La Nef (entreprise)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la société financière. Pour la revue mensuelle, voir La Nef (revue). Pour les autres sens, voir La Nef.
La Nef
logo de La Nef

Logo de La Nef

Création 1988
Fondateurs Henri Nouyrit
Jean-Pierre Bideau
Forme juridique Coopérative
Slogan « Pour que l'argent relie les Hommes  »
Siège social Drapeau de France Vaulx-en-Velin (Rhône-Alpes(France)
Direction Jean-Marc de Boni (président du directoire)
Sociétaires 35 900[1] (2015)
en augmentation + 2 434
Activité Finances solidaires
Sociétés sœurs Enercoop
Biocoop
Les Nouveaux Robinson
Terre de Liens
Banca Popolare Etica
Effectif 84 salariés
Site web www.lanef.com
Bilan comptable 447 millions €[1] (2015)

La Nef est une coopérative de finances solidaires dont le siège social se trouve à Vaulx-en-Velin (Rhône-Alpes). Elle finance uniquement des projets écologiques et d'économie sociale et solidaire. Agréée depuis 1988 pour collecter de l’épargne et proposer des crédits, elle est désormais en train de se transformer en banque de plein exercice, à la manière des banques éthiques européennes dont elle s'est inspirée depuis ses débuts (GLS (de) en Allemagne, puis Triodos aux Pays-Bas).

Historique[modifier | modifier le code]

L'association[modifier | modifier le code]

La Nef est d'abord créée sous forme associative en 1978[2], l’association La NEF (Nouvelle économie fraternelle), par Jean-Pierre Bideau (alors enseignant dans une école Steiner-Waldorf et président de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf), et Henri Nouyrit (agriculteur-éleveur et parent d'élève dans une école Steiner-Waldorf)[3] : ils se sont inspirés d'autres banques éthiques européennes déjà existantes (GLS (de) fondée en 1974 en Allemagne, puis Triodos fondée en 1980 aux Pays-Bas), et de la pensée économique et sociale de Rudolf Steiner[4].

Leur premier objectif était de pouvoir proposer des prêts aux écoles Steiner-Waldorf qui souhaitaient se créer ou se développer, mais l'association a tout de suite financé d'autres projets :

« Le premier projet financé est un agriculteur en biodynamie qui avait besoin de matériel pour sa production. Les financements suivants seront des projets qui ne trouvaient pas de réponse de financement dans le circuit bancaire classique, car leur objet était trop alternatif (...). On trouve par exemple des producteurs en agriculture biologique ou biodynamique, des écoles alternatives (Steiner, Waldorf, Montessori), des projets collectifs de type Ardelaine coopérative visant à restaurer en Ardèche une filière de la laine et permettant le développement local de la vallée), ou encore des communautés de vie issues du mouvement de retour à la terre[5]. »

La société financière[modifier | modifier le code]

La loi bancaire de 1984 contraint ensuite l’association à poursuivre ses activités de prêt sous une autre forme juridique : à l'initiative de 650 coopérateurs, la société financière anonyme coopérative La Nef est créée en 1988 et présidée par Henri Nouyrit, tandis que l'association poursuit des activités de don. Le premier siège social était installé à Bourbon-l'Archambault (Auvergne).

À partir de 1993, en plus de la gestion directe et autonome de l’épargne collectée sur des comptes de dépôts à terme, un partenariat avec le Crédit coopératif permet à La Nef de disposer en partie des fonds placés sur des comptes courants.

Projet de création d'une banque[modifier | modifier le code]

Pour acquérir son indépendance vis-à-vis de son partenaire le Crédit Coopératif, entre temps rattaché au groupe Banque populaire, La Nef a impulsé un projet de création d'une banque éthique coopérative européenne avec d'autres partenaires italiens (Banca Popolare Etica) et espagnols (Fiare (es)). Ces différents partenaires ont adopté en mai 2008 un « manifeste pour une banque éthique européenne » qui se donne pour objectif de :

« promouvoir un nouveau mode de relations économiques (en particulier financières) au sein de la société, en donnant une place prépondérante à l’éthique, à l’exercice de la responsabilité et à l’intérêt pour l’autre[6].  »

À la suite du retrait du partenaire italien et à l'abandon de ce premier projet en 2010[7], un nouveau projet de création d'une banque éthique uniquement à l'échelle de la France a été développé. Les statuts de la Nef ont été modifiés en ce sens à l'occasion d'une AG extraordinaire des sociétaires à Nantes le 24 mai 2014.

Les activités bancaires démarrent progressivement à partir de 2016, en priorité pour les entreprises et personnes morales. Dans un premier temps, les particuliers peuvent seulement ouvrir des livrets : la possibilité d'ouvrir des comptes courants et d'utiliser des moyens de paiement est annoncée pour 2017.

Autres projets et partenariats[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, La Nef a aussi développé ses propres activités de finance participative sur internet : "Prêt de chez moi" en 2013 pour les prêts [8], puis "zeste.coop" en 2016 pour les dons.

