La Pouëze

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La Pouëze
Mairie de La Pouëze
Mairie de La Pouëze
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Maine-et-Loire
Arrondissement Segré
Canton Chalonnes-sur-Loire
Intercommunalité C.C. Ouest-Anjou
Maire
Mandat
Jean-Claude Lecuit
2014-2020
Code postal 49370
Code commune 49249
Démographie
Gentilé Pouëzéen, Pouëzéenne
Population
municipale
1 883 hab. (2012)
Densité 85 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 33′ 13″ N 0° 48′ 30″ O / 47.5536111111, -0.80833333333347° 33′ 13″ Nord 0° 48′ 30″ Ouest / 47.5536111111, -0.808333333333  
Altitude 70 m (min. : 51 m) (max. : 97 m)
Superficie 22,15 km2
Localisation

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La Pouëze

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La Pouëze

La Pouëze est une commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire.

Les habitants se nomment les Pouèzéens et les Pouèzéennes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune de La Pouëze se situe au nord-ouest d'Angers à 26 km et au sud-est de Segré à 16 km, dans le Haut-Anjou. Autour se trouvent les communes de Vern-d'Anjou (à l'Ouest et au Nord), de Brain-sur-Longuenée (au Nord-Nord-Est), de Saint-Clément-de-la-Place (à l'Est), de Bécon-les-Granits (au Sud) et Le Louroux-Béconnais (au Sud-Ouest). La Pouëze est intégrée à la Communauté de communes "Ouest Anjou" et à la paroisse de "la Trinité-en-Longuenée".

Topographie[modifier | modifier le code]

C'est un territoire inscrit dans le massif armoricain avec des altitudes qui varient entre 50 et 90 mètres. C'est sur la commune de la Pouèze que se trouvent les sources de l'Erdre ("la plus belle rivière de France", selon le roi François Ier, qui se jette dans la Loire à Nantes) et du Brionneau (petit ruisseau qui se jette dans l'étang St-Nicolas à Angers).

Terre bocagère vouée à la polyculture et notamment à l'élevage laitier, elle est bordée au nord-est par la Forêt Domaniale de Longuenée dont une petite partie est pouèzéenne (parcelles privées). L'agriculture n'est pas le secteur économique prédominant de la Pouèze (contrairement aux communes des alentours) qui est une commune de tradition industrielle. Les mines d'ardoise, exploitées depuis des siècles, ont marqué le paysage pouèzéen (carrières constituées de collines de blocs d'ardoise, d'étangs artificiels et de chevalement au nord-est du bourg, ) et ont concurrencé en Maine-et-Loire celles de Trélazé et de Noyant-Bel Air. Cette industrie, en crise dans les années 1970-80, a connu une restructuration mais l'usine de chaussures ERAM a permis de maintenir une activité importante.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Erdre et Brionneau (rivière).
La source de l'Erdre, étang du Clairet à la Pouëze
Source du Brionneau
L'étang du Clairet où l'Erdre prend sa source

C'est dans l'étang du Clairet, à l'altitude de 63,40 m, que l'Erdre prend sa source (altitude du bourg distant de 3 km : 71,816 m).

L'Erdre est le dernier affluent de la rive droite de la Loire, qu'elle rejoint à Nantes après avoir parcouru 103 km, dont 27,5 en Maine-et-Loire, traversant les communes de La Pouëze, Le Louroux-Béconnais, Vern-d'Anjou, La Cornuaille, Angrie, Candé et Freigné. La vallée de l'Erdre est un site classé et le meilleur moyen de succomber à son charme est de s'embarquer à Nantes.

Au départ de La Pouëze, un circuit de randonnée passe à la source de l'Erdre, où est placé un panneau d'information.

Le ruisseau du Brionneau prend sa source à la Pouëze, au nord-ouest de la Mulière, D.961, et se jette dans l'étang Saint-Nicolas à Avrillé avant de rejoindre la Maine à Angers à travers le parc de Balzac. Un autre petit ruisseau qui s'écoule de la Grand'Pouëze et appelé « le petit Brionneau » le rejoint dans la campagne au nord-est du village après avoir traversé la propriété du docteur Morel, où Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre ont fait des séjours d'où le nom donné à cette belle maison du XVIIIe siècle « maison du Brionneau »[1].

Forêt et espaces verts[modifier | modifier le code]

Le parc de la Villenière[modifier | modifier le code]

Le vieux chêne du parc de la Villenière à la Pouëze
Le parc de la Villenière à la Pouëze

Le parc qui s'étend autour du château fut dessiné par le comte de Choulot. Il est maintenant du domaine public et c'est un lieu très apprécié des Pouézeens.

Son aménagement réserve une grande partie boisée sillonnée d'allées invitant à la promenade, au pique-nique ou au parcours de santé. Une autre partie rassemble toutes les activités sportives (terrains de foot, de tennis, salle omnisports, salle de boule de fort). Dans la grande prairie, traversée par l'allée du château, le vieux chêne s'épanouit depuis plus d'un siècle. Un autre arbre important grandit près de la salle Omnisport ; c'est le tilleul "Arbre de la Liberté" planté en 1989 lors du bicentenaire de la Révolution.

La forêt de Longuenée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Forêt de Longuenée.
Le chemin des charbonniers à la lisière de la forêt

La forêt de Longuenée est proche de La Pouëze. 18 hectares sur les 580 de sa surface totale sont sur cette commune. Le chemin des Charbonniers, en lisière de la forêt est la limite des communes de Brain sur Longuenée et La Pouëze. Ce chemin doit sans aucun doute son nom à l'activité liée à la forêt. Au XVIIIe siècle, la surface de la forêt était beaucoup plus importante. Une partie de la population exploitait le bois, fabriquait le charbon et des fagots qui étaient vendus à Angers. Pour faciliter l'écoulement de ces produits par la rivière Mayenne, la communauté de La Pouëze demandait une route en 1787 passant par Brain.

