La Petite Fadette

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La Petite Fadette
Image illustrative de l'article La Petite Fadette
Page de titre de la première édition (en deux volumes).

Auteur George Sand
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur Michel Lévy frères
Lieu de parution Paris
Date de parution 1849

La Petite Fadette, est un roman de la romancière George Sand, paru en 1849. Il fait partie de son groupe de livres dits « romans champêtres », qui s'intéressent au monde paysan de la région du Berry à l'époque de l'auteure, au même titre que d'autres livres écrits durant la même période de sa vie, comme La Mare au diable. Le personnage principal, la Petite Fadette, est la petite-fille d'une sorcière de village et a elle-même mauvaise réputation en raison des pouvoirs de sorcière qu'on lui attribue.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Landry Barbeau, amoureux de Fadette, jumeau de Sylvinet
  • Sylvinet Barbeau, jumeau de Landry
  • Fadette (Fanchon Fadet)

Résumé du livre[modifier | modifier le code]

Pour préserver la bonne santé financière de la famille, après une série d'années peu fructueuses, le père Barbeau, profitant d'une offre de son voisin de prendre un des deux jumeaux à son service, décide qu'il est temps de les séparer. La nouvelle chagrine fort les jumeaux, alors âgés de quatorze ans. Ils se mettent d’accord pour que Landry, légèrement plus fort et moins sensible, soit placé chez le père Caillaud à la Priche. Landry part secrètement le matin pour ne pas chagriner trop son frère. Le soir, Sylvinet va le voir, triste de ne pas avoir été prévenu. Il le devient encore plus lorsque son frère ne le serre pas dans ses bras lors de leurs retrouvailles, alors qu'il en avait envie mais ne voulait pas paraître ridicule et sentimental devant ses nouveaux hôtes.

Le temps passe. Landry s’accoutume à sa nouvelle situation, mais l’ennui et le chagrin de Sylvinet augmentent, si bien qu’un jour, il s’enfuit et ne revient pas. Alarmé, Landry part à sa recherche, en vain.

Illustration d'une réédition du roman illustrée par Tony Johannot et Maurice Sand en 1851.

Après avoir visité toutes leurs cachettes d'enfance et épuisé toutes ses idées sur la possible localisation de son frère, Landry se résout à demander de l'aide à la vieille Fadet que la rumeur locale dit sorcière, mais celle-ci refuse non seulement de l'aider mais le rejette car les bessons ont été mis au monde par la mère Sagette et non elle. Dépité, il envisage de rentrer lorsque Fanchon Fadet, une fille laide, mal élevée et mal habillée, l'interpelle. Elle est la petite-fille de la vieille Fadet qui s'occupe d'elle et de son frère depuis que leur mère est partie, vraisemblablement pour suivre une troupe de soldats, et que leur père est mort du chagrin et de la honte de ce départ. Surnommée « la Petite Fadette » ou « Grelet » ou « Fanchon », elle est également prise pour une graine de sorcière. Elle lui indique l’endroit où son frère se cache en échange de la promesse d'obtenir de Landry ce qu’elle voudra. Landry veut tellement voir son frère qu'il accepte et finit par retrouver son frère en suivant les indications de la petite Fadette.

Les jumeaux rentrent à la maison sans que Landry ne révèle à son frère la peur qu’il lui a causée, pour ne pas risquer d'aggraver son chagrin. Après l’accueil froid fait par ses parents à Sylvinet, Landry rentre à la Priche, soucieux de la promesse faite à la Petite Fadette.

Le Grelet, cependant ne vient pas durant toute la saison réclamer sa récompense à Landry qui, lui, tente de l’éviter. Un an plus tard, par une nuit sombre, Landry, qui veut rentrer chez lui, se trompe de chemin, perturbé par la présence d'un feu follet au niveau du gué, et manque de peu de se noyer. La Petite Fadette l’aide à passer la rivière. Landry, n’étant pas ingrat, la remercie. Fadette lui reproche de ne l’avoir même pas remerciée de son aide lors de l'affaire avec Sylvinet, elle qui ne voulait pas d'argent.

