La Notion d'esprit

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Notion d'esprit (The Concept of Mind) est une œuvre du philosophe anglais Gilbert Ryle, publiée en 1949. Ce livre est considéré comme l'œuvre fondatrice de la philosophie de l'esprit, et elle a exercé une influence profonde et durable sur l'ensemble de la philosophie anglo-saxonne. Il s'agit d'une critique de ce que Ryle appelle le dualisme cartésien, et, par extension, des deux théories contraires que sont le matérialisme et l'idéalisme. S'opposant à la conception mentaliste du langage, Ryle défend dans cet ouvrage un behaviorisme logique (qui ne doit pas être confondu avec le behaviorisme ontologique et psychologique de B. F. Skinner).

Matérialisme et idéalisme[modifier | modifier le code]

Pour Ryle, matérialisme et idéalisme pêchent de façon inverse: le matérialisme opèrerait une réduction des états mentaux aux états physiques (voir physicalisme), tandis que l'idéalisme réduirait le monde matériel aux états mentaux. Or ces deux positions antinomiques présupposeraient, selon Ryle, la disjonction exclusive « soit il existe des corps, soit il existe des esprits. »

Critique du cartésianisme[modifier | modifier le code]

Ryle y explique les erreurs fondamentales inhérentes selon lui au dualisme cartésien (la doctrine reçue) et à une grande partie des philosophes occidentaux des XVIIe siècle et XVIIIe siècle. Pour Ryle, l'erreur première est une erreur de catégorie qu'il illustre par cet exemple : un étudiant visite une université : la bibliothèque, les laboratoires, la salle de sport, etc. À la fin, il demande : « mais où est l'université ? », comme s'il s'agissait d'une localisation différente, semblable aux lieux visités. Or, selon Ryle, l'erreur de catégorie porte sur la confusion des sens que l'on donne au terme existence ; en effet, on ne peut dire : il existe une bibliothèque, des laboratoires, etc. et une université ; cela revient à placer sur le même plan d'existence deux types de choses que l'on ne comprend jamais ainsi : de fait, l'université est l'organisation de ses éléments, elle n'est pas un élément d'elle-même.

Descartes ferait la même erreur en considérant le corps et l'âme comme deux substances réellement distinctes (bien que composées en un même individu), et il devient nécessaire de reprendre la « géographie logique de la connaissance que nous en possédons déjà. »

Éditions[modifier | modifier le code]