
  19. Après l'homme nu, La Redoute lance une chasse à l'erreur - Géraldine Dormoy, L'Express Styles, 1er février 2012
  20. Gabriel Vedrenne, « La Redoute ou l'art de rebondir en ligne », sur Europe 1,‎
  21. (en) Sophie Bourgeois, « La Redoute, la saga des marques », sur Plurielles,‎ (consulté le 21 mars 2013)
  22. (en) Eugénie Trochu, « Anthony Vaccarello pour la redoute seconde édition », sur Vogue

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Grosclaude, « La Redoute : une histoire de mode qui dure plus que 48 heures chrono », La Saga des marques, t. 2,‎ , p. 58-61

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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