La forêt favorisait aussi la lutte entre gabelous et faux-sauniers qui s'y cachaient ce que déploraient les villageois à la veille de la Révolution. Quelques années plus tard, elle servit de cachette aux soldats vendéens (dont Talour de la Cartrie).

Le circuit de randonnée "tour de la Pouëze" permet de découvrir cette bordure de forêt, d'y pénétrer, de communiquer avec les circuits de Brain sur Longuenée.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

La population de la Pouèze se regroupe essentiellement dans le bourg (traversé par l'axe routier Cholet-Segré), en expansion, avec la construction récente de deux lotissements (à l'ouest et à l'est) qui indique que la commune est rattrapée par la périurbanisation d'Angers. En plus du bourg et autour de lui se trouvent rattachés trois "quartiers" périphériques : l'ancien village de Ste-Emérance (autour de la Chapelle du même nom, au sud-est), la cité ouvrière des Pouëzettes (au nord) et le quartier ardoisier de la Carterie (au nord-est). Le reste de la commune est constitué essentiellement de fermes ou de maisons isolées, les hameaux restant rares (la Lande, Chantepie...).

Toponymie[modifier | modifier le code]

La Pouëze est connue depuis le XIe siècle sous les formes de La Poysa qui veut dire « Landes »(1040), Puzia (1060), Putia (1082). La graphie actuelle La Pouëze apparaît dès 1214. Ce nom vient de l'ancien français qui veut dire « terre dépouillée ». Il dérive du latin putare', tailler, émonder qui désigne un défrichement de forêt et qui rappelle la proximité de la forêt de Longuenée[2].

Une autre explication est avancée. Le mot latin pisum, pois (le légume) peut avoir connu une évolution en poise. En Anjou, le pois qui se prononce « poué » est plus précisément le haricot sec. Une terre de culture de haricots pourrait en effet expliquer la présence de Sainte Émérance que l'on venait implorer pour que cessent les maux de ventre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le comte de la Poëze[modifier | modifier le code]

Blason de la famille de la Poëze : D'argent à trois bandes de sable.

Jehan de la Poëze vivait à la Pouëze en l'an 950. Cette famille fut très puissante en Anjou pendant trois siècles. Vers l'an 1250, elle partit dans les Mauges. Elle vécut peut-être dans le castrum Putia sur la motte féodale ?

Les nombreux descendants disséminés en Anjou se sont retrouvés vers 2003 dans le village, à la recherche de leurs origines. À la chapelle Sainte-Émérance, le comte Jacques de la Poëze a offert et fait fixer une plaque avec leur blason : trois bandes sombres évoquant trois frères morts lors d'une croisade et un message d'amitié y est gravé : « Gardons la mémoire du passé pour donner des racines au temps qui vient » et la devise de la famille Auxilium ad alta, ce qui signifie « Porter secours aux nobles causes ».

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Commentaires
An - 1 Pierre Schreyer chirurgien, maire provisoire "suffrage universel masculin"
1795-1800 Jacques Guimier délégué cantonal, propriétaire (suppression des communes de -5000 hab)
1800-1815 René Paulo maire élu, cordonnier, agriculteur (petites communes rétablies)
1815-1830 Gabriel Amys du Ponceau châtelain à la Villeniere
1831-1840 René Paulo maire nommé par le préfet, suffrage censitaire (les plus imposés)
1840-1848 Amant Fouquet maire nommé par le préfet, propriétaire, suffrage censitaire
1848-1861 Pierre Legendre maire élu par le conseil, puis désigné par le préfet, cultivateur
1861-1873 François Lepage adjoint, puis maire
1873-1878 Alfred la Rochebrochard d'Auzay châtelain à la Villenière
1878-1883 Amant Fouquet, fils puis François Guimier, propriétaires
1883-1884 Antoine Naturel régisseur de carrière
1884-1900 Dominique Léandre Lepage notaire, nouvelle loi municipale
1900-1902 Alexandre Girardière marchand de vin
1902-1904 Dominique Léandre Lepage notaire
1904-1913 Joseph Sébastien Breton marchand de porcs
1913-1914 René Huet maire, mobilisé en 1914, son adjoint Charles Diet le remplace
1914-1919 Charles Diet boulanger, fonction de maire
1919-1941 Jules Morier menuisier
1941 Pierre Grimault
1941-1945 Louis Neveu président délégation spéciale
1945-1949 Léon Burgevin début du "suffrage universel" (vote des femmes)
1949-1953 Pierre Gelineau agriculteur
1953-1959 Pierre Gourdon commerçant grainetier
1959-1968 Robert Boumier commerçant en bestiaux
1968-1971 Francis Olive contremaitre aux ardoisières
1972-1977 Raymond Robert commerçant en bestiaux
1977-1983 Victor Peltier agriculteur
1983-2001 Georges Perrin inspecteur général de l'enseignement agricole
2001-2008 Robert Lherbette agriculteur.
mars-2008 Jean-Claude Lecuit praticien hospitalier

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune est membre de la communauté de communes Ouest-Anjou[3], elle-même membre du syndicat mixte Pays de l'Anjou bleu, Pays segréen.

Autres circonscriptions[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2014, La Pouëze fait partie du canton du Lion-d'Angers et de l'arrondissement de Segré[4]. Dans le cadre de la réforme territoriale, un nouveau découpage territorial pour le département de Maine-et-Loire est défini par le décret du 26 février 2014. La commune est alors rattachée au canton de Chalonnes-sur-Loire, avec une entrée en vigueur au renouvellement des assemblées départementales de 2015[5].

