La Flamengrie (Nord)

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La Flamengrie
La Flamengrie (Nord)
Le village.
Blason de La Flamengrie
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Arrondissement Avesnes-sur-Helpe
Canton Aulnoye-Aymeries
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Mormal
Maire
Mandat
Régis Grémont-Naumann
2014-2020
Code postal 59570
Code commune 59232
Démographie
Gentilé Français[1]
Population
municipale
410 hab. (2016 en augmentation de 0,24 % par rapport à 2011)
Densité 202 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 18′ 58″ nord, 3° 43′ 02″ est
Altitude Min. 108 m
Max. 132 m
Superficie 2,03 km2
Localisation

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La Flamengrie

La Flamengrie est une commune française, située dans le département du Nord en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Flamengrie a une position très particulière sur la frontière franco-belge. Quand on est au centre du village, on a le choix entre quatre routes pour le quitter ; deux pénètrent directement en territoire belge et les deux autres vont en France en logeant la frontière. Des maisons ont été construites du coté belge de ces routes et La Flamengrie est, de fait, un village franco-belge. On voit tous les jours la camionnette de la poste belge traverser le village français pour porter le courrier à ces maisons belges – dont l’unique bistrot du village ! Et le jour du 11 novembre, la fanfare (belge) du village voisin vient devant le monument aux morts, jouer aussi bien la « Marseillaise » que la « Brabançonne » (l’hymne national belge).

.Communes limitrophes

Communes limitrophes de La Flamengrie
Bettrechies
La Flamengrie
Wargnies-le-Petit Preux-au-Sart Saint-Waast

Histoire[modifier | modifier le code]

La frontière nord de la France est essentiellement issue des conquêtes successives de Louis  XIV sur les Pays-Bas espagnols au XVIIe siècle. Dans le Hainaut, elle date plus précisément du Traité de Nimègue (1678) : les places-fortes de Condé, Valenciennes, Maubeuge conquises par Louis XIV ont été attribuées à la France, ainsi que Bavay, ville non fortifiée. De même tous les villages dépendant de ces villes sont devenus français et la limite du territoire de ces villages a déterminé la frontière.

La Flamengrie faisait alors partie de la « prévôté » de Bavay et est devenue française, tandis que le village voisin de Roisin était dans la prévôté de Mons et est resté espagnol. Il se trouve que les seigneurs de Roisin possédaient de grands bois, le bois de Roisin situé  au sud de La Flamengrie et le  bois du Perchois situé à l’est, qui sont également restés espagnols. La Flamengrie s’est ainsi trouvée entourée de terres espagnoles. Qui plus est, la route qui allait de Valenciennes à Bavay, puis à Maubeuge, était interrompue par ces bois où contrebandiers et brigands pouvaient échapper aux autorités françaises. La liaison entre les places-fortes de Valenciennes et Maubeuge n’était pas sure ; la voiture de l’Intendant du Hainaut y a même été attaquée !


Tout au long du XVIIIe siècle des conférences diplomatiques ont eu lieu entre  Français et Autrichiens (qui avaient succédé aux Espagnols aux Pays-Bas) afin de rectifier la frontière et de supprimer les enclaves comme celle de La Flamengrie. Les Français, soucieux de sécuriser la route de valenciennes à Maubeuge, demandaient, au minimum, la cession du bois de Roisin. Finalement, lors d’une convention pour la modification de la frontière signée le 18 novembre 1779, la France obtient seulement une partie du Bois de Roisin ; encore faut-il céder à l’Autriche la même superficie en terres agricoles prises tout autour du village de La Flamengrie. Pendant l’été 1780, les bois et les parcelles  non  construites et  non  habitées autour du village sont arpentés, mesurés et cartographiés. Une nouvelle limite est ainsi définie, qui imposera aux habitants toute une série de contraintes. Des bornes sont placées en 1781 le long de cette frontière modifiée, à chaque changement  de direction  de  son tracé ; comme ce tracé est particulièrement tortueux, il ne faut pas moins de 65 bornes ! Ces bornes diffèrent des bornes plus simples qu’on trouve ailleurs sur la frontière. En pierre bleue sculptée, elles portent d'un côté le mot FRANCE surmonté des trois fleurs de lys royales et de l'autre, le mot AUTRICHE surmonté de l'aigle bicéphale couronné, emblème de l'empire autrichien des Habsbourg; sur le dessus de chaque borne est gravé son numéro d’ordre allant de 1 à 65. On peut encore voir aujourd’hui  une  cinquantaine de ces bornes, la  plupart en  bon état ; une vingtaine sont à proximité  des rues et chemins de La Flamengrie, les autres sont dans la campagne, au détour des haies.


