La Fin de la nuit

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La Fin de la nuit
Auteur François Mauriac
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur Éditions Grasset
Date de parution 1935
Nombre de pages 255

La Fin de la nuit est un roman de François Mauriac publié en aux éditions Grasset. Il retrace la fin de la vie de l'héroïne Thérèse Desqueyroux.

Résumé[modifier | modifier le code]

Quinze années après avoir fait l'objet d'un non-lieu à la suite de la tentative d'empoisonnement de son époux, Thérèse Desqueyroux a fui la maison familiale de Saint-Clair dans la lande et vit dans l'anonymat que confère la capitale parisienne. Seule, hantée par ce qu'elle est et ce qu'elle a commis, elle se hait d'avoir moins de courage pour mettre fin à ses jours qu'elle n'en a eu pour attenter à ceux de son époux.

Cette douloureuse introspection est interrompue par l'arrivée inopinée de sa fille unique de 17 ans, poussée elle-même à quitter le foyer paternel pour se rapprocher de George Filhot, venu étudier à Paris, et dont elle est amoureuse. La jeune fille n'a pas vu sa mère depuis 3 ans et n'a jamais su les raisons précises de l'éloignement de celle-ci et de sa disgrâce auprès de la famille Desqueyroux. Elle-même en opposition avec son oppressante famille paternelle au sujet de son mariage avec George, la jeune Marie tient pour acquis que sa mère a seulement pris davantage de liberté que ne lui en accordait un cadre familial très normatif et s'identifie naturellement à elle. En assemblant ses souvenirs et ce que Thérèse lui révèle à demi-mot, Marie réalise le crime commis par sa mère. Celle-ci la convainc de ne pas demeurer à Paris mais de rentrer à Saint-Clair dès le lendemain soir.

La soirée se passe où Marie détaille son amour pour George et ses projets entravés par les difficultés financières des Desqueyroux et le poids de l'histoire familiale. Thérèse se dit prête à renoncer aux biens qu'elle possède pour aider sa fille. Elle vivrait de presque rien ou de la charité de son époux. Secrètement, c'est même sa mort surtout qu'elle envisage. Thérèse propose d'exposer ses dispositions à George en l'invitant à dîner le lendemain soir. La rencontre se passe bien. La jeune fille quitte Paris comme prévu.

George est fasciné par la mère de sa promise et la revoit sous un motif fallacieux. De son côté, Thérèse, consciente de son emprise sur le jeune homme, ne peut résister, provoque leur rencontre, suscite sa jalousie. Le lendemain soir, il lui avoue sa passion. Thérèse elle-même, se croyant maîtresse de la situation, réalise qu'elle s'est dévoilée à lui plus qu'elle ne le pensait. Elle reprend le dessus et lui fait promettre de rester toujours auprès de Marie. Il promet de le faire « tant qu'il vivra ». Une fois George parti, Thérèse repense à ses derniers mots et craint qu'il ne mette fin à ses jours. Elle se résout à se présenter à son hôtel dès le lendemain et lui écrit pour le délivrer de sa promesse. Le matin suivant, George est bien vivant. Il prend connaissance de la lettre de Thérèse, refuse de la revoir et écrit à Marie le jour-même pour mettre fin à leur relation.

Marie reçoit cette lettre et prend le train pour Paris sur l'instant : elle tient sa mère pour responsable et veut en découdre. Entre temps, Thérèse a sombré dans la paranoïa. Persuadée de faire l'objet d'un complot, elle mêle dans son esprit l'empoisonnement de son époux et le mal qu'elle juge avoir causé autour d'elle à de nombreuses reprises. Elle croit faire l'objet d'une enquête policière, que sa bonne et la concierge de l'immeuble sont chargées de réunir des éléments pour la piéger. Marie arrive de Paris et trouve sa mère délabrée. L'envie de l'affronter s'efface devant l'empathie qu'elle éprouve pour sa mère. Elle décide de la ramener, après 15 années d'éloignement, au domaine familial de Saint-Clair.

Dans la maison familiale, le temps a effacé la haine. Thérèse est accueillie dans une relative indifférence par son époux et la mère de celui-ci. Elle souffre de crises d'étouffement et sa mort prochaine devient une évidence qui arrange tout le monde. Marie revoit George, seule une première fois, puis en présence de sa mère. Celle-ci, voyant George, tait ce qu'elle voudrait lui dire et met sa passion de côté pour tenter de réunir les deux jeunes gens. À cet instant, d'évidence, la mort de l'héroïne est toute proche.

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

  • Dans la préface, l'auteur indique n'avoir pas entendu donner une suite au roman Thérèse Desqueyroux paru en 1927 et dont on retrouve l'héroïne dans les nouvelles Thérèse chez le docteur et Thérèse à l'hôtel parues en 1933. De fait, l'action se situe dans le droit fil de celle du roman Thérèse Desqueyroux, 15 ans après, et se solde par la mort de l'héroïne, mettant un terme au personnage qui a longtemps hanté François Mauriac.
  • L'action se situe à Paris principalement, mais trouve racine dans la lande natale de l'auteur, qui est la source essentielle de son œuvre. Thérèse quitte l'Aquitaine pour Paris, comme l'a fait François Mauriac lui-même étant jeune.
  • Tout au long du roman, Thérèse souffre essentiellement de sa grande lucidité et de sa vivacité d'esprit, prise en tenaille entre la volonté d'aider sa fille et ce qui la pousse à vivre et à séduire encore. Après tout, celle qui est présentée comme une vieille femme tout au long du roman a à peine plus de 40 ans seulement.

Éditions[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]