La Guerre (triptyque)

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La Guerre, Dresde.

La Guerre (en allemand : Der Krieg) est un triptyque à prédelle réalisé entre 1929 et 1932 par le peintre et graveur allemand Otto Dix[1]. Ce tableau appartient au mouvement de la Nouvelle Objectivité. Sur le modèle d'un retable, ce tableau est inspiré des triptyques de la Renaissance qui représentaient dans les deux planches supérieures la vie sur Terre et sur la prédelle la mort, l'enfer et le chaos. Ainsi sur le tableau de Dix on observe ce contraste qui dépeint l'enfer sur la partie liée à la vie et sur la prédelle le repos et la paix.

Avant ce triptyque, Dix a publié en 1924 un portfolio de cinquante estampes également intitulé Der Krieg.

Historique[modifier | modifier le code]

Exposé à la Galerie Neue Meister (Stadtmuseum) de Dresde en Allemagne, le triptyque n’a pas été composé sur commande mais fait partie de la démarche qu’effectue Otto Dix en transmettant ses souvenirs hérités de la Grande Guerre. Fortement marqué par celle-ci, à laquelle il participe en tant que simple soldat, Dix produit un grand nombre de dessins et de peintures retraçant cette période. Quand on lui demande pourquoi il a réalisé La Guerre, il répond : « Je voulais me débarrasser de tout ça ! »[2].

Pendant le Troisième Reich (1933-1945), nombre de travaux produits par les artistes de la mouvance de Dix seront jugés comme art dégénéré[3].

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Sur le panneau de gauche est représentée une armée sans visage. L'armée avance vers le front que l'on peut distinguer en arrière-plan. Sur la gauche, certains soldats sont cachés par la brume.

Sur le panneau central est représenté un paysage ravagé par un bombardement. On peut discerner ce qui semble être le reste d'une ville en arrière-plan. Le tableau est séparé par une diagonale imaginaire, séparant le côté « mort » (droite) du côté « vivant » (gauche). Au premier-plan sont représentés des cadavres appartenant aux soldats et civils victimes de la guerre et un poteau calciné. Au-dessus est représenté un cadavre embroché par une poutre de métal qui semble montrer du doigt des jambes criblées de balles. On aperçoit un soldat portant un masque à gaz, le rendant anonyme, enroulé dans une cape. Il semble immobile.

Sur le panneau latéral droit se trouve un autoportrait d'Otto Dix, il est représenté en train de sauver un camarade. Il est d'ailleurs le seul homme représenté avec la capacité de voir (il a les yeux ouvert et le regard fixé sur le spectateur) et il n'a pas d'uniforme[4]. Il regarde le spectateur droit dans les yeux.

Dans la prédelle sont représentés plusieurs hommes les uns aux côtés des autres. Le triptyque montre, tour à tour, la montée au front, le champ de bataille (et la mort), le retour du front.

L’œuvre, entièrement figurative, mesure : 204 × 204 cm pour le panneau central, 204 × 102 cm pour les panneaux latéraux et 60 × 204 cm pour la prédelle (panneau inférieur)[5].

La technique employée est la tempera sur bois (peinture à base d'émulsion d’œufs), une technique ancestrale souvent utilisée pour les tableaux religieux.

Le peintre utilise une palette de couleurs assez restreinte, très sombres, toutes associées à la mort et à la destruction. La mort : couleurs froides (vert, gris, blanc) pour les corps en décomposition, le ciel saturé de gaz … La destruction : couleurs chaudes, comme le rouge et l' orange, qui renvoient aux couleurs du feu, des obus et du sang.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Fred S. Kleiner, Helen Gardner, Gardner's Art Through the Ages: A Global History, Wadsworth Publishing Co Inc, 14th revised edition, 2012, p. 874.
  2. Analyse des Joueurs de Skat d'Otto Dix.
  3. Adelin Guyot, Patrick Restellini, L'Art nazi : un art de propagande, Complexe, 1996, p. 59
  4. profAbbal, « Otto DIX, La Guerre, 1929-1932 - L'Histoire des Arts au Collège Abbal », L'Histoire des Arts au Collège Abbal,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. (de) Jahrbuch 1968, Staatliche Kunstsammlungen Dresden, 1968.

Article connexe[modifier | modifier le code]