Population et société[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 1 883 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
939 793 858 880 905 1 020 1 132 1 143 1 167
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 392 1 359 1 361 1 460 1 431 1 361 1 368 1 407 1 363
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 365 1 419 1 413 1 314 1 319 1 256 1 123 1 142 1 296
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 430 1 396 1 309 1 410 1 437 1 424 1 646 1 678 1 883
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (16,7 %) est en effet inférieur au taux national (21,8 %) et au taux départemental (21,4 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (51,5 % contre 48,7 % au niveau national et 48,9 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2008, la suivante :

  • 51,5 % d’hommes (0 à 14 ans = 26,8 %, 15 à 29 ans = 17,1 %, 30 à 44 ans = 24,6 %, 45 à 59 ans = 17,1 %, plus de 60 ans = 14,3 %) ;
  • 48,5 % de femmes (0 à 14 ans = 23,6 %, 15 à 29 ans = 17,2 %, 30 à 44 ans = 22,5 %, 45 à 59 ans = 17,5 %, plus de 60 ans = 19,1 %).
Pyramide des âges à La Pouëze en 2008 en pourcentage[8]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
0,1 
5,7 
75 à 89 ans
7,6 
8,3 
60 à 74 ans
11,4 
17,1 
45 à 59 ans
17,5 
24,6 
30 à 44 ans
22,5 
17,1 
15 à 29 ans
17,2 
26,8 
0 à 14 ans
23,6 
Pyramide des âges du département de Maine-et-Loire en 2008 en pourcentage[9].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 
90  ans ou +
1,1 
6,3 
75 à 89 ans
9,5 
12,1 
60 à 74 ans
13,1 
20,0 
45 à 59 ans
19,4 
20,3 
30 à 44 ans
19,3 
20,2 
15 à 29 ans
18,9 
20,7 
0 à 14 ans
18,7 

Santé[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

La Pouëze comporte trois écoles :

  • École maternelle publique l'Ardoisine
  • École primaire publique Anne-Frank
  • École privée du Sacré-Cœur (maternelle et primaire)

Autres équipements[modifier | modifier le code]

Le théâtre de l'ardoise, salle municipale

Le Théâtre de l'ardoise est le nom donné à l'ancienne salle des fêtes depuis sa rénovation en 2000. Il est situé en face de la mairie. Il peut accueillir 120 personnes.

En 1932, l'abbé Guyard est à l'origine de cette construction. Tout d'abord, il crée une association d'éducation populaire, achète le terrain à la commune sur les anciennes dépendances du presbytère, et fait construire la salle de 29 m de long sur 10 de large et 6,5 de haut. Une grande variété d'activités y sont pratiquées : théâtre, jeux, cinéma, patronage, gymnastique.

Au cours de l'invasion allemande, elle sert de refuge aux nombreux réfugiés et soldats de passage. Elle subit au cours du temps des modifications dans ses statuts, mais aussi dans sa conception. En 1952, elle s'équipe d'une cabine, d'un projecteur, d'une scène, avec coulisses, vestiaire, de fauteuils pour des séances régulières de cinéma avec Ouest-Sonor. En 1967, la commune loue la salle, le bail précise qu'elle sera mise à disposition de toutes les sociétés locales de manière équitable. En 1976, la commune rachète la salle des Fêtes. Cette salle est très utilisée par les écoles pour leurs fêtes, par les troupes théâtrales locales et pour des séances de cinéma.

En 2000, la salle entièrement rénovée, devient moderne, confortable et dispose de matériel technique de pointe. Son nom de théâtre lui va bien et l'Ardoise reste le symbole du village. Son utilisation est étendue à la communauté de communes Ouest-Anjou et régulièrement des spectacles y sont présentés en plus des spectacles locaux[10].

Économie[modifier | modifier le code]

Tissu économique[modifier | modifier le code]

Sur 95 établissements présents sur la commune à fin 2010, 24 % relevaient du secteur de l'agriculture (pour une moyenne de 17 % sur le département), 8 % du secteur de l'industrie, 15 % du secteur de la construction, 39 % de celui du commerce et des services et 14 % du secteur de l'administration et de la santé[11].

Agriculture[modifier | modifier le code]

L'agriculture est un secteur d'activité important : en 2007, la commune comptait 22 exploitations (9 en exploitation individuelle et 13 en société). La Pouëze est une commune d'élevage, en majorité pour la production de lait mais aussi pour la viande. Ces quantités sont importantes et représentent 6 litres de lait et 1,4 kg de viande par jour et par habitant de la commune. Elle ne compte qu'une exploitation céréalière[12].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Plan des circuits de randonnées de la Pouëze, parc de la Villenière.

La commune propose trois circuits de randonnée au départ du parc de la Villenière :

  • circuit vert appelé circuit de la source de l'Erdre, 10,5 km
  • circuit bleu appelé le tour du bourg, 13,5 km
  • circuit rouge appelé le tour de la commune, 23 km

Les parcourir est un excellent moyen de découvrir la diversité du paysage bocager, des différents sites, des points de vue. Pas de risque de se perdre, ils sont bien balisés. Le descriptif de chaque parcours est disponible en mairie ou à l'office de tourisme du Lion d'Angers ou sur le panneau municipal situé au départ, parc de la Villenière.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Mairie[modifier | modifier le code]

La mairie dans l'ancien presbytère

Cette bâtisse a été construite en 1627 comme en témoigne la date sculptée au-dessus de la porte d'entrée principale. Ce sont les travaux de restauration du bâtiment qui ont permis de découvrir cette date car jusqu'à ce jour, on ne connaissait qu'une pierre gravée conservée au presbytère et qui porte l'inscription suivante : « j'ai été posée le 30 mai 1740 par M. Louis Maugars, prêtre curé, seigneur de cette paroisse ». Cette pierre en tuffeau, bien conservée est maintenant scellée dans le mur de l'escalier menant au premier étage.