Elle exige de Landry, qui veut réparer son erreur, de danser avec elle sept fois pendant la fête du lendemain, la Saint Andoche, et de ne danser avec aucune autre fille. D'abord heureux de s'en tirer à si bon compte, il réalise qu'il ne va pas pouvoir danser avec la Madelon, la nièce du père Caillaud, qu'il courtise depuis quelque temps. Il tient malgré tout sa promesse et constate que la Madelon ne cherche même pas à comprendre et préfère danser avec d'autres garçons alors qu'il en est lui-même bouleversé. Landry et la Madelon finissent par se disputer et Landry décide d'inviter la petite Fadette à danser au milieu de la place pour montrer à la Madelon qu'il n'a pas besoin d'elle. Les gens se moquent de ce couple, et pour défendre la petite Fadette, qu'il ne trouve pas si mauvaise, Landry réprimande les moqueurs et les commères, puis il danse encore avec elle.

Landry rentre chez ses parents et raconte son aventure de la veille à son besson, qui estime que la Petite Fadette lui a joué un tour de sa sorcellerie pour l’humilier pendant la fête du village en le forçant à danser avec elle. Le soir même pour rentrer à la Priche, il emprunte, suivant le conseil de Sylvinet, un autre chemin qui ne passe pas par le gué près duquel il avait croisé le feu follet, tout proche de la maison de la Petite Fadette. Mais, sur le chemin, il entend tout à coup des pleurs et des gémissements. Courageux, et ne voulant laisser personne en danger, il cherche à savoir si quelqu'un a besoin d'aide et finit par trouver Fanchon qui pleure de honte des malheurs qu’elle lui a causés, notamment de l'avoir brouillé avec la Madelon.

S'ensuit une longue discussion entre Landry et la petite Fadette au cours de laquelle Landry révèle ses défauts au Grelet parce qu'il veut l'aider à se faire des amis au village. Ne s'étant jamais rendu compte des qualités humaines de la petite Fadette et de la méchanceté gratuite que tout le monde lui témoigne, il lui parle en toute honnêteté, ce qui impressionne la jeune fille. Se rendant compte qu'il a oublié d'embrasser la Fanchon à la fête, comme cela était la tradition, il essaie de force mais se repent dès qu'il se rend compte que la Fadette ne veut pas. Ils ne se revoient que le dimanche suivant. Elle a accommodé ses vêtements et paraît plus belle que d’habitude.

Une année passe, pendant laquelle la Petite Fadette, qui n’est pas parvenue à changer l’opinion des gens à son égard, rencontre secrètement Landry. La Madelon, qui les surprend un jour alors qu'elle tente elle-même de cacher ses rapports avec le Cadet Caillaud, tout en restant éloignée de l’affaire, fait savoir dans toute la région l’amitié de Landry et Fanchon par jalousie ou vengeance. La nouvelle arrive aux parents de Landry qui le réprimandent et lui reprochent cette amitié. Sylvinet est très jaloux et tombe malade à cause de cette jalousie.

Fanchon et Landry. Illustration de Tony Johannot et Maurice Sand pour la réédition illustrée de 1851.

La Petite Fadette s'en va demeurer en ville pour se faire une autre vie et une autre réputation dans l'espoir de revenir et de pouvoir être considérée plus digne de l’amour qu’elle a pour Landry. Juste avant de partir, Landry demande à Fanchon si elle l'aime, elle lui répond que oui et ils s’embrassent, ils s'aiment tous les deux et ils le savent. Sylvinet, égoïste, se réjouit du départ de la Petite Fadette, mais tombe malade aussitôt que son frère se rapproche de lui. Alors, il est décidé d’éloigner les deux bessons, comme l’a recommandé la mère Sagette, la sage-femme, présente à leur naissance.

Landry est donc envoyé dans une dépendance du père Caillaud à Arthon. Trois mois après le départ de Landry, après un an d’absence, la petite Fadette revient soigner sa grand-mère, atteinte de paralysie, qui meurt peu après en lui laissant une très grande fortune. Elle en informe le père Barbeau à qui elle demande de lui compter sa fortune héritée de sa grand-mère qui a gagné beaucoup, mais très peu dépensé, et aussi de la gérer sans que personne n’en connaisse le propriétaire.

