La Mort heureuse

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La Mort heureuse
Auteur Albert Camus
Pays France
Genre Roman
Éditeur Gallimard
Date de parution
Nombre de pages 231
ISBN 2-07-027789-5

La Mort heureuse est le premier roman d'Albert Camus écrit entre 1936 et 1938 et resté inédit jusqu'à sa mort. Il paraît le aux éditions Gallimard[1].

Genèse du roman[modifier | modifier le code]

La Mort Heureuse précède l'une des œuvres les plus célèbres d'Albert Camus, L'Étranger, publiée en 1942. Le personnage principal du roman s'appelle « Patrice Mersault », semblable au personnage principal de L'Étranger, qui se dénomme « Meursault ». Les deux sont des greffiers français exerçant en Algérie durant la colonisation française. Chacun d'eux tue un homme et, pour des raisons différentes, n'éprouve pas de remords. Le texte de Une mort heureuse est écrit à la troisième personne, alors que celui de L'Étranger est écrit à la première personne.

L'écriture du roman est entreprise vers 1936, à l'époque où Albert Camus, qui a vingt-trois ans, écrit L'Envers et l'Endroit et Noces[2]. L'auteur en abandonnera l'écriture bien que largement terminée, pour se consacrer à L'Étranger. Albert Camus a commencé à prendre des notes pour La Mort heureuse dès l'année 1936[3],[4]. Il dit lui-même que le principal défaut était d'être son premier roman. L'auteur déclare avoir voulu aborder trop de sujets à la fois, sans connaître clairement ses intentions, voulant tout dire, tout envisager. C'est aussi un roman fortement autobiographique où se reconnaît son itinéraire de jeunesse. Albert Camus ne parvient pas vraiment à s'extraire notamment de ces souvenirs qui prennent le pas sur la maîtrise de sa pensée. Ainsi, se retrouvent le quartier populaire de Belcourt où Camus passa sa jeunesse, la bataille de la Marne où mourut son père, la tuberculose qu'il traîna toute sa vie, le voisin tonnelier sourd et à demi muet qui n'est autre que son oncle[5] et la présence de l'expression « la maison devant le monde » donnée à son habitation qu'il partage avec ses trois jeunes amies. Le héros est « conscient et pourtant étranger, dévoré de passion et désintéressé » et se remarque l'identité patronymique entre « Patrice Mersault » et le « Meursault » de L'Étranger.

Le roman paraît seulement en 1971 soit onze ans après la mort de son auteur dans la collection « Cahier Albert Camus », dont il constitue le premier numéro, aux éditions Gallimard[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

Patrice Mersault, un employé assez pauvre rencontre un riche infirme, Zagreus, par l'intermédiaire de Marthe qui aura été leur maîtresse. Zagreus, qui a eu une ambition de vie riche avant son accident, ne supporte plus son handicap. Il a donc préparé son suicide mais n'a pas trouvé la force de le concrétiser. La rencontre entre Mersault et Zagreus et la discussion qui devient assez intime va permettre à ce dernier de le convaincre Mersault d'exécuter le meurtre pour une grosse somme d'argent. La théorie de Zagreus est de considérer que le crime est acceptable s'il est un moyen permettant d'accéder au bonheur. Après réflexion, Mersault le tue avec l'arme de l'infirme, arrange la scène de façon convaincante et prend la fuite avec le magot. Le meurtre n'est pas découvert et, sans remord, l'esprit tranquille « Sans colère et sans haine, il ne connaissait pas de regret » Mersault part en voyage, visite Prague et Gênes avant de revenir à Alger. dans cette « Maison devant le monde » sur les hauteurs d'Alger, Mersault y connaît une certaine forme de bonheur, avec celles qu'il appelle « les trois petites bourriques »[6].

Mersault construit sa nouvelle vie avec la volonté d'accéder au bonheur, son bonheur, suivant l'idée qu'il construit pas à pas. Liberté, autonomie, volonté, contemplation, joie. Il "aime" Marthe qui le lui rend bien, mais en épouse une autre moins attachée à lui, Lucienne. Il part s'installer seul dans le 'Chenoua', « à quelques kilomètres des ruines de Tipasa », dans une maison face à la mer où il peut admirer son cher Tipasa. Mais cette vie de solitude volontaire et de recherche du bonheur ne dure pas. Il tombe malade et, malgré les soins prodigués par le médecin, lui aussi en quête de vie heureuse, et la présence empathique de Lucienne, il meurt.

Éditions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La Mort heureuse, éditions Gallimard, consulté le 4 juin 2020.
  2. La Mort heureuse, Éditions Gallimard, (ISBN 978-2-07-040246-5), p. 7
    Présentation proposée par Agnès Spiquel
  3. Camus tient régulièrement des Carnets qui sont le laboratoire de son œuvre
  4. Camus 2010, p. 7
  5. Références qu'il reprendra dans la nouvelle Les Muets incluse dans l'ouvrage L'Exil et le Royaume ou dans le roman Le Premier Homme
  6. Camus la connaît bien pour y avoir résidé durant sa jeunesse

Annexes[modifier | modifier le code]

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