La Désirade (île)

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La Désirade
Le village de Beauséjour.
Le village de Beauséjour.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Petites Antilles
Localisation Mer des Caraïbes
Coordonnées 16° 19′ 08″ N, 61° 02′ 48″ O
Superficie 21,42 km2
Point culminant Grande-Montagne (275 m)
Géologie Atoll surélevé
Administration
Région d'outre-mer Guadeloupe
Département Guadeloupe
Commune La Désirade
Démographie
Population 1 510 hab. (2013)
Densité 70,49 hab./km2
Gentilé Désiradien(ne)
Plus grande ville Beauséjour
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC-4

Géolocalisation sur la carte : Petites Antilles

(Voir situation sur carte : Petites Antilles)
La Désirade
La Désirade

Géolocalisation sur la carte : Guadeloupe

(Voir situation sur carte : Guadeloupe)
La Désirade
La Désirade
Îles en France

La Désirade est une île française de l'arc des Petites Antilles et une dépendance administrative de la Guadeloupe. Située à l'est de la Grande-Terre, elle est également une commune du même nom, qui intègre les îles de la Petite-Terre. Ses habitants sont les Désiradiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

La Désirade fut la première terre aperçue, 21 jours après avoir quitté les îles Canaries, par Christophe Colomb et ses marins au cours de son deuxième voyage, en 1493. L'île devrait son nom au soulagement des membres de l'équipage apercevant la première terre ferme depuis leur départ des îles Canaries. Ils s'écrièrent donc : « Oh île tant désirée... »[réf. nécessaire].

Topographie[modifier | modifier le code]

La Désirade est une île calcaire, un atoll surélevé[1], de forme allongée de onze kilomètres de longueur pour deux kilomètres de largeur soit 22 km2 environ, qui se présente comme un vaste plateau incliné vers le nord-ouest. La Grande-Montagne, qui atteint 275 mètres d'altitude, est son point culminant[2]. Les côtes, plus découpées au nord et à l'est, sont souvent bordées de hautes falaises blanchâtres.

Une barrière de cayes (récifs coralliens) protège la région de Beauséjour, au sud-est de l'île. Des récifs frangeants peu développés sont présents sur la côte sud, à l'anse de Baie-Mahault, l'anse Petite-Rivière et la Grande Anse. Les fonds meubles sont instables et occupés seulement par endroits par des herbiers à Thalassia testudinum souvent clairsemés.

Le relief ne favorise pas la condensation de l'eau météorique. Le sol est aride et l'île battue par les vents, conditions défavorables à l'agriculture. L'île est approvisionnée en eau potable depuis Grande-Terre.

Géologie[modifier | modifier le code]

Vue du plateau calcaire, abrupt au nord-est et s'inclinant en pente douce au sud-ouest.

La Désirade propose divers sites d'un intérêt scientifique important. Les affleurements, les roches (basaltiques, andésitiques, calcaires, biodétritiques, sédimentaires, etc) ainsi que les plantes, permettent de reconstruire l'histoire, de la formation de la Terre, du Pliocène, jusqu'à nos jours.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat y est de type tropical, cependant plus sec que la « Guadeloupe continentale ». En 1989, l'île fut dévastée par l'ouragan Hugo.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Désirade (dernier plan) vue depuis Grande Terre.

Plusieurs sites archéologiques témoignent de la présence amérindienne dès le IIIe siècle sur l'île.

L'île fut la première terre découverte lors du deuxième voyage de Christophe Colomb, le . Les Espagnols la fréquentèrent au XVIIe siècle.

Peu propice à l'agriculture, elle servit de repaire aux corsaires[réf. nécessaire].

La Désirade devint une dépendance de la Guadeloupe en 1648. Quelques plantations de coton s'y implantèrent. Au début du XVIIIe siècle, une léproserie est installée à Baie-Mahault, à l'extrémité orientale de l'île. Les malades souffraient de conditions de vie difficiles. Elle ferma ses portes en 1952. Les Galets, à l'extrémité occidentale, fut un lieu de relégation pour les délinquants de Grande-Terre ainsi que pour quelques nobles métropolitains.