Ce presbytère était à l'origine entouré de douves, communiquant par un canal avec le carré d'eau d'Arquenay. Autour du presbytère, s'étendait son domaine avec boulangerie, basse-cour, fuye, étable, écurie, potager, verger, charmille, vigne, garenne, prairie. Le curé devait son titre de seigneur au roi Louis XI qui fonda Sainte-Émérance comme annexe de la cure.

Ce bâtiment a été rénové avec le souci de la restitution à l'identique pour y installer la Mairie, officiellement le 5 décembre 1992.

Le presbytère prit la place de l'ancienne mairie au 45 rue principale dans la maison signalée par une plaque où l'on peut lire : « en souvenir de sa famille qui donna quatre maires à la Pouëze, Francis Bréchet-Lepage a légué sa maison à ses concitoyens reconnaissants - 1934 ».

Le château de la Villenière[modifier | modifier le code]

Château de la Villenière
Fronton du château de la Villenière, blasons du Vicomte Amys du Ponceau et de son épouse, 1810
blason du Vicomte Gabriel Amys du Ponceau, 1810
blason de Alexandrine Françoise Bouteiller de Châteaufort, épouse du vicomte Gabriel Amys du Ponceau, 1810

Le mot "Villenière" vient du latin Villa Lineris qui en 1123 signifie « village où on cultive le lin ». Au fil du temps, Ville Linières s'est contracté en Villenière.

Au XIIe siècle, le domaine appartenait à l'église de Nantes. Puis il fut la propriété de plusieurs grandes familles avant d'être acquis en 1736 par Jean-Jacques Talour de la Cartrie, maître ordinaire de la chambre des comptes de Bretagne, membre de l'académie d'Angers. À sa mort en 1768, le domaine revint à son frère Guy-Barthélémy qui en fit cadeau à son fils Toussaint-Ambroise lors de son mariage en 1768.( voir dans "personnalités liées à La Pouëze").

Le domaine fut vendu en 1810 au vicomte Gabriel Amys du Ponceau. C'est lui qui fit restaurer le château puis ajouter deux tourelles carrées aux extrémités de la façade.

Il fit sculpter ses armoiries sur le fronton : d'argent au chevron brisé de gueules (rouge) accompagné de trois feuilles de vigne de sinople (vert) ; et celles de Madame : d'argent à trois coquilles de gueules ; tenant : un lévrier colleté de gueules ; supports : un lion couché, des branches de laurier, une croix de Malte avec colombe, le tout surmonté de la couronne de vicomte.

On retrouve une ressemblance d'architecture avec le château de Montgeoffroy à Mazé (Maine-et-Loire). La longue façade et les bâtiments de service encadrent la cour d'honneur qui s'ouvre sur la grande prairie, traversée d'une avenue jusqu'à la belle grille en fer forgé.

Le château devint la propriété de M. de la Rochebrochard d'Auzay vers 1870. Les Ardoisières d'Angers en firent l'acquisition ensuite pour y loger des cadres et des ouvriers. La commune l'acheta en 1979 et le fit restaurer ainsi que les bâtiments de service par l'intermédiaire de Habitat 49, société d'HLM pour en faire une vingtaine de logements locatifs.

Le château de l'Anjouère[modifier | modifier le code]

En 1597 les terres d'Armaillé et de l'Anjouère étaient la possession des Saint Offange, famille dont trois frères se sont rendus célèbres dans le parti angevin de la Ligue contre les Huguenots ; deux autres furent Abbé de Saint-Maur au Thoureil : Magdelon Alexandre de Saint-Offange puis André de Saint-Offange, au début du XVIIe siècle.

L'ancien manoir d'Armaillé à la Pouëze, puis l'Anjouère furent ensuite les demeures successives de la famille De Terves. Ces demeures étaient des fermes fortifiées avec fossés, ponts-levis.

René de Terves (1672-1715), seigneur de Glande, de la Guerillière et de l'Anjouère, fut marié deux fois, il eut treize enfants. Son fils Pierre de Terves (1708-1765), seigneur de l'Anjouère et d'Armaillé se maria avec sa cousine Louise Marguerite Modeste de Collasseau de la Machefoliere.

Leur fils, Pierre Charles de Terves (1732-1804) se maria avec Eulalie Victoire Hullin de la Selle (1742-1827), ils héritèrent de l'ancien château de la Beuvrière, alors paroisse de Brain-sur-Longuenée, aujourd'hui commune de Grez-Neuville.

Eulalie de Terves vécut la Révolution avec beaucoup de douleurs et de courage. Son frère, son mari et ses fils émigrèrent. Trois de ses fils revinrent dans la chouannerie, deux furent tués au combat. Trois de ses filles furent emprisonnées à la prison de Montreuil-Bellay (49), elles y moururent, dans ses bras, de misère et de mauvais traitements.

Sa fille Marie Anne Adélaïde de Terves épousa Paul Esprit Marie de Richeteau de la Coindrie. Veuve depuis 1818, elle hérita de l'Anjouère en 1827. Leur fille Marie Charlotte Adélaïde de Richeteau épousa Amant Hippolyte Tripier de Lozé. En 1878, leur fils Paul Joseph Hippolyte de Lozé fit construire l'actuel château (architecte Pierre Tendron) ; il fit graver le blason de la famille Tripier de Lozé au-dessus de la porte d'entrée Nord.

En 2006, les terres (278 ha) et l'actuel château de l'Anjouère sont en train de devenir un centre de recherche et d'expérimentation du végétal pour la région du Segréen. Le GEVES (Groupe d'Étude et de contrôle des Variétés et Semences) est un groupement d'intérêt public fondé par l'INRA[13].

Ardoisières[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ardoisières de La Pouëze.

