La Mie de Pain

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Association de la Mie de Pain
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Lutte contre la pauvreté
Fondation
Fondation 1887
Fondateur Paulin Enfert
Identité
Siège Paris, Drapeau de la France France
Financement Dons, subventions
Slogan De l'urgence à l'insertion
Site web www.miedepain.asso.fr

La Mie de Pain est une association reconnue d’utilité publique dont la devise « De l’urgence à l’insertion » résume l’objectif : fournir d’une part une aide d’urgence aux personnes en difficultés et accompagner leur réinsertion sociale et professionnelle. D’autre part, sensibiliser les citoyens au problème de la précarité et de l’exclusion dans notre société et faire évoluer le regard porté sur les personnes démunies.

Histoire[modifier | modifier le code]

Paulin Enfert, un homme au service des plus pauvres[modifier | modifier le code]

Photo de Paulin Enfert

La Mie de Pain est depuis sa naissance implantée dans le 13e arrondissement de Paris. À la fin du XIXe siècle, cet arrondissement est celui des ouvriers et des miséreux. Un grand nombre de tanneurs et de chiffonniers y est installé, exploitant la Bièvre, cette rivière qui traverse plusieurs quartiers. Aux origines de La Mie de Pain, il y a un homme : Paulin Enfert (1853-1922). Né à Nevers en 1853, il est le second enfant d’une famille modeste. En 1857, il arrive avec sa famille à Paris et son père, corroyeur de profession, s’installe dans le 13e arrondissement. Élevé dans la religion catholique, Paulin Enfert fréquente l’école communale dirigée par les Frères des écoles chrétiennes jusqu’à son adolescence. Devenu adulte, Paulin Enfert est engagé à la compagnie des Assurances Générales où il restera plus de 35 ans. En marge de sa vie professionnelle, Paulin Enfert consacre tout son temps libre à différentes œuvres de charité[1].

Article détaillé : Paulin Enfert.

Le patronage Saint-Joseph de la Maison Blanche[modifier | modifier le code]

Vue de la roulotte de Paulin Enfert dans les fortifications

Secondé par le clergé de Saint-Marcel[2], Paulin Enfert commence à rassembler les enfants désœuvrés de son quartier, les instruit, leur enseigne le catéchisme, leur propose des jeux. Une roulotte posée dans les fortifications leur sert d’abri[3]. En 1887, aidé par plusieurs notables et donateurs, Paulin Enfert crée officiellement le Patronage Saint Joseph de la Maison Blanche dont il devient le premier directeur[4]. L'institution s’implante d’abord rue Bobillot[5], puis rue Charles-Fourier[6].

Naissance de La Mie de Pain[modifier | modifier le code]

En décembre 1891, un groupe d'enfants du patronage se désole de n'avoir rien à offrir à manger aux "pauvres" qu'il visite[7]. L'un de ces enfants, ayant observé un oiseau mangeant un morceau de mie de pain jeté par terre, a cette réflexion « On donne bien du pain aux oiseaux, pourquoi ne pas en demander pour nourrir les gens ? » Avec l'idée de créer une sorte de soupe populaire, le petit groupe se met en quête de matériel, organise une collecte de nourriture auprès des commerçants du quartier, installe une marmite dans les locaux du patronage et accueille, le premier soir, près d'une vingtaine de personnes. Le bouche à oreille aidant, il en viendra toujours davantage, jusqu'à plusieurs centaines ! La Mie de Pain est née[8]. À partir de cette date, elle ouvre chaque hiver le jour de Noël et devient rapidement une véritable institution. Elle voit défiler parmi ses bénévoles de nombreuses personnalités, tels que le poète et écrivain Charles Péguy[9], Pierre Lhande, les frères Jean et Jérôme Tharaud ou encore Jean Nohain.Outre l'aspect charitable de l'initiative; Paulin Enfert voit également dans La Mie de Pain un moyen d'initier les jeunes du patronage à l'exercice concret de la charité. Lui-même y est très souvent présent.

Développement de La Mie de Pain[modifier | modifier le code]

Au fil des ans, les activités se diversifient. Le patronage se poursuit pour les plus jeunes (activités physiques, intellectuelles, culturelles, religieuses) tandis qu’en marge de La Mie de Pain, de nombreuses autres œuvres de charités sont créées : un vestiaire des pauvres, des consultations médicales gratuites, un secrétariat[10]. En 1920, La Mie de Pain est constituée en « association Loi 1901 ». Malgré le décès de Paulin Enfert en 1922, les activités du patronage et de La Mie de Pain continuent de se développer dans le même esprit. En 1932 est financée la construction du premier centre d’hébergement d’urgence ouvert pendant l’hiver d’une capacité de 300 places. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce centre accueillera jusqu’à 700 personnes. Quant aux activités sportives du patronage, elles donnent naissance à l'Union Sportive de la Maison-Blanche (USMB)[11].

