La Faim du tigre

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La Faim du tigre
Auteur René Barjavel
Pays Drapeau de la France France
Date de parution 1966

La Faim du tigre est un essai de métaphysique, publié en 1966, écrit par René Barjavel.

Le titre est extrait d'une citation de Charles-Louis Philippe que l'on retrouve dans les pages préliminaires de l'ouvrage : La faim du tigre est comme la faim de l'agneau.

Caractéristiques et présentation générale[modifier | modifier le code]

Cette citation est elle-même extraite d'un texte plus large, qui donne un aperçu intéressant de la tonalité de l'ouvrage : La faim du tigre est comme la faim de l'agneau. C'est la faim naturelle et implacable, mais douloureuse, de vivre. C'est cet appétit insatiable de provoquer ou d'endurer l'atrocité au quotidien, pour perdurer, toujours, ce sinistre théâtre où s'illustrent souffrances, crimes, terreur et esclavage, auxquels seule la Mort peut mettre fin. La Faim du tigre, c'est enfin et surtout la recherche rageuse de la raison pour laquelle, dans un cynisme sordide, ce sont la grâce, la beauté, l'innocence et l'amour, qui ont été choisis pour rythmer cette tragédie.

Le livre s'articule autour de trois idées principales qui viennent soutenir la thèse de l'auteur. Barjavel met en lumière la vanité et l'absurdité de la condition humaine et s'interroge sur la violence intrinsèque à toute vie. Il pointe l'incapacité de l'homme à appréhender et comprendre le monde dans lequel il est plongé au-delà des apparences et de ses sens par nature limités. Enfin, il part à la recherche des traces d'une vérité perdue sur le sens de la vie dont les religions révélées auraient été les dépositaires.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'Homme se trouve devant deux destins possibles : périr dans son berceau, de sa propre main, de son propre génie, de sa propre stupidité, ou s'élancer pour l'éternité du temps vers l'infini de l'espace, et y répandre la vie délivrée de la nécessité de l'assassinat[1].

Le choix est pour demain.

Il est peut-être déjà fait.

Mais c'est toute une réflexion sur l'Homme, Dieu et la Vie que nous propose Barjavel dans ce livre bouleversant.

"Je donnerais tous mes livres pour celui-ci" (René Barjavel)

Un passage précurseur[modifier | modifier le code]

« Les individus vivants, milliards d'hommes de mouches ou de pissenlits, ne sont que des véhicules. La vie se fait porter par eux à travers le temps et l'espace  » : cette comparaison de l'individu à un simple véhicule pour ses gènes, écrite dans cet ouvrage publié en 1966, contient déjà l'idée maîtresse du best-seller Le gène égoïste que le biologiste Richard Dawkins publiera en 1976, en l'enrichissant bien entendu considérablement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Passage qui fait écho au souhait de Renan, dans L'Avenir de la science, de voir disparaître l'horrible étal du boucher

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