La Pêche miraculeuse (Witz)

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La Pêche miraculeuse
Konrad Witz 008.jpg
Artiste
Date
Technique
Détrempe sur bois
Dimensions (H × L)
132 × 154 cm
Localisation
Numéro d’inventaire
1843-0011Voir et modifier les données sur Wikidata

La Pêche miraculeuse est une peinture de Konrad Witz réalisée en 1444 pour la cathédrale de Genève.

Description[modifier | modifier le code]

Ce tableau faisait partie d'un retable polyptyque qui se trouvait anciennement dans le chœur de la cathédrale de Genève. Ce retable a probablement été détruit en partie en août 1535, à l'occasion de troubles iconoclastes en marge de l'introduction de la Réforme protestante. Les épaves de ce retable réapparaissent au XVIIIe siècle. Les deux volets qui subsistent, d'abord conservés dans l'ancien arsenal de la ville, ont été transférés à la Bibliothèque en 1732, puis déposés au Musée Rath en 1843, au Musée archéologique en 1870, puis enfin ont rejoint les collections du Musée d'art et d'histoire en 1908[1].

Ces deux panneaux, qui mesurent chacun 132 × 154 cm, sont en bois de sapin, peint sur les deux faces. Les faces extérieures représentent la scène communément appelée la Pêche miraculeuse (ce qui en fait n'est pas exact), et la Délivrance de saint Pierre. Les faces intérieures, peintes sur fond d'or, montrent l'Adoration des Mages et la Présentation du donateur à la Vierge. Ce retable porte une inscription sur le cadre qui permet une attribution et une datation précise. « Hoc opus pinxit magister Conradus Sapientis de Basilea MCCCCXLIIII », c'est-à-dire: « Cette œuvre a été peinte par Konrad Witz de Bâle, 1444 »[1].

La Pêche Miraculeuse (1444), illuste de manière très précise le paysage du Petit lac, c'est-à-dire de l'extrémité occidentale du lac Léman. On y voit au loin les Voirons, le Môle et le mont Salève. Il s'agit-là du « premier portrait topographique » de la peinture médiévale, c'est-à-dire le premier tableau, dans l'histoire de l'art, intégrant une scène biblique dans un paysage réel réaliste[1].

Ce tableau, que l'historien de l'art Florens Deuchler intitule plutôt L'appel de saint Pierre, synthétise plusieurs récits évangéliques : l’apparition de Jésus au bord du lac (Évangile selon Jean 21:1-14), la Pêche miraculeuse (Évangile selon Luc 5:4-11) et Jésus marchant sur les eaux (Évangile selon Matthieu 14:24-33). Saint Pierre se jette de la barque pour aller vers Jésus qui marche sur l'eau. Les apôtres remontent un filet rempli de poissons, mais celui-ci, assez peu rempli, ne se rompt pas, contrairement au récit de la pêche miraculeuse. Il faut ajouter encore une autre source: la vocation, ou l'appel des premiers disciples (Évangile selon Matthieu 4:18-20), puisque seuls deux des pêcheurs réagissent à l'appel du Christ[1].

Le paysage représente le lac Léman peint depuis Genève, les Voirons sur la gauche, le Môle au centre devant le Mont-Blanc enneigé et le Petit Salève sur la droite. On voit sur la droite les bases en pierre du château de l'île et les maisons sur pilotis de cette époque.

Au premier plan, le Christ porte un manteau rouge, couleur de la papauté. Les jambes de saint Pierre sont déformées sous l'effet de l'eau. Ce phénomène de la réfraction apparaît pour la première fois dans une peinture.

Le tableau est intéressant aussi en ce qu'il montre, au premier plan, sous l'eau, des vestiges d'anciennes carrières sous-lacustres[2].

Il est difficile d'interpréter la signification symbolique de ce tableau, dont le commanditaire passe généralement pour être François de Metz, moine bénédictin et abbé de Saint-Claude, évêque de Genève de 1426 jusqu'à sa mort en mars 1444. Cet évêque n'ayant fait que des séjours épisodiques à Genève, Florens Deuchler voit plutôt le commanditaire en la personne du duc de Savoie Amédée VIII, devenu le pape Félix V, après son élection en 1439 par le Concile de Bâle[1].

Le tableau a fait l'objet d'une restauration en 2011 et 2012, grâce au soutien de la Fondation Hans Wilsdorf.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Florens Deuchler, Konrad Witz, la Savoie et l'Italie. Nouvelles hypothèses à propos du retable de Genève. in Revue de l'art 71, S. 7–16. Paris, Ed. du Centre national de la Recherche Scientifique, 1986 (voir Persée)[2].
  • La Pêche miraculeuse de Konrad Witz : Visions dynamiques des peintures du retable de Genève, Notari (éditions) (2 mai 2011), 237 pages (ISBN 2-940408-27-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Florens Deuchler, Konrad Witz, la Savoie et l'Italie. Nouvelles hypothèses à propos du retable de Genève. in Revue de l'art 71, S. 7–16. Paris, Ed. du Centre national de la Recherche Scientifique, 1986.
  2. Walter Wildi, Pierre Corboud, Stéphanie Girardclos, Georges Gorin, Visite géologique et archéologique de Genève, p. 46, « Les carrières sous-lacustres du Vieux-Genève à Chambésy »[1]

Liens externes[modifier | modifier le code]