La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf

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La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf
Image illustrative de l’article La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf
Illustration de La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf par François Chauveau (1613-1676)

Auteur Jean de La Fontaine
Pays Drapeau de la France France
Genre Fable
Éditeur Claude Barbin
Lieu de parution Paris
Date de parution 1668

La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf est la troisième fable du livre I de Jean de La Fontaine situé dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668.

Illustration de Gustave Doré (1876)


Texte[modifier | modifier le code]

LA GRENOUILLE QUI SE VEUT FAIRE AUSSI GROSSE QUE LE BŒUF

[Phèdre[1],[2] + Horace]

Illustration de Benjamin Rabier (1906)
Illustration d'André Hellé (1946)

Une Grenouille vit un Bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle qui n'était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : « Regardez bien, ma sœur,
Est-ce assez ? dites-moi : n'y suis-je point encore ?
— Nenni. — M'y voici donc ? — Point du tout. — M'y voilà ?
— Vous n'en approchez point. » La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs,
Tout petit Prince a des Ambassadeurs,
Tout Marquis veut avoir des Pages.

— Jean de La Fontaine, Fables de La Fontaine, La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf

Peinture murale du groupe scolaire Jules Ferry à Conflans-Sainte-Honorine réalisée en 1936 par un peintre inconnu

Vocabulaire

Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille : la répétition des "et" marque la succession des efforts accumulés

se travaille : gonfle son corps avec effort

Nenni : Non

pécore : un animal, une bête (dictionnaire de Richelet) ; et aussi une jeune fille stupide et prétentieuse

Éditions[modifier | modifier le code]

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Analyse[modifier | modifier le code]

La fable dénonce tous ceux qui veulent se donner l’apparence d’une qualité qu’ils n’ont pas. C’est une critique des jeux d’apparence. Mais il ne faut pas croire que cette fable nous invite à rester comme l’on est, surtout si l’on a des défauts. La Fontaine dénonce l’envie, la jalousie, la fausse image que l’on peut donner de soi, mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas avoir de l’ambition. Vouloir imiter quelqu’un peut amener à un comportement ridicule, mais cela peut aussi motiver pour s’améliorer, progresser, devenir meilleur.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, à la suite de l'analyse marxiste de la société, des auteurs[Qui ?] ont émis l'idée que la fable était une image véhiculant une idée politique conservatrice, selon laquelle le Bourgeois (« la Grenouille »), quoi qu'il puisse dire, quoi qu'il puisse faire, même avec tout son argent et sa bonne volonté, ne parviendra jamais à sortir de sa classe sociale et à égaler le Noble (« le Bœuf ») ; tout au plus risquera-t-il le ridicule et la perte de sa renommée. La fable véhiculerait le message selon lequel on doit se contenter d'être celui qu'on est, sans chercher à changer de statut social (message analogue à celui de la pièce de Molière, Le Bourgeois gentilhomme).


Mise en musique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Phèdre, « RANA RUPTA ET BOS », sur gallica.bnf.fr,
  2. Phèdre (trad. Ernest Panckoucke), « LA GRENOUILLE ET LE BOEUF », sur gallica.bnf.fr,

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]