La Diane

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La Diane
Image illustrative de l’article La Diane
Numéro du 22 septembre 1889, avec une caricature bienveillante d'Henri Rochefort par Gavroche.

Pays France
Langue français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Presse satirique et politique
Prix au numéro 5, 10 ou 15 centimes
Date de fondation
Date du dernier numéro
Ville d’édition Paris

Directeur de publication Antonin Louis
ISSN 2416-528X

La Diane est un hebdomadaire illustré boulangiste, publié en France entre 1888 et 1893.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dirigé par le chansonnier et compositeur nationaliste Antonin Louis, le journal a ses bureaux au no 20 de la rue Cadet. Son titre, emprunté au vocabulaire militaire, fait référence à la diane sonnant le réveil des soldats.

Journal de caricatures boulangiste, La Diane est comparable, à ce titre, à La Bombe de Paul de Sémant, à La Charge d'Alfred Le Petit, ainsi qu'au Pilori et à La Jeune Garde, deux feuilles bonapartistes soutenant le général Boulanger.

Son format, son prix au numéro et sa fréquence de parution ont été plusieurs fois modifiés. Paraissant initialement chaque dimanche et vendue pour 15 centimes, La Diane passe à cinq centimes le . Le de la même année, son prix est doublé tandis que la parution devient bi-hebodomadaire, avec un second numéro le jeudi.

Brièvement quotidienne entre le 19 et le , en vue des élections municipales parisiennes, La Diane reprend une parution hebdomadaire régulière jusqu'au . Après cette date, sa parution devient discontinue, avec un numéro le [1] puis un autre le suivant.

Une nouvelle série, dotée d'une nouvelle numérotation, s'étend ensuite du au .

Après un dernier numéro isolé, publié le , la publication cesse définitivement.

Dessinateurs et autres collaborateurs[modifier | modifier le code]

La Diane du 29 décembre 1889.

Les caricatures de La Diane sont l’œuvre de dessinateurs de second ordre signant la plupart du temps sous des pseudonymes : Tric, Dianeli, Gavroche (ou Steph Gavroche, ou Steph), Tartarino et Alfred Le Grand[1].

Ce dernier est identifié par Philippe Jones[1] et Guillaume Doizy[2] à Alfred Le Petit, mais ce pseudonyme pourrait tout aussi bien avoir été choisi par un autre artiste en hommage au célèbre caricaturiste. En effet, le numéro du contient à la fois une caricature signée « Alfred Le Grand » et un autographe d'Alfred Le Petit. De plus, le dessin d'Alfred Le Grand dans le numéro du représente Alfred Le Petit en tant que dessinateur de La Charge et non de La Diane.

« Gavroche » est le pseudonyme d'un certain Morazzani (d)[3], qui signe également les caricatures du Tour de Paris[4] sous le pseudonyme « Marien » (peut-être son vrai prénom).

En 1890, certains dessins de Gavroche conspuent Joseph « Boule-de-Juif » Reinach () ou glorifient le marquis de Morès (), témoignant ainsi de la dérive antisémite d'une partie des boulangistes.

Le dessin de Gavroche pour le numéro du mentionne les collaborateurs du journal à cette date : Antonin Louis (directeur), le comte Léonce de Larmandie (d), Octave Justice, Louis Gabillaud, A. Ragourd, Guillaume Magnin et Morazzani (Gavroche).

Rôle dans l'affaire Hériot[modifier | modifier le code]

Dessin en faveur du commandant Hériot et critiquant Charles Floquet (14 octobre 1888).

Outre ses dessins et articles favorables au général Boulanger, La Diane mène une campagne en faveur du commandant Hériot à partir du mois de .

Riche héritier des Grands Magasins du Louvre, Olympe Hériot venait d'en perdre la direction car il avait manifesté d'inquiétants signes d'aliénation mentale : en effet, dans la nuit du 7 au , il avait tenté de se suicider après avoir tiré plusieurs coups de feu en direction de sa seconde épouse, Cyprienne Dubernet. Momentanément retenu dans son château de La Boissière, Hériot risquait l'internement, ce qui faisait croire à une partie de l'opinion publique que Cyprienne et la famille de celle-ci complotaient pour s'emparer de la fortune du commandant[5].

Deux grands journaux, La Lanterne et La Presse, se sont engagés pour soutenir les droits de l'ancien directeur des Grands Magasins du Louvre. Ils sont rejoints par La Diane, qui publiera en tout 77 articles dans ce sens à la demande de M. Delmas, parent de la première épouse d'Hériot[5].

En 1893, Antonin Louis assigne Delmas et Hériot en paiement de 38 500 francs, soit 500 francs pour chacun des articles pro-Hériot publiés entre 1888 et 1890 dans La Diane[5]. La première chambre du tribunal civil de la Seine rejette cependant cette demande[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Jones, p. 46.
  2. Guillaume Doizy, « Le porc dans la caricature politique (1870-1914) : une polysémie contradictoire ? », Sociétés & Représentations, no 27, janvier 2009, p. 15 (consultable en ligne sur Cairn.info).
  3. La Diane, 14 juillet 1889, p. 4.
  4. La Petite Presse, 13 juillet 1889, p. 3.
  5. a b et c Le Matin, 13 mai 1893, p. 3.
  6. Le Matin, 20 mai 1893, p. 3.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Joly, Nationalistes et conservateurs en France : 1885-1902, Paris, Les Indes savantes, 2008, p. 77.
  • Philippe Jones, « La presse satirique illustrée entre 1860 et 1890 », Études de presse, vol. VIII, no 14, 1956, p. 46 (consultable en ligne sur Gallica).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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