La Petite Gironde

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Quotidien des régions du Sud-Ouest et du Midi, La Petite Gironde a été fondée en 1872, succédant au journal La Gironde fondé en 1854 pour lutter contre les idées de Napoléon III. De tendance « républicaine modérée » — « libérale » dirait-on aujourd'hui — il se voulait un grand journal républicain régional et un produit culturel de large consommation.

Siège[modifier | modifier le code]

L'imprimerie du journal était installée à Bordeaux dans l'Hôtel de Lecomte de La Tresne, rue de Cheverus, édifié en 1739 pour le marquis de la Tresne, par l'architecte Portier. Cet hôtel particulier fut acheté en 1859 par l'imprimeur Gustave Gounouilhou qui y installa ses ateliers et publia le quotidien La Gironde en 1854 avec une reparution en 1862, puis le 7 avril 1872, date de création La Petite Gironde lancée au prix de sept centimes de Franc. En 1879, les ateliers furent dotés de rotatives. La famille Gounouilhou (qui vivait près d'Arcachon (Le Moulleau) dans sa villa Ker Maden ou au château Climens (Haut-Barsac), et leur allié Gustave Bourrageas constitueront un groupe de presse important et seront aussi actionnaires de la firme cinématographique Pathé.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lors des deux jours de débat à la Chambre des députés consacrés en mai 1895 à la « question juive » (au tout début de l'affaire Dreyfus), le chroniqueur du journal s'inquiète d'un « réveil des passions qui ont ensanglanté le Moyen Âge » et des relais parlementaires de l'antisémitisme, citant en particulier les députés Théodore Denis et le comte d'Hugues[1].

La famille Chapon, apparentée à la famille Gounouilhou, reprit le journal dans les années 1920. Richard et Michel Chapon développèrent le journal sur un plus vaste territoire, jusqu'en 1944. Malgré une concurrence âpre, le journal (édité sur un format large : 75 x 50 cm) resta le plus puissant de la région avec près de 250 000 exemplaires quotidiens pour les 22 éditions, en 1927. Il tirait en moyenne à 170 000 exemplaires, parfois à quelque 300 000 exemplaires. Sa diffusion concerna 18 départements du grand Sud-Ouest et du Midi (des Pyrénées-Orientales à la Vendée, jusqu'à la Lozère et l'Hérault). Pour diversifier ses activités, l'entreprise ouvrit à Bordeaux, vers 1930, le Ciné Petite Gironde, durant l'entre-deux-guerres.

Le journal[modifier | modifier le code]

Il eut parmi ses collaborateurs, entre autres : André Maurois, académicien, Gaston Bénac, l'ancêtre du journalisme sportif, Gérard Bauër, membre de l'Académie Goncourt, André Lamandé, romancier, André de Wissant, écrivain, Albert Puyou de Pouvourville, romancier aventurier, Raoul Monmarson, écrivain, Jean Bouzerand, journaliste, historien et musicographe ; Henri Amouroux, journaliste et historien et des politiques comme les sénateurs Georges Portmann, Capus (créateur des AOC), René Caillier, Victor Lourties, Théodore Girard, Charles Chaumet ; des députés tels Jean Montigny, Emmanuel Brousse, Georges Ponsot, ancien député radical; Pierre Dumas, qui créa plus tard le quotidien La Victoire à Toulouse et devint député de la Haute-Garonne.

De l'armistice de 1940 à la Libération[modifier | modifier le code]

L'entreprise de presse créa, en 1940, le journal Le Grand Écho du Midi qui était édité à Toulouse et parut du 14 novembre 1940 au 19 août 1944 (tirage limité à 20 000 exemplaires environ). Mais ni La Petite Gironde, ni Le Grand Écho du Midi ne survécurent aux ordonnances du 6 mai 1944, du 22 et 26 août 1944 et du 30 septembre 1944, cette dernière décrétant la dissolution des titres ayant paru durant l'occupation. La Petite Gironde qui avait continué à paraître sera interdite de reparution à la Libération. Elle cèdera sa place à Sud Ouest, lancé le 29 août 1944 par Jacques Lemoîne, fondateur du groupe familial qui a racheté au Monde, en août 2007, le groupe de presse du Midi (Midi libreetc.).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Joly, « Antisémites et antisémitisme à la Chambre des députés sous la IIIe République », Revue d'histoire moderne et contemporaine, 3/2007, no 54-3, p. 63-90, disponible sur Cairn.info.

Voir aussi[modifier | modifier le code]