La Disparition du paysage

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La Disparition du paysage
Image illustrative de l’article La Disparition du paysage
La plage d'Ostende.

Auteur Jean-Philippe Toussaint
Pays Belgique
Genre Monologue dramatique
Éditeur Minuit
Date de parution
Nombre de pages 48
ISBN 9782707346582
Date de création
Metteur en scène Aurélien Bory
Lieu de création Bouffes-du-Nord (filage et captation)
Théâtre national du Luxembourg (première en public)

La Disparition du paysage est un monologue dramatique de Jean-Philippe Toussaint écrit pour le comédien Denis Podalydès et créé au théâtre en 2021. Le texte a paru le aux Éditions de Minuit.

Alors que la pièce aurait dû être créée aux Bouffes-du-Nord à Paris en , les restrictions sanitaires imposées par la pandémie de Covid reportent la première en public au lors de trois représentations faites au Théâtre national du Luxembourg à Luxembourg.

Historique de la pièce[modifier | modifier le code]

La Disparition du paysage est un texte écrit par Jean-Philippe Toussaint spécialement pour Denis Podalydès, sans que ce dernier en ait connaissance. À l'issue d'une rencontre en 2017[1],[2], l'auteur belge l'offre au sociétaire du Français et lui propose de jouer seul sur scène le long monologue du texte avant sa publication[3],[4]. Denis Podalydès accepte le projet et demande à Aurélien Bory de se charger de la mise en scène et de la scénographie (avec une musique originale de Joan Cambon)[4],[5] pour une création de la pièce au théâtre des Bouffes-du-Nord qui doit se faire du 12 au [6] avant une tournée en France et en Europe[7].

Cependant la pandémie de Covid oblige à une seconde fermeture des théâtres en France le , empêchant la possibilité de jouer devant un public : seuls des répétitions et un filage filmé pourront avoir lieu en , la création officielle étant une deuxième fois reportée[3],[1]. Comme l'accalmie de la pandémie au Luxembourg permet une réouverture des salles de spectacles dans ce pays à partir du , la création de la pièce en public a finalement lieu le au Théâtre national du Luxembourg, à Luxembourg, pour trois soirées consécutives[2]. La réouverture des salles de spectacles ayant lieu le en France, dans des conditions sanitaires strictes et de jauges réduites à 35 % de capacité, la pièce est jouée à partir de cette date dans différents théâtres français (dont le théâtre Saint-Louis de Pau[8] qui est finalement le lieu de la première en France) au gré des programmations fortement perturbées pour la saison 2020-2021.

Le texte paraît aux Éditions de Minuit, l'éditeur de tous les livres de Jean-Philippe Toussaint, le , avant la création théâtrale contrairement à ce qui aurait dû être, en principe, le cas[4].

Argument[modifier | modifier le code]

Un homme, seul et immobilisé dans un fauteuil roulant, déroule un monologue intérieur devant une fenêtre d'un immeuble donnant sur la plage d'Ostende. Enfermé en lui-même, il déroule sa pensée et tente de convoquer des brides de souvenirs en un flux de conscience qui petit à petit s'ammenuise : victime, avec trente-deux autres personnes, de l'attentat à la station Maelbeek du métro de Bruxelles le , il a tout oublié. Est-il vivant, est-il mort ? Cependant, il voit s'élever petit à petit devant sa fenêtre une surélévation sur le toit du casino d'Ostende qui va jour après jour rétrécir son espace, définitivement boucher sa vue, sa dernière fenêtre ouverte sur le monde.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Pour Les Inrocks, il s'agit d'un texte « dense et compact », un « beau cadeau de Jean-Philippe Toussaint à Denis Podalydès » présentant une « saisissante [et] étrange corrélation entre la trame du récit [...] et la situation sanitaire » grâce à une dispositif scénographique marqué par « l'effacement [des] repères dans un réel figé et incertain »[3]. Jacques Dubois, dans le journal en ligne Diacritik, souligne que bien qu'il s'agisse d'un texte de fiction pure, des éléments autobiographiques de l'auteur apparaissent dans la narration (l'épouse Madeleine et la plage d'Ostende – lieu d'écriture habituel de l'écrivain) qui prend la forme d'« une manière de parabole susceptible de deux ou trois lectures » dans laquelle l'« appartement emmuré est la figure plurielle d’événements récents ou actuels », enonçant pêle-mêle les attentats ou les pandémies et confinements[9].

Guy Duplat, dans le quotidien belge Le Soir, considère que ce court texte est « un vrai bijou d’écriture et de mélancolie »[10].

Une analyse approfondie du texte par Claire Massy-Paoli – elle aussi, enthousiaste, le qualifie de « pièce-essai étrangement visuelle » véritable « petit bijou de poésie » – met en avant l'approche visuelle de l'écrivain qui à travers le regard du narrateur, seul sens qui semble encore en connection avec à l'extérieur, fait de la « fenêtre, [un] tableau du créateur sur le monde »[11].

Technique à la création[modifier | modifier le code]

La pièce est conçue pour une création au théâtre des Bouffes-du-Nord avec Denis Podalydès seul en scène dans un spectacle conçu par[12],[13] :

  • Mise en scène et scénographie : Aurélien Bory
  • Co-scénographie : Pierre Dequivre (conception technique)
  • Lumières : Arno Veyrat
  • Musique : Joan Cambon
  • Costumes : Manuela Agnesini
  • Collaborateur artistique et technique : Stéphane Chipeaux-Dardé
  • Production : Théâtre des Bouffes-du-Nord – Centre international de créations théâtrales (CICT)
  • Durée : h 20

Éditions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pascal Paradou, « Le comédien Denis Podalydès se prépare pour la réouverture des théâtres », De vive(s) voix, Radio France internationale, 23 mars 2021.
  2. a et b Grégory Cimatti, « Denis Podalydès retrouve la scène… au Luxembourg ! », Le Quotidien, 4 avril 2021.
  3. a b et c Fabienne Arvers, « La Disparition du paysage, le beau cadeau de Jean-Philippe Toussaint à Denis Podalydès », Les Inrocks, 12 février 2021.
  4. a b et c Anaïs Heluin, « La Disparition du paysage de Jean-Philippe Toussaint, mise en scène d’Aurélien Bory », La Terrasse no 289, 16 décembre 2020.
  5. Marie Richeux, « Aurélien Bory : "J’ai toujours eu envie de déployer des paysages intérieurs" », Par les temps qui courent, France Culture, 12 janvier 2021.
  6. La Disparition du paysage, théâtre des Bouffes-du-Nord, consulté le 10 avril 2021.
  7. a et b La Disparition du paysage sur le site des éditions de Minuit, consulté le 10 avril 2021.
  8. « Pau : Denis Podalydès sauve la saison Théâtre à Pau » , La République des Pyrénées, 10 mai 2021.
  9. Jacques Dubois, « Jean-Philippe Toussaint : l’appartement d’Ostende, métaphore ou parabole ? (La Disparition du paysage) », Diacritik, 8 janvier 2021.
  10. Guy Duplat, « Un magnifique roman de Jean-Philippe Toussaint sur notre horizon qui peu à peu s’embrume », Le Soir, 18 janvier 2021.
  11. Claire Massy-Paoli, « Toussaint : Réinventer le monde », Zone critique, 10 mars 2021.
  12. La Disparition du paysage, Les Éditions de Minuit, 2021 (ISBN 9782707346582), p. 7.
  13. La Disparition du paysage, Les Archives du spectacle, 8 février 2021.