La Mie de Pain

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis La Mie de Pain (Association))
Aller à : navigation, rechercher
Association de la Mie de Pain
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Lutte contre la pauvreté
Fondation
Fondation 1887
Fondateur Paulin Enfert
Identité
Siège Paris, Drapeau de la France France
Financement Dons, subventions
Slogan De l'urgence à l'insertion
Site web www.miedepain.asso.fr

La Mie de Pain est une association reconnue d’utilité publique dont la devise « De l’urgence à l’insertion » résume l’objectif : fournir d’une part une aide d’urgence aux personnes en difficultés et accompagner leur réinsertion sociale et professionnelle. D’autre part, sensibiliser les citoyens au problème de la précarité et de l’exclusion dans notre société et faire évoluer le regard porté sur les personnes démunies.

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance de La Mie de Pain[modifier | modifier le code]

En décembre 1891, un groupe d'enfants du patronage se désole de n'avoir rien à offrir à manger aux "pauvres" qu'il visite[1]. L'un de ces enfants, ayant observé un oiseau mangeant un morceau de mie de pain jeté par terre, a cette réflexion « On donne bien du pain aux oiseaux, pourquoi ne pas en demander pour nourrir les gens ? » Avec l'idée de créer une sorte de soupe populaire, le petit groupe se met en quête de matériel, organise une collecte de nourriture auprès des commerçants du quartier, installe une marmite dans les locaux du patronage et accueille, le premier soir, près d'une vingtaine de personnes. Le bouche à oreille aidant, il en viendra toujours davantage, jusqu'à plusieurs centaines ! La Mie de Pain est née[2]. À partir de cette date, elle ouvre chaque hiver le jour de Noël et devient rapidement une véritable institution. Elle voit défiler parmi ses bénévoles de nombreuses personnalités, tels que le poète et écrivain Charles Péguy[3], Pierre Lhande, les frères Jean et Jérôme Tharaud ou encore Jean Nohain.Outre l'aspect charitable de l'initiative; Paulin Enfert voit également dans La Mie de Pain un moyen d'initier les jeunes du patronage à l'exercice concret de la charité. Lui-même y est très souvent présent[4].

Développement de La Mie de Pain[modifier | modifier le code]

Au fil des ans, les activités se diversifient. Le patronage se poursuit pour les plus jeunes (activités physiques, intellectuelles, culturelles, religieuses) tandis qu’en marge de La Mie de Pain, de nombreuses autres œuvres de charités sont créées : un vestiaire des pauvres, des consultations médicales gratuites, un secrétariat[5].

La Mie de Pain de 1945 à nos jours[modifier | modifier le code]

L'association La Mie de Pain est reconnue d’utilité publique en 1984 et agréée par le Comité de la Charte – Don en confiance en 2010[6]. En 2012, elle a fêté ses 125 ans d’existence et continue de venir en aide aux personnes en situation de précarité, d’exclusion et de marginalisation[7]. Sa mission principale est toujours de fournir une aide d’urgence à ces personnes (accueillir, nourrir et héberger) et d’accompagner leur réinsertion sociale et professionnelle[8]. Depuis 2014 elle assure cet accueil dans des structures rénovées[9] inaugurées par Sylvia Pinel[10].

Structure et organisation[modifier | modifier le code]

Ses 6 structures[modifier | modifier le code]

6 structures situées dans le 13e arrondissement de Paris incarnent les missions de l’association [11].

Le Refuge
  • Le Refuge est la plus ancienne structure de La Mie de Pain. Ouvert en 1932, c'est le plus grand centre d’hébergement d’urgence (CHU) de France. Après deux années de travaux, il a déménagé dans de nouveaux locaux en 2014. Il accueille jusqu'à 360 personnes en chambre individuelle ou double, toute l'année et 24h/24. Il propose également 3 repas par jour aux personnes qu'il héberge et prépare ainsi jusqu'à 600 repas chauds au quotidien. Chaque personne hébergée au Refuge est suivie par un travailleur social en vue d'accompagner son parcours vers l'accès à l'emploi et au logement. Un pôle santé est enfin accessible pour les 360 usagers du Refuge avec la présence de médecins bénévoles, d'aides-soignants et de psychologues.
  • L’Arche d’Avenirs : L'Arche d'Avenirs compte 250 passages quotidiens, ce qui en fait le plus important de France[12].
  • La Plateforme - C'est un service instructeur du RSA (Revenu de Solidarité Active). La Plateforme possède un agrément pour 200 bénéficiaires et assure la domiciliation de 600 demandes, notamment de personnes hébergées par Le Refuge.
  • Les chantiers d’insertion. La Mie de Pain propose un chantier d'insertion dit remobilisant dans le secteur de l'entretien et du nettoyage (ouvert en 2002) ainsi qu'un chantier d'insertion dit qualifiant dans le domaine de la restauration (ouvert en 2013).
Le Chantier d'Insertion
  • La Villa de l’Aube,
  • Le Foyer des Jeunes Travailleurs, Le foyer a été construit en 1968 puis réhabilité en 2009. Il offre 114 lits[13].