La Mie de Pain de 1945 à nos jours[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, La Mie de Pain recueille les « clochards » rejetés par la société mais elle ne perd pas de vue son objectif d’éducation des plus jeunes. C’est ainsi qu’en 1969, est édifié le Foyer des Jeunes Travailleurs Paulin Enfert, comptant alors 108 lits. L'association La Mie de Pain est reconnue d’utilité publique en 1984 et agréée par le Comité de la Charte – Don en confiance en 2010[12]. En 2012, elle a fêté ses 125 ans d’existence et continue de venir en aide aux personnes en situation de précarité, d’exclusion et de marginalisation. Sa mission principale est toujours de fournir une aide d’urgence à ces personnes (accueillir, nourrir et héberger) et d’accompagner leur réinsertion sociale et professionnelle.

Structure et organisation[modifier | modifier le code]

Ses différentes missions[modifier | modifier le code]

L'Arche d'Avenirs
  • Porter assistance aux personnes en danger. Accueillir dans l’urgence, nourrir et héberger de façon inconditionnelle, anonyme et gratuite.
  • Apporter un accompagnement social et aider à retrouver des repères au sein de la société. Réapprendre à vivre avec autrui, à communiquer, à partager…
  • Orienter vers une insertion professionnelle réussie et une solution de logement durables.
  • Faire évoluer le regard des autres sur les personnes exclues.

Ses 6 structures[modifier | modifier le code]

6 structures situées dans le 13e arrondissement de Paris incarnent les missions de l’association [13].

Le Refuge
  • Le Refuge est la plus ancienne structure de La Mie de Pain. Ouvert en 1932, c'est le plus grand centre d’hébergement d’urgence (CHU) de France. Après deux années de travaux, il a déménagé dans de nouveaux locaux en 2014. Il accueille jusqu'à 360 personnes en chambre individuelle ou double, toute l'année et 24h/24. Il propose également 3 repas par jour aux personnes qu'il héberge et prépare ainsi jusqu'à 600 repas chauds au quotidien. Chaque personne hébergée au Refuge est suivie par un travailleur social en vue d'accompagner son parcours vers l'accès à l'emploi et au logement. Un pôle santé est enfin accessible pour les 360 usagers du Refuge avec la présence de médecins bénévoles, d'aides-soignants et de psychologues.
  • L’Arche d’Avenirs : C'est l’accueil de jour de La Mie de Pain. Créé en 2001, il est labellisé « Espace Solidarité Insertion » (ESI) depuis 2006. Il offre divers services de première nécessité aux personnes sans-abri : un espace hygiène (douches, buanderie) des consignes, un accès aux soins. Des activités d’animation et de remobilisation complètent l’accueil auprès de personnes très souvent dépourvues de réseau relationnel et affectif. L'Arche d'Avenirs compte 350 passages quotidiens, ce qui en fait le plus important de France[14].
  • La Plateforme - Relais Social est une plateforme d’information et d’orientation. C'est un service unique d’accompagnement des personnes en grande précarité, ouvert aux personnes accueillies à La Mie de Pain ainsi qu’à des personnes extérieures. Elle regroupe en un même lieu, une palette de prestations dans les domaines de l’accès aux droits, au logement, à l’emploi et à la santé. C'est également un service instructeur du RSA (Revenu de Solidarité Active). La Plateforme possède un agrément pour 200 bénéficiaires et assure la domiciliation de 600 demandes, notamment de personnes hébergées par Le Refuge.
  • Les chantiers d’insertion. Pour remplir la mission d’accompagnement des personnes en situation précaire dans leur parcours d’insertion, La Mie de Pain a mis en place deux chantiers qui accompagnent à ce jour respectivement 34 et 28 personnes. Un chantier d'insertion est un dispositif porté par l’association en partenariat avec l’État, la Région, le Département et Pôle Emploi. Il permet d’accompagner des personnes en grande difficulté dans une dynamique d’insertion sociale et professionnelle.Trois dimensions sont développées : l’accompagnement social, l’accompagnement professionnel, la formation. La Mie de Pain propose un chantier d'insertion dit remobilisant dans le secteur de l'entretien et du nettoyage (ouvert en 2002) ainsi qu'un chantier d'insertion dit qualifiant dans le domaine de la restauration (ouvert en 2013).
Le Chantier d'Insertion
  • La Villa de l’Aube, pension de famille et résidence sociale. Cette structure sociale de 41 studios propose des habitations communautaires à des personnes désocialisées souhaitant renouer avec la société. L’un des critères majeurs de ce type d’hébergement est l’aspect familial et convivial. Il s’agit de permettre aux résidents de bénéficier du temps et du soutien nécessaires pour rétablir des liens sociaux, entamer une formation, puis retrouver un emploi et un logement autonome.
  • Le Foyer des Jeunes Travailleurs (FJT) « Paulin Enfert » propose un logement temporaire à des jeunes âgés de 18 à 25 ans en situation d’insertion sociale et professionnelle. Il peut s’agir d’étudiants, de stagiaires, d’apprentis, de jeunes travailleurs… Le but est d’aider les jeunes à trouver « leur place » dans la société, plus particulièrement grâce à un emploi durable et un logement autonome. Le foyer a été construit en 1968 puis réhabilité en 2009. Il offre 114 lits[15].