Les ardoisières de la Pouèze furent l'un des trois sites d'extraction d'ardoises du Maine-et-Loire avec celles de Trélazé et de Noyant-la-Gravoyère. Exploitées du XVe jusqu'à la fin du XXe siècle, elles connurent leur apogée entre 1850 et 1980. Les carrières demeurent des témoignages qui marquent le paysage au Nord du bourg par l'existence de collines de blocs d'ardoises et d'étangs artificiels. Le chevalement en bois qui s'est effondré en 2011 et qui couvrait un puits de mine depuis 1923 a été restauré en 2014 au titre de la sauvegarde et de la mise en valeur du patrimoine minier, financée en partie par la population de la commune.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

L'église[modifier | modifier le code]

L'église de la Pouëze (49)
Le vitrail de l'église de la Pouëze (49)

L'église a été reconstruite en 1838 sur les ruines de l'ancienne dont l'origine remonterait au Xe siècle. Elle est dédiée à saint Victor.

Une première église appartenait de longue date au seigneur Bucardos de Putia quand son fils Goslémus la vendit en 1085 à l'abbaye Saint Serge d'Angers avec toutes les dîmes et redevances contre mille sols d'or. Elle ouvrait dans le cimetière, était donc orientée est-ouest comme la plupart des églises.

Lors de sa reconstruction en 1838, elle est inversée de manière à créer une place de l'église et en faciliter l'accès ; seul le clocher est conservé.

En 1865, l'église est devenue trop petite. La population a beaucoup augmenté en raison du développement des ardoisières. Elle est agrandie sur le cimetière.

On refait un chœur plus grand en y adjoignant un second transept ce qui lui donne la forme originale d'une croix de Lorraine. Cette nouvelle partie massive est de style néogothique, les voûtes étant sur croisées d'ogives.

À l'intérieur, dans le second transept à droite, un remarquable vitrail aux riches couleurs est classé. Il est l'œuvre de Fournier de Tours. Il représente saint François d'Assise essayant de convertir – en vain – le sultan d'Égypte, entouré de personnages enturbannés, de sphinx, d'obélisques. Le chemin de croix en ardoise a été réalisé par M. Robin, sculpteur angevin en 1987. Le clocher est orné d'une flèche d'ardoise polygonale.

La chapelle Sainte-Émerance[modifier | modifier le code]

Chapelle Sainte-Émerance, côté chœur
Chapelle Sainte-Émerance, entrée ouest
Statue de sainte Émerance, chapelle de la Pouëze (49)

À la fin du XVe siècle, Louis XI convoitait l'Anjou (province appartenant à son oncle le roi René) pour agrandir le royaume de France. Il aimait venir y chasser avec son ami Louis de Beaumont, seigneur du Plessis-Macé, tout en surveillant l'héritage.

Au cours d'une partie de chasse en forêt de Longuenée qui s'étendait alors jusqu'au Plessis-Macé, il fut pris de violentes coliques « qui le plièrent en deux et le culbutèrent sur le gazon ». Jean Bourré, son trésorier, seigneur du Plessis-Bourré, qui l'accompagnait, lui conseilla d'invoquer sainte Emérance, qui avait un oratoire à La Pouëze, village tout proche, et qui guérissait des maux de ventre. Il l'implora, il fut guéri et il promit de faire construire une chapelle à la place de l'oratoire. La chapelle fut construite en 1472. Il lui fit faire une belle statue en argent doré y fit transporter des reliques de la sainte.

La chapelle est longue de 70 pieds sur 26 de large, la chapelle est orientée d'ouest en est. Elle est construite en granit et tuffeau, avec des contreforts massifs contre la poussée des voûtes. L'entrée à l'ouest est de style gothique tardif. Le portail est couronné d'une belle accolade à chou frisé entre deux montants fleuronnés. La porte sud est gothique flamboyant avec deux anges présentant l'emblème royal.

À l'intérieur, les voûtes gothiques sont de style Plantagenêt. On retrouve sur certaines clés de voûtes les trois fleurs de lys des rois capétiens et les armes du dauphin Charles VIII. C'est une chapelle à nef unique avec une abside et une chapelle latérale à croisée d'ogives.

L'autel conserve son ancien retable en pierre du XVe siècle, flanqué de deux pinacles fuselés avec une bordure de délicates guirlandes de fleurs, de pampres et d'arabesques. Une très belle statue moderne en pierre polychrome de la sainte remplace la statue en argent dorée offerte par Louis XI (de la grandeur d'une petite fille) et fondue à la révolution. Elle représente Ste Emérance portant dans son tablier les pierres de sa lapidation. La porte sacraire, du XVe siècle, est décorée en plis de serviette.

L'édifice est classé monument historique depuis 1959, la porte sacraire et le retable depuis 1979.

Une cérémonie y a lieu chaque année, autour du 23 janvier (Ste Emérance est le 23 janvier). Au cours d'une messe, on vient prier la sainte contre les maux de ventre, les peurs. À l'issue de la cérémonie, les fidèles dégustent la prune à l'eau-de-vie. Dans une époque plus lointaine des milliers de pèlerins accouraient de toutes parts ce jour-là mais on venait aussi en pèlerinage lors de catastrophes naturelles[14].

  • Sainte Émérance

Sainte Émérance (ou Émerentienne) est une sainte romaine. Elle vivait à Rome à la fin du temps des grandes persécutions, vers l'an 304. Elle était de condition modeste et sœur de lait de sainte Agnès, martyrisée le 21 janvier. Le 23 janvier, alors qu'elle priait sur la tombe de sa sœur, elle fut lapidée par les soldats romains après avoir montré une bravoure admirable. Elle avait 13 ans. Dès lors, les braves l'invoquèrent pour avoir du courage et les poltrons pour vaincre la peur. Comme la peur est souvent cause de coliques ou maux de ventre, on l'invoqua pour tout dérangement intestinal. La guérison du roi Louis XI renforça cette croyance.

Trois sites ont accueilli les reliques de la sainte : La Pouëze, les Carmes d'Angers et Le Longeron. L'église de Pellouailles et la chapelle de Chandemanche à Morannes lui étaient dédiées.

