La Maison des Ailleurs

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La Maison des Ailleurs
Charleville-Mézières - Maison des ailleurs (01).JPG
Maison des Ailleurs à Charleville
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Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
7, quai Arthur-Rimbaud
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La Maison des Ailleurs est un lieu consacré au poète Arthur Rimbaud, dans sa ville natale de Charleville-Mézières. Elle est située sur le même quai et à quelques mètres du musée Arthur Rimbaud. Le lien entre ces deux établissements complémentaires est matérialisé par les chaises-poèmes de l'artiste québécois Michel Goulet, intitulées L'Alchimie des Ailleurs. La maison des Ailleurs a été créée dans un immeuble dont un des appartements a été habité par la famille Rimbaud au XIXe siècle.

Histoire du site[modifier | modifier le code]

La mère d'Arthur Rimbaud, Vitalie Rimbaud (née Cuif), et ses enfants y ont vécu de 1869 à 1875. La famille Rimbaud habitait au premier étage, dans un appartement de cent vingt mètres carrés. Arthur Rimbaud est alors âgé de 15 à 21 ans. C'est la période de sa vie la plus créatrice du point de vue de son œuvre littéraire, mais c'est aussi celle où il multiplie les fugues. C'est une période d'adolescence, de refus de la vie familiale et des carcans sociaux que sa mère souhaitait qu'il respecte, de dégoût de la ville de Charleville et de rêve d'autres horizons.

Dès 1954, une plaque est apposée sur la maison à l’occasion du premier centenaire de la naissance du poète.

Entre 1999 et 2003, la Ville de Charleville-Mézières a progressivement acheté les trois niveaux de cette maison, sa cour et une petite dépendance. En 2004, à l'occasion du cent cinquantième anniversaire de la naissance du poète, la maison des Ailleurs est inaugurée, en tant que lieu ouvert au public, qui se visite en prolongement du musée Arthur Rimbaud[1].

La maison des Ailleurs ne doit pas être confondue avec la maison natale d'Arthur Rimbaud : il est né au 12 rue Pierre Bérégovoy, appelée à l'époque rue Bonaparte. Madame Rimbaud a changé sept fois de lieu d'habitation dans la cité carolopolitaine[2].

La maison des Ailleurs n'est pas un musée. C'est un lieu de mémoire, qui porte le label de maison des Illustres. C'est une maison d'écrivain atypique ; il est d'ailleurs possible qu'Arthur Rimbaud n'ait pas, ou très peu écrit, en ce lieu[3],[4]. Aucun mobilier de la famille Rimbaud n’a pu être conservé, une reconstitution n’avait donc pas de sens. Seule la maison en elle-même a vocation à être mise en valeur. Il a ainsi été décidé de conserver et des respecter « l'esprit du lieu » : les murs et enduits ont conservé la marque du temps qui passe, et les pièces dénudées appellent l'imagination.

Description[modifier | modifier le code]

Intérieur de la maison des Ailleurs

La conception de la scénographie a été confiée en 2004 à un cabinet d'architectes. Chaque pièce de la maison évoque un des "Ailleurs" où Arthur Rimbaud a vécu et trouvé son inspiration : Marseille, Paris, Bruxelles, Londres, Stuttgart, Java, Aden et Harar. Cette scénographie, qui met en valeur le lieu en tant que tel, alterne avec la présentation d'expositions temporaires, explorant le dialogue entre poésie et arts visuels et montrant l'héritage de Rimbaud dans l'art contemporain.

La conception de la scénographie a associé Bernd Hoge (architecte), Bertrand Paulet (paysagiste), Guliver Design (muséographe), Olivier Auber (scénariste), ainsi que l'association de diffusion de vidéos d'artistes Est-ce Une Bonne Nouvelle. Cette association a fait appel à douze artistes, compositeurs et vidéastes qui ont travaillé chacun sur une période de la vie d'Arthur Rimbaud. Au premier étage de la Maison, dédié au temps de l'écriture, l'écrivain Emmanuel Adely a travaillé sur la période parisienne, le poète Jean-Michel Espitallier a évoqué le temps londonien, les artistes Yann Beauvais et Frédéric Dumond ont respectivement travaillé sur les débuts de l'écriture et sur la période bruxelloise. Au second étage, c'est le temps des voyages et de la vie à l'étranger, évoqué par les artistes et vidéastes Christian Barani, Nicolas Barrié, Sabine Massenet, et Roland Schär. Le compositeur Frédéric Minière a travaillé une pièce sonore pour l'espace du rez-de-Chaussée consacré à Marseille et la fin, et Thomas Köner a conçu une pièce pour l'ensemble du 2e étage[5].

Le premier étage, celui habité par la famille Rimbaud, n'a pas été transformé ; les pièces sont laissées nues. Ces pièces servent de cadre à des animations audio-visuelles, projections vidéo, bruitages, compositions sonores. Dans la première pièce sont projetées des images de la ville à l'époque de Rimbaud, et des fragments de poèmes. Les pièces suivantes suivent l'itinéraire de Rimbaud, avec des cartes sérigraphiées au sol, dans les cités ou les contrées qui ont jalonné son existence.

Le rez-de-chaussée accueille également la boutique du musée Arthur Rimbaud. Une petite cour intérieure donne accès à un studio, issu d'une ancienne dépendance, qui héberge une résidence d'artistes plasticiens ou poètes.


Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

2020 : "Ulrike Nagel : Sous ta tente magique, dialogue entre peinture et poésie"

2019 : "Corinne Deville, Dans ma tête de solitaire"

2019 : "Demazeau, Y l'oubliée de Rimbaud dans le jardin odorant des consonnes"

2018 : "Christopher Taylor, Toi qui franchis ce seuil"

2018 : "Pete Doherty"

2017 : "Rimbaud et les livres d'artistes"

2017 : "Balak"

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Site officiel »
  2. Lire l'article sur Arthur Rimbaud, et l'ouvrage de Claude Carton cité en sources
  3. Journal Le Monde, 28 octobre 2004, article de Catherine Bédarida consacré à ce nouveau lieu
  4. Christophe Charle, Pour une sociologie historique du patrimoine, Temps Croisés, tome 1, ouvrage sous la direction de Mei Duanmu et Hugues Tertrais reprenant une sélection de colloques dans le cadre de l'Université d'Automne de Shanghaï, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, 2010
  5. [1] Présentation de la Maison des Ailleurs, et dossier de presse de l'inauguration précisant les concepteurs et artistes ainsi que la direction de projet et l'équipe de réalisation

Sources[modifier | modifier le code]

  • Yanny Hureaux, Un Ardennais nommé Rimbaud, Edition La Nuée Bleue/L'Ardennais, 2003
  • Claude Carton, Rimbaud, retour sur images..., Editions Anciaux, 2004
  • Catherine Bédarida, « Une « Maison des ailleurs » en hommage à Arthur Rimbaud », le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Le Chanu, Patrick, Mahy, Christophe, Invitation aux musées en Champagne-Ardenne, Editions Terres noires, 2014
  • Le musée Arthur Rimbaud, le musée de l'Ardenne, Hors-Série de Beaux-Arts Magazine, 2017

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