Organisation[modifier | modifier le code]

La Mie de Pain, constituée en « association Loi 1901 » depuis 1920 dispose à ce titre :

  • D’un Conseil d’administration élu par ses adhérents (environ 170 en 2014) lors de l’Assemblée générale extraordinaire. Le Conseil d’administration est composé de 18 administrateurs qui veillent au bon fonctionnement de l’association et appliquent les décisions prises au cours de l’Assemblée générale.
  • D’un Bureau, élu par les administrateurs. Il comprend un Président, un Secrétaire et un Trésorier qui sont chargés d’exécuter les décisions prises lors de l’Assemblée générale.

L’équipe dirigeante de La Mie de Pain qui met en œuvre les projets et orientations stratégiques, est confortée par près de 170 salariés qui travaillent pour l’association : directeurs d’établissements, travailleurs sociaux, animateurs-éducateurs, psychologues, agents d’accueil, équipe médicale, fonctions supports…

Enfin, l’activité de La Mie de Pain s’appuie fortement sur la collaboration et le travail de plus de 300 bénévoles[16] au sein de ses 6 établissements sociaux. Certains bénévoles sont engagés auprès de l’association depuis plusieurs années, mais cela n’empêche pas La Mie de Pain d’être en permanence à la recherche de nouveaux soutiens humains et désintéressés très précieux.

Gestion financière[modifier | modifier le code]

Les principales ressources de La Mie de Pain reposent sur les dons et sur les subventions des collectivités publiques.

Ses missions sociales de lutte contre la précarité et l’exclusion représentent 76 % de ses dépenses. Ses frais de fonctionnement représentent 15 % des dépenses. 7 % sont alloués aux frais de recherches de fonds et enfin 2 % liés à des charges exceptionnelles (chiffres 2013).

Les comptes de La Mie de Pain sont annuellement soumis aux contrôles d’un Commissaire aux comptes et du Préfet de région. Les comptes de l’association pour l’année 2013 ont été certifiés par le Commissaire aux comptes.

La Mie de Pain est membre du Comité de la Charte - Don en confiance, organisme d’agrément et de contrôle des associations et fondations faisant appel aux dons.

Quelques chiffres (2013)[modifier | modifier le code]

  • 116 094 nuits d’hébergement d’urgence
  • 137 799 repas chauds servis
  • 83 982 accueils en journée de personnes à la rue
  • 13 023 accueils enregistrés en vue d’un accompagnement social
  • 1 400 domiciliations (adresse et boîte postales permettant de mener des démarches administratives)
  • 1 000 personnes aidées au quotidien
  • 158 jeunes en situation sociale fragile logés et accompagnés vers une formation ou un emploi
  • 76 personnes salariées dans le cadre des chantiers d’insertion, avec une formation et un suivi personnalisé
  • 54 résidents hébergés durablement en studio et accompagnés vers la réinsertion grâce à La Villa de l’Aube

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Bée, Paulin Enfert et le patronage Saint-Joseph,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bulletin d'information et de recherche, Amitié Charles Péguy, vol. 1 à 2,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gérard Cholvy, Histoire des organismes et mouvements chrétiens de jeunesse, Paris, éditions du Cerf,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Chantal Dupille, Les clochards ne peuvent plus vivre, Hachette,‎ (notice BnF no FRBNF35319605).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Thierry Depeyrot, Histoire et Histoires… du 13ème – automne 2009, Editions Depeyrot,‎ (ISSN 1964-4329) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Etudes sociales, Volume 38, Paris,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Lhande, La Croix sur les fortifs, Paris, Plon,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Office central des œuvres de bienfaisance, Paris charitable et prévoyant : tableau des œuvres et institutions, Paris,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Suire, Le tourment de Péguy,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article

Autres sources[modifier | modifier le code]

  • Archives de La Mie de Pain et du patronage Saint-Joseph gérés par l'association des amis de Paulin Enfert.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]