On trouvait sa statue à Chateaupanne, à Cizay-la-Madeleine, à Varennes-sous-Montsoreau, à Vern-d'Anjou, à la gaucherie aux Dames de Montilliers, à Saint-Georges-du-Bois, à Epiré, à Andard, à Brigné, à Champteussé-sur-Baconne, à Rochemeunier. Plusieurs de ces statues ont disparu depuis un demi-siècle.

En l'église de Cunault, on trouve l'image de la sainte peinte sur une des colonnes (XVe siècle); son visage est presque totalement effacé. À Saint-Macaire-du-Bois, un tableau évoquait le martyr de la sainte. À Cheviré-le-Rouge, un vitrail du XIXe siècle lui est dédié. À Louresse-Rochemenier, Saint Georges des Bois on tirait la cloche pour éloigner l'orage. À Champteussé-sur-Baconne, on invoquait Ste Emerentienne une bougie allumée à la main pour soulager ses maux de ventre.

La chapelle Saint-Barthélémy[modifier | modifier le code]

La chapelle Saint-Barthélémy à la Pouëze (49)

La chapelle Saint-Barthélémy se trouvait au temps jadis à un carrefour de grandes communications. Les chemins d'Angers à Candé, du Lion-d'Angers à Ingrandes et de Bécon à Loiré s'y croisaient. Ces chemins menaient vers le Poitou et la Bretagne. Ce carrefour était situé, de plus, à la limite de trois paroisses : La Pouëze, Le Louroux Béconnais et Bécon les Granits. Ce lieu était donc propice aux rencontres de marchands, de voyageurs et des habitants des villages voisins. On y construisit une chapelle et une foire importante s'y développa.

La chapelle est située sur le terrain privé de la ferme du même nom (propriété de M. Lherbette, ancien maire) On ne connaît pas la date de sa construction. Louis XI (au XVe siècle) la gratifia d'une statue en argent de Saint Barthélémy qui fut fondue à la Révolution. Le retable actuel en bois de chêne est du XVIIe siècle. Elle fut reconstruite et bénie en 1724.

La foire de Saint-Barthélémy a toujours eu lieu le 24 août, jour du saint patron. On en parle déjà en 1453. Elle s'étendait sur des landes autour de la chapelle, une partie située sur la ferme de Saint-Barthélémy, paroisse de la Pouëze, l'autre partie, au-delà du grand chemin dans les paroisses de Bécon-les-Granits et du Louroux-Béconnais. Le jour de la foire, les taxes étaient perçues par deux seigneuries : celle du Plessis-Macé dont dépendait Saint-Barthélémy et celle de Bécon pour les autres terres. Mais les deux seigneuries avaient le même seigneur Walsh de Serrant.

À la Révolution, l'église fut fermée et la foire interdite en 1794 car elle devenait un lieu d'agitation. « Des chouans étaient venus et y menaient grand tapage ».

La foire reprit plus tard dans la prairie devant le château de la Villenière (suite au défrichement des landes) et n'existe plus depuis quelques années[15].

L'oratoire Saint Antoine[modifier | modifier le code]

Oratoire de Saint Antoine
Statue de Saint Antoine, art naïf 1850

Il a été édifié sur la D 101, route qui mène à Saint Barthélémy, en hommage à Saint Antoine le Grand, l'ermite d'Égypte, avec son cochon. On lui jetait même des pièces de monnaie à travers les barreaux de la porte, confusion sans doute avec Saint Antoine de Padoue, invoqué dans la recherche des objets perdus.

La statue de Saint Antoine représente un moine qui porte un bâton dans sa main gauche et qui foule aux pieds un animal qui semble être un cochon. Ses yeux sévères ont causé quelques frayeurs aux gamins de la Pouëze qui n'osaient passer devant l'oratoire.

Un dicton concerne la statue :" Saint Antoine chaffourait les bons d'avec les cochons". (chaffourer : terme local veut dire chasser, séparer.)

La statue de Saint Antoine a été transférée à la chapelle Sainte-Emérance [16].

Les sites de la commune[modifier | modifier le code]

La butte de la grand'Pouëze[modifier | modifier le code]

La motte féodale de la Pouëze

Située en face de la majestueuse grille du château de la Villenière, cette butte boisée reste une énigme.

Dans une charte de Saint Aubin, il est question d'un château-fort situé à La Pouëze, Castrum Putia pris de force et incendié par Geoffroy Rorgon en 1100. On n'en trouve plus mention dans les textes à partir de cette date. D'autres parlent des restes d'une exploitation d'or d'une époque incertaine.

Le trou qui est à son pied, envahi d'eau, se nomme "la grand' Pouëze". Il a servi pendant très longtemps de lavoir[17].

Les ardoisières de la Pouëze[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ardoisières de La Pouëze.

Les moulins à vent[modifier | modifier le code]

Ruine du moulin de la Lande en 2007, emporté par un coup de vent en 1970

Langage des ailes de moulins

Les moulins étaient aussi des postes de surveillance avec leurs messages codés.

Moulin-langage-2.jpg
  • les ailes arrêtées en croix de saint André (en quartier) signalaient un heureux évènement chez le meunier, que le moulin était au repos ou le retour au calme dans un conflit militaire ;
  • les ailes en croix grecque (en bout de pied) signalaient que le moulin était prêt à travailler ou appelaient au rassemblement ;
  • inclinées à gauche, position « venante », elles annoncent un heureux événement comme un mariage ou une naissance ou alertaient d'un danger militaire ;
  • inclinées à droite, elles annonçaient un deuil chez le meunier ou dans le village ou un danger militaire écarté.

Les ailes étaient toujours orientées vers le lieu de l'événement.