Sur les quelques mètres carrés de la « Place du Maire mendiant »-ainsi dénommée en mémoire de Joseph Daney de Marcillac qui parcourut inlassablement la Guadeloupe pour financer la reconstruction de l'île après le grand cyclone de 1928-se concentrent l'église Notre-Dame du bon secours, flanquée de son campanile et d'un maître-autel en poirier pays massif, le coquet petit hôtel de ville, le buste de l'héroïque Victor Schœlcher, des canons, et un monument aux morts en hommage aux anciens marins disparus, rappelant la place primordiale que tient la pêche dans l'économie de l'île. Une fête des marins pêcheurs très typique avec procession a d'ailleurs lieu chaque année le 16 août. La légende raconte qu'en 1922, l'Abbé Gault, curé de la Désirade, en rébellion perpétuelle[3] avec ses ouailles, annonça avant de quitter le presbytère et ses fonctions, un châtiment par le feu pour l'île. En attendant son retour en France, il logeait chez Mme St Jean Bouillé. Le 17 avril 1922, le soir du Lundi de Pâques, le feu prit dans une vieille case située entre l'école des garçons et la maison de Mme Bouillé. En quelques instants, le feu gagna l'école et l'autre côté de la rue. Cette nuit-là, 22 maisons — les plus belles — furent réduites en cendres, laissant 200 personnes sans abri. L'évêché fit un don substantiel, mais le maire de l'époque, M. Joseph Daney de Marcillac quémanda des secours de tous côtés, ce qui lui valut le surnom de Maire mendiant[4]...

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1990 1999 2006
1496 1 621 1 595
Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes

Économie[modifier | modifier le code]

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

La pêche est la principale activité des Désiradiens.

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Le tourisme a commencé à s'y implanter grâce aux attraits des îles de la Petite-Terre[5]. L'île, qui a signé le 18 avril 2009 une Charte de développement durable se tourne vers l'écotourisme[6].

Énergie et eau[modifier | modifier le code]

C'est sur La Désirade qu'a été installé dès 1993 le premier parc éolien du département de la Guadeloupe, avec vingt éoliennes d'une puissance de 25 kW chacune. Ces éoliennes sont rabattables à l'approche des ouragans, par technique qui a été expérimentée pour la première fois sur l'île. La production d'électricité des fermes éoliennes de La Désirade est cependant injectée sur le réseau électrique de la Guadeloupe via un câble sous-marin ; elle n'est pas destinée en propre à la consommation des Désiradiens[6].

Ce n'est qu'en 1991 que La Désirade a été raccordée au réseau d'eau de la Guadeloupe continentale. Auparavant les habitants utilisaient l'eau de pluie récupérée dans des citernes et puisaient de l'eau dans les sources de l'île. Depuis la rupture du câble sous-marin alimentant l'île en électricité par le cyclone Dean en aout 2007, la mairie tente d'améliorer son autonomie vis-à-vis du continent. En conséquence, des citernes communales doivent être réhabilitées, et les particuliers sont incités à installer des citernes individuelles[6].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Une école primaire de La Désirade.

La commune accueille sur son territoire le collège Maryse-Condé.

Transports[modifier | modifier le code]

La commune a mis en place en novembre 2012, un service de bus appelé « Désirbus ». Deux minibus (de 9 et 17 places) et cinq chauffeurs assurent des rotations entre 5h10 et 18h30, dimanche et jours fériés compris.

L'île est accessible par des avions touristiques légers pouvant faire des rotations sur l'aérodrome de La Désirade de Grande-Anse, principalement depuis l'aéroport Guadeloupe-Pôle Caraïbes.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments et lieux touristiques[modifier | modifier le code]

Fêtes et commémorations[modifier | modifier le code]

Les principales fêtes de l'île sont la fête du cabri ou Fèt a kabrit, se déroulant habituellement dans le courant du mois d'avril, et la fête des pêcheurs se tenant le 16 août.

Faune et Flore[modifier | modifier le code]

La végétation est essentiellement à caractère xérophile : cactus-cierges (dont Pilosocereus royenii), cactus-raquettes, « tête-à-l'anglais », etc mais une végétation mésophile existe dans les grandes ravines abritées du vent qui entaillent le plateau. Y poussent le courbaril, le fromager, le goyavier. Les palétuviers ont presque disparu de l'île.

La faune comprend surtout des oiseaux marins : frégates, pélicans et phaétons, des iguanes des Petites Antilles, des agoutis aussi appelés « lièvres dorés ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Islands of Guadeloupe (France) » (consulté le 21 juin 2017)
  2. Martinique, Guadeloupe : Saint-Martin, La Désirade, Denis Westercamp et Haroun Tazieff, Guides géologiques régionaux (vol. 25), éditions Masson, 1980, (ISBN 9782225666827), p. 123.
  3. « Magazine destination Guadeloupe », sur 2010
  4. La Desirade
  5. L'exploitation touristique des îles de la Petite-Terre bénéficie essentiellement à des sociétés basées en Guadeloupe. La Désirade ne bénéficie d'aucune retombée significative de cette exploitation.
  6. a, b et c La Désirade, paradis nature par Mariane Aimar dans Terre d'avenir no 22 du 22 juin 2009.
  7. Monuments historiques, « Station météorologique, située à la pointe des châteaux sur l'île de la Désirade », sur www.culture.gouv.fr (consulté le 24 mars 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Des indésirables à la Désirade : histoire de la déportation de mauvais sujets, 1763-1767 / Eric Fougère. - Matoury (Guyane) : Ibis rouge, 2008. - 135 p. ; 24 cm. - (Espace outre-mer)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]