La Disparition de Judas

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La Disparition de Judas
Auteur Andrea Camilleri
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Genre Roman policier
Version originale
Langue Italien, sicilien
Titre La scomparsa di Patò
Éditeur Arnoldo Mondadori Editore
Collection Scrittori italiani e stranieri
Date de parution 2000
ISBN 88-04-48412-8
Version française
Traducteur Serge Quadruppani
Éditeur Éditions Métailié
Collection Suite italienne
Date de parution 2005
Nombre de pages 246
ISBN 978-2864245551

La Disparition de Judas (La scomparsa di Patò) est un roman d'Andrea Camilleri publié par Arnoldo Mondadori Editore en 2000.

En France, il a été traduit par Serge Quadruppani et publié aux Éditions Métailié en 2005[1]. Il en a été tiré un film, La scomparsa di Patò (it), réalisé par Rocco Mortelliti (it) et sorti en Italie en 2012.

Le roman est préfacé par une citation tirée de À chacun son dû (it) de Leonardo Sciascia, où celui-ci explique que la disparition d'Antonio Patò, alors même qu'il interprétait le rôle de Judas dans un spectacle retraçant la Passion du Christ (Mortorio en sicilien), est restée dans la langue pour décrire la disparition inattendue de personnes ou de choses.

Camilleri avait déjà écrit sur ce sujet une nouvelle, Ipotesi sulla scomparsa di Antonio Patò (« Hypothèses sur la disparition d'Antonio Patò »). Cette nouvelle est parue dans l'Almanacco dell'Altana 1999, puis sous forme réduite dans le journal La Stampa. Elle est reprise dans le recueil Gocce di Sicilia chez Mondadori.

Forme[modifier | modifier le code]

Le roman se présente sous la forme inhabituelle d'un dossier composé de lettres manuscrites ou tapées à la machine, de documents officiels timbrés et d'articles de presse quotidienne[2]. Camilleri reprend ainsi la forme originale qu'il avait déjà adoptée dans son précédent roman La concessione del telefono (1998) où la correspondance bureaucratique tenait un rôle de premier plan.

Cette présentation déconcertante au début devient prenante au fur et à mesure que l'histoire se tisse. Le langage bureaucratique fait parfois rire par son ridicule, tout en faisant pénétrer dans les habitudes de l'époque.

Résumé[modifier | modifier le code]

Il riscatto d'Adamo nella morte di Gesù Cristo (Le rachat d'Adam dans la mort de Jésus Christ), de Filippo Orioles, est une pièce de théâtre racontant la Passion du Christ qui était fréquemment jouée autrefois. Le 21 mars 1890, à Vigata[3], Vendredi saint, ce « Mortorio » (martyre) selon le parler local est joué selon la tradition. Antonio Patò, comptable exemplaire employé par la banque locale, joue comme d'habitude le rôle peu sympathique de Judas. Au moment où celui-ci, rongé par les remords d'avoir trahi le Christ, se suicide par pendaison, une trappe dans la scène s'ouvre pour figurer qu'il est précipité aux enfers. Seulement, après cette représentation, Patò ne réapparaît plus comme prévu pour saluer : on en a perdu la trace.

Lors de l'enquête, la sécurité publique et les carabiniers du Roi se font obstacle. Les journaux du gouvernement et de l'opposition s'insultent copieusement et insinuent que l'autre partie veut cacher la vérité à des fins politiques.

Pour tout compliquer, deux sujets de Sa Majesté britannique qui résident dans l'île émettent plus tard des hypothèses surprenantes : l'un affirme que Patò est tombé dans une faille spatio-temporelle, l'autre qu'il est encore en train de parcourir un escalier de Penrose. D'autres hypothèses plus rationnelles évoquent des irrégularités dans les comptes de la banque, une perte de mémoire due à la chute dans la trappe, une fugue amoureuse ou un complot mafieux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Norah Gueneau, Camilleri Andrea, La Disparition de Judas, ArtsLivres numéro 22, 21 septembre 2005
  2. Mikaël Demets, La Disparition de Judas de Andrea Camilleri, Le Figaro avec evene
  3. Ville imaginée par Camilleri, en fait Porto Empedocle

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source de la traduction[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (it) Salvatore Di Maria, « Il riscatto d'Adamo nella morte di Gesù Cristo », MLN, The Johns Hopkins University Press, no 1,‎ , p. 124-125 (lire en ligne)