Douze moulins ont été recensés sur le territoire de la commune. Ceux de la Fouillée, de Goulevent, de la Culée existaient au XVIIIe siècle ou avant. Les autres datent de la fin du XVIIIe siècle ou début du XIXe siècle.On y broyait des céréales. Plusieurs moulins étaient de type chandelier (cabine de bois tournant à 360° sur un pivot construit en pierres, le mécanisme se trouvant dans la cabine.) Seuls les moulins de Villetalour, des Nouettes, de Chantepie et l'un de Ste-Emérance étaient de type tourelle (construction en pierres, dont seul le toit tournait de 360°) Le moulin de Villetalour servit de logement aux prisonniers allemands qui travaillaient aux ardoisières après la libération[18].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Toussaint Ambroise Talour de la Cartrie de la Villenière (1743-1824)[modifier | modifier le code]

Toussaint Ambroise Talour de la Cartrie

Toussaint-Ambroise Talour entra au service des armes dès l'âge de onze ans. Il participa à la Guerre de Sept Ans puis à la campagne du Canada. Son père, ayant perdu ses deux fils aînés à la guerre, rongé de chagrin, réussit à obtenir pour lui le congé de l'armée qu'il quitta à vingt ans (1763). Il se maria en 1768 et s'installa au château de la Villenière, vaste et riche domaine familial où il mena une existence paisible entre vie familiale et occupations rurales. Les premiers bouleversements de la révolution ne l'affectèrent pas trop mais les conséquences de l'ordre nouveau, la levée en masse, la mort du roi, la persécution du clergé qui provoquèrent la révolte des vendéens, firent qu'il se jeta corps et âme dans la guerre de Vendée.

Avec femme et enfants (trois filles et un fils), il fit la traversée de la Loire, la Virée de Galerne jusqu'aux côtes de la Manche, connut quelques victoires et de tragiques défaites et sa famille connut de terribles souffrances. De retour de Granville, il laissa l'armée vendéenne filer vers Nantes, et pour éviter les persécutions des comités révolutionnaires à sa famille, préféra la quitter, se cacha avec son fils en forêt de Longuenée où il survécut, caché dans des arbres ou fossés, grâce à la bonté de fermiers fidèles qui lui procurèrent vivres puis faux papiers, habits.

Il entreprit alors, avec son jeune fils la traversée de la France à pied, déjouant tous les contrôles des comités révolutionnaires jusqu'aux frontières du nord. Puis il passa en Angleterre. Là, il vécut misérablement et écrivit ses mémoires relatant tous ces événements tragiques dans un livre intitulé "Un vendéen sous la terreur".

Cet ouvrage sera édité bien plus tard en Angleterre, puis traduit par Pierre-Amédée Pichot, directeur de la Revue Britannique. Toussaint-Ambroise Talour revint en France en 1801, retrouva sa famille. Mais complètement ruiné, il dut vendre le château de La Villenière[19].

Céleste Bulkeley (1753-1832)[modifier | modifier le code]

Madame Céleste Bulkeley, l’une des amazones de François-Athanase Charette de La Contrie, insurrection vendéenne
Article détaillé : Céleste Bulkeley.

Céleste Bulkeley née Céleste Julie Michèle Talour de la Cartrie de la Villenière était la sœur de Toussaint Ambroise Talour et de Madame Jeanne Ambroise Sapinaud de Bois Huguet : elle s'engagea au côté de son mari William Bulkeley dans l'insurrection vendéenne en 1793.

Eugène Livet (1820-1913)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Eugène Livet.

Eugène Livet fut l'un des premiers instituteurs de La Pouëze, nommé en 1838. Il n'avait que 18 ans et détenait "ses certificats attestant sa bonne conduite, sa moralité, sa capacité". Il enseigna deux années dans un local privé "sombre et humide", selon ses mots, qui servait aussi de mairie ; la première école communale était en construction. Il y assura également les fonctions de secrétaire de mairie et officier d'état-civil. À La Pouëze ses idées pédagogiques naquirent et mûrirent et il les consigna dans des carnets pour, dit-il, "se nourrir l'esprit". Dans son livre de Mémoires, il nous a livré un témoignage vivant sur La Pouëze à cette période.

Portrait d' Eugène Livet

En 1846, quittant l'enseignement officiel, il fonda à Nantes un établissement scolaire privé, avec internat où il mit en pratique l'enseignement qu'il entrevoyait, basé sur le développement des facultés intellectuelles et manuelles. Cette Institution prospèra vite et jouit d'une grande renommée car il formait ses élèves pour les besoins des diverses industries, alors en plein développement. L'État fit l'acquisition de l'Institution Livet en 1898. Elle devint l'École Nationale Professionnelle Livet puis, aujourd'hui, c'est le lycée Livet, un grand lycée d'enseignement général et technologique[20].

Plaque commémorative à la bibliothèque

Le 17 novembre 2012, les lecteurs de La Pouëze choisirent le nom d'Eugène Livet pour dénommer leur bibliothèque et le 14 septembre 2013, année du Centenaire de sa mort, la commune honora la mémoire de cet éducateur visionnaire en apposant sur le mur de la bibliothèque[21] une plaque de bronze.

Alfred Fouillée (1838-1912)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Alfred Fouillée.

Il naquit à la Pouëze en 1838 et y passa son enfance. Son père y était régisseur de carrière.

Il fit ses études à Laval puis devint enseignant de lettres. Il prépara seul l'agrégation de philosophie. Il fut reçu premier. Il soutint plusieurs thèses dont la principale sur "liberté et déterminisme" qui lui apporta la consécration philosophique. Gambetta séduit par ses idées lui proposa un siège de député mais il refusa. Maître de conférences à l'école normale supérieure, de santé fragile, il dut prendre en 1875, à 37 ans une retraite prématurée. Il publia de nombreux travaux philosophiques. Il mourut en 1912.

