La Part d'ange en nous

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

La Part d'ange en nous
Histoire de la violence et de son déclin
Auteur Steven Pinker
Version originale
Langue anglais
Titre The better angels of our nature: Why violence has declined
Éditeur Viking Books
Date de parution 2011
ISBN 978-0-670-02295-3
Version française
Traducteur Daniel Mirsky
Éditeur Les Arènes
Lieu de parution Paris
Date de parution 2017
ISBN 978-2352046776

La Part d'ange en nous (The better angels of our nature) est un ouvrage de Steven Pinker publié en anglais en 2011 et traduit en français en 2017[1].

Thèse[modifier | modifier le code]

Dans cet ouvrage, Pinker démontre que la violence a diminué sur plusieurs échelles : tant au niveau de la durée des conflits que leur ampleur. Cela concerne aussi bien les guerres tribales, que les homicides, ou les châtiments cruels, la maltraitance des enfants, la cruauté envers les animaux, les violences domestiques, le lynchage, les émeutes dirigées contre une minorité, ou encore les guerres civiles et entre nations.

Pinker considère qu'il est peu probable que la nature humaine (la nature biologique de l'homme) ait changé. Il pense qu'il est plus probable que la nature humaine inclue les penchants pour la violence, mais également « les bons anges de notre nature », les penchants s'opposant à la violence. Il décrit six « grands facteurs historiques du déclin de la violence » qui ont tous leurs propres causes sociologiques / culturelles / économiques[2]:

  1. « Le processus de pacification » - la montée de systèmes de gouvernement organisés est en corrélation avec le déclin des morts violentes. Comme les États s'étendent, ils empêchent les luttes tribales, ce qui réduit les pertes.
  2. « Le processus civilisateur » - la consolidation des États et des royaumes centralisés dans toute l'Europe se traduit par l'augmentation de la justice pénale et des infrastructures commerciales. Cette organisation a permis de remplacer le chaos des systèmes précédents qui pouvait conduire à des raids et des violences de masse.
  3. « La révolution humanitaire » - Le XVIIIe au XXe siècle abandonne la violence institutionnalisée par l'État (le supplice de la roue, le bûcher). Un changement probablement dû à l'alphabétisation de masse qui a suivi l'invention de l'imprimerie. Un progrès qui aurait permis au prolétariat de questionner la sagesse conventionnelle.
  4. « La longue paix » - On imaginait au XXe siècle que cette période serait la plus sanglante de l'histoire. Elle sera au contraire une période largement pacifique : 65 années de paix depuis après la Première et la Seconde Guerre mondiale. Les pays développés ne font plus la guerre (entre eux, et dans les colonies), ils adoptent la démocratie, ce qui conduit à un déclin massif (en moyenne) des décès.
  5. « La nouvelle paix » - la baisse des conflits organisée de toutes sortes depuis la fin de la guerre froide.
  6. « Les révolutions des droits » - La réduction de la violence systémique à plus petite échelle contre les populations les plus vulnérables (les minorités raciales, les femmes, les enfants, les homosexuels, les animaux).

Réception[modifier | modifier le code]

Le livre a été salué par de nombreux critiques et commentateurs, qui ont trouvé convaincants ses arguments et sa synthèse d'un grand volume de preuves historiques[3],[4],[5],[6],[7]. Il a également suscité des critiques sur une variété de motifs. Certains se sont demandé si le nombre d'homicides par habitant était une mesure appropriée, si Pinker ne s'était pas laissé aveugler par son athéisme, s'il ne cherchait pas à remettre en question les guidances morales. On lui reprochera aussi « d'avoir focalisé de manière trop excessive sur l'histoire Européenne » (bien que le livre couvre d'autres domaines), ou aussi « l'interprétation des données historiques », et encore l'image peu idyllique qu'il donne des peuples autochtones[8],[9],[10],[11],[12],[13],[14],[15],[16].

Une vision moins étriquée du monde, mais surtout de l'Histoire renverse la thèse de Pinker : « L'anthropologie comparée montre clairement que la sédentarisation des humains puis la civilisation accentuent la fréquence des guerres, leur degré d'organisation et leur violence, mesurée à l'aune du nombre de morts. Des études quantitatives ont révélé que la moitié des actes de guerre des peuples primitifs étaient accomplis de manière relativement sporadique, inorganisée et ritualisée, et peu sanglante, […] alors que toutes les civilisations dont l'histoire nous a été transmise par écrit se sont livrées, de manière routinière, à des guerres très organisées et sanglantes. »[17]

On peut également reprocher une vision étriquée de la violence qui ne prend pas en compte l'oppression, les méfaits de la colonisation, le creusement des inégalités de revenu, …[Interprétation personnelle ?]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La part d'ange en nous, Les Arènes, 2017 (ISBN 978-2352046776).
  2. (en) Steven Pinker, « The Decline of Violence », IAI (consulté le )
  3. (en) John Horgan, « Will War Ever End? Steven Pinker’s new book reveals an ever more peaceable species: humankind », Slate Magazine,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Neil Boyd, « The Empirical Evidence for Declining Violence », The Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  5. (en) Samuel Brittan, « The Better Angels of Our Nature: The Decline of Violence in History and its Causes by Stephen Pinker », The Spectator,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Scott Coffman, « Book Review: “The Better Angels of Our Nature” », Courier Journal,‎ (lire en ligne)
  7. (en) Marek Kohn, « Book Review: “The Better Angels of Our Nature: The Decline of Violence in History and its Causes”, By Steven Pinker », The Independent, Royaume-Uni,‎ (lire en ligne)
  8. (en) R Epstein, « Book Review », Scientific American,‎ (lire en ligne)
  9. Neil Boyd, « The Empirical Evidence for Declining Violence », The Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  10. (en) John Gray, « Delusions of peace », Prospect Magazine, Royaume-Uni,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Edward S. Herman et David Peterson, « Steven Pinker on the alleged decline of violence », International Socialist Review, no 86,‎ (lire en ligne)
  12. (en) Elizabeth Kolbert, « Peace In Our Time: Steven Pinker's History of Violence in Decline », The New Yorker,‎ (lire en ligne)
  13. (en) Steven Pinker, « Frequently Asked Questions about The Better Angels of Our Nature: Why Violence Has Declined », sur stevenpinker.com,
  14. (en) Ben Laws, « Against Pinker's Violence », Ctheory,‎ (lire en ligne)
  15. (en) « The Big Kill – By John Arquilla », Foreign Policy,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. (en) Stephen Corry, « The case of the “Brutal Savage”: Poirot or Clouseau?: Why Steven Pinker, like Jared Diamond, is wrong », sur Survival International (consulté le ) (Summary at The myth of the “Brutal Savage”)
  17. (en) Michael Mann, « The Sources of Social Power, Volume 1: A History of Power from the Beginning to AD 1760 », Cambridge, (ISBN 9780511570896), p. 48

Liens externes[modifier | modifier le code]