Landry, venu voir sa bien-aimée en cachette, lui présente ses sympathies et lui demande de guérir l’âme de son besson. La mère Barbeau demande elle aussi, selon le conseil de la tante de la Petite Fadette, de guérir Sylvinet de sa fièvre, ce qu'elle fait. Le père Barbeau, peu satisfait de la réputation locale de la petite Fadette, mandate quelques enquêtes secrètes à Château-Meillant, la ville où était partie Fanchon. Les conclusions s'avèrent très favorables à Françoise Fadet. Sachant la sincérité et l’honnêteté de l'amour de la jeune fille pour Landry qui ne connaît rien de la richesse de sa bien-aimée, le père décide de leur accorder le droit de se marier.

Cependant, Sylvinet retombe malade, et la Petite Fadette entreprend de lui révéler ses défauts en le réprimandant et refait de même le lendemain mais avec douceur. Elle arrive ainsi à gagner la confiance et l’amitié de Sylvinet qui retrouve sa bonne santé et consent au mariage. Le mariage de Landry et Fanchon, qui est maintenant riche, se fait en même temps que celui de sa sœur Nanette avec Cadet Caillaud, devenu le meilleur ami de Landry. Le petit Jeanet, le frère de Fanchon, demeure tranquillement avec sa sœur. Sylvinet, qui envie trop son frère, et qui semble avoir développé une passion indicible pour sa belle-sœur, s’engage dans l’armée, espérant mourir au combat, pour laisser vivre tranquillement son besson avec Fanchon.

Histoire éditoriale[modifier | modifier le code]

La Petite Fadette paraît en deux volumes à Paris chez les libraires-éditeurs Michel Lévy frères, en 1849[1]. En 1851 paraît une réédition en un volume illustrée par Tony Johannot et Maurice Sand, à Paris, également aux éditions Michel Lévy frères[2].

Thème[modifier | modifier le code]

Les thèmes du roman sont la gémellité, la vie à la campagne, l'amour, les divergences sociales et aussi la sorcellerie. Fadet, Fadette sont des mots dérivés du mot fée, fada en occitan, qui provient du latin Fata.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Adaptation au théâtre[modifier | modifier le code]

George Sand elle-même adapte La Petite Fadette sous la forme d'un opéra comique en trois actes et cinq tableaux, sur une musique de Théodore Semet et une mise en scène de M. Mocker. L'opéra est créé à Paris au théâtre de l'opéra comique le 15 septembre 1869, puis publié à Paris aux éditions Michel Lévy frères la même année[3].

Adaptations à la télévision[modifier | modifier le code]

En 1979, le roman est adapté en un téléfilm réalisé par Lazare Iglesis, avec Françoise Dorner, Patrick Raynal et Jean-Michel Dupuis dans les rôles principaux.

En 2004, un nouveau téléfim librement basé sur le roman est réalisé par Michaëla Watteaux, avec Mélanie Bernier, Jérémie Renier et Maximilien Muller.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La première édition du roman numérisée sur Gallica (portail de la Bibliothèque nationale de France) : volume 1 et volume 2. Document consulté le 16 avril 2017.
  2. Réédition de La Petite Fadette illustrée chez Calmann-Lévy en 1851 sur Gallica. Page consultée le 16 avril 2017.
  3. L'opéra comique La Petite Fadette sur Gallica (portail de la Bibliothèque nationale de France). Informations figurant sur la couverture et la page de titre. Document consulté le 16 avril 2017.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Robert, La petite-fille de la sorcière : enquête sur la culture magique des campagnes au temps de Georges Sand, Paris, Les Belles Lettres, 2015. (ISBN 978-2-251-44530-4)
  • Pierre Vermeylen, Les idées politiques et sociales de George Sand, Bruxelles, éditions de l'Université de Bruxelles, 1984. (ISBN 2-8004-0842-1)
  • Marie-Louise Vincent, La langue et le style rustiques de George Sand dans les romans champêtres, thèse complémentaire présentée à la Faculté des lettres de l'Université de Paris, Paris, E. Champion, 1916.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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  • La première édition du roman numérisée sur Gallica (portail de la Bibliothèque nationale de France) : volume 1 et volume 2
  • Speaker Icon.svg (fr) Livre audio mp3 gratuit La Petite Fadette de George Sand.