Organisation[modifier | modifier le code]

La Mie de Pain, constituée en « association Loi 1901 » depuis 1920 dispose à ce titre :

  • D’un Conseil d’administration élu par ses adhérents (environ 200 en 2015) lors de l’Assemblée générale extraordinaire. Le Conseil d’administration est composé de 18 administrateurs qui veillent au bon fonctionnement de l’association et appliquent les décisions prises au cours de l’Assemblée générale.
  • D’un Bureau, élu par les administrateurs. Il comprend un Président, un Secrétaire et un Trésorier qui sont chargés d’exécuter les décisions prises lors de l’Assemblée générale.

L’équipe dirigeante de La Mie de Pain qui met en œuvre les projets et orientations stratégiques, est confortée par près de 175 salariés (dont 64 salariés en insertion) qui travaillent pour l’association : directeurs d’établissements, travailleurs sociaux, animateurs-éducateurs, psychologues, agents d’accueil, équipe médicale, fonctions supports…

Enfin, l’activité de La Mie de Pain s’appuie fortement sur la collaboration et le travail de près de 300 bénévoles[14] au sein de ses 6 établissements sociaux. Certains bénévoles sont engagés auprès de l’association depuis plusieurs années, mais cela n’empêche pas La Mie de Pain d’être en permanence à la recherche de nouveaux soutiens humains et désintéressés très précieux[15]. L'organisation s'attache à l'autonomie des personnes en situation de handicap[16].

Gestion financière[modifier | modifier le code]

Les principales ressources de La Mie de Pain reposent sur les dons et sur les subventions des collectivités publiques.

Ses missions sociales de lutte contre la précarité et l’exclusion représentent 81 % de ses dépenses. Ses frais de fonctionnement représentent 12 % des dépenses. 7 % sont alloués aux frais de recherches de fonds (chiffres 2014).

La Mie de Pain est membre du Comité de la Charte - Don en confiance, organisme d’agrément et de contrôle des associations et fondations faisant appel aux dons.

Quelques chiffres (2014)[modifier | modifier le code]

  • 116 176 nuitées
  • 177 351 repas préparés et servis
  • 63 541 passages à l'accueil de jour, dont 4 034 femmes et 59 507 hommes
  • 1 400 domiciliations (adresses et boîtes postales permettant de mener des démarches administratives)
  • 1 000 personnes aidées au quotidien
  • 169 jeunes en situation sociale fragile logés et accompagnés vers une formation ou un emploi
  • 82 personnes salariées dans le cadre des chantiers d’insertion, avec une formation et un suivi personnalisé
  • 54 résidents hébergés durablement en studio et accompagnés vers la réinsertion grâce à la pension de famille
  • 14 799 heures de bénévolat dont 720 heures médicales
  • 264 allocataires RSA suivis

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Bée, Paulin Enfert et le patronage Saint-Joseph,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bulletin d'information et de recherche, Amitié Charles Péguy, vol. 1 à 2,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gérard Cholvy, Histoire des organismes et mouvements chrétiens de jeunesse, Paris, éditions du Cerf,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Chantal Dupille, Les clochards ne peuvent plus vivre, Hachette,‎ (notice BnF no FRBNF35319605).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Thierry Depeyrot, Histoire et Histoires… du 13ème – automne 2009, Editions Depeyrot,‎ (ISSN 1964-4329) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Etudes sociales, Volume 38, Paris,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Lhande, La Croix sur les fortifs, Paris, Plon,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Office central des œuvres de bienfaisance, Paris charitable et prévoyant : tableau des œuvres et institutions, Paris,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Suire, Le tourment de Péguy,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bernard Timbal Duclaux de Martin, Paulin Enfert le jongleur de Dieu, Paris, Editions du Cerf,‎ (ISBN 978-2-204-10106-6, notice BnF no FRBNF43692713)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Autres sources[modifier | modifier le code]

  • Archives de La Mie de Pain et du patronage Saint-Joseph gérés par l'association des amis de Paulin Enfert.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]