La Montagne (chanson)

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La Montagne
Single de Jean Ferrat
extrait de l'album La Montagne (album)
Face A La Montagne
Hourrah
Face B Autant d'amour autant de fleurs
Que serais-je sans toi
Sortie 1964
Enregistré Drapeau : France
Durée 3 min 01
Format Maxi 45 tours
Auteur Jean Ferrat
Compositeur Jean Ferrat
Label Barclay 70.735

La Montagne est une chanson française composée, écrite et interprétée par Jean Ferrat, extraite de l'album studio éponyme et sortie en 1964. Il s'agit de son titre le plus célèbre[1].

Genèse[modifier | modifier le code]

Amoureux de l'Ardèche, Jean Ferrat compose La Montagne à la fin de l'été 1964 durant un séjour à Antraigues-sur-Volane[2] où il finit par s'installer en 1973[3]. Ce lieu lui sert de source d'inspiration pour cette chanson, que les habitants de la commune se sont d'ailleurs réappropriée en la surnommant « notre chanson »[4].

En 1964, Jean Ferrat achète une maison en mauvais état à Antraigues. Durant les travaux de rénovation, il loge à l'auberge Lo Podello, tenue par l'artiste Hélène Baissade[5]. Selon cette dernière, il écrit les paroles de La Montagne dans cette auberge et compose la musique sur son piano[6]. Toutefois, le biographe Robert Belleret affirme qu'il s'agit d'une légende et qu'il a trouvé la mélodie sur sa guitare[7].

Dans une interview publiée le 5 janvier 1965 dans L'Humanité, le chanteur confie avoir écrit cette chanson pour sa femme Christine Sèvres[8], ce qu'il démentira par la suite[2]. Jean Ferrat dit avoir écrit cette chanson très rapidement : « En deux ou trois heures, j'en avais fait l'essentiel. Après j'ai fignolé[9],[10]. » Il explique l'avoir écrite « très facilement parce que c’est un contact vrai avec la réalité d’un pays [...] »[8].

Analyse[modifier | modifier le code]

Cette chanson a pour thème l'exode rural qui touchait la France à cette époque, en particulier celui des paysans ardéchois[11].

Elle a été qualifiée de « poétique »[4], mais aussi de « sociologique » et de « politique »[7]. Ferrat insiste sur la dimension politique : « La Montagne » est politique. […] Elle évoque quelque chose qui touche énormément les gens : l’abandon de la terre natale. […] Presque tous les Parisiens sont fils ou petit-fils de paysans, alors, il y a un pincement au cœur[4],[12]. » La chanson a été également été décrite comme la « première chanson écologiste », ce que réfute néanmoins le biographe Daniel Pantchenko : « À l'époque, quinze ans après la fin de la guerre, en plein essor de la fameuse société de consommation, qui est écolo ? Pas grand monde et certainement pas Jean Ferrat qui, aux côtés du PCF, inclut alors de façon implicite et globale l'avenir de la planète dans la lutte des classes... et qui, par corollaire, considérera comme « diviseur de la classe ouvrière » tout candidat indépendant de ce type à une élection[8]. » Jean Ferrat commente par ailleurs : « L’écologie, pour moi, ce n’est pas seulement la nature, les petits oiseaux, les fleurs, les châtaignes, c’est la vie des hommes dans ces lieux-là[4],[13]. »

Versions[modifier | modifier le code]

  • Wim Sonneveld a adapté la chanson en néerlandais en 1974 sous le titre Het Dorp (« Le Village »), en hommage à Deurne. Cette adaptation constitue désormais un classique du répertoire néerlandophone.

Reprises et adaptations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brierre 2010, p. 8.
  2. a et b Belleret 2011, p. 161.
  3. « En Ardèche, Antraigues pleure Jean Ferrat », sur La Croix,‎ (consulté le 17 mai 2015).
  4. a, b, c et d Brierre 2010, p. 89.
  5. Brierre 2010, p. 88.
  6. Raoul Bellaïche, Jean Ferrat, le charme rebelle, L'Archipel, , 621 p. (ISBN 978-2-8098-1036-3, lire en ligne).
  7. a et b Belleret 2011, p. 159.
  8. a, b et c Daniel Pantchenko, Jean Ferrat, Fayard, , 500 p. (ISBN 978-2213638393, lire en ligne).
  9. Belleret 2011, p. 160.
  10. Émission « Ardéchois cœur fragile », Radio-France Drôme, 1988.
  11. Brierre 2010, p. 177.
  12. Témoignage chrétien, 8 mai 1969.
  13. Alpes Loisirs n° 7, avril 1995.
  14. « Dominique Walter Les Vosgiennes parodie Jean Ferrat », sur YouTube.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Dominique Brierre, Jean Ferrat, une vie, L'Archipel, , 285 p. (ISBN 978-2-8098-0359-4)
  • Robert Belleret, Jean Ferrat — Le chant d'un révolté, L'Archipel, , 462 p. (ISBN 978-2-8098-0470-6), pp. 158-161