La Main à plume

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La Main à plume (1941-1944) est une publication collective et un groupe qui a maintenu actif le surréalisme sous l'Occupation, en l'absence d'André Breton et d'une grande partie des forces vives du mouvement. Le nom est tiré d'Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud : « La main à plume vaut la main à charrue. » (Mauvais sang). Certains de ses membres ont pris part à la lutte armée.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette publication collective semi-clandestine illustrée parut pour la première fois en mai 1941. Un de ses avant-coureurs était la groupe Les Réverbères.

Dans le premier numéro, les textes et illustrations sont de: Adolphe Acker, Christine Boumeester, Jean-François Chabrun, Achille Chavée, Jean-Claude Diamant-Berger, Christian Dotremont, Henri Goetz, J-V Manuel (Manuel Viola), Régine Raufast, Robert Rius, Hans Schoenhoff, Gérard Schneider, Gérard de Sède, Gérard Vulliamy, Tita, i.e. Edith Hirshowa et Marc Patin. Les rejoignent: Noël Arnaud, Jacques Bureau, Aline Gagnaire, Emile Guikovaty, Edouard Jaguer, Jean Jausion, Jean Hoyaux, Nadine Lefébure, Léo Malet, Pablo Picasso, Boris Rybak, Paul Éluard, Georges Hugnet, Maurice Blanchard, André Stil, Jean Simonpoli, Charles Bocquet, Raoul Ubac, Maurice Henry, Oscar Dominguez, René Magritte, Maurice Nadeau, Paul Delvaux, Jacques Hérold, Jean Arp...

Huit de ses membres moururent sous les balles allemandes ou dans les camps : Tita déportée et morte à Auschwitz, Hans Schoenhoff emprisonné pour fait de résistance à la prison du Cherche-Midi, déporté et mort à Auschwitz, Jean-Pierre Mulotte abattu sur le pont d'Austerlitz à Paris, Jean-Claude Diamant-Berger, parachuté par les FFL et mort en Normandie, Marc Patin, mort d'une pneumonie à l'hôpital en Allemagne.

Sous l'impulsion de Robert Rius, le directeur des Cahiers de poésie Jean Simonpoli et un jeune poète de 17 ans issu des Feuillets du Quatre-Vingt Et Un, Marco Ménégoz, constituent un maquis en juin 1944 en forêt de Fontainebleau. Ils sont arrêtés le 4 juillet 1944 sur dénonciation. Emprisonnés et torturés, refusant de parler, ils seront fusillés dans la plaine de Chanfroy le 21 juillet avec 20 autres résistants.

Afin d'éviter d'être assimilée à un périodique et d'être ainsi soumise à la censure allemande, la « revue » changea de nom à chaque livraison. Son quartier général était tantôt chez Robert Rius et Laurence Iché, tantôt chez Marthe Chabrun, mère de Jean-François Chabrun (55 boulevard Arago). Les « boîtes aux lettres » étaient chez Marc Patin pour le premier numéro ; ensuite chez Daniel Chabrun et chez Noël Arnaud. C'est Noël Arnaud qui assura le secrétariat du groupe dès l'automne 1941 ; tous les éditoriaux furent de la main de Jean-François Chabrun.

Ce groupe s'est notamment fait remarquer pour avoir édité le 1er mai 1943 un violent tract prenant à partie Georges Bataille, intitulé Nom de Dieu !, et signé, entre autres, par Noël Arnaud, Maurice Blanchard, Christian Dotremont, René Magritte, Léo Malet, dans lequel Bataille est affublé du titre de « Monsieur le Curé », ou encore le « chanoine Bataille », témoignant de la rage dans laquelle il jetait certains de ses contemporains[1]. Ce pamphlet visait surtout la collaboration de Bataille à la revue Messages, dirigée par Jean Lescure (écrivain) et baptisée dans le texte « Messe à tous les âges ».

Liste des titres publiés[modifier | modifier le code]

Pages libres de La Main à Plume (1942-1944) :

  1. Aux absents qui n'ont pas toujours tort, Noël Arnaud
  2. Les Pelouses fendues d'Aphrodite, Maurice Blanchard
  3. L'Incendie habitable, Gérard de Sède
  4. Qui fait la pluie et le beau temps, Jean-François Chabrun
  5. Pleine marge, André Breton
  6. Le Frère de Lacenaire, Léo Malet
  7. Celui qui n'a pas de nom (Synopsis pour un film surréaliste) J-V Manuel (Manuel Viola)
  8. Les Malheurs d'un dollar, Benjamin Péret
  9. Étagère en flamme, Laurence Iché
  10. Serrures en friche, Robert Rius
  11. Lettres d'amour, Christian Dotremont
  12. Picasso, anonyme, identifié comme de Robert Rius sauf jeu du question-réponse avec Jean-François Chabrun

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Main à Plume, Anthologie du surréalisme sous l'Occupation, édition établie et annotée par Anne Vernay et Richard Walter, préface de Gérard Durozoi, Paris, Syllepse, 2008.
  • Olivier Bot et Rose-Hélène Iché, Le Surréalisme au tableau des années sombres : lueurs d'exils ou flamme de la Résistance, Tenerife, IODACC, 2006 (édition trilingue : français, anglais et espagnol). 1982 (ISBN 2-7103-0097-4) (rééd. 2003 (ISBN 2-7103-2532-2))
  • Jean-François Chabrun, Le Surréalisme encore et jamais, Ed. de Surtis, 2006.
  • Michel Fauré, Histoire du surréalisme sous l'Occupation, Paris, La Table Ronde, 2003
  • Alexander Emanuely: Die Sterne zitterten. Widerstand und Exil in Frankreich am Beispiel einiger SurrealistInnen, "Zwischenwelt. Literatur, Widerstand, Exil." Ed. Theodor Kramer Gesellschaft, Vienna, mai 2016, ISSN 1606-4321, pp. 57 -63, en allemand

Liens externes[modifier | modifier le code]

Inventaire en ligne du fonds d'archives de La Main à Plume, conservé au Musée de la Résistance nationale

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tract cité par Michel Fauré, Histoire du surréalisme sous l'Occupation, Paris, La Table ronde, coll. « La Petite Vermillon », 2003, p. 237.