On peut qualifier de philosophie sociale sa pensée car ses idées fortes sont le solidarisme, la conciliation, le patriotisme républicain. Selon lui, "les idées sont des forces. Elles portent en elles une puissance de réalisation qui transforme les âmes des individus et par suite les milieux sociaux où elles se répandent"  [22]

Son épouse Augustine Guyau-Fouillée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : G. Bruno.
Le tour de France par deux enfants
Illustration du tour de France par deux enfants

En 1877, Madame Augustine Fouillée écrivit Le Tour de la France par deux enfants sous le pseudonyme de G. Bruno. Cet ouvrage fut publié à plus de six millions d'exemplaires, il a été le principal livre de lecture scolaire de plusieurs générations d'écolier jusqu'à la guerre de 39-45.

Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre[modifier | modifier le code]

La maison du Docteur Morel à la Pouëze (49)
Sartre and de Beauvoir at Balzac Memorial.jpg

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir firent des séjours à La Pouëze entre 1939 et 1948 chez le Dr Morel et sa femme, dans leur maison secondaire du Brionneau (maison bourgeoise des XVIIe et XVIIIe siècles).

Cette amitié était née à Paris. Le Dr Morel y travaillait à l'hôpital Necker et Mme Morel, femme brillante, aimait s'entourer d'une jeunesse intellectuelle. Sartre, alors élève à Normale'Sup, donnait des cours de philosophie au fils Morel.

Simone de Beauvoir se réfugia à La Pouëze en 1939 alors que Sartre était mobilisé. Elle lisait beaucoup, écrivait, marchait. Elle assista à l'arrivée des Allemands qu'elle évoque dans ses mémoires La Force de l'âge et dans une lettre à Nelson Algren :

« Je me trouvais dans cette même pièce quand je vis l'armée allemande pour la première fois. […] On avait fermé les persiennes au travers desquelles je distinguais parfaitement la rue vide, chaude et blanche du village déserté, absolument silencieux. Alors quelque chose explosa au carrefour […] et je les vis. Dans leurs uniformes verts, grands, blonds, roses, dégageant une impression de force »

— Simone de Beauvoir, Lettres à Nelson Algren, Gallimard « Folio », 1997, p. 194

En 1941, Sartre qui avait été fait prisonnier en Allemagne fut libéré pour raison de santé et fit plusieurs séjours à La Pouëze.

Beauvoir écrivit là en partie Pyrrhus et Cinéas et Sartre y composa Huis clos pendant les vacances de Noël 1943, en restant enfermé toute une semaine dans la chambre du premier étage côté rue qui apparaît sur la photo. Ses repas lui étaient servis dans sa chambre. L'ouvrage fut dédié à "cette dame", c'est-à-dire à Mme Morel.

Simone de Beauvoir entraînait Sartre dans de grandes promenades à pied ou à vélo dans la campagne. Il les acceptait en rechignant car, disait-il, il "préférait vivre dans les mots"[23].

Ils y séjournèrent de nouveau en décembre 1947, appréciant les « délicieuses crêpes aux pommes rôties » et l'alcool de pommes « virulent » de Mme Morel[24].

Stani Nitkowski (1949-2001)[modifier | modifier le code]

« Celui qui entend avec les yeux » est un artiste contemporain.

Stani Nitkowski est né à La Pouëze en mai 1949, d'un père mineur, d'origine polonaise, venu en Anjou travailler l'ardoise et d'une mère pouézéenne. À 23 ans, il se retrouve dans un fauteuil roulant à cause de la myopathie et commence à dessiner. Sa rencontre avec Robert Tatin, peintre à Cossé-le-Vivien va l'encourager et l'influencer. Son travail d'artiste est profondément marqué par sa maladie. Son œuvre est forte, noire, torturée à l'image de sa vie. Il disparaît brutalement en avril 2001 à 52 ans[25].

Nitkowski a peint un chemin de croix original pour l'église de Saint-Georges-sur-Loire en 1979. Il a exposé maintes fois à Paris, en France et à l'étranger.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.pays-de-la-loire.sante.gouv.fr/envir/sece49_fichiers/fq_brionneau.pdf Qualité de l'eau du Brionneau
  2. Célestin Port, Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire
  3. Insee, Composition de l'EPCI d'Ouest Anjou (244900858), consulté le 8 décembre 2013
  4. Insee, Code officiel géographique, Fiche de la commune La Pouëze, consultée le 20 février 2015
  5. Légifrance, Décret no 2014-259 du 26 février 2014, portant délimitation des cantons dans le département de Maine-et-Loire.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2012
  8. « Évolution et structure de la population à La Pouëze en 2008 », sur le site de l'Insee (consulté le 23 avril 2012)
  9. « Résultats du recensement de la population de Maine-et-Loire en 2008 », sur le site de l'Insee (consulté le 23 avril 2012)
  10. archives paroissiales et municipales
  11. Insee, Statistiques locales du territoire de La Pouëze (49), consultées le 16 juin 2013
  12. archives municipales
  13. Archives du château de la Beuvrière ; archives privées du Comte Bruno de Lozé
  14. Chroniques de l'Abbé Lorioux, La Poueze 1854-1869
  15. archives paroissiales, communales et départementales
  16. Archives paroissiales, municipales et départementales
  17. Charte de Saint Aubin, archives départementales
  18. archives municipales et départementales
  19. Toussaint Ambroise Talour, Un vendéen sous la Terreur
  20. archives municipales de La Pouëze et archives du lycée Livet de Nantes
  21. http://bibliothequelapoueze.free.fr
  22. « Les philosophes à la Pouëze », Conférence du 11 avril 2006 par Robert Audoin, membre de l'académie des lettres d'Angers et archives municipales
  23. archives privées de la famille Morel et Cartier
  24. Simone de Beauvoir, Lettres à Nelson Algren, Gallimard « Folio », 1997, p. 171
  25. site « Hommage à Stani Nitkowski »