Depuis sa création en 2001, La Nef est membre de la Fédération européenne des banques éthiques et alternatives (FEBEA) et de l'Association internationale des investisseurs en économie sociale (INAISE), toutes deux basées à Bruxelles (Belgique).

Valeurs[modifier | modifier le code]

Transparence[modifier | modifier le code]

La principale valeur défendue par La Nef est la transparence : chaque année, l'ensemble des sociétaires reçoit la liste intégrale et détaillée des prêts débloqués (montant, durée, coordonnées de l'emprunteur, évaluation environnementale et sociale, présentation du projet et de la motivation à le soutenir). Les épargnants qui choisissent de placer leur argent sur des comptes de La Nef peuvent ainsi constater concrètement quels projets sont financés avec leur argent. Ils ont aussi la possibilité d'indiquer quels types de projets ils souhaitent soutenir à l'avenir : écologiques, sociaux ou culturels.

Cette conception de la transparence se retrouve dans l'un des slogans de La Nef : « Pour que l'argent relie les hommes ». C'est aussi le sens du mot fraternité dans l'acronyme d'origine, Nouvelle Économie Fraternelle, qui fait référence aux analyses économiques de Rudolf Steiner[4] : « la grande majorité des banques éthiques européennes sont inspirées de ces idées » comme l'a souligné Jacky Blanc, alors président du directoire de La Nef[9].

Écologie[modifier | modifier le code]

La Nef a dès ses débuts soutenu des projets écologiques, notamment d'agriculture biodynamique, inspirée de Rudolf Steiner. L'ensemble des valeurs défendues par La Nef ont rapidement attiré de nombreux écologistes parmi les nouveaux sociétaires, orientant ainsi les choix de prêts non seulement vers l'agriculture biodynamique mais plus largement vers tous les projets écologiques : agriculture biologique, magasins bios, développement des énergies renouvelables, éco-construction… La Nef soutient notamment des projets de Biocoop, Nouveaux Robinson, Enercoop, Terre de Liens, etc[10].

Coopérative[modifier | modifier le code]

La Nef affiche un fonctionnement coopératif et en particulier une participation des sociétaires selon le principe « une personne = une voix ». La mobilisation des sociétaires permet effectivement que leur voix soit prépondérante, avec moins de la moitié des votants qui se contentent de donner pouvoir au président : par exemple, lors de l'Assemblée générale de 2010, sur 4 947 votants, il y avait 279 sociétaires présents ou représentés, 2 733 votes par correspondance et 1 935 pouvoirs au président[11].

Données chiffrées[modifier | modifier le code]

Année Nombre de sociétaires (au 31 décembre) Nombre de prêts débloqués Montant débloqué (millions €)
2004 11 315 162 7.95
2005 13 873 178 9.1
2006 16 259 264 13.9
2007 18 949 315 19.7
2008 21 467 282 22
2009 24 469[12] 270 21.3
2010 27 135[12] 236 16.5
2011 30 170[13] 239 20.2
2012 32 574[14] 242 36.2
2013 33 466[15] 222 23.5
2014 35 900[16] 239 21.5
2015 37 131[17] 265 26

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Chiffres clés
  2. 20 ans - 20 portraits, p. 51
  3. Calmé 2012, p. 31 sqq.
  4. a et b Voir en particulier : Rudolf Steiner, Cours d'économie et séminaire, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, 2004.
  5. Baché, Naszalyi 2011, p. 251.
  6. Manifeste pour une Banque Éthique Européenne
  7. Article du Monde, 17 mars 2016
  8. Prêt de chez moi
  9. Article Libération, 7 décembre 2010
  10. Nos partenaires - lanef.coop
  11. Vif-argent no 53, été 2010.
  12. a et b « Rapport annuel 2010 » [PDF], sur lanef.com,‎ (consulté le 23 juin 2015)
  13. « Rapport annuel 2011 » [PDF], sur lanef.com,‎ (consulté le 23 juin 2015)
  14. « Rapport annuel 2012 » [PDF], sur lanef.com,‎ (consulté le 23 juin 2015)
  15. « Rapport annuel 2013 » [PDF], sur lanef.com,‎ (consulté le 23 juin 2015)
  16. « Rapport annuel 2014 » [PDF], sur lanef.com,‎ (consulté le 23 juin 2015)
  17. « Rapport annuel 2015 » [PDF], sur lanef.com,‎ (consulté le 19 mars 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Baché, Philippe Naszalyi (coordonné par) et al., L'autre finance. Existe-t-il des alternatives à la banque capitaliste ?, Éditions du Croquant, , 323 p.
  • Nathalie Calmé, Economie fraternelle et finance éthique. L'expérience de La Nef, Éditions Yves Michel, , 301 p.
  • La Nef, 20 ans - 20 portraits de coopérateurs, La Nef, , 52 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]