La Maternelle (roman)

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La Maternelle
Image illustrative de l'article La Maternelle (roman)

Auteur Léon Frapié
Genre Roman
Éditeur éditions la Librairie universelle
Date de parution 1904
Pays d'origine Drapeau de la France France
Nombre de pages 305

La Maternelle est un roman de Léon Frapié paru en 1904 qui a obtenu le prix Goncourt la même année. Il s'agit d'une sorte de roman autobiographique par procuration, puisque son auteur, utilise très largement, non pas ses propres souvenirs, mais ceux de son épouse, Léonie Mouillefert, qu'il a épousée en 1888[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Le roman est récompensé du prix Goncourt et par ailleurs devient un succès littéraire avec 440 000 exemplaires vendus[2].

Résumé[modifier | modifier le code]

La narratrice, jeune fille de bonne famille, a fait de très hautes études (pour l’époque) puisqu’elle est licenciée de l’université. Le malheur la frappe soudain : s’enchaînent la disparition de la fortune familiale, la mort de son père et par voie de conséquence la rupture de ses fiançailles. Réduite à l'hospitalité mal gracieuse de son oncle, elle est contrainte à se loger de manière plus que sommaire et à travailler ; mais son trop haut niveau d’études ne lui permet pas de postuler à un emploi d’institutrice. C’est donc en cachant ses diplômes qu’elle se fait embaucher comme femme de service dans une école maternelle du quartier des plâtriers dans La Zone qui n’est déjà plus Paris et pas encore la banlieue-Est.

Analyse[modifier | modifier le code]

La Maternelle est le récit à la première personne d’une longue année de torchage d’enfants miséreux au ventre creux. Aucun ouvrage de Zola n’ayant fait la peinture de l’école de Jules Ferry à ses débuts, le roman (qui est de un an seulement postérieur à la mort de Zola) ne déparerait pas dans la pile des Rougon-Macquart.

Et pourtant ce roman, qui descend en droite ligne des Misérables de Victor Hugo et du réalisme socialisant de Zola, diffère profondément de cette famille d’esprit par sa critique acerbe du monde de l’enseignement et de ses valeurs. Alors que Hugo, tout comme Zola, voient dans l’éducation du peuple le remède à la presque totalité des maux et fléaux sociaux, et notamment la misère et la cruauté du peuple, Frapié est sans pitié pour les valeurs enseignées : résignation, obéissance, servilité[3]…Bien avant les analyses des soixante-huitards, il a perçu que l’éducation populaire, loin d’être le remède à tous les maux du peuple, était aussi le meilleur instrument pour le couler dans un moule de docilité et faciliter son exploitation.

Ce roman écrit par un homme, mais dont la narratrice est censée être une femme, donne au plus haut point le sentiment d’avoir été réellement écrit par une femme.

Éditions[modifier | modifier le code]

  • La Maternelle, éditions la Librairie universelle, Paris, 1904.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]