La Dentellière (Vermeer)

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La Dentellière
Johannes Vermeer - The lacemaker (c.1669-1671).jpg

La Dentellière (De kantwerkster)

Artiste
Date
Type
Dimensions (H × L)
24,5 × 21 cm
Mouvement
Localisation
Numéro d’inventaire
MI 1448

La Dentellière (De kantwerkster) est un tableau de Johannes Vermeer peint entre 1669 et 1671, exposé au musée du Louvre à Paris (huile sur toile, 24,5 × 21 cm).

Le tableau représente une dentellière absorbée par son ouvrage. La jeune fille se détache sur un mur blanc, probablement parce que l'artiste a cherché à éliminer toutes les distractions autour de l'image centrale.

Description[modifier | modifier le code]

Une jeune femme, dont la figure se détache d'un fond neutre aux nuances de gris, est installée à une table, à côté d'un livre qui est très certainement une bible[1]; un coussin à couture (naaikussen), d'où sortent des fils, est visible à gauche de l'image.

Le fil blanc utilisé par la dentelière est peint avec une extrême précision par Vermeer, cette finesse contraste avec l'impression de flou qui se dégage du tableau.[2]

Analyse[modifier | modifier le code]

Comme pour ses tableaux L'Astronome (1668) et Le Géographe (1669), il est évident que Vermeer a entrepris une étude minutieuse avant d'exécuter le travail, l'art de la dentelle étant dépeint ici avec une grande précision.

Comme pour certains autres de ses travaux, il a probablement utilisé une chambre noire : de nombreux effets optiques typiques de la photographie peuvent être remarqués, en particulier le flou du premier plan. En rendant flous certaines zones du tableau, Vermeer suggère la profondeur de champ d'une manière inhabituelle pour la peinture baroque néerlandaise de l'époque[réf. nécessaire].

Dans La Dentellière, l'artiste présente les différents éléments qui composent à la fois le visage et le corps de la jeune fille, ainsi que la dentelle qu'elle travaille d'une manière abstraite. Les mains de la jeune fille, les boucles de ses cheveux et la croix en T que forment ses yeux et son nez sont tous dépeints de manière abstraite, chose inhabituelle pour l'époque et pour Vermeer lui-même.

En outre, le rouge et le blanc de la dentelle est présenté comme une « effusion » du coussin de couture, avec des propriétés physiques suggérant une forme proche du liquide. Le flou des fils contraste fortement avec la précision de la dentelle qu'elle est censée travailler.

Ainsi, La Dentellière est le plus petit tableau de Vermeer, mais, par de nombreux aspects, il est aussi le plus abstrait et inhabituel.

Historique de l'œuvre[modifier | modifier le code]

La Dentellière, Caspar Netscher, 1662

Le tableau de Vermeer est souvent comparé à une toile de 1662 du même nom réalisé par le portraitiste et peintre de genre néerlandais Caspar Netscher. Cependant, l'œuvre de Vermeer est très différente de celle de Netscher dans le ton. En effet, dans l'œuvre de ce dernier, antérieure à celle de Vermeer, les chaussures abandonnées et les coquilles de moules à proximité des pieds de la jeune fille ont une connotation sexuelle[3].

Le tableau est mentionné pour le première fois en 1696, dans une vente aux enchères à Amsterdam, où il est vendu pour 28 florins, soit un mois de salaire d'un ouvrier. Il est finalement acquis par le Louvre en 1870 pour la somme de 7500 francs.[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Dentellière (lire en ligne)
  2. Daniel Arasse, L'ambition de Vermeer, Paris, Adam Biro, , 227 p. (ISBN 2-87660-321-7), p. 153
  3. (en) John Nash, Vermeer, ed. Scala, 1991 (ISBN 1-870248-63-5)
  4. « Que fait "La Dentellière" de Vermeer ? », sur Profondeur de champs, (consulté le 1er juin 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Catalogues d'exposition[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • 1966 : Dans la lumière de Vermeer, Paris, musée de l'Orangerie, 24 septembre - 28 novembre 1966.