La présence de la frontière, si près du cœur du village, a profondément marqué la vie des habitants.....


Ce village fut le lieu de nombreuses anecdotes concernant les contrebandiers et leur traque par les douaniers.....

Statue de Marianne, volée en 2008. Photo de juillet 2005.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr La Flamengrie (Nord).svg

Les armes de La Flamengrie se blasonnent ainsi : Bandé d’argent et de gueules.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 En cours
(au 10 avril 2014)
Régis Gremont-Naumann DVD Réélu pour le mandat 2014-2020[2]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[4].

En 2016, la commune comptait 410 habitants[Note 1], en augmentation de 0,24 % par rapport à 2011 (Nord : +0,95 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
283235269315348411403354340
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
328344287282293306322312306
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
288295318283315319326293298
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
344268208305317355395401396
2016 - - - - - - - -
410--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à La Flamengrie en 2007 en pourcentage[7].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,0 
90 ans ou +
0,5 
3,3 
75 à 89 ans
3,2 
9,9 
60 à 74 ans
10,1 
18,3 
45 à 59 ans
25,5 
28,6 
30 à 44 ans
21,3 
14,1 
15 à 29 ans
15,4 
25,8 
0 à 14 ans
23,9 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[8].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Gilles de 1859.
  • Une cinquantaine de bornes frontières sculptées datant de 1780 (sur les 65 qui existaient à l'origine).
  • La chapelle des Français, bâtie à la limite de Roisin en mémoire de réfugiés français de la guerre de 1870; la chapelle Notre-Dame de Bon Secours.
  • La statue de Marianne (1889), don de la République reconnaissante pour le vote du refus du boulangisme, 19 août 1888. La statue, haute d'environ 1,80 m dorée à la feuille, a été volée en 2008[9]. Une petite réplique en terre cuite est placé dans la mairie en juin 2009 en attendant la création d'une nouvelle statue grandeur originale[10]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Constantin Mils (1816-1886), artiste peintre né à la Flamengrie, élève de François-Édouard Picot[11], il fut directeur de l'Académie de peinture de Roubaix où il eut notamment pour élèves Rémy Cogghe, Jean-Joseph Weerts et Henri Van Dyck. Ses traits nous sont conservés par le portrait en médaillon qu'en fit le sculpteur Gustave Crauk et qui orne sa sépulture au cimetière de Roubaix.
  • Fernand Hippolyte Robaut (1914-2008) issu d'une ancienne famille de La Flamengrie, connu pour sa culture et son humour.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

"La Flamengrie, village marqué par la frontière" par Jean-Louis Renteux, 1978, IPNS, La Flamengrie"

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vincent Tripiana, « À La Flamengrie, on a volé Marianne aux Français ! », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  2. « Régis Grémont- Naumann réélu maire », La Sambre La Frontiere, no 1922,‎ , p. 45 (ISSN 0183-8415)
  3. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  7. « Évolution et structure de la population à La Flamengrie en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 28 juillet 2010)
  8. « Résultats du recensement de la population du Nord en 2007 » [archive du ], sur le site de l'Insee (consulté le 28 juillet 2010)
  9. http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Maubeuge/actualite/Autour_de_Maubeuge/Maubeuge_et_sa_region/2008/10/08/article_a-la-flamengrie-on-a-vole-marianne-aux-f.shtml La Voix du Nord du 8 novembre 2008
  10. http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Maubeuge/actualite/Autour_de_Maubeuge/De_Jeumont_a_Bavay/2009/06/20/article_la-commune-retrouve-une-marianne-repliqu.shtml La Voix du Nord du 20 juin